Article du 18/7 de Romaric Godin http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-bce-face-a-son-impuissance-587228.html
Article du 18/7 de Romaric Godin http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-bce-face-a-son-impuissance-587228.html
21/7/16 Tariq Ali parle du BREXIT invité au meeting d’Unité Populaire à Athènes
29/6/16 « Après le Brexit, la nécessité d’une pause » par Bernard Cassen Secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac http://www.medelu.org/Apres-le-Brexit-la-necessite-d-une
26/6/16 Podemos, Syriza et M5S tirent les leçons du Brexit par Ludovic LAMANT, Mathilde AUVILLAIN, Amélie POINSSOT ET Mathilde AUVILLAIN Podemos Syriza et Brexit
25/6/16 Le BREXIT peut ouvrir une situation positive car jusqu’ici l’UE apparaissait comme un cadre inébranlable par E Tousaint http://cadtm.org/Le-BREXIT-peut-ouvrir-une
24/6/16 Brexit : l’Allemagne refuse plus d’intégration de la zone euro http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-l-allemagne-refuse-plus-d-integration-de-la-zone-euro-582121.html
24/6/16 Après le Brexit : se mobiliser pour une autre Europe ! – « Nous soutenons ceux qui luttent en Grande-Bretagne pour la solidarité, la démocratie, contre le racisme et l’extrême droite » par ATTAC France https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/apres-le-brexit-se-mobiliser-pour-une-autre-europe
L’affaiblissement du droit du travail est aussi passé ici, de 2010 à 2013, par l’inversion de la hiérarchie des conventions, la suppression de leur automaticité d’application et la libération quantitative des licenciements…
Et les chiffres du chômage et de la misère ne racontent pas une autre histoire… Ainsi, le travail non payé : la grande majorité (les deux tiers) des gens qui ont encore un travail ne sont payés qu’avec plusieurs mois de retard. Ainsi aussi, la mode récente des faillites, ce qui permet d’économiser ces retards dans la mesure où les travailleurs arrivent en dernier pour toucher leur dû, après les banques et autres créanciers européens ou grecs… Sur les seules dernières semaines, ont ainsi fait faillite, entre autres, un des plus grands hôtels athéniens de luxe (Ledra, pourtant rempli à 98 % !), une de plus grandes sociétés de sécurité (Pyrsos, 800 personnes) ou encore la plus grande chaîne de supermarché (Marinopoulos, ex-Carrefour !) avec 12 500 travailleurs.
À Salonique, une autre grande société hôtelière (Metropolitan et Theoxenia) a fait mieux en imposant à ses salariés une baisse des salaires, à 500 euros, en dessous même du salaire minimum (586 euros) qui avait été imposé nationalement par la troïka. Avec l’inversion de la hiérarchie des conventions, elle en a le droit ! Il est vrai que la plupart des grands partons jusqu’à maintenant se sont contentés de la baisse nationale des salaires exigée par la troïka (de 751 euros en 2011) et des autres flexibilités, possibilités de non-rémunération, précarisation, externalisations, etc.
Et toujours plus contre nos retraites
Pourtant, cette destruction des droits (et des vies) des travailleurs ne satisfait toujours pas la voracité du capital : une nouvelle étape est donc prévue pour l’automne, avec le programme européen des Hollande-Merkel-Tsipras qui consiste à « libéraliser » encore plus les licenciements et à détruire la législation sur les syndicats et les grèves : légaliser le lock-out, effacer les protections du syndicalisme et rendre la grève illégale, sauf après un vote référendaire de la base…
Apparemment, l’occasion leur semble politiquement unique, comme l’a montré la destruction du système de retraites voté récemment. En effet, le gouvernement Tsipras, non seulement a imposé des baisses générales supplémentaires des pensions de retraites (déjà baissées à 12 reprises en 3 ans de presque 40 % en moyenne !), mais il a aussi réussi à remodeler structurellement le système de répartition dans un sens capitalistique, avec aussi des baisses programmées à long terme et systématiques, tout cela en utilisant des arguments prétendument égalitaristes « marxistes »…
Pourtant, la grande mobilisation ouvrière du 4 février dernier, ainsi que – dans un autre registre mais très lié – la mobilisation solidaire de la population grecque appauvrie en soutien aux réfugiés de guerre que l’Europe « civilisée » préfère voir noyés, tout comme les autres luttes ouvrières, sociales, écologiques, plus morcelées mais continues, annoncent une explosion en gestation contre cette barbarie galopante. La question du débouché politique, forcément contre le capitalisme, en sera une des clefs : la grande mobilisation des travailleurs français donne l’espoir que nous ne sommes plus isolés, que l’on n’est plus seuls…
D’Athènes, Tassos Anastassiadis pour NPA 18/7/16
Dans l’indifférence, la Grèce, qui dégage de forts excédents primaires, vient de rembourser une dette due à la BCE. Alors que l’économie est au plus mal, la logique des créanciers continue d’étrangler le pays.
