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Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés

La solidarité  à géométrie variable n’en est pas  vraiment une

par Vicky Skoumbi

Depuis quelques semaines, nous découvrons  que l’accueil tant redouté des réfugiés est bien possible en Europe. Accueillir, accueillir dans  de conditions qui respectent la dignité des personnes, accueillir en ouvrant grand les portes à ceux et celles qui viennent serait alors faisable, même si les arrivants dépassent les quatre millions.  Jusqu’à il y a un mois, une telle perspective était perçue comme annonciatrice de catastrophe majeure voire comme une menace existentielle pour l’Europe : on nous assenait de tous les côtés qu’un accueil digne de ce nom constituerait un appel d’air exposant nos sociétés européennes à un risque d’implosion. Tout geste d’accueil était suspect et pourrait être puni  comme un  délit voire un crime. Les solidaires étaient stigmatisés comme les idiots utiles au service de trafiquants, les sauveteurs comme faisant partie de bandes de passeurs, voire comme des espions coupables d’intelligence avec l’ennemi.  

Avec la guerre en Ukraine, changement complet de cap, les réfugiés- à vrai dire certains d’entre eux- sont reconnus comme tels, leurs droits sont respectés, leurs souffrances et leurs traumatismes pris en compte. Même en Grèce, le retournement complet de pratiques et de discours fut impressionnant. En deux semaines, ce pays dont le gouvernement déclarait qu’il ne pouvait plus recevoir un seul réfugié de plus, a su accueillir 15.000 Ukrainiens  en leur accordant des documents temporaires,  ainsi qu’un numéro de Sécurité Sociale, un numéro fiscal et le droit de travailler.

Or nous savons que cette réception digne ne concerne point tous les réfugiés, mais quelques-uns, choisis en fonction des affinités ethniques et religieuses, peu importe si celles-ci sont réelles ou imaginaires. Elle ne concerne même pas tous les réfugiés fuyant la guerre en Ukraine mais uniquement les ressortissants ukrainiens. En  fait, non seulement la protection temporaire accordée par les pays européens aux Ukrainiens est refusée à la grande majorité d’étrangers résidant en Ukraine, mais plusieurs d’entre eux sont placés  en  détention pour entrée irrégulière au territoire polonais.  Ce n’est qu’en fonction de leurs  nationalités et de leur couleur de peau que les réfugiés d’Ukraine seront accueillis ou rejetés. Quant aux Kurdes, Irakiens, Syriens et Afghans qui se présentent non pas à la frontière polonaise avec l’Ukraine, mais à celle avec la Biélorussie, ils sont traqué et violemment refoulés, après avoir été tabassés et dépouillés de leurs biens ; certains d’entre eux peuvent même être laissés pieds nus par températures négatives à errer sur un sol glacial – au moins 20 personnes sont morts ainsi d’hypothermie à la frontière avec la Biélorussie. Quant à ceux et celles qui oseraient offrir l’hospitalité à ces hommes, femmes et enfants affamés et frigorifiés, ils risquent huit ans d’ans de prison ferme. Les mêmes scènes d’une guerre qui ne dit pas son nom, celle contre les migrants, se passent à la frontière gréco-turque d’Evros où il y a une quinzaine de jours un petit garçon syrien  de 4 ans est mort noyé sous les yeux impassibles d’un commando grec, victime d’un refoulement trop violent.  L’incident, loin d’être un cas isolé, fait partie d’une nouvelle stratégie adoptée pars les garde-frontières de la région d’Evros qui consiste à refouler ceux qui arrivent en les abandonnant sur des îlots du fleuve Evros sans vivres ni eaux  avec l’injonction de retourner en Turquie.  En janvier dernier, cette tactique avait déjà coûté la vie à un syrien souffrant d’une grave insuffisance rénale.

C’est cette face hideuse du visage de l’Europe que celle-ci tourne vers tout un chacun dont l’image s’écarte de la figure-type du ‘bon’ réfugié –chrétien, blanc aux yeux bleus. D’un côté, on accueille à bras ouvert les «nôtres», ceux qui ne menaceraient pas le vénéré mode de vie européen, et de l’autre on violente, on torture, on refoule avec des véritables opérations militaires qui exposent délibérément ceux qui se présentent à nos portes à des risques mortels.

Cependant il ne suffit pas de dénoncer cette solidarité à géométrie variable, il faudrait essayer d’aller au-delà du registre d’une condamnation morale. En effet, si la solidarité dépend de la tête du client, est-ce vraiment de la solidarité ? Ou bien plutôt une défense atavique de nôtres contre les autres, une réaction identitaire qui présuppose une bipartition de l’humanité entre ceux à notre image, et les autres, ces aliens qui, à nos yeux étriqués, portent les stigmates d’une altérité qui les exclurait du domaine d’exercice de l’hospitalité ?  Ainsi, ce qui est présenté comme un retour du sens de l’accueil en Europe, pourrait s’avérer  le symptôme d’un  racisme meurtrier qui ne dit pas son nom. 

Cette année, nous avons ‘célébré’ les cinq ans d’accords de coopération entre UE et la Libye : selon Amnesty International , plus de 82 000 réfugié·e·s et migrant·e·s  ont été renvoyés à l’enfer libyen depuis que les accords ont été conclus. La plupart « se sont retrouvés dans des centres de détention sordides, où sévit la torture, tandis que beaucoup d’autres ont été victimes de disparitions forcées ». Cette politique européenne qui ne se contente pas de refouler en renvoyant aux centres de tortures et aux marchés aux esclaves libyens mais criminalise systématiquement le secours en mer, a bien porté ses fruits : elle  a transformé la mer Méditerranée en une fosse commune qui a englouti pas moins de 23.500 personnes morts ou disparus de 2014 jusqu’à aujourd’hui. En Grèce, un écart significatif entre le chiffre officiel des personnes secourues en mer et celui de nouveaux arrivants enregistrés dans les îles révèle au moins 25.000 cas de refoulement en mer Egée pendant la seule année 2021. Ces refoulements sont non seulement systématiques mais de plus en plus violents ; les commandos qui s’en chargent, recourent à des méthodes  d’une brutalité paroxystique qui mettent délibérément en danger la vie ceux qui en sont les victimes. Cette escalade des violences contre les arrivants comporte  des actes criminels comme ceux des garde-côtes qui en septembre dernier n’ont pas hésité à jeter en pleine mer trois hommes qui ne savaient pas nager et dont deux sont morts noyés,  ou ceux de garde-frontières d’Evros qui avaient dépouillés des exilés de leur vêtement en les laissant pieds nus par températures négatives –19 personnes en sont morts ainsi début février.  Ces crimes ne constituent point des bavures  ou des  dérapages isolés, mais font partie intégrante d’une politique concertée de dissuasion réglée sur le principe « rendons les la vie infernale ». En les exposant délibérément à des dangers mortels,  les garde-frontières qui assurent la protection de l’Europe, s’attendent à ce que les candidats à l’exil  finirons par comprendre non seulement qu’ils sont indésirables sur le sol européen mais que leurs propre vies n’y comptent pour rien.   

