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Tommy Olsen, directeur de l’ONG Aegean Boat Report, a été arrêté en Norvège après que la justice grecque a émis un mandat d’arrêt européen à son encontre en février. Athènes accuse notamment ce défenseur des migrants de « complicité de trafic d’êtres humains » et d’ »activités criminelles ».
C’est un signal inquiétant envoyé aux défenseurs des droits humains. Le directeur de l’ONG Aegean Boat Report, Tommy Olsen, a été arrêté à son domicile de Tromsø, en Norvège, lundi 16 mars, à la suite d’un mandat d’arrêt européen émis à son encontre par la Grèce en février.
Ce défenseur des migrants a comparu devant le tribunal de district de Nord-Troms et Senja puis a été placé en détention provisoire pour une semaine, dans l’attente de son extradition vers la Grèce validée par la justice.
Le procureur Bent Strand a estimé ne voir « aucun motif de rejeter cette demande » d’extradition. « Lorsque la Norvège adresse des demandes similaires à d’autres pays, nous attendons qu’elles soient traitées correctement. Nous sommes tenus d’en faire autant lorsque d’autres pays nous sollicitent », a-t-il déclaré au média norvégien Verdens Gang (VG).
Accusations de « complicité de trafic d’êtres humains » et d’ »activités criminelles »
Le mandat d’arrêt visant Tommy Olsen a été émis par les autorités grecques dans le cadre d’une enquête ouverte en 2022 contre lui et Panayote Dimitras, de l’ONG Greek Helsinki Monitor.
Les investigations portent sur des faits survenus à l’été 2021 à proximité des îles grecques de Kos et Farmakonisi : à ce moment-là, Aegean Boat Report a transmis aux autorités locales de Kos des informations sur un groupe de migrants qui l’avait contactée afin qu’ils soient hébergés et puissent déposer une demande d’asile. En clair, la Grèce reproche aux militants d’avoir été contact avec des migrants avant qu’ils ne foulent le sol grec.
Dans cette affaire, les autorités grecques estiment que Tommy Olsen et son association sont coupables de « complicité de trafic d’êtres humains » et d’ »activités criminelles ».
En mai 2024, un procureur grec a repris ces accusations et émis un mandat d’arrêt national contre Tommy Olsen. Depuis cette date, le Norvégien ne s’est plus rendu en Grèce car il risquait d’y être arrêté et emprisonné. Le 11 février 2025, la police norvégienne a informé l’avocat de Tommy Olsen qu’un mandat d’arrêt européen avait cette fois-ci été émis contre lui.
Depuis sa création en 2017, Aegean Boat Report documente également les opérations de refoulement vers la Turquie menées par les gardes-côtes grecs en mer Égée. Des opérations devenues quasiment systématiques et régulièrement dénoncées par des journalistes et de nombreuses organisations de défense des droits humains.
« Notre travail se limite à surveiller, documenter et communiquer avec les autorités lorsque des personnes en détresse ou nouvellement arrivées sont localisées », s’était défendu, mi-février, Tommy Olsen, qui risque jusqu’à vingt ans de prison en Grèce.
« Intensification alarmante de la répression des défenseur·e·s des droits humains »
L’arrestation du directeur d’Aeagean Boat Report n’a pas suscité de vague de condamnations en Norvège. Seule une députée, membre du Sosialistisk Venstreparti (Parti socialiste de gauche), a estimé que « la Norvège ne p[ouvait] pas renvoyer des défenseurs des droits de l’Homme vers un pays où ils risquent d’être victimes de persécutions politiques », rapporte Le Monde.
« L’arrestation de Tommy Olsen en Norvège est scandaleuse et liée à une intensification alarmante de la répression des défenseur·e·s des droits humains imposée par la Grèce », a condamné Dinushika Dissanayake, directrice régionale adjointe pour l’Europe à Amnesty international.
« Les charges retenues contre Tommy Olsen et Panayote Dimitras ne sont étayées par aucun élément de preuve et constituent une utilisation abusive de la législation anti-passeurs. Elles doivent être abandonnées […] « Les autorités norvégiennes doivent immédiatement libérer Tommy Olsen et ne doivent pas céder aux tentatives de la Grèce de l’extrader », a-t-elle ajouté.
Nouvelle loi criminalisant l’immigration
L’arrestation de Tommy Olsen « met en lumière la criminalisation croissante de la solidarité en Europe, à un moment où l’UE négocie de nouvelles règles en matière de trafic de migrants qui pourraient pénaliser davantage l’aide humanitaire apportée » aux exilés, a mis en garde la Plateforme de coopération internationale sur les migrants sans papiers (Picum).
Selon ses chiffres, au moins 142 militants ont été poursuivis en 2024 pour avoir aidé des migrants dans l’Union européenne. Par ailleurs, au moins 91 migrants en Italie, en Grèce et en Espagne ont par ailleurs été incriminés pour facilitation de la migration irrégulière, de contrebande et d’autres chefs d’accusation.
En janvier, après huit ans de procédure judiciaire, le président de la cour criminelle de Mytilène, chef-lieu de l’île de Lesbos, a annoncé la relaxe de l’ensemble des 24 travailleurs humanitaires poursuivis en Grèce pour trafic de migrants. Ils étaient accusés des crimes de « constitution d’une organisation criminelle », et de « facilitation illégale de l’entrée de ressortissants étrangers de pays tiers en Grèce ». Ils encouraient jusqu’à 20 ans de prison.
Mais quelques jours plus tard, le 5 février, le gouvernement grec a adopté une nouvelle loi faisant de l’appartenance à une ONG une circonstance aggravante dans les infractions pénales liées à l’immigration.