Article de Romaric Godin du 20 juillet 2016 http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-la-logique-des-creanciers-jusqu-au-bout-de-l-absurde-587661.html
Le Fonds grec chargé des privatisations Taiped a annoncé jeudi avoir accepté l’offre de la compagnie ferroviaire italienne Ferrovie Dello Stato (FS) pour le rachat pour 45 millions d’euros de l’opérateur ferroviaire grec Trainose.
FS était la seule compagnie restée en lice pour cette privatisation, en souffrance depuis trois ans. Le contrat de vente sera « signé une fois que la Cour des comptes aura donné son accord » et la transaction approuvée par les autorités compétentes, a précisé Taiped (HRADF).
Cette transaction doit permettre de « clore avec succès » le dossier des aides d’Etat à Trainose jugées abusives par la Commission européenne, pour un montant de 700 millions d’euros, a souligné le Fonds dans un communiqué.
« Troisième compagnie ferroviaire en Europe » selon le Taiped, le groupe italien est lui-même voué à la privatisation, avec un projet de cotation en Bourse au second semestre 2016, selon le ministère italien des Finances.
Le personnel du Trainose observe depuis plusieurs semaines des arrêts de travail pour protester contre cette privatisation dénoncée comme un « bradage ».
Issue avec Trainose de la scission en 2012 de l’ex-société publique des chemins de fer OSE, l’entreprise de matériel ferroviaire Rosco n’a, elle, jusque là pas trouvé preneur.
L’appel d’offres pour la cession de Trainose avait dû être relancé en janvier, faute de toute offre ferme des premiers prétendants, la SNCF française, la société russe RZD et la société roumano-américaine Watco-Group Feroviar.
Dans le cadre du troisième plan de sauvetage financier du pays conclu en juillet 2015 avec ses créanciers, UE et FMI, la Grèce est censée vendre d’ici 2018 6,2 milliards d’actifs publics. Elle a déjà procédé en 2015 à des privatisations à hauteur de 400 millions.
Un article de Renaud Vivien du CADTM publié le 13 juillet 2016 http://www.cadtm.org/Comment-remettre-en-cause-le
6 juillet 2016
Lire aussi Bernard Cassen, « Le legs britannique à l’Europe », Le Monde diplomatique, juillet 2016.La perte de l’Albanie avait déjà été douloureusement vécue par le discours raisonné du néolibéralisme, heureusement il restait la Corée du Nord. L’espoir renaît pour de bon : il y a maintenant aussi le Royaume-Uni. Certes qui ne mesure pas encore tout à fait sa responsabilité historique : incarner le pire pour nous convaincre de continuer à désirer le meilleur. Mais ne devrait pas tarder à prendre conscience de son devenir-juche (1). On lui annonce une vague d’hyperinflation, puisque la livre est déjà « aux tréfonds » — peu importe qu’elle soit encore, contre l’euro, très au-dessus de son niveau ne serait-ce que de 2011 ; peu importe également que l’Islande qui n’a aucune base industrielle et a vu en 2008 sa monnaie dévaluée de 70 % n’ait connu qu’une inflation de 12 % les deux premières années, ramenée à 5 % dès la troisième (1,6 % l’an dernier). On lui annonce surtout la quasi-cessation de ses exportations puisque, brouillard ou pas, le Royaume-Uni « est isolé », et que (c’est connu également) tout pays n’appartenant pas à l’Union européenne (UE) devient aussitôt royaume-ermite.