La situation dramatique des réfugiés ukrainiens pourrait-elle sensibiliser les sociétés européennes au drame de tous les réfugiés indépendamment de leur origine ?  Si nous tenons compte ce qui continue à se passer à nos frontières loin de projecteurs médiatiques, nous aurons du mal à y croire. Force est de constater que l’accueil des  Ukrainiens va de pair avec notre indifférence, en tout cas avec notre inaction blasée, face à ces crimes commis contre les ‘mauvais’ réfugiés aux confins de l’Europe et/ ou à ses frontières externalisés.

La question est  ‘sommes-nous disposés de vivre au sein  d’une société  régie par la croyance « en une hiérarchie des êtres humains et par la production d’un rapport de domination pour tenter de rendre opérante cette hiérarchisation » (communiqué de Migreurop du 22 mars 2022) ? Car, la solidarité à deux vitesses revient à une bipartition de l’humanité entre ceux dont la vie serait digne d’être sauvés, et les autres, ceux dont les vies en seraient indignes. Ce qui fait inévitablement penser à la doctrine abjecte de Lebensunwertes Leben, de vies indignes d’être vécues, notion clé de la politique eugéniste et raciale nazie. Certes nous n’en sommes là, mais en sommes-nous vraiment loin ? D’un côté, vous avez des vies dignes d’être sauvées, secourues, accueillies, et de l’autre, les vies  de ceux qui, n’appartenant pas à la ‘grande famille européenne’, seraient non seulement indignes d’être sauvés mais qui pourraient dans l’indifférence générale être conduits à la noyade ou à la mort par hypothermie.   La pente est plus que glissante.

Que cela soit clair : tous ceux et celles qui fuient la guerre en Ukraine doivent être accueillis dans les meilleures conditions possibles non seulement à court mais aussi à  moyen voire long terme. Ce qui reste insoutenable, est cette politique de deux poids et deux mesures, qui présuppose une bipartition pernicieuse de l’humanité. Qu’une partie d’êtres humains soit traitée comme si elle n’appartenait plus à l’humanité, comme si elle pourrait en être retranchée et exclue, cela ne saurait ne pas affecter nous autres européens des stigmates d’inhumanité.

La guerre en Ukraine serait-elle d’autant plus la ‘nôtre’ qu’elle est une guerre européenne ? Tout compréhensible que puisse être ce point de vue, on pourrait y objecter que la guerre en Syrie ne nous concernait pas moins, et que la résistance de Kurdes à l’avancée fulgurante de Daech n’a pas été moins décisive pour l’avenir de l’Europe que l’issue de la guerre actuelle en Ukraine. Si, comme le dit Michel Agier, penser l’Europe devrait être une méthode pour penser notre commune humanité, nous ne saurions nous affirmer en tant qu’européens qu’en pensant et agissant en tant que citoyens du monde. Contre les politiques du tri sélectif, de l’exclusion et de criminalisations des arrivants, il nous faudra construire un monde Un, un monde commun où il y aura une place pour toutes et tous.

Paris, 31 mars 2022

[1] Vicky Skoumbi est rédactrice en chef de la revue grecque de philosophie, psychanalyse et art αληthεια et directrice de programme au Collège International de Philosophie, Paris.

Source : blogs.mediapart.fr/vicky-skoumbi/blog/010422/la-solidarite-geometrie-variable-n-en-est-pas-vraiment-une

 

Regards sur la méditerranée centrale

Des centaines de personnes secourues après des naufrages tragiques, alors que la vague des retours forcés en Libye s’intensifie

Cette publication de SOS MEDITERRANEE a pour but de faire le point sur les évènements qui se sont déroulés en Méditerranée centrale au cours des dernières semaines. Il ne s’agit pas de livrer une revue exhaustive des faits, mais plutôt de fournir des informations sur l’actualité de la recherche et du sauvetage dans la zone où nous intervenons depuis 2016, sur la base de rapports publiés par différentes ONG et organisations internationales ainsi que par la presse internationale.

Plus de 500 personnes en situation de détresse imminente en mer sauvées par des navires humanitaires au cours de ces quatre dernières semaines.

Après sa première mission de 2022, l’Ocean Viking a débarqué 247 personnes secourues lors de cinq opérations distinctes, à Pozzallo, en Sicile, le week-end des 19 et 20 février.

Le Sea-Watch 4 a secouru 129 personnes lors de deux opérations de sauvetage le 19 février. Le 25 février Trapani, en Sicile, a été assigné comme port de débarquement pour les rescapé.e.s. Mais le 26 février, en raison des mauvaises conditions météorologiques, les autorités italiennes ont finalement désigné Porto Empedocle , toujours en Sicile, comme lieu de débarquement.

Le 5 mars, l’Open Arms  a secouru 28 personnes à bord d’une embarcation en bois surchargée.  Après une semaine d’attente à bord, l’Open Arms s’est vu assigner Augusta, en Sicile, comme port de débarquement pour les rescapé.e.s. Le débarquement s’est déroulé le 12 mars.

Entre le 5 et le 6 mars, l’équipage MSF à bord du Geo Barents a secouru 111 personnes au cours de deux opérations. 80 personnes à bord d’un bateau pneumatique à la dérive, dont des femmes et des enfants, ont été secourues lors de la première opération.  Le deuxième sauvetage a eu lieu dans la zone maltaise de recherche et de sauvetage après 6 heures de recherche de nuit, dans des conditions météorologiques difficiles. Les autorités italiennes ont désigné Augusta, en Sicile, pour le débarquement des rescapé.e.s le 14 mars.

Le même jour, le Sea Eye 4 a annoncé son départ vers la Méditerranée centrale après une escale technique de 10 semaines dans un chantier naval.

Le 22 février, trois patrouilleurs des garde-côtes italiens ont secouru 573 personnes à bord de deux bateaux de pêche surchargés, victimes de mauvaises conditions météorologiques dans la zone italienne de recherche et de sauvetage.  Les personnes rescapées ont ensuite été transférées à bord du navire Diciotti, qui les a débarquées à Augusta. Au cours de l’opération de sauvetage, une personne sans vie a été retrouvée. Elle était morte depuis plusieurs jours selon les rescapé.e.s.

Un mort et 3 blessés lors d’une tragique interception par les garde-côtes libyens, sur fond de hausse continue des retours forcés en Libye  

Selon l’OIM,  1 370 personnes au total ont été interceptées et renvoyées de force en Libye au cours de ces quatre dernières semaines : 632 entre le 13 et le 19 février, 128 entre le 20 et le 26 février, 452 entre le 27 février et le 5 mars, et 158 au cours de la période du 6 au 12 mars 2022.

Sea-Watch indique avoir été témoin de deux interceptions, les 28 février et 5 mars, depuis ses avions, Seabird et Seabird 2.  Lors du second événement, Sea-Watch a signalé  la présence d’un drone de Frontex dans la zone concernée.

Selon InfoMigrants, dans la nuit du 18 au 19 février, lors d’une interception, les garde-côtes libyens ont tiré à balles réelles sur une embarcation à bord de laquelle se trouvaient environ 80 personnes. L’une d’elle est morte et trois autres ont été blessées. L’OIM a condamné  cet événement en soulignant « l’usage excessif de la force par le Dispositif libyen de soutien à la stabilisation ».

Samedi 19 février, les Pilotes Volontaires ont dénoncé l’interception « violente et dangereuse » d’une embarcation par les garde-côtes libyens dans la zone maltaise de recherche et de sauvetage. D’après l’ONG française, cinq personnes sont tombées à l’eau.