Des questions restent sans réponse ce jeudi sur les circonstances de la collision entre un navire des garde-côtes grecs et une embarcation transportant des migrants au large de l’île de Chios, tard mardi soir, qui a coûté la vie à 15 hommes, femmes et enfants et en a blessé 25 autres.
Trois des blessés sont toujours en soins intensifs à l’hôpital général de Chios, certains souffrant de blessures légères ont déjà pu sortir.
D’autres ont subi des interventions chirurgicales et les fœtus de deux femmes enceintes ont dû être retirés par chirurgie car ils étaient décédés. Parmi les blessés figurent 11 enfants.
Arrestation d’un trafiquant d’êtres humains
L’un des survivants, un Marocain de 31 ans toujours hospitalisé pour ses blessures, a été arrêté mercredi, d’autres survivants l’ayant désigné comme le pilote du bateau et le trafiquant.
L’homme a été arrêté et déféré devant le procureur pour aide à l’entrée illégale, entrée illégale sur le territoire grec, désobéissance et provocation de naufrage.
Le procureur lui a rendu visite à l’hôpital pour lui signifier les charges.
Version officielle : le trafiquant a causé la collision
Alors que le récit du gouvernement soutient que le pilote de l’embarcation est responsable de tout car il a dirigé le bateau vers le navire des garde-côtes, la direction du ministère de la Marine et des garde-côtes a ordonné une enquête interne pour déterminer les causes de la collision.
Il est regrettable que la caméra du navire des garde-côtes, avec quatre officiers à bord, n’ait pas été activée et qu’aucune image n’ait capturé l’incident.
« Même si elle avait été activée, elle n’aurait pas enregistré l’incident car ce sont des caméras qui filment au loin et non à courte portée », selon la version officielle.
Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a également adopté la même version, affirmant que « le capitaine du navire des garde-côtes n’a pas jugé nécessaire l’activation de la caméra ».
Tous les patrouilleurs sont équipés d’une caméra car les autorités sont tenues d’enregistrer chacune de leurs opérations.
Bien entendu, une fois de plus, et selon les informations du quartier général des garde-côtes, elle n’avait pas été activée par les membres de l’équipage afin de filmer l’incident.
Le ministre des Migrations connaît les résultats de l’enquête avant même qu’elle ne commence
Selon le quotidien efsyn.gr, avant même la conclusion de l’enquête interne, le ministre des Migrations et de l’Asile, Thanos Plevris, défendant comme toujours la stratégie de dissuasion ferme, a félicité les garde-côtes « pour avoir sauvé les personnes trouvées en mer et pour garder les frontières de notre patrie », comme il l’a déclaré devant le Parlement grec lors d’une session plus tôt ce jeudi.
Plevris a souligné que les 24 personnes ont été secourues par les autorités grecques et non par des « humanitaires professionnels », ajoutant que « les criminels sont les trafiquants qui ont mis 40 personnes dans un bateau de huit mètres et, quand les garde-côtes leur ont demandé de s’arrêter, ils ont voulu partir et ont percuté leur navire ».
De plus, le ministre populiste a soutenu dans son discours d’ouverture sur le projet de loi concernant la « migration légale » que « tous les députés qui n’ont pas voté pour les dispositions sur les ONG sont du côté des trafiquants ».
Jusqu’à présent, l’enquête se concentre sur les témoignages des rescapés ainsi que sur les conclusions des autopsies pratiquées sur les corps des 15 défunts.
« Le navire des garde-côtes nous est passé dessus… »
Les survivants ont déclaré :
💥 « Il n’y a eu aucun signal sonore de la part du navire portuaire grec. »
💥 « Soudain dans l’obscurité, au milieu de la nuit et alors que nous avancions à très faible vitesse, nous avons vu un énorme projecteur tomber sur notre bateau. »
💥 Et puis la phrase qu’ils utilisent est « les garde-côtes nous sont passés dessus » !
💥 « Le bateau a chaviré et nous sommes tombés à la mer… »
Les survivants contredisent la déclaration officielle des garde-côtes grecs énoncée ci-dessous : « Le pilote de l’embarcation ne s’est pas conformé aux signaux lumineux et sonores du navire des garde-côtes, il a au contraire fait marche arrière et le bateau a percuté le côté droit du navire des garde-côtes. »
S’exprimant devant les chaînes de télévision et d’autres médias, le personnel infirmier a déclaré que les blessures des survivants n’étaient pas causées par la « noyade » mais qu’il s’agissait de blessures graves, semblables à celles de violents accidents de voiture ou de collisions.
« C’était comme si plusieurs accidents de voiture s’étaient produits en même temps… tant d’enfants… », a déclaré une infirmière, selon un reportage d’Alpha TV.
Selon un scénario circulant depuis mercredi après-midi : « le pilote du bateau a percuté le navire des garde-côtes qui était plus lourd et plus haut que l’embarcation des migrants, avec pour conséquence que de nombreux passagers se sont retrouvés sous la coque du navire et ont été tués sur le coup ou blessés. »
Enquête médico-légale terminée
L’enquête médico-légale sur le décès des 15 migrants est terminée, a rapporté jeudi soir l’agence de presse d’État amna.gr.
Des échantillons d’ADN ont été prélevés à des fins d’identification des corps, a-t-il été annoncé jeudi.
Une équipe de quatre médecins légistes et trois coroners est arrivée à Chios mercredi, suite à une décision du ministre de la Justice, basée sur un protocole spécial de gestion de crise.