Lire aussi Corinne Gobin, « Les faussaires de l’Europe sociale », Le Monde diplomatique, octobre 2005.Et voilà l’impossible équation en laquelle ce système est maintenant enfermé : enrayer ce qui va le détruire ne passe plus que par se nier lui-même, et se maintenir lui-même le condamne à alimenter ce qui va le détruire. De fait, ceux qui ont accaparé les moyens de changer quoi que ce soit, et proclament leur détermination à tout changer, persistent en réalité dans le désir de ne rien changer. C’est que les horizons temporels se sont considérablement raccourcis et que le temps encore passé au manche, tant que les contradictions peuvent être repoussées devant soi, est toujours bon à prendre. Dans l’intervalle, il ne manque pas d’éditorialistes décérébrés pour assurer la pantomime du « tout changer » mais dans la version Lampedusa du pauvre : ne rien changer pour que rien ne change…
Lire aussi Niels Kadritzke, « Grande braderie en Grèce », Le Monde diplomatique, juillet 2016.N’apprenant décidément rien des leçons de l’histoire, même quand elles sont récentes, l’alter-européisme rechute lourdement dans l’hypothèse implicite qui a déjà fait la déconfiture de Tspiras : « l’Europe est finalement un club de démocraties, et on peut toujours s’entendre entre bonnes volontés démocrates ». C’est n’avoir toujours pas compris que la démocratie et le néolibéralisme, spécialement dans la variante ordolibérale allemande (6), n’ont rien à voir. C’est refuser, après pourtant trois décennies de grand spectacle, d’acter que le néolibéralisme est fondamentalement une entreprise de « dé-démocratisation » (Wendy Brown), de neutralisation de l’encombrant démos, et qu’il peut même, comme l’atteste avec éclat le gouvernement Hollande-Valls, se montrer parfaitement compatible avec les formes d’un autoritarisme bien trempé. Dans l’hypothèse (déjà fantaisiste) où il se trouverait mis en minorité, le noyau dur libéral n’en tirerait vraisemblablement pas la conclusion que la démocratie, qui est la loi de la majorité, a parlé. Il prendrait ses cliques et ses claques pour laisser les « communistes » à leurs affaires et s’en irait reconsolider la « fin de l’histoire » de son côté.
15 juillet MANIFESTATION DE SOUTIEN AUX RÉFUGIÉS:
Environ 300 personnes ont manifesté d’ Omonia vers les bureaux du Parlement et de l’UE. Les participants étaient du syndicat ADEDY, de l’Unité Populaire, collectifs de solidarité et de nombreux réfugiés. Les slogans étaient pour l’ouverture des frontières et un changement dans la politique des réfugiés. Ils demandent:
· Arrêter les interventions impérialistes et créer des routes sécurisées pour les réfugiés
· La création de structures d’accueil ouvertes avec l’utilisation de bâtiments publics et le recrutement de personnel dans les services sociaux, accélérer les procédures de demande d’asile et de légalisation, couvrir les besoins temporaires de logement et de nourriture.
· La suppression de l’accord entre l’UE et la Turquie, les expulsions et les déportations.

14 juillet No Border Camp : Plusieurs journaux (Kathimerini, Avghi, Ta Nea) font état de la manifestation « No Border Camp » qui sera organisée du 14 au 24 juillet 2016 à l’université de Thessalonique. Des centaines de personnes venant de Grèce et de l’étranger camperont du 14 au 24 juillet dans les espaces ouverts de l’université en signe de solidarité avec les réfugiés et migrants, et pour protester contre la fermeture des frontières. N’ayant pas été informé en amont de ce rassemblement ni de l’identité des personnes qui sont à l’origine de cette initiative, le rectorat de l’université a exprimé de vives inquiétudes sur l’éventualité d’incidents, de dégâts matériels ou de problèmes d’hygiène. Il a ainsi demandé une surveillance renforcée de la police ainsi que la collaboration des collectivités locales et des ministères compétents pour assurer l’adoption de mesures de sécurité adaptées.
13 juillet L’entrepôt en pierre du Port du Pirée a été évacué aujourd’hui par la force .
Les réfugiés n’ont pas tous eu le temps de prendre affaires,papiers et argent. Les témoignages évoquent des méthodes d’évacuation violentes et dangereuses, en particulier pour les nombreux enfants en bas âge.
Après Idomeni, Polykastro et les autres campements proches de la frontière macédonienne, les autorités grecques ont évacué et détruit le campement du Pirée, à côté d’Athènes
Vous pouvez télécharger le rapport de Catholic Relief Services ici.