Plusieurs naufrages signalés au cours de ces quatre dernières semaines 

Selon InfoMigrants, au moins 50 personnes sont mortes dans un  naufrage tragique le 27 février au large des côtes de Sabratha.  Plus d’une douzaine de corps se sont échoués sur les côtes libyennes dans les jours qui ont suivi.

Le 28 février, le ministère tunisien de la Défense a annoncé qu’au moins neuf personnes avaient péri dans un naufrage au large de la Tunisie alors qu’elles tentaient de traverser la Méditerranée centrale vers l’Italie, tandis que neuf autres avaient été secourues par la marine tunisienne.

Selon The Guardian, au moins 19 personnes sont présumées disparues après que leur embarcation a chaviré le 12 mars au large des côtes libyennes. L’embarcation serait partie de la ville orientale de Tobrouk. Trois personnes ont survécu au naufrage et ont été emmenées à l’hôpital.

Depuis le début de l’année 2022, 193 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée centrale, et 3 091 ont été interceptées et renvoyées de force en  Libye.

Les droits humains s’appliquent en mer 

Le 1er mars, l’ONG Human Rights at Sea a publié « La Déclaration de Genève sur les droits humains en mer , réaffirmant que « les droits humains s’appliquent en mer comme sur terre ». La Déclaration fournit des conseils pratiques aux États sur « la manière de veiller à ce que les violations des droits humains en mer soient détectées, corrigées, et à terme éliminées ». L’ONG britannique travaille actuellement avec les États et l’ONU pour promouvoir l’adoption de cette Déclaration.

PHOTO : Flavio Gasperini / SOS MEDITERRANEE

Source https://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/regards-sur-la-mediterranee-centrale-16-03-2022

Lettre ouverte de Damien Careme à Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République,

Vous, l’homme.
De chair. De sang.
Vous, Emmanuel Macron, l’homme qui incarne notre République, notre nation : comment pouvez-vous tolérer ce qu’il se passe dans notre pays ?
Comment pouvez-vous encore respirer sans étouffer dans l’incohérence de vos propos sur les migrations ?
Comment pouvez-vous encore un seul instant croiser votre reflet dans le miroir sans être aveuglé par les discriminations, les actes de rejet immonde, la rhétorique de la peur maniée jusqu’à la nausée ?

Le pouvez-vous, Monsieur le Président ?

En janvier 2017 : vous félicitez Angela Merkel pour avoir « sauvé notre dignité collective en accueillant des réfugiés en détresse », des hommes, des femmes, des enfants qui avaient été contraints de fuir la Syrie en 2015.

En mai 2021 : vous vous emportez cette fois, outré que « tous les migrants non éligibles au droit d’asile en Allemagne (soient) arrivés en France ». Vous « n’acceptez plus le système » du droit d’asile.

En août 2021 : l’Afghanistan succombe et vous prévenez alors que la France devra « se protéger contre des flux migratoires irréguliers. »

Et puis à l’automne de cette même année, lors d’un discours à l’Institut du Monde arabe, vous renouez cette fois avec la fraternité : « pour la nation que nous sommes (…), quelles que soient les difficultés qui sont les nôtres, penser qu’elles viennent de l’autre ou de cette part de l’autre, est une facilité aussi vieille que l’humanité. »

Vient la nuit du 24 au 25 novembre 2021 : 27 personnes perdent la vie dans la Manche. C’est le désespoir, c’est l’abandon de la France qui les assassine.
7 femmes, 17 hommes, 2 garçons et 1 fille « pouvant être des adolescents » se noient en tentant d’atteindre une vie simplement viable.
Vous accusez alors les passeurs (qui « utilisent la détresse ») et vous exhortez Boris Johnson à ne pas « instrumentaliser une situation dramatique ».
Dont acte.

Pendant tout ce temps-là, à Grande-Synthe, à Calais, à Ouistreham, à Saint-Jean de Luz, à Bayonne, Porte de la Chapelle, dans la vallée de la Roya, au poste frontière de Menton, à Montgenèvre…partout dans notre pays, Monsieur le Président, des réfugiés sont abandonnés à leur innommable sort.
Refoulés. Humiliés. Traités comme des sous-humains. Reniés jusqu’à la moelle.
Ils ont pourtant été contraints de fuir leurs terres, l’Afghanistan, le Soudan, l’Érythrée, la Somalie, pour sauver leur vie …
Et vos troupes, à vos ordres, réagissent à coups de renforts militaires. Pour nous protéger ? mais de quoi Monsieur le Président ?
Ils accusent les passeurs… mais c’est votre système qui les fait vivre !
Ils harcèlent les Solidaires, qui sont pourtant les seuls à incarner et porter à bout de bras, au prix de toute leur énergie et parfois même de condamnations judiciaires, les droits humains et la dignité dans notre pays.
Ils lacèrent les tentes et dépouillent de la moindre affaire les éxilés, séparent, violentent, piétinent les demandes (pourtant justifiées) d’asile, laissent croupir des femmes, des hommes, des bébés, des vieillards, des adolescents dans le froid, dans la boue, dans la misère la plus ignoble.
Vos troupes.
Vos ministres.
Votre responsabilité.

24 février 2022. Survient la guerre.
Le martyr de l’Ukraine.

Déjà deux millions de personnes, des victimes de la folie humaine, ont été contraintes de quitter leurs vies en un battement d’aile damnée.
Les voilà qui arrivent : comme tant d’autres avant elles, ces personnes se réfugient. Ici.

Cette fois, et c’est évidemment un devoir vital, vous accueillez.
Pour elles, pour eux, vous activez pour la toute première fois la directive européenne de protection temporaire datant de 2001.
La SNCF ouvre en grand les portes de ses trains.
Vos Ministres, à longueur de matinales, se muent soudain en chantres de la solidarité. Gérald Darmanin, devenu preux chevalier de l’humanisme, va jusqu’à reprocher à Londres son « manque d’humanité » tandis que Natacha Bouchart, la maire de Calais, se fait photographier lors d’un magistral pantomime d’accueil d’une famille dans son bureau.

Soudain, Monsieur le Président, vous dites « réfugiés » quand, à propos des autres, de tous les autres, vous continuez pourtant d’éructer le mot « migrant ».

Et jeudi dernier, Monsieur le Président. Ce Jeudi 10 mars au matin, l’horreur, quand à Grande-Synthe, les Solidaires ont emprunté la D601 qui mène au campement parfaitement indigne où vous laissez se terrer environ 800 refugiés : un mur de blocs de bétons les a accueillis.
Un mur.
Érigé par surprise pour couper la route qui mène aux enfants, aux bébés, aux femmes et aux hommes qui eux n’ont pas le droit de monter dans les TER, qui eux n’ont pas le droit de rester, qui eux n’ont pas le droit de bouger tout court, qui n’ont pas non plus le droit de boire, ni celui de s’abriter, ni celui de manger.
Celles-là, ceux-là, que vous appelez « migrants. »
Celles-là, ceux-là que vous asphyxiez lentement, Monsieur le Président, lorsque vous tolérez que le Grand Port Maritime de Dunkerque , port d’Etat, semble fermer la route qui permet aux véhicules de secours et de soins vitaux de les atteindre.
Ces êtres humains. Réfugiés.

Que reste-t-il de votre humanité, Monsieur le Président ?