Des échantillons d’ADN ont été prélevés pour identifier les corps, a-t-on annoncé, cependant, les conclusions médico-légales n’ont pas été rendues publiques jusqu’à présent.
Le nombre de passagers disparus reste inconnu
Le nombre total de passagers à bord de l’embarcation de migrants reste inconnu, tout comme la possibilité qu’il y ait encore des disparus.
Selon les garde-côtes, cinq patrouilleurs et des hélicoptères participent à l’opération de recherche et de sauvetage, sans résultats positifs pour le moment. Selon certains médias, un père a déclaré son fils de 12 ans « disparu », n’ayant pu retrouver son garçon bien-aimé ni parmi les survivants, ni parmi les morts.
Voir aussi le premier rapport de KTG : 15 morts, 25 blessés lors de la collision d’un bateau de migrants avec un navire des garde-côtes grecs.
Des migrants arrivent en Crète après avoir été secourus par les gardes-côtes grecs (archives). Crédit : EPA
Le 17 décembre, une trentaine de migrants, majoritairement soudanais, ont été condamnés à des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité par le tribunal de La Canée, sur l’île grecque de Crète. Les exilés étaient poursuivis pour « promotion et transport illégaux de migrants en situation irrégulière ». L’intensification des arrivées sur l’île en 2025 a entraîné une hausse des procès de migrants accusés d’être des passeurs.
Ce sont de jeunes migrants qui ont pris un bateau pour tenter de rejoindre l’Europe. Arrivés sur l’île de Crète, au sud de la Grèce, plusieurs d’entre eux ont été arrêtés et accusés d’être des passeurs.
Mercredi 17 décembre, le procès de 31 de ces jeunes exilés – majoritairement soudanais – s’est tenu devant le tribunal de La Canée, deuxième ville de Crète où les arrivées de migrants se sont accélérées en 2025.
Au terme d’un procès jugé expéditif par les collectifs de soutien aux migrants en Grèce, dix Soudanais ont été condamnés à dix ans de prison et quatre Égyptiens à des peines de prison à vie. L’examen des cas des 17 autres accusés a été renvoyé au 29 décembre.
Le tribunal grec a reconnu les migrants coupables de « transport illégal de migrants en situation irrégulière » et a estimé que leur implication avait été plus ou moins importante.
Une accusation dont se défendent ces jeunes hommes qui affirment avoir été contraints de prendre les commandes d’une embarcation ou de suivre ses coordonnées GPS sous la menace d’une arme à feu.
« Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour survivre »
C’est notamment le cas de Bada, un Soudanais de 19 ans. « Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour survivre […] Tout ce que je veux, c’est un endroit sûr où je pourrais dormir en paix. Je ne suis pas un criminel », a déclaré le jeune homme au collectif allemand de:criminalize, qui lutte contre la criminalisation des migrants.
En soutien aux 31 accusés, une soixantaine d’exilés soudanais, hébergés dans plusieurs centres de Grèce, se sont déclaré en grève de la faim pour deux jours, mercredi 17 et jeudi 18 décembre, ont rapporté plusieurs groupes de soutien aux migrants dans le pays.
En Grèce, les procès de ce type sont devenus très fréquents ces dernières années mais jusqu’ici la Crète n’était que peu concernée. Mais, en 2025, la grande île du sud de la Grèce a connu trois fois plus d’arrivées de migrants qu’en 2024. Cette augmentation s’explique par la hausse de la fréquentation de la route maritime de Tobrouk, qui part de l’Est de la Libye vers Gavdos et la Crète.
En conséquence, les procès de migrants pour « transport illégal de migrants en situation irrégulière » se sont également multipliés. Selon un activiste souhaitant rester anonyme, entre 15 et 20 cas de ce type sont désormais jugés chaque mois par le tribunal de La Canée.
Une communauté soudanaise « bien organisée »
Pour soutenir ces exilés accusés de trafic d’êtres humains mais qui assurent ne faire partie d’aucune organisation de passeurs, des collectifs d’activistes se sont créés. Mustafa Ahmed est membre des groupes « Mataris » et « 50 out of many ».
« La communauté soudanaise en Grèce est bien organisée, explique-t-il à InfoMigrants par téléphone. Depuis avril, nous avons créé des groupes de communication pour partager les coordonnées des organisations d’aide et nous entraider. Nous avons commencé à 45 personnes et aujourd’hui, notre groupe compte 950 membres répartis dans les îles et les villes. Chaque camp ou centre a son propre groupe, et il existe également un groupe général qui opère dans toute la Grèce. »
Selon lui, les exilés arrêtés à leur arrivée en Crète passent environ six mois en détention avant de comparaître devant un tribunal. Pendant ce temps, ils sont enfermés dans les prisons d’Avlona, au nord d’Athènes, ou de La Canée, en Crète.
Des centres de détention où les conditions de vie sont « inhumaines », juge Spyridon Pantazis, avocat grec en droit pénal qui a déjà défendu des exilés soudanais. Les détenus « vivent dans des cellules surpeuplées […], sans accès à des produits de première nécessité et de soins, et soumis à une peur et une insécurité constantes », détaille-t-il par écrit à InfoMigrants.
Simple déclaration des gardes-côtes
Depuis plusieurs années, les procès de migrants se multiplient en Grèce. Les accusations sont généralement les mêmes : des jeunes hommes tout juste arrivés sur le sol grec en bateau de manière irrégulière sont arrêtés et accusés d’être des passeurs, sur la seule foi du témoignage d’un garde-côte – ou d’autres passagers.