La procédure d’asile en Grèce reste, elle, largement inaccessible, comme en témoigne ce rapport du Forum Grec des Réfugiés (en anglais).
Vous pouvez télécharger le rapport du Forum Grec des Réfugiés ici.
13 juillet Quatre migrants morts dans une nouvelle tragédie en mer (ANA-MPA)
13 juillet Grèce: regain de tensions sur les îles qui accueillent les réfugiés
http://www.rfi.fr/europe/20160711-grece-migrants-regain-tensions-iles-accueillent-refugies
Réaction de la presse suite à la décision de la Cour d’Appel d’Athènes de reporter le procès sur le scandale de corruption « Siemens »
14/7/16 La presse (Avghi, Le Journal des Rédacteurs, Ethnos) fait état de l’intervention personnelle dans l’affaire Siemens du PM, M. Tsipras, qui prend désormais la question « en main ». Sur instruction du PM grec, le ministre de la justice, M. Paraskevopoulos, se rendra aujourd’hui chez la procureure de la Cour suprême pour demander que l’examen judiciaire de l’affaire Siemens soit traité en priorité. De son côté, la procureure de la Cour Suprême, Mme Dimitriou a ordonné l’ouverture d’une enquête disciplinaire urgente sur les raisons qui ont conduit au report sine die du procès «Siemens» (cf. revue d’hier). Des sources gouvernementales reprochent à la ND et au PASOK ainsi qu’à des hauts cadres de la Justice de tenter intentionnellement de bloquer l’enquête. Le SE aux AE, M. Amanatidis, qui a déposé hier auprès de la Cour Suprême toute la correspondance officielle liée à la traduction des documents du dossier « Siemens », a assuré que « sous le gouvernement de SYRIZA aucune affaire ne sera prescrite ».
La presse (Avghi, Ethnos, Ta Nea, Le Journal des Rédacteurs) souligne par ailleurs qu’une autre affaire liée aux caisses noires de Siemens risque d’être reportée sine die. Il s’agit du procès de l’ancien ministre des transports du PASOK, M. Tassos Mandelis, sur les pots de vins reçus dans le cadre de l’affaire Siemens. Le procès, qui avait débuté en novembre 2013 avait été interrompu en raison de la grève des avocats et reporté à septembre prochain du fait de la maladie du président du tribunal, décédé depuis. Un nouveau procès va donc devoir être ouvert, la direction du tribunal n’ayant pas prévu de nommer un remplaçant, comme la loi l’y autorise pourtant. Le ministre de la défense et partenaire gouvernemental, M. Kammenos, laisse entendre dans un message sur son compte twitter que les « mêmes milieux » qui bloquent l’affaire Siemens se cacheraient derrière le report du procès de Mandelis. Kathimerini souligne que l’affaire Siemens dessine les contours d’une vive confrontation entre le gouvernement, l’opposition et la justice. Pour sa part Ta Nea parle de « climat lourd » et de « crise » au sein de la justice.
13/7/16 La presse (Ethnos, Kathimerini, Avghi, Ta Nea, Le Journal des Rédacteurs) fait état de la décision hier de la Cour d’Appel d’Athènes de reporter sine die le procès sur le scandale de corruption « Siemens » en conséquence de l’absence de documents nécessaires, notamment la traduction en allemand de l’ensemble du dossier. Ethnos note que l’enquête sur le plus grand scandale de corruption risque de se terminer par un « fiasco ». Le journal parle de « guerre » déclarée entre la justice et le ministère grec des AE qui se rejettent la responsabilité. La justice reproche au MAE d’avoir accusé du retard dans la traduction des documents nécessaires. De son côté, le service des traductions du MAE qualifie dans un communiqué de “fausses” et de “nonfondées” ces informations. En tous cas, cette évolution porte un coup à la crédibilité de la justice grecque, puisque après tant d’années d’enquête, l’affaire risque d’être prescrite. Les délits concernant la convention principale entre l’OTE et Siemens (8002/1997) seront prescrits en raison de l’expiration du délai de 20 ans en 2017. Ironisant, Ta Nea parle de « procès perdu dans la traduction », tandis que Le Journal des Rédacteurs titre sur l’« Odeur fétide de la corruption ». Plusieurs journaux (Ethnos, Kathimerini, Avghi) font état du vif mécontentement du Palais Maximos. Des sources gouvernementales reprochent aux membres de « l’ancien système politique » ainsi qu’à des hauts cadres de la Justice de tenter intentionnellement de bloquer l’enquête et soulignent que les responsables seront identifiés afin de rendre des comptes pour ce « crime continu » au détriment du peuple grec. De son côté la ND rejette la responsabilité sur le gouvernement en soulignant « la nécessité de faire toute la lumière sur cette affaire qui empoisonne depuis maintenant de nombreuses années la vie politique grecque ». Pour sa part La Rivière souligne dans un communiqué : « la prescription ‘‘pour des raisons techniques’’ de l’un des plus grands scandales depuis le retour de la démocratie en Grèce doit être évitée à tout prix. Son éventuelle prescription constituera un scandale plus grand encore que le scandale économique lui-même » (Ethnos).