Vous orchestrez la haine jusqu’à la nausée.
Votre France n’est pas la nôtre.
Votre déshonneur n’est pas le nôtre.

Ce que vous pratiquez porte un nom : racisme d’État.
Nous n’en serons pas complices, Monsieur le Président.

Réagissez.

Source https://www.damiencareme.fr/14-a-chaud/382-lettre-ouverte-a-emmanuel-macron.html

La profonde hypocrisie anti-réfugiés tant européenne que grecque

Une véritable politique des réfugiés uniquement pour les Ukrainiens

Dimitris Angelides

Parmi les milliers de réfugiés ukrainiens qui sont arrivés en Grèce, beaucoup sont sans papiers, mais personne n’a pensé à les qualifier d' »illégaux », des « clandestins’, ni de « passeurs ». Personne n’a non plus envisagé à les décrire comme une « menace sanitaire » en raison de la pandémie, ni à parler d’eux en termes de  menace pour l’intégrité territoriale, impliquant une altération de notre culture nationale. Personne n’a  souligné les différences linguistiques et culturelles insurmontables qui empêcheraient leur intégration dans la société grecque, ni  exprimé la crainte d’une augmentation  imminente de la criminalité ni non plus  suggéré qu’ils prendront nos emplois.

Du jour au lendemain, les frontières fermées ont été ouvertes et un itinéraire sûr et légal a été créé par Promahonas [Poste frontière au nord-est de la Grèce, principal point de contrôle à la frontière gréco-bulgare], où les réfugiés peuvent déposer une demande pour obtenir des documents de voyage. Le ministère de l’Immigration et de l’Asile a immédiatement fourni des abris et de vivres et  le Ministre Mytarachi, qui jusqu’à récemment annonçait des fermetures de structures d’accueil et des expulsions massives, inspecte désormais les structures dans le nord de la Grèce qui sont en train d’être remplies [par les 10.000 Ukrainiens déjà arrivés en Grèce]. Le service d’asile, dont les portes restaient fermées depuis novembre pour des milliers de réfugiés nouvellement arrivés et résidant en Grèce continentale -ceux-ci ne pouvant pas demander l’asile, si ils se trouvaient à une région non-frontalière-  s’ouvre soudainement pour enregistrer les demandes ukrainiennes de protection temporaire.

Les autorités annoncent la délivrance immédiate de numéros  de sécurité sociale et de numéros fiscaux ainsi qu’un accès rapide au marché du travail, tandis que le ministère de l’Education simplifie l’inscription des enfants réfugiés ukrainiens dans les écoles, une procédure déjà en cours. En l’espace de quelques jours, l’État ressemble soudain à une machine bien huilée qui résout les problèmes au lieu de mettre des bâtons dans les roues. La nouvelle normalité que l’invasion russe de l’Ukraine crée pour la gestion des réfugiés est souhaitable et bienvenue. Elle met en pleine lumière la profonde hypocrisie de la politique anti-réfugiés tant européenne  que grecque de ces dernières années, une politique faisant partie de la normalité pour  pour les réfugiés du Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique, mais qui est désormais mis à nue,  dépouillée  de fausses allégations, de mensonges et d’arguments fallacieux : le visage répugnant du racisme dont ces réfugiés non européens sont les victimes se montre au grand jour.—–

Source www.efsyn.gr/stiles/ano-kato/335992_pragmatiki-prosfygiki-politiki-mono-gia-oykranoys

Communiqué de SOS MEDITERRANEE

Les personnes rescapées à bord de l’Ocean Viking doivent débarquer de toute urgence dans un lieu sûr

Depuis le lundi 14 février, l’Ocean Viking attend qu’on lui assigne un lieu sûr où débarquer les 247 personnes rescapées à son bord. Alors que leur état de santé se dégrade en raison du mauvais temps, et en dépit des cinq demandes adressées à ce jour aux autorités maritimes compétentes, aucune instruction pour un port de débarquement n’a été envoyée à l’Ocean Viking

Les 247 personnes qui étaient en détresse en mer ont été secourues le week-end dernier et au début de cette semaine lors de cinq opérations distinctes en moins de 36 heures par l’Ocean Viking, le navire humanitaire affrété par l’organisation européenne de recherche et de sauvetage SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

Michele Angioni, coordinateur de la recherche et du sauvetage pour SOS MEDITERRANEE sur l’Ocean Viking, affirme : « Il y a plusieurs jours, nous avons effectué cinq sauvetages en moins de 36 heures en eaux internationales, dans les zones de recherche et de sauvetage maltaise et libyenne, sans aucune coordination des autorités maritimes, malgré de nombreux messages et appels de notre part. Après ce week-end intense, nous avons traversé une tempête avec des vagues allant jusqu’à quatre mètres et des vents atteignant 30 nœuds (plus de 55 km/h) ».

Parmi les 247 personnes secourues, on compte 53 mineur.e.s non accompagné.e.s ainsi qu’un bébé de cinq mois. Certaines des personnes rescapées présentent des marques de torture, comme Amath*, 19 ans, originaire du Sénégal, parti en Libye avec son frère alors qu’il n’avait que neuf ans. Il a expliqué avoir quitté le Sénégal il y a dix ans pour trouver du travail en Libye. Emprisonné à dix reprises dans un centre de détention libyen, il a fréquemment été battu par des gardiens ou des policiers : il en garde de nombreuses cicatrices partout dans le dos. Le jeune homme rapporte aussi avoir été blessé par balle à la jambe alors qu’il tentait de s’échapper.

« Une fois les personnes secourues ramenées en sécurité à bord de l’Ocean Viking, nous avons soigné des cas d’inhalation des vapeurs de carburant, de brûlures dues au mélange, très corrosif, d’eau de mer et de fuel, ainsi que des infections cutanées » expose Johanna Jonsdottir, infirmière de la FICR.

« Depuis, les personnes rescapées souffrent de mal de mer et de la déshydratation qui en résulte, de maux de tête et de nausées. Nous constatons également que l’état psychologique des personnes s’aggrave face à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons en pleine mer. Certains ont des blessures anciennes, comme des brûlures, des entorses à la cheville et des blessures par balle, d’autres souffrent de douleurs au dos après avoir été battus », ajoute Eila Rooseli, médecin de la FICR.

De nombreuses personnes secourues par nos équipes leur ont confié que le seul moyen de s’échapper de Libye était de risquer la dangereuse traversée de la Méditerranée centrale dans une embarcation pneumatique en mauvais état. Ceci, alors même qu’elles en connaissaient les dangers.

Selon le droit maritime, un sauvetage n’est formellement achevé que lorsque les personnes secourues sont débarquées dans un endroit où leur vie n’est plus menacée, et que leurs besoins fondamentaux sont satisfaits. Trop souvent, les rescapé.e.s doivent subir de longues attentes sur les navires de sauvetage avant d’être autorisé.e.s à débarquer.

« L’absence de coordination SAR [de recherche et de sauvetage] et d’un mécanisme de débarquement prévisible met en danger la vie et la santé des personnes rescapées depuis plusieurs années maintenant. Cela ne peut plus être la norme. Un navire n’est pas adapté et ne peut en aucun cas être un lieu où retenir des personnes naufragées. Nous avons besoin d’un port sûr pour que ces femmes, ces hommes et ces enfants puissent débarquer sans plus attendre » a conclu Michele Angioni.