Placés en détention, puis jugés pour des motifs tels que « transport illégal de ressortissants de pays tiers sur le territoire grec », « mise en danger de la vie d’autrui », ils écopent souvent de peines de prison de plusieurs décennies car les peines sont multipliées par le nombre d’occupants sur le bateau.
Des pratiques judiciaires qui inquiètent Spyridon Pantazis. « Nous sommes confrontés à une multiplication d’affaires dans lesquelles les tribunaux se fondent uniquement sur une déclaration des gardes-côtes, sans que la défense ait la possibilité de les interroger en audience publique dans le cadre d’un véritable procès pénal contradictoire […] De telles pratiques soulèvent de sérieuses préoccupations quant au respect des garanties d’un procès équitable prévues à l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme ».
L’avocat dénonce également le manque d’accès des prévenus à une défense et une traduction convenable en amont et durant le procès. « La qualité des services d’interprétation et de traduction […] est exceptionnellement médiocre et ne répond pas aux exigences minimales d’un procès équitable administré par l’État », déplore le conseil qui estime par ailleurs que « 90 % [des accusés] n’ont pas d’avocat » et se voient désigner un avocat commis d’office « au début de l’audience ».
Interrogés sur la question de la présence d’avocats et de traducteurs aux côtés des migrants lors de leur procès, les services du tribunal de La Canée n’ont pas répondu à nos questions.
Frontex a été reconnue responsable par la Cour de justice de l’Union européenne, le 18 décembre, dans l’atteinte aux droits d’une famille kurde syrienne refoulée par la Grèce vers la Turquie en 2016. Les juges estiment que le rôle de l’agence européenne des gardes-frontières va au-delà du « soutien opérationnel » : elle doit garantir les droits fondamentaux lors des opérations de retour.
Un navire de Frontex participe à une opération de recherche et de sauvetage après le naufrage d’un bateau de migrants au large de l’île grecque de Lesbos, près de Kagia, en Grèce, le 3 avril 2025. Crédit : Reuters
C’est une décision importante pour les cas de refoulements dans les pays européens où Frontex est déployé. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a tranché le 18 décembre en faveur d’une famille kurde syrienne, en pointant la responsabilité de Frontex dans le non respect de leurs droits fondamentaux au cours d’une opération de retour.
L’affaire concerne deux parents kurdes syriens et leurs quatre enfants, refoulés en 2016 vers la Turquie alors qu’ils venaient d’introduire une demande de protection internationale en Grèce. Le 9 octobre de cette année-là, la famille de six est arrivée par bateau sur l’île grecque de Milos, parmi un groupe de 114 réfugiés.
Le 14 octobre, les requérants, ainsi que 85 autres réfugiés, ont été transférés au centre d’accueil et d’identification de Leros. La famille a alors indiqué son souhait de demander l’asile, en remplissant un formulaire intitulé « Avis au bénéfice d’une demande de protection internationale ».
Refoulés par avion vers le sud de la Turquie
Mais au lieu de les prendre en charge dans un processus d’asile, les autorités grecques ont embarqué cette famille le 20 octobre dans un avion pour les refouler vers le sud-est de la Turquie. Là, dans la ville d’Adana, ils ont été amenés dans un centre d’accueil temporaire. Cette opération de retour menée par la Grèce se fait avec la coordination de Frontex.
Or, elle est illégale, puisqu’elle entrave le droit d’asile. Elle contrevient au « principe de non-refoulement » consacré par l’article 33 de la Convention de Genève : « aucun des États contractants n’expulsera ou ne refoulera […] un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée », exige le texte. Le principe de non-refoulement est également réaffirmé par l’Union européenne dans sa charte des droits fondamentaux.
Une fois en Turquie, par crainte d’un renvoi vers la Syrie, la famille kurde avait fui en Irak. La famille estimait que sans les manquements de Frontex à ses obligations en matière de protection des droits fondamentaux, elle n’aurait pas été illégalement refoulée vers la Turquie et n’en aurait pas subi les préjudices.
La première décision sur cette affaire a été rendue le 6 septembre 2023 par le tribunal de justice de l’UE. Celui-ci avait alors rejeté le recours de la famille. « Dès lors que Frontex n’a pas de compétences ni en ce qui concerne l’appréciation du bien-fondé des décisions de retour ni en ce qui concerne les demandes de protection internationale, le lien de causalité directe allégué par les requérants (…) ne peut pas être établi », avait alors estimé le tribunal.
Et d’affirmer que Frontex « a seulement pour mission d’apporter un soutien technique et opérationnel » aux États membres.
Frontex tenue de protéger les droits fondamentaux des demandeurs d’asile
Portée devant la CJUE, l’affaire prend désormais une nouvelle tournure. La CJUE, instance supérieure au tribunal de l’UE, annule partiellement la décision de ce dernier. Les juges de la CJUE estiment que, conformément au droit de l’UE, Frontex se doit de protéger les droits fondamentaux des demandeurs d’asile, y compris lors des opérations dites de retour.
« Le droit de l’Union impose à cette agence un ensemble d’obligations visant à garantir le respect des droits fondamentaux dans le cadre des opérations de retour conjointes », explicite le communiqué de la Cour luxembourgeoise paru le 18 décembre.
Frontex doit notamment s’assurer qu’il existe des « décisions de retour écrites » afin de « garantir que ces opérations respectent le principe de non-refoulement ».
En outre, les juges de la CJUE estiment que « d’éventuelles violations des droits fondamentaux survenant au cours d’un vol de retour peuvent relever non seulement de la responsabilité de l’État membre concerné (la Grèce, dans ce cas), mais également de celle de Frontex ».