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Ce document a été élaboré en commun par les membres du réseau Lexit. Il a été rédigé et validé collectivement avant le référendum sur le Brexit et n’avait aucune intention d’influencer le vote populaire de quelque manière.
Avec le marché unique et le Traité de Maastricht, l’intégration européenne s’est constituée comme un projet néolibéral de long terme. Le « pacte de stabilité et de croissance », les libertés du marché unique et l’Union monétaire ont établi un cadre qui a nourri les politiques d’austérité, le démantèlement des droits sociaux et de la protection sociale, et imposé la privatisation à tous les Etats-membres.
Contrairement à l’idée d’une Union européenne comme espace neutre, les événements qui ont suivi la Grande Récession de 2007-2009 ont montré que le projet d’intégration européenne était défini par la nature régressive de ses traités, et par une radicaliation sans précédent de son caractère néolibéral. Des relations hiérarchiques inégales entre le centre et la périphérie ont été longtemps un trait caractéristique de l’intégration européenne, mais qui, après la Grande Récession, aura culminé dans la domination de l’Allemagne sur les orientations des politiques économiques. Les développements réglementaires qui ont accompagné l’installation de l’eurozone et les mesures prises en réponse à la crise de l’euro, sous la forme de l’imposition de règles toujours plus strictes et de structures de gouvernance toujours plus illégitimes, ont approfondi l’autoritarisme néolibéral de l’intégration européenne. Il faut donc se rendre à l’idée que ce projet d’intégration est devenu une menace pour la la démocratie et la souveraineté populaire.
L’euro, une monnaie à crises
La crise de l’euro est le produit d’une architecture de l’union monétaire mal pensée dès l’origine, préoccupée seulement d’austérité et de désinflation. Au lieu de conduire à un processus de convergence économique et sociale des Etats-membres, le développement économique réel (en termes de salaires et de productivité) a engendré toujours plus de divergence. L’union monétaire a finalement donné lieu à d’énormes déséquilibres macroéconomiques (creusant notamment les déficits des balances courantes, pas seulement dans la dite « périphérie », mais également en France et en Italie, avec pour contrepartie d’énormes excédents en Allemagne et quelques autres pays). Il s’en est suivi dans un premier temps des flux de capitaux depuis le centre vers la périphérie de la zone, flux à bas taux qui ont nourri des bulles spéculatives financières et immobilières, et qui ont également gonflé l’endettement tant public que privé.
L’un des facteurs importants de ces déséquilibres réside dans l’effort de l’Allemagne de réduire son coût du travail par la restructuration des chaînes de valeurs de ses secteurs exportateurs via le travail bon marché des pays d’Europe de l’Est et une stratégie de dumping salarial, fiscal et social.
Il en a résulté, pour les économies moins bien placées, une très forte pression à « la compétitivité » sur « leurs » secteurs industriels et tertiaires. Le cadre même de l’union monétaire interdisant de recourir à l’ajustement de change, ces économies n’ont plus eu d’autre recours que la « dévaluation interne ». Soit concrètement : le démantèlement de l’Etat social, la privatisation à grande échelle des services publics, le dumping salarial, social et fiscal, les attaques contre la négociation collective, les tentatives de briser les syndicats, le procès et la destruction de la fonction publique.
L’euro, un outil au service du capital financier
Il est important de souligner que rien de cela n’est arrivé par la faute d’un imprévisible défaut de construction de l’eurozone. L’euro fonctionne parfaitement au regard en tout cas des intentions de ses architectes néolibéraux. Il ne travaille pas à quelque forme d’équilibre, de croissance et de plein-emploi. Il œuvre à la destruction des droits sociaux, des systèmes de sécurité sociale, des secteurs publics, de la taxation des profits, et impose le sauvetage public des banques privées.