  * Les noms ont été modifiés pour protéger l’identité des personnes qui témoignent.

Crédit photo: Claire Juchat / SOS MEDITERRANEE

Source https://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/CP-18-02-2022-POS-247

Dernier appel prochain convoi solidaire pour la Grèce

Dernières étapes de la collecte avant le départ du convoi solidaire : il y a encore de la place !

POUR FINIR DE REMPLIR LES FOURGONS VERS LA GRÈCE : DEUX SOIRÉES À ARLES ET PARIS ✊❤

Merci à toutes celles et ceux qui ont déjà transmis des montagnes de choses pour les lieux et collectifs solidaires autogérés en Grèce. Nous avons déjà de quoi remplir 7 ou 8 fourgons.

Si vous souhaitez participer, vous aussi, ou si vous souhaitez inviter votre entourage à le faire, voici les deux dernières soirées d’information avec collecte pour le convoi, en présence de plusieurs fourgons à remplir :

JEUDI 3 FÉVRIER À ARLES (18h30 à la Bourse du Travail)
avec ATTAC, RESF et la LDH
https://local.attac.org/13/arles/Rencontre-avec-Yannis-Youlountas.html

VENDREDI 11 FÉVRIER À PARIS (19h30 au 33 rue des Vignoles)
avec le groupe LA RÉVOLTE de la FA et le secrétariat international de la CNT

Rappel de la LISTE DES BESOINS pour la collecte :
http://blogyy.net/2022/01/01/nouveau-convoi-solidaire-vers-la-grece/

Dernier APPEL À RENFORTS pour le convoi : si vous désirez partir avec nous avec votre véhicule, au départ de la France, de la Suisse ou de la Belgique, c’est encore possible, mais ne tardez pas : laissez-nous vos coordonnées (en vous présentant brièvement) à : solidarite@anepos.net
Sur place, après avoir participé à la livraison, vous pourrez soit rester avec nous, agir, aider, discuter, bricoler dans les lieux, faire des tas de choses utiles, soit continuer votre route sans autre engagement, comme vous voulez.

Source http://blogyy.net/2022/02/02/deux-soirees-a-arles-et-paris/

Réfugiés affamés dans les structures d’accueil

Les autorités grecques laissent délibérément  6 446 réfugiés affamés dans les structures d’accueil.

Dimitris Angelides

 Le moyen de pression le plus extrême sur les réfugiés qui ont achevé la procédure d’asile est choisi par le ministère des migrations, en interrompant la distribution de plateaux repas les concernant. ●  Tollé international sur la « crise de la faim » délibérément provoquée par le gouvernement grec, qui  la nie.

Des portions de nourriture beaucoup moins nombreuses que la population vivant dans les structures pour réfugiés commandées par le ministère de l’Immigration et de l’Asile aux sociétés de restauration qui sont en charge du ravitaillement des structures de la Grèce continentale, du début décembre 21  jusqu’à la fin mars 22, selon les données détaillées et chiffrées par structure publiées aujourd’hui par  le Journal des Rédacteurs..

Comme le montre le bilan mensuel de la situation aux structures, publié par l’Organisation internationale pour les migrations, la population totale vivant dans les 26 structures en Grèce continentale était au 21 novembre  16 659 personnes. Cependant, une semaine plus tard, les décisions d’attribuer le contrat aux deux contractants pour la préparation, le transport et la distribution des repas dans les structures du nord et du sud du pays ont fait que le nombre total de personnes ayant droit à la nourriture n’était que de 10 213.

En d’autres termes, le ministère a choisi de laisser 6 446 personnes vivant dans les structures sans nourriture quotidienne pendant l’hiver, soit un pourcentage de 38,69 %. Elle poursuit ainsi la politique qu’elle a mise en œuvre en octobre, lorsqu’elle a décidé de cesser de pourvoir en nourriture des milliers de personnes au motif qu’elles ont achevé la procédure d’asile et n’ont pas le droit de rester dans les structures. Il s’agit d’une politique sans précédent qui ne tient aucunement compte des besoins fondamentaux de survie des personnes et les spécificités de la situation qu’elle tente de réguler, dans le seul but de forcer les gens à quitter les structures, sans leur offrir de solutions de survie pour la suite.

Cette politique n’a fait que rendre la vie plus difficile aux réfugiés qui ont déjà connu tant des souffrances, et rendre encore plus compliquée la gestion des structures, obligeant les travailleurs sur le terrain et les organisations à improviser pour trouver des solutions afin que des milliers de personnes, dont de nombreux enfants, ne soient pas privées de nourriture.

 Dans chaque structure, le ministère indique un nombre de bénéficiaires de nourriture inférieur à celui de la population de celle-ci, à l’exception de la structure de Kleidi à Sidi, où apparaît le paradoxe d’un nombre de bénéficiaires déclarés supérieur à celui de la population. Certaines structures présentent un écart plus important que d’autres, avec plus de la moitié de la population qui se retrouve sans nourriture. Le plus grand écart se présente à la structure de Eleonas, [près d’Athènes] avec 1 529 personnes sur 2 034 qui ne reçoivent pas de nourriture, vient ensuite Ritsona avec 905 personnes sans nourriture sur un total de 2 194, Katsikas avec 590 personnes sans nourriture sur un total de 1 010 et Polykastro avec 544 personnes sans nourriture sur un total de 934.

Le Ministère a choisi de procéder à la signature de ces contrats de provisionnement, malgré les avertissements répétés de la Commissaire européenne Ylva Johansson, les critiques du Médiateur de la République, et les fortes réactions  qu’a suscitées cette politique tant en Grèce qu’au niveau international.

Le 7 décembre, Mme Johansson, répondant à une lettre de protestation de 28 organisations grecques, a souligné qu’elle avait demandé à plusieurs reprises aux autorités grecques « de veiller à ce que toutes les personnes, en particulier les plus vulnérables, reçoivent de la nourriture, des produits d’hygiène et autres produits de première nécessité ». Elle a également noté que « toutes les personnes, quel que soit leur statut juridique, devraient bénéficier des dispositions du droit de l’UE […] ainsi que des dispositions respectives de la Charte des droits fondamentaux de l’UE ».

« Les réfugiés reconnus en Grèce sont contraints de rester dans des structures d’accueil, car l’absence de soutien adéquat à leur intégration fait qu’ils n’ont aucun autre moyen de joindre les deux bouts ou de louer un logement. Ils n’ont nulle part où aller et la fourniture de nourriture par l’État est le seul moyen dont ils disposent pour se nourrir », note Dimitra Kalogeropoulou, directrice de l’IRC, qui a souligné dans un communiqué le décalage entre les bénéficiaires et la population totale de structures.

Un rapport du journal britannique Guardian fait référence à une crise de la faim, le gouvernement niant le terme et le secrétaire général de l’accueil, Manos Logothetis, déclarant qu’il démissionnerait « si l’on trouvait dans le pays dix réfugiés à qui l’on a refusé de la nourriture ».

  • La distribution de cartes bancaires aux réfugiés ayant droit à une aide financière mensuelle a connu un retard de trois mois en janvier. Le programme avait été suspendu en octobre car le ministère, qui a repris la gestion du programme du Haut-Commissariat, n’était pas en mesure de répondre immédiatement. Des sources au ministère de l’immigration et de l’asile notent que dans les prochains mois, l’argent dont ils ont été privés au cours des mois précédents sera déposé sur les comptes des bénéficiaires de manière rétroactive.