Conséquence : l’affaire est renvoyée devant le tribunal de l’UE qui doit désormais réexaminer l’action en dommages et intérêts intentée par la famille.
Pour rappel, les cas de refoulements illégaux sont réguliers aux frontières européennes, y compris dans des pays où Frontex est présent. Un rapport, publié en février par neuf organisations de défense des droits de l’Homme actives dans plusieurs pays européens (Pologne, Bulgarie, Hongrie…) affirme qu' »au moins » 120 457 « pushbacks » ont été enregistrés en 2024 en Europe._
Un sac mortuaire repose sur le rivage après le naufrage d’un bateau de migrants au large de Bodrum, dans la province occidentale de Mugla, en Turquie, le 24 octobre 2025. Crédit : Reuters
Au moins 17 personnes sont mortes après un naufrage survenu au large de la province de Mugla, en Turquie, ce vendredi. Seules deux personnes ont survécu.
Selon les dernières informations, le naufrage d’un canot pneumatique a coûté la mort à 17 personnes, ont annoncé les gardes-côtes vendredi. C’est un Afghan qui a survécu à la catastrophe et a nagé jusqu’au continent qui a donné l’alerte peu après 1h00 du matin, selon un communiqué du bureau du gouverneur de Mugla. Il a indiqué avoir nagé six heures avant d’atteindre la terre ferme.
« Les corps sans vie de 16 migrants irréguliers et celui d’un passeur ont été repêchés », ont précisé les autorités dans un communiqué, ajoutant que deux migrants ont été secourus. Les autorités locales avaient précédemment fait état de 14 morts, sans préciser leurs nationalités.
Selon le rescapé, le navire a commencé à prendre l’eau puis a coulé au large de Bodrum. Cette station balnéaire est située à proximité de plusieurs îles grecques, parmi lesquelles Kos, un des points d’entrée dans l’Union européenne en mer Egée. Moins de cinq kilomètres séparent Kos de la Turquie.
Des recherches sont toujours en cours pour retrouver d’éventuels disparus. « Les efforts de recherche et de sauvetage pour d’autres migrants irréguliers considérés comme disparus se poursuivent avec quatre bateaux des garde-côtes, une équipe spéciale de plongée des garde-côtes et un hélicoptère », a déclaré le bureau du gouverneur.
Traversées périlleuses
Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées entre les côtes turques et les îles grecques voisines. Deux femmes ont été retrouvées mortes sur une côte rocheuse de l’île grecque de Chios, où une embarcation de fortune transportant 29 migrants s’est échouée, le 16 octobre.
Près de 1 400 personnes tentant des traversées ont disparu ou ont été retrouvées mortes en mer Méditerranée en 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations.
Nouvelle route migratoire
La mer Égée est une voie de transit fréquente pour des milliers de migrants qui tentent de traverser l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient vers l’Europe, en particulier depuis la Turquie. Mais cette route est de moins en moins empruntée.
Ces derniers mois, les exilés sont de plus en plus nombreux à tenter de rejoindre la Crète, destination touristique très prisée, et Gavdos, petite île située à proximité, en partant de Tobrouk, à l’est de la Libye. Selon les autorités grecques, près de 14 000 personnes sont arrivées en Crète depuis le début de l’année, contre à peine 5 000 en 2024.
Le gouvernement conservateur, qui ne cesse de durcir sa politique migratoire, a aussi décidé de serrer la vis d’un point de vue législatif : les migrants venant d’Afrique du Nord – de Libye, donc – et qui arrivent en Crète, ne peuvent plus déposer de dossier d’asile en Grèce. Cette suspension temporaire des demandes d’asile est effective depuis le mois de juillet. La mesure a été largement dénoncée par de nombreuses organisations internationales, dont le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) et le Conseil de l’Europe.
Le 16 mars 2018, 16 personnes ont perdu la vie dans un naufrage survenu au large de l’île grecque d’Agathonisi, en mer Égée. Seules trois personnes ont pu atteindre l’île le lendemain, après des heures passées dans l’eau. Les familles de 14 victimes ont saisi la justice européenne pour dénoncer le rôle des gardes-côtes grecs dans ce drame.
C’est un manquement des autorités grecques qui a coûté la vie à au moins 16 personnes, décédées lors d’un naufrage survenu le 16 mars 2018 au large de l’île d’Agathonisi. Dans un arrêt rendu le 14 octobre, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a jugé que les autorités grecques n’avaient pas agi promptement de manière à sauver les vies mises en danger lors de ce naufrage, rapporte l’ONG Refugee support Aegean qui représentait les familles de 14 victimes.
« Les autorités grecques n’ont pas pris les mesures nécessaires pour secourir les personnes concernées, alors qu’elles auraient dû être conscientes du danger immédiat dès le moment où elles ont été informées de l’incident par un proche des victimes, tôt dans la matinée du 16 mars », détaille l’ONG dans un communiqué. Et d’ajouter : « La Cour a également condamné la Grèce pour l’inefficacité de l’enquête pénale sur l’incident, qui a conduit le procureur du tribunal maritime du Pirée à classer l’affaire. »
Effectivement, selon le déroulé des événements, les gardes-côtes grecs auraient pu secourir les naufragés s’ils avaient réagi rapidement aux premiers messages de détresse envoyés par le frère de l’une des victimes.
Désaccord sur la date du drame
Partie de la ville turque de Didim, l’embarcation de migrants s’est retrouvée en difficulté entre 1h30 et 2 heures après son départ, alors qu’elle se trouvait au large d’Agathonisi, au sud de l’île de Samos. Une Afghane à bord du bateau prévient alors son frère qui se trouve à Samos que l’embarcation est en train de couler.