Et voilà comment l’euro fonctionne en termes politiques : il entraîne les Etats dans la spirale à la baisse des guerres de compétitivité, où la position de chacun ne peut être « améliorée » que par la mise en place de politiques conduites au détriment de la majorité des populations et au seul bénéfice du capital international. Dans cette spirale à la baisse, salaires, pensions, prestations sociales, emploi et investissement publics sont tous envoyés par le fond.
Comme l’ont clairement montré les événements de Grèce en 2015, la structure de gouvernance de l’eurozone est hermétiquement fermée aux politiques qui expriment démocratiquement le mandat de la majorité de la population si ces politiques contreviennent à l’agenda néolibéral. Lorsque le gouvernement Syriza a tenté de mettre en œuvre son programme, plus encore après le « non » au référendum, il a été défait par la Banque centrale européenne qui l’a forcé au mémorandum.
L’euro, une mauvaise idée qu’on ne sauvera pas
Comme il l’a été montré par d’innombrables auteurs, la zone euro ne satisfait aucun des réquisits d’une aire monétaire fonctionnelle, et il est impossible d’imaginer qu’elle les satisfasse dans quelque avenir. Une telle aire monétaire, avec des structures économiques et des niveaux de productivité très disparates, comme c’est le cas de l’eurozone, nécessiterait pour réduire ses déséquilibres internes des transferts financiers intrazones massifs, que des travaux sérieux estiment à près de 10% du PIB européen, un niveau qui est non seulement inenvisageable politiquement, mais également indésirable en soi : comme tous les précédents de l’eurozone l’ont établi, les pays donateurs useraient de cette position pour prendre la main sur les politiques intérieures des pays receveurs, à l’encontre de toute démocratie. Ces dernières années ont suffisamment montré comment de telles situations ruinent la souveraineté populaire, montent les peuples européens les uns contre les autres, et ouvrent des boulevards aux extrêmes-droites xénophobes.
A la fin des fins, la possibilité d’un Etat fédéral européen démocratique qui ne reconduise pas les relations de domination entre les actuels Etats-membres, appellerait une authentique société civile européenne qui n’existe pas pour l’heure et qu’on ne fera pas advenir par décret.
Lexit, la solution pour combattre le néolibéralisme et restaurer la démocratie
Sur ce fond alarmant de de destruction des droits démocratiques, de démantèlement des Etats providences et de privatisation des communs, les forces d’émancipation en Europe doivent proposer des alternatives opérationnelles crédibles, reposant sur le principe fondamental de la souveraineté populaire, contre l’actuel projet d’intégration néolibérale-autoritaire. C’est pourquoi le Lexit (Left Exit) est notre outil pour reconquérir la démocratie.
L’essor alarmant des extrêmes-droites dans la plupart des pays d’Europe se nourrit entre autres de leur position contre l’Union européenne et son système de gouvernance. Leurs propositions politiques sont des impasses : les forces de la droite anti-euro réclament par exemple davantage de contrôle sur les flux migratoires sans rien remettre en cause de la mobilité des flux de capitaux vers les pays qui pratiquent le dumping salarial compétitif. A les en croire, il suffirait de s’en tenir à l’arrêt de la libre circulation des personnes et à l’abandon de l’euro, qui rendrait les changes aux forces de marché – synthèse de cauchemar qu’on pourrait nommer le «néolibéralisme xénophobe».
Si nous voulons éviter ce scénario, nous devons aller au Lexit : une alternative internationaliste reposant sur les principes de souveraineté populaire, de fraternité, de droits sociaux, de défense des travailleurs et des communs.
La non-viabilité de l’eurozone est désormais un fait établi. Tôt ou tard se présentera la grande alternative de la sortie : par la droite ou par la gauche, chacune évidemment avec des effets très différents pour les différentes classes sociales. Le Lexit est l’option des stratégies d’émancipation et de dépassement de l’intégration néolibérale.
La discussion a déjà commencé et des propositions sont déjà sur la table: nous invitons tous ceux qui partagent ce désir du Lexit à rejoindre nos débats et nos actions.
Premiers signataires