Source en grec  source : www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/329760_afisan-epitides-nistikoys-6446-prosfyges-se-domes

Conférence publique sur les refoulements et la violence aux frontières du 3 fev 2022

La conférence se tenait le  jeudi 3 février 2022, à 13h00 à Association des archéologues grecs, Ermou 134, Athènes et diffusée en direct et accessible en visio.

Stop aux refoulements et à la violence frontalière de l’État grec et de l’UE.
La Τurquie n’est pas un pays sûr !
Liberté de mouvement pour tous !

L’Assemblée ouverte contre les refoulements et la violence aux frontières invite les journalistes, les reporters et tous les membres intéressés du public à participer à notre conférence publique avec des intervenants qui partageront leurs expériences et leurs analyses politiques des refoulements et autres formes de violence d’État contre les personnes en mouvement en Grèce dans le contexte du régime frontalier européen, et qui sont impliqués dans la lutte contre la violence aux frontières.

La conférence comprendra des présentations par des orateurs invités (voir ci-dessous), suivies d’une période de questions de la part des membres de la presse, et enfin d’une discussion ouverte modérée.

Programme :
1) Les migrants racontent leurs expériences des pushbakcs et de la violence aux frontières.
2) Parwana Amiri : La situation dans les camps de réfugiés en Grèce
3) Dimitris Choulis : Situation en mer Égée et dans les îles
4) Centre culturel du Kurdistan d’Athènes : Situation à la frontière de l’Evros et conséquences pour les réfugiés politiques kurdes/turcs de Turquie.
5) Solidarité avec les migrants : La Turquie n’est pas un « pays sûr ».

L’Assemblée ouverte contre les refoulements et la violence aux frontières est une assemblée de collectifs et d’individus qui sont solidaires de toutes les personnes qui luttent pour la liberté, les droits et la dignité dans un monde dévasté par la guerre, l’exploitation et l’oppression. Nous organisons une lutte collective à Athènes contre les refoulements violents et systémiques effectués par l’État grec, et contre d’autres formes de violence aux frontières et de violence d’État visant les personnes en mouvement.

Il y aura une manifestation contre les refoulements et la violence aux frontières le 6 février, au départ de la place Omonia à Athènes à 13h00. Nous invitons tout le monde à y participer et à élever la voix contre la violence, les atrocités et les violations des droits qui se produisent aux frontières entre la Grèce et l’Union européenne. Le 6 février est une journée mondiale de lutte contre le régime frontalier meurtrier, exigeant la vérité, la justice et des réparations pour les victimes de la migration et leurs familles. Ce jour-là, des manifestations et des « Actions de commémoration » auront lieu dans toute l’Europe et au-delà.
Événement Facebook pour la manifestation : https://fb.me/e/1tH8zJGFC

Résumés de la conférence :

Expériences des migrants en matière de violence frontalière

Il existe peu d’espaces où les expériences des personnes en mouvement, qui subissent des violences physiques et psychologiques, des humiliations et l’attitude raciste des autorités grecques, peuvent être exprimées et entendues. Ces dernières années, les refoulements, qui incluent la torture et placent les personnes dans des situations dangereuses, voire mortelles, sont devenus une pratique courante aux frontières de la Grèce et de l’UE. En outre, le traitement des migrants en Grèce est devenu de plus en plus violent, les exposant à un harcèlement quotidien et à l’incarcération alors qu’aucun crime n’a été commis, dans des conditions horribles. Malgré la guerre européenne contre les migrants, les personnes qui migrent continuent de lutter pour la sécurité, la liberté et la dignité. Nous ouvrirons cette conférence en donnant l’espace à certaines de ces personnes pour parler de leurs expériences.

Parwana Amiri, réfugiée afghane révolutionnaire, auteur et journaliste.

L’impact des frontières et des politiques migratoires discriminatoires ne se limite pas aux limites physiques d’un État, mais continue d’affecter la vie des personnes en mouvement, des migrants et des réfugiés sur l’ensemble du territoire. Cette intervention se concentrera sur l’impact des frontières sur la vie quotidienne des migrants en Grèce, avec un accent particulier sur la vie dans les camps.

Dimitris Choulis, avocat de Samos

Cette intervention sera un aperçu des refoulements depuis les îles de la mer Égée après l’arrivée d’un navire. L’orateur expliquera comment les autorités agissent et quels sont les risques pour les réfugiés, avec des exemples de cas spécifiques. Dans la pratique, les refoulements sont un usage de la force, non pas pour arrêter les réfugiés mais pour les dissuader à l’avenir. Ceci sera illustré par des exemples de cas qui ont été ou seront rendus publics. En outre, les refoulements entraînent souvent des décès, directement ou indirectement. Des cas spécifiques de décès suite à des pushbacks seront discutés. Enfin, l’orateur parlera de la criminalisation de la solidarité et de l’assistance comme moyen d’intimidation des actions anti-pushbacks, et discutera des moyens d’y faire face.

Centre culturel du Kurdistan d’Athènes

De plus en plus de citoyens kurdes et socialistes de Turquie qui fuient les persécutions politiques et cherchent la sécurité en Grèce sont repoussés vers la Turquie. Nos camarades ont témoigné de l’horreur de la situation dans la région d’Evros : refus du droit de demander l’asile, vol d’argent et d’effets personnels, détention non officielle pendant des jours sans nourriture ni eau, coups et humiliations, implication de bandes armées recrutées par la police grecque, et expulsion de grands groupes de personnes à travers la rivière Evros vers la Turquie dans des canots pneumatiques sous la menace des armes. Persécutés en tant qu’ennemis de l’État turc, nos camarades qui sont repoussés sont exposés au meurtre, à la torture et à l’emprisonnement à long terme ou à vie en Turquie. Des centaines de politiciens, d’activistes et de journalistes kurdes et turcs se sont retrouvés dans des prisons politiques après avoir été repoussés de Grèce.

Solidarité avec les migrants : La Turquie n’est pas un « pays sûr ».

En juin 2021, l’État grec a déclaré la Turquie « pays tiers sûr » pour les demandeurs d’asile originaires de Syrie, d’Afghanistan, du Pakistan, du Bangladesh et de Somalie. La reconnaissance de la Turquie comme « pays sûr » alors qu’elle est au sommet de l’autoritarisme, de la violence politique et de l’effondrement économique est cynique et politiquement motivée. Les personnes originaires des pays susmentionnés n’ont aucune chance d’obtenir un statut légal sûr en Turquie. En outre, elles sont exposées quotidiennement à l’exploitation du travail, au travail des enfants, aux abus sexuels, aux mariages forcés, à la traite des êtres humains, aux attaques racistes et aux meurtres. Alors que le racisme, la misogynie et les attaques organisées contre les minorités ont une longue histoire en Turquie, plusieurs attaques brutales contre des réfugiés ont eu lieu au cours des deux derniers mois seulement, ce qui prouve que la Turquie est de moins en moins sûre pour les réfugiés (tout comme elle l’est pour beaucoup de ses citoyens).