Le frère de la jeune femme alerte immédiatement le numéro d’urgence internationale 112 puis échange à de nombreuses reprises avec le centre de coordination des secours des gardes-côtes grecs à qui il indique la localisation du bateau. Mais, malgré tous ces efforts, aucun dispositif de secours n’est envoyé le 16 mars.
Au moins 16 personnes perdent la vie dans le naufrage et ce n’est que le lendemain, après avoir passé des heures dans l’eau, que les trois survivants – deux femmes et un homme – parviennent à accoster sur Agathonisi.
Ce n’est alors que dans la matinée du 17 mars les gardes-côtes grecs lancent une opération de recherche et sauvetage dans la zone du naufrage. Seize corps sont retrouvés mais aucun survivant n’est trouvé en mer. Dans leur récit des faits, les autorités grecques ont avancé que le naufrage avait eu lieu le 17 mars et que leur opération avait donc été lancée à temps.
Enquêtes classées
Par la suite, une enquête pénale préliminaire sur les circonstances du naufrage a été ouverte et, « parallèlement, la Direction des affaires internes des garde-côtes grecs a ouvert une enquête disciplinaire sur la responsabilité éventuelle des garde-côtes », selon RSA. Mais celles-ci ont été classées sans suite.
Ce n’est pas la première fois qu’Athènes est condamnée par la CEDH pour des faits concernant les exilés sur son sol. En mars 2025, la cour a jugé que la Grèce était responsable de la mort d’un mineur irakien. Ce jour-là, Ameer Mokhlas avait été mortellement touché par un coup de feu tiré par un garde-côte alors qu’il se trouvait sur un yacht battant pavillon turc qui transportait illégalement des migrants près de l’île grecque de Symi.
Pour la CEDH, qui siège à Strasbourg, l’enquête des autorités grecques « comportait de nombreuses lacunes qui ont conduit notamment à la perte d’éléments de preuve, et qui ont affecté le caractère effectif de l’enquête, laquelle en particulier n’a pas permis d’établir les circonstances exactes dans lesquelles le décès de Ameer Mokhlas était survenu et d’identifier et – le cas échéant – de sanctionner les responsables ».
Un naufrage a fait sept morts, dont trois enfants, jeudi 3 avril. Selon des témoins, il s’agirait d’un pushback ayant mal tourné et dont les garde-côtes grecs seraient en partie responsables. L’un des survivants, qui a perdu sa femme et son enfant, est accusé de trafic d’êtres humains, dans une tentative des autorités de couvrir leurs crimes.
Jeudi 3 avril à l’aube, un énième naufrage a eu lieu au large de l’île grecque de Lesbos, plus précisément près du village de Skala Sykamnias. Selon le média Sto Nisi, sept personnes ont été retrouvées mortes : trois femmes, un homme, un petit garçon et deux petites filles, tous d’origine afghane. Les garde-côtes ont quant à eux annoncé avoir sauvé 23 personnes. Un autre enfant est toujours porté disparu.
Responsabilité des garde-côtes grecs
Plutôt que de naufrage, peut-être faudrait-il plutôt parler d’un crime. De nombreuses témoins évoquent une possible responsabilité des garde-côtes grecs, et donc de l’Union Européenne, dans cette nouvelle tragédie. Sur sa page Instagram, le secouriste Iasonas Apostolopoulos rappelle que :
-La mer était très calme au moment de la tragédie ;
-Le naufrage a eu lieu juste avant que le bateau en plastique ne touche aux côtes grecques, et pas avant ;
-Le bateau des garde-côtes présent sur place et visible sur les photos diffusées dans les médias porte le nom Lambro 57, numéro LS-602. C’est un bateau connu pour des actions violentes envers des réfugiés, qui a participé à de nombreux pushbacks documentés par le passé dans la même zone.
Selon le journaliste Giorgos Moustafis, les garde-côtes auraient délibérément percé le plancher du bateau avec un harpon pour le détacher, faisant en sorte que les passagers se noient.
Pushbacks
Pour rappel, les pushbacks sont les refoulements illégaux auxquels se livrent régulièrement les garde-côtes grecs dans la mer Égée en toute impunité et avec la bénédiction des institutions européennes. Il s’agit de repousser les bateaux de réfugiés en pleine mer, de percuter leurs embarcations, de les remorquer vers les eaux turques et de les laisser à la dérive en pleine mer.
Le 23 mars dernier, l’ONG Aegean Boat Report dénonçait sur sa page Facebook un pushback violent perpétré par des garde-côtes grecs au large de Rhodes, d’un bateau transportant 64 personnes, dont plus de 30 enfants. Selon l’organisation, qui était en contact avec les passagers du bateau, des hommes masqués ont attaqué les victimes avec des bâtons, les ont tenues en joue, et leur ont ordonné de leur donner leurs effets personnels (sacs, argent et téléphones). Certains passagers ont réussi à cacher leur téléphone, ce qui leur a permis d’appeler à l’aide. Ensuite, les garde-côtes les ont tirés vers les eaux turques, où ils les ont abandonnés. Informés, les garde-côtes turcs sont intervenus et ont trouvé les 64 personnes qui dérivaient au large de Sarigerme, district de Muğla.
Le bateau responsable de ces violences est le même Lambro 57 que celui repéré à proximité du bateau qui a fait naufrage ce jeudi 3 avril. La scène du 23 mars a été filmée. Sur les images, on voit des hommes cagoulés frappant les passagers du bateau au large de Rhodes et les renvoyant vers les eaux turques.