Migrants bloqués sur une île entre la Turquie et la Grèce

Depuis le 19 janvier, 25 Syriens et quatre Turcs sont bloqués sur une petite île au milieu du fleuve Evros, frontière naturelle entre la Turquie et la Grèce. Ils souhaitaient entrer sur le sol hellénique mais ont été refoulés par les autorités. Ankara refuse pour l’heure de les reprendre. Transis de froid, les migrants se retrouvent piégés entre les deux pays.

Cinq jours sur un minuscule bout de terre de moins de 150 m2. Depuis le 19 janvier, 29 personnes, 25 Syriens et quatre Turcs, sont bloqués sur une petite île au milieu du fleuve Evros, frontière naturelle entre la Turquie et la Grèce. Sans eau, ni nourriture, le groupe survit tant bien que mal, sans aide extérieure, alors que les températures sont négatives. Depuis Google map, l’endroit est visible. Il se trouve non loin d’Erdine, côté turc, et tout près de Kastanies, côté grec. « C’est un banc de sable avec quelques arbres. Et cette nuit, il fera -9 degrés », décrit Natalie Gruber, porte-parole de l’association Josoor, basée en Turquie, et qui recense les incidents à la frontière.

Selon la presse grecque, Athènes refuse d’organiser leur sauvetage, leur demandant à la place de retourner par leurs propres moyens en Turquie – en traversant l’Evros. L’association Josoor s’indigne d’une telle réaction et craint pour la vie de ces migrants. « Les courants du fleuve sont forts en hiver. Il est impensable de laisser des personnes entrer dans l’eau », s’offusque la porte-parole de l’association, contactée par InfoMigrants. « En plus, il a neigé ces derniers jours, le niveau de l’eau a peut-être monté ».

Côté turc, les autorités font également la sourde oreille. « Ils n’iront pas les chercher », continue Natalie Gruber. Il n’est pas rare que les forces de l’ordre se placent sur le rivage armes à la main pour intimider les exilés. « Ils sont donc souvent interdits de passage d’un côté et de l’autre », détaille la porte-parole de Josoor qui déplore l’absurdité de la situation. Chaque pays refuse en effet d’assumer la prise en charge de ces exilés en se renvoyant la balle question souveraineté de ces mini-îles.

Une zone militarisée

« Nous n’avons pas de contact direct avec les migrants bloqués », continue Natalie Gruber qui suit néanmoins la situation de près. La zone de l’Evros est militarisée et interdite aux civils (ONG et journalistes compris) côté grec et côté turc. « Les taxis, les seuls autorisés à entrer dans la zone militaire côté turc, nous ont dit que de nombreux soldats s’étaient massés non loin de la zone » où se trouvent les migrants.

Toujours selon la presse grecque, des mineurs se trouveraient parmi les exilés ainsi qu’une personne souffrant d’une maladie des reins.

Ce n’est pas la première fois que des migrants se retrouvent bloqués sur ces petits bouts de terre entre les deux pays. Au mois d’août 2021, une cinquantaine de personnes avaient déjà été piégées sur une île à la frontière terrestre gréco-turque sans abri, nourriture, ni eau potable. Les images envoyées à des associations montraient des membres du groupe sans chaussures, d’autres avec des ecchymoses et des blessures.

En mai 2021, un mineur non accompagné a été porté disparu après avoir contacté une dernière fois sa mère depuis une de ces petites îles, écrit encore Josoor sur son site. Au mois de mars, c’est cette fois-ci un autre groupe de 70 migrants dont une femme enceinte qui a été bloqué sur une île.

Une traversée risquée

Généralement, les autorités grecques repoussent les migrants non désirés directement vers les rives turques. « Mais depuis 2020, craignant des représailles [et suite à une détérioration des relations diplomatiques entre la Grèce et la Turquie, ndlr], les Grecs ne déposent plus toujours les migrants côté turc, ils ne s’approchent plus des rives voisines, ils laissent les exilés sur ces îles entre les deux pays », explique Natalie Gruber. « Ils leur disent ensuite de traverser l’Evros pour rejoindre la Turquie ».

L’été, la traversée peut être envisageable, le niveau de l’eau est plus bas à certains endroits de la rivière. Mais en hiver quand les courants sont forts, les risques de noyades sont élevés.

Cette année, côté grec, une quarantaine de corps ont été retrouvés dans la région de l’Evros, selon l’hôpital d’Alexandropoulis, à la frontière gréco-turque. La majorité des victimes sont des migrants qui se sont noyés dans le fleuve.

« Souvent, les Turcs finissent par céder », continue la porte-parole de l’association Josoor. « Ils autorisent les migrants à revenir en Turquie, mais ils cèdent au bout de plusieurs jours horribles pour les exilés ». 

 

 

Grèce, l’impasse aux portes de l’Europe

« Au sens figuré, la migration est pour moi comme un grand arbre. Les racines de l’arbre symbolisent les raisons et les motivations communes ou partagées… Les gens partent vers d’autres pays en rêvant d’un avenir meilleur pour leurs enfants, en fuyant la guerre, l’oppression et la violence, en vivant au-delà de la misère et des conflits – tout en emportant avec eux leurs drames et leurs peurs, leurs traumatismes et leurs espoirs. »

— Enri Canaj, photographe Magnum Photos, présent sur les îles grecques de Samos et Lesbos entre juillet et septembre 2020
Le camp de Moria en Grèce
A Moria, le centre d’accueil, conçu pour 2 757 personnes, héberge aujourd’hui environ 15 000 femmes, hommes et enfants. Le camp est devenu un lieu de violence, de privation, de souffrance et de désespoir. Lesbos, Grèce, en juillet 2020.

© Enri Canaj/Magnum Photos

En Grèce, sur les îles de Lesbos et de Samos, des dizaines de milliers de réfugiés et demandeurs d’asile sont bloqués dans les camps, vivant les uns sur les autres dans des conditions extrêmement précaires et indignes. Ces derniers 18 mois, à cause de la pandémie, la situation s’est encore détériorée.

Les conditions de vie insalubres et les camps surpeuplés sont propices à la propagation de l’épidémie de Covid-19. Compte tenu du manque de services sanitaires adéquats et des soins médicaux très limités, le risque de propagation du virus parmi les habitants des camps a été, et reste un facteur d’inquiétude. Comment réussir à faire respecter des mesures de prévention telles que la distanciation sociale ou le lavage des mains dans un tel contexte ? Des familles de cinq ou six personnes doivent dormir dans des espaces ne dépassant pas 3m2. Depuis le mois de mars 2020, les couvre-feux liés à l’épidémie de coronavirus et les restrictions de mouvements des demandeurs d’asile à Moria ont été prolongés sept fois pour une période totale de plus de 150 jours.

Enri Canaj était aussi sur place le 9 septembre 2020 lorsque plusieurs incendies se déclarent dans le camp pour réfugiés de Moria, sur l’île de Lesbos, détruisant la totalité des infrastructures et forçant les 12 000 hommes, femmes et enfants à fuir.

Incendie dans le camp de Moria
Plusieurs incendies se sont déclarés coup sur coup, détruisant la totalité du camp et forçant les habitants à fuir.

© Enri Canaj/Magnum Photos

Le lendemain d’un incendie qui a détruit une grande partie du camp de réfugiés, un autre incendie majeur a éclaté et la totalité du camp a été brûlée. Les réfugiés et les demandeurs d’asile sont évacués du camp mais n’ont pas été autorisés à entrer dans la ville voisine. © Enri Canaj/ Magnum Photos
A la suite de l’évacuation du camp de Moria, des milliers de réfugiés et demandeurs d’asile se sont retrouvés sans abri, obligés de dormir là où ils pouvaient. © Enri Canaj/ Magnum Photos

« Nos équipes ont vu l’incendie se propager à travers le camp toute la nuit. Tout était en feu. Nous avons vu les personnes fuir massivement les flammes, sans savoir où aller. Les enfants sont effrayés et les parents en état de choc. »

— Marco Sandrone, coordinateur de projet MSF à Lesbos
Une femme exprimant sa douleur suite au nettoyage de ses brûlures causées par les gaz lacrymogènes lancés par la police.
Île de Lesbos, 12 septembre 2020. Une femme exprime sa douleur après le nettoyage à l’eau de ses brûlures causées par les gaz lacrymogènes lancés par la police lors d’affrontements près de la ville de Mytilène.

© Enri Canaj/ Magnum Photos

« Ce que les gens affrontent chaque jour sur l’île est honteux », souligne Enri Canaj. Ces incendies ne sont que la partie visible de l’iceberg. En Grèce, des dizaines de milliers de réfugiés et demandeurs d’asile sont bloqués dans des camps à la suite des accords entre l’Union européenne et la Turquie, entrés en vigueur en mars 2016. Ces accords, dénoncés par de nombreuses organisations non-gouvernementales dont MSF, ont piégé des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vivant dans des conditions insalubres, dégradantes et dangereuses.

Ces camps surpeuplés aux conditions de vies délétères engendrent des tensions parmi les habitants. « A Vathy, sur Samos, plus de la moitié de la population vivant dans le camp dort dans des tentes ou sous des bâches plastiques, entourée de détritus et d’excréments humains », dénonçait déjà Vasilis Stravaridis, directeur général de MSF Grèce, en 2019.

Une femme marche dans le camp de Moria.

Magulah et son mari Mohammad sont dans le camp de Moria depuis juillet 2019. Originaires d’Afghanistan, ils ont six enfants, mais tous ne sont pas à Moria. Elle explique: « Lors d’une tentative ratée pour rejoindre la Grèce depuis la Turquie, en 2018, nous avons été séparés de nos enfants. L’un d’eux est maintenant en Allemagne dans un camp de réfugiés, tandis que nous avons aussi un fils de 14 ans dans un hôpital en France. Nous avons repris contact avec lui il y a deux jours, pour la première fois après deux ans. Il souffre d’attaques de panique et a des problèmes de santé mentale. Tout le monde souffre ici. Les journées passent à vide et tout ce que nous faisons, c’est faire la queue. Il y a la queue pour la nourriture, pour l’eau, et nous devons attendre plus d’une heure pour aller aux toilettes. Nous ne pouvons pas rester ici plus longtemps », dit Magula.

© Enri Canaj/ Magnum Photos

Des conséquences néfastes sur la santé

Said Abbasi, réfugié à Lesbos
« Depuis que la quarantaine a commencé, nous avons l’impression d’être en prison. Je dois demander la permission au camp pour aller chercher les médicaments de mon enfant et ils ne me permettent pas de partir. Je veux seulement pleurer et crier fort la douleur que j’ai dans mon âme. Je n’ai pas d’espace sûr où le faire. » Said Abbasi, réfugié à Lesbos.

© Enri Canaj/ Magnum Photos

Pour accéder aux soins médicaux, tous se heurtent à des obstacles. Les équipes de psychologues MSF travaillent pour apporter un soutien mental notamment aux personnes souffrant de dépression, d’anxiété ou de psychose. Elles accompagnent également les victimes de torture. Entre 2019 et 2020, les cliniques de santé mentale sur les îles de Chios, Lesbos et Samos ont pris en charge 1 369 patients, dont beaucoup souffraient de graves troubles en santé mentale, notamment de stress post-traumatique et de dépression. Plus de 180 personnes soignées par MSF s’étaient automutilées ou avaient tenté de se suicider. Deux tiers d’entre elles étaient des enfants. La plus jeune n’avait que six ans.

Un dessin d'enfant représentant des personnes se battant dans le camp.
Yasin vit dans un abri de fortune dans l’oliveraie de Lesbos avec son frère de 3 ans et leurs parents. Son dessin représente des personnes se battant dans le camp.

© Enri Canaj/Magnum Photos

Yasin a 9 ans et est originaire d’Afghanistan. Une fois par semaine, il se rend à la clinique pédiatrique MSF avec son père Mohtar, pour consulter un psychologue pour enfants. Il souffre de cauchemars et a constamment peur que quelque chose de grave ne lui arrive à Moria. Quand il sera grand, il veut «aider les enfants comme son psychologue» dans la clinique pédiatrique de MSF qui se trouve juste en face de Moria. Yasin vit dans un abri de fortune dans l’oliveraie, avec son frère de 3 ans et leurs parents. © Enri Canaj/ Magnum Photos
Golnegar est mère de six enfants. Sa dernière fille, âgée de 2 mois, est née à Samos. Golnegar et son mari ont pris la difficile décision de demander l’asile en Europe après avoir été pris pour cible par des groupes armés en Afghanistan et après avoir mis la vie de leurs enfants en danger. Ils se trouvent dans le camp de Vathy sur Samos, depuis plus de sept mois et, malgré la grossesse et l’état de santé de Golnegar, on ne leur a toujours pas proposé d’endroit sûr où résider. © Enri Canaj/ Magnum Photos

« Il y a un problème avec mon rein, explique Golnegar, réfugiée afghane à Samos. Je souffre et j’ai des maux de tête tous les jours, mais malgré mes efforts pour voir un médecin dans le camp ou à l’hôpital local, cela n’a pas été possible jusqu’à présent. Tous mes enfants ont des piqûres d’insectes sur le corps et ils se plaignent souvent de se sentir malades, mais je ne peux rien faire pour eux. Son mari ajoute : « Nous voulons seulement un endroit sûr pour nos enfants. Nous sommes venus ici pour les sauver de la guerre et les emmener à l’école, mais au lieu de cela, nous nous sommes retrouvés dans ce camp à attendre dans les limbes pendant presque un an. »

« Nous voulons simplement commencer une vie paisible et emmener nos enfants à l’école, et cela n’est possible que sur le continent ou dans d’autres pays européens. Combien de temps devrons-nous rester dans ce camp de fortune ? »

— Mari de Goldnegar, demandeur d’asile à Samos
L'équipe de promotion de la santé assure une partie essentielle du travail de Médecins Sans Frontières dans le centre d’accueil de Vathy, à Samos.
L’équipe de promotion de la santé assure une partie essentielle du travail de Médecins Sans Frontières dans le centre d’accueil de Vathy, à Samos. L’activité consiste à éduquer à la santé afin de prévenir les maladies et s’assurer que les projets MSF soient accessibles à la population du camp.

© Enri Canaj/Magnum Photos

Source https://50years.msf.org/topic/2/fr/grece-l-impasse-aux-portes-de-l-europe?fbclid=IwAR2kssTL2YijIrzB49t6wtR6RoF3-iGgMYMvlT_LvcaHARDiSh1WJVldkN0

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