Désinformation
Le lendemain de l’événement du 23 mars, les garde-côtes turcs ont annoncé qu’ils avaient « attrapé 35 migrants illégaux (29 enfants) » et deux « passeurs suspectés » dans le district de Muğla, sans mentionner le pushback. Cette tentative de couverture par les garde-côtes turcs des actes illégaux commis par leurs collègues grecs peut s’expliquer par l’accord UE-Turquie entré en vigueur en 2016 et qui consiste, concrètement, à payer le gouvernement turc pour qu’il garde les réfugiés chez lui (9 milliards d’euros avaient déjà été versés à la Turquie l’an dernier).
Le navire de SOS MEDITERRANEE a porté secours à deux barques en fibre de verre où s’entassaient 108 personnes. Le port d’Ortona, à quatre jours de navigation du lieu du sauvetage, a été assigné à l’Ocean Viking. Pendant ce temps, un autre naufrage mortel s’est produit en Méditerranée centrale.
Le 5 mai 2025
Peu avant l’aube, ce lundi 5 mai, les équipes à bord de l’Ocean Viking ont porté secours à deux barques en fibre de verre surchargées qui se trouvaient en détresse dans les eaux internationales au large de la Libye. Les 108 personnes rescapées, dont un bébé de 11 mois, ont été transférées vers le navire et rapidement prises en charge par notre équipe médicale. Plusieurs d’entre elles souffraient d’épuisement et de mal de mer.
Les autorités italiennes ont désigné le port sûr d’Ortona, situé à 1 296 km de la position où nous avons secouru 108 personnes la veille. Un port éloigné qui nous impose quatre jours de navigation, sans possibilité de porter secours à d’autres embarcations potentiellement en détresse.
Pendant ce temps, l’ONG Alarm Phone a annoncé un nouveau naufrage en Méditerranée centrale. Selon l’organisation qui gère les appels d’urgence en mer, tout porte à croire qu’ une cinquantaine de personnes seraient mortes. Une tragédie de plus, faute de moyens de sauvetage. Pour l’heure, pratiquement aucun média n’a annoncé la nouvelle: le silence et l’inaction continuent de faire des victimes en mer.
Au moins seize exilés ont perdu la vie jeudi dans deux naufrages survenus en mer Égée, près de l’île de Lesbos pour l’un et près des côtes turques pour l’autre. Vingt-trois personnes ont pu être secourues près de Lesbos mais les opérations se poursuivaient pour tenter de retrouver d’éventuels survivants.
Deux nouveaux drames en mer Égée. Jeudi 3 avril, au moins seize migrants sont morts dans les naufrages de deux bateaux de migrants en mer Égée. Le premier naufrage a eu lieu près de l’île de Lesbos et le second, dans les eaux baignant le district turc d’Ayvacik, au nord-ouest de la Turquie.
Les gardes-côtes grecs ont indiqué que 23 personnes avaient pu être secourues à la suite du premier naufrage, mais les opérations se poursuivaient dans la matinée pour tenter de retrouver des survivants. Au total, une trentaine de migrants se trouvaient à bord du bateau lorsqu’il a quitté la Turquie, selon les gardes-côtes grecs.
Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses entre les côtes turques et les îles grecques voisines, telles que Samos et Lesbos, points d’entrée dans l’Union européenne (UE). De nombreux exilés sont morts sur cette route.
Fin mars, un homme a été repêché inconscient au large de l’îlot de Farmakonissi après un naufrage et alors que les passeurs avaient abandonné les exilés qui se trouvaient à bord en mer.
Sept personnes sont également mortes en mer Égée, au large des côtes ouest de la Turquie, à la fin du mois de janvier. Les victimes sont tombées à l’eau alors que les gardes-côtes turcs tentaient d’intercepter leur embarcation pneumatique. Dix-huit adultes et treize mineurs ont tout de même pu être secourus sains et saufs, avaient indiqué les autorités.
Plus 2 300 disparus en Méditerranée en 2024
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 2 333 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en Méditerranée en 2024. D’après le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 9 000 personnes sont entrées en Grèce clandestinement depuis le début 2025, la plupart par la mer.
Le gouvernement conservateur grec n’a cessé ces dernières années de durcir sa politique migratoire. « Si vous souhaitez entrer illégalement en Grèce et que vous n’avez pas droit à l’asile, nous ferons tout notre possible pour vous renvoyer d’où vous venez », a déclaré le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis devant le Parlement mercredi 2 avril. « Les passeurs et les ONG qui coopèrent avec eux ne détermineront pas qui entre dans notre pays », a-t-il ajouté.
Les gardes-côtes grecs ont été plusieurs fois condamnés pour leur gestion des migrants aux frontières du pays, en mer Égée ou au niveau du fleuve Evros. Ils sont notamment accusés par de nombreuses organisations de pratiquer des refoulements illégaux et de faire preuve de violences envers les exilés.
Les gardes-côtes mis en cause
Selon un rapport réalisé par neuf organisations de défense des droits de l’Homme actives dans plusieurs pays européens et publié le 17 février, « au moins » 120 457 « pushbacks » ont été enregistrés en 2024 en Europe. Et la Grèce serait le deuxième pays, derrière la Bulgarie, à pratiquer ces refoulements. En 2024, 14 482 refoulements ont été enregistrés à ses frontières.
En février, le médiateur de la République hellénique, Andreas Pottakis, a recommandé dans un communiqué de presse, des sanctions contre huit gardes-côtes impliqués dans ce naufrage. Dans son enquête, le médiateur a pointé « une série d’omissions graves et persistantes dans les tâches de recherche et de sauvetage de la part d’officiers supérieurs du corps des gardes-côtes » grecs. Selon lui, les autorités « n’ont pas pris, dans le cadre de leurs pouvoirs, les mesures qui pouvaient raisonnablement être considérées comme propres à prévenir le danger ».
Point collecte durant une soirée seulement : le 25 mars à partir de 19h30 au cinéma Grand Écran, Centre Commercial Les quatre Chemins, 35 rue Lucas 03200 Vichy
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 20h00)
Point collecte durant une soirée seulement : le 21 mars à partir de 18h30 à la Chèvrerie, 225 chemin du Ruisseau 07300 Cheminas.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 19h30)
★ 09 ST-GIRONS – Tél. 06 51 36 52 61 (Dominique)
Point collecte permanent jusqu’au 26 mars
★ 10 TROYES – Tél. 07 84 59 83 73 (Engin)
Point collecte permanent jusqu’au 25 mars
★ 11 CASTELNAUDARY – Tél. 06 14 86 42 50 (Rachid)
Point collecte permanent jusqu’au 27 mars
★ 11 SAISSAC – Tél. 06 14 86 42 50 (Rachid)
Point collecte permanent jusqu’au 27 mars
★ 13 AIX-EN-PROVENCE – Tél. 06 17 05 13 20 (Hélène et Joel) ou 06 88 30 44 39 (Evelyne) ou 06 66 42 21 91 (Jean-Michel)
Point collecte durant une soirée seulement : le 2 avril à partir de 18h30 au Théâtre des Chartreux, 105 avenue des Chartreux 13004 Marseille.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 19h00)
Point collecte durant une soirée seulement : le 24 mars à partir de 18h30 à l’espace autogéré les Tanneries, 37 rue des Ateliers 21000 Dijon.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 19h00)
★ 23 GUÉRET – Tél. 07 69 87 71 06 (Caroline)
Point collecte permanent jusqu’au 29 mars
★ 23 LA SOUTERRAINE – Tél. 07 69 87 71 06 (Caroline) et 06 58 12 94 36 (Nino)
Point collecte durant une soirée seulement : le 31 mars à partir de 18h00 à l’ex « Motown café » de Charbes (bâtiment vert et noir), 272 route de Charbes 30160 Bessèges.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 19h00)
★ 30 CORNILLON – Tél. 06 06 44 80 32 (JC Banane)
Point collecte permanent jusqu’au 2 avril
★ 30 EUZET – Tél. 06 07 70 18 65 (Christian)
Point collecte permanent jusqu’au 25 mars
★ 30 NÎMES – Tél. 06 87 24 84 29 (Catherine)
Point collecte permanent jusqu’au 2 avril
★ 30 NÎMES – Tél. 06 69 56 36 01 (Naomi)
Point collecte permanent jusqu’au 28 mars
★ 30 UZÈS – Tél. 06 87 24 84 29 (Catherine)
Point collecte permanent jusqu’au 2 avril
★ 31 BÉRAT (entre Muret et Cazères)
Point collecte durant une soirée seulement : le 29 mars à partir de 18h30 à la salle des fêtes 31370 Bérat (avec La Ménardière).
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 19h00)
★ 31 ESCALQUENS (entre Toulouse et Revel)
Point collecte durant une soirée seulement : le 27 mars à partir de 19h00 à la salle de l’Oustal, place de l’Enclos 31750 Escalquens.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 20h00)
Point collecte durant une soirée seulement : le 28 mars à partir de 19h30 au Cinéma Utopia, impasse du Château 31170 Tournefeuille.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 20h00)
Point collecte durant une soirée seulement : le 30 mars à partir de 17h30 au cinéma Athénée, 52 rue Lakanal 34400 Lunel (dans le cadre du Festival Traversées).
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 18h15)
Point collecte durant une soirée seulement : le 23 mars à partir de 17h00 au cinéma La maison du peuple, à La fraternelle, 12 rue de la Poyat 39200 St-Claude.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 17h30)
★ 42 ST-ÉTIENNE – Tél. 06 07 02 25 48 (Léa)
Point collecte permanent jusqu’au 25 mars
★ 42 ST-PAUL-EN-CORNILLON (proche de St-Étienne)
Point collecte durant une soirée seulement : le 22 mars à partir de 17h00 à la Maison Mémérou, 2 Place du Bourg 42240 St-Paul-en-Cornillon.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 18h30)
Point collecte durant une soirée seulement : le 26 mars à partir de 20h00 au cinéma Le Monaco, 17 rue Conchette 63300 Thiers.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 20h30)
Point collecte durant une soirée seulement : le 19 mars à partir de 19h30 au cinéma Le Parnal, 260 rue saint François de Sales 74570 Thorens-Glières.
À l’occasion de la projection-débat du film « Nous n’avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs » en présence du réalisateur franco-grec Yannis Youlountas (lancement du film à 20h00)
★ AUTRES DÉPARTEMENTS FRANÇAIS ET BELGIQUE : des envois sont possibles par la Poste ou par point relais ou par transporteur. L’adresse :
ANEPOS – Action Solidarité Grèce
6 allée Hernando – 13500 MARTIGUES – France
(Numéro à donner au transporteur : 06 24 06 67 98)
La nouvelle LISTE DES BESOINS et tous les détails sont sur le site du film : www [point] paspeurdesruines [point] net (dans l’onglet ”convoi solidaire”)