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Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés

Déclaration de Bureau de Presse du CC du KKE

KKE, (Parti communiste de Grèce)

« Nous appelons le peuple grec, en particulier les habitants des îles et des régions frontalières, à organiser leur lutte, en se concentrant sur les responsables et les causes qui sont à l’origine du problème. À isoler à la fois le nationalisme réactionnaire et la répression, ainsi que le cosmopolitisme dangereux de la théorie des « frontières ouvertes ». Le peuple doit être solidaire les uns des autres et forger une alliance dans le cadre de ses luttes contre les gouvernements bourgeois et leurs partenaires impérialistes »

https://inter.kke.gr/fr/articles/Sur-les-developpements-et-les-mesures-du-gouvernement/

Ci-dessous la déclaration complète :

Déclaration du Bureau politique du CC du KKE
Sur les développements et les mesures du gouvernement.

Les derniers développements, avec les milliers de réfugiés et d’immigrés qui sont bloqués sur les îles de la mer Égée et à la frontière gréco-turque à Évros, confirment une fois de plus que la politique de l’UE et de l’OTAN que les gouvernements grecs ont suivie et respectent avec ferveur, est responsable de la dissolution des pays et du déracinement des peuples, ainsi que du fait que des peuples déracinés sont bloqués sur les îles et aux frontières. Cette politique a ouvert la voie à Erdogan pour tenter d’imposer ses propres objectifs, en utilisant la situation avec les réfugiés en tant que véhicule.

S’il n’y a pas de différend et de conflit avec cette politique, avec le règlement de Dublin et les accords UE-Turquie, alors aucune mesure de répression, aucune voix hypocrite de sensibilité et de sympathie de la part des fonctionnaires de l’UE, et aucun vœu pieux gouvernemental au regard de la solidarité de la part de l’UE, ne pourra faire face à l’aiguisement du problème.

Ce qui se passera, c’est que le nombre de morts, y compris des jeunes enfants, soit augmenté, les réfugiés et les immigrés cherchent pour des voies d’évacuation plus dangereuses en étant à la merci des trafiquants et des gouvernements, comme celui d’Erdogan, qui les exploite pour ses propres jeux géopolitiques, ainsi que pour faire chanter afin d’obtenir des nouveaux échanges de la part de l’UE, de l’OTAN et des États-Unis, pour le soutien de son invasion de la Syrie.

Lors de la réunion spéciale des ambassadeurs de l’OTAN, au cours de laquelle la Turquie a demandé l’aide de l’OTAN pour maintenir son occupation et essentiellement annexer les territoires syriens qu’elle a envahis illégalement, la prétendue réponse du gouvernement grec a été de ne soulever que la question du respect de la Turquie envers l’Accord sur l’immigration entre l’UE et la Turquie. Si tel est le cas, c’est très dangereux car il tolère essentiellement la position agressive de la bourgeoisie turque au détriment des droits souverains d’autres pays et la violation d’accords qui déterminent les frontières comme l’Accord de Lausanne. Ce sont les peuples qui payent les conséquences de tout cela.

Ainsi, au lieu de « montrer sa puissance» contre les réfugiés et les habitants des îles appauvris et noyés, le gouvernement de la ND devrait montrer une attitude déterminée envers l’UE et l’OTAN, qui considèrent l’invasion turque d’Idlib comme «juste», offrant à Erdogan un alibi pour exploiter les réfugiés et les immigrés pour les ambitions de la classe dirigeante turque. Nous appelons le gouvernement de la ND à se retirer du règlement de Dublin et demander l’annulation de la déclaration commune UE-Turquie qui convertit la Grèce en un entrepôt d’âmes, afin que les réfugiés se rendent dans leur pays de destination.

À Évros et dans la mer Égée, les ennemis du peuple grec ne sont pas ceux qui sont les victimes de la barbarie capitaliste, ceux qui sont déracinés par les guerres et les interventions lancées par les États-Unis, l’OTAN et l’UE, avec le soutien de tous les gouvernements grecs, dans l’intérêt du capital grec. L’ennemi est la politique qui, d’une part, soutient les guerres impérialistes, augmentant les vagues de réfugiés et, d’autre part, fait de la Grèce un État-prison pour protéger la «forteresse» de l’UE.

La garde nécessaire de la frontière à Évros ne peut pas être utilisée pour légitimer des voix et des actions d’extrême droite, ouvertes et déguisées, pour promouvoir les cris racistes des ministres, ayant pour résultat que les auteurs de cette politique ne soient pas touchés. Les voix réactionnaires et xénophobes cherchant à tourner le peuple grec contre les victimes, les réfugiés et les immigrés, deviennent finalement le meilleur allié de ceux qui créent et soutiennent le problème, deviennent le meilleur allié du gouvernement Erdogan, qui essaie d’utiliser ces personnes pour ses propres fins.

À cet égard, nous nous opposons aux mesures annoncées par le gouvernement de la ND, et nous les considérons comme une impasse. En particulier, la demande d’application de l’Article 78, paragraphe 3, du «Traité de Lisbonne» pour la participation du corps européen de garde-frontières (Frontex), c’est-à-dire d’équipes militaires étrangères d’intervention rapide pour garder la frontière grecque, prend une direction dangereuse et cela compliquera la situation. Après tout, aucune solution n’a été apportée à ce jour par l’implication de l’OTAN et de Frontex dans la mer Égée. En fait, c’est tout le contraire.

SYRIZA et les autres partis ne disent rien au sujet du règlement de Dublin et de l’accord UE-Turquie, qui transforment les îles, le pays, en un centre de piégeage « ouvert » et « fermé ».

Nous appelons le peuple grec, en particulier les habitants des îles et des régions frontalières, à organiser leur lutte, en se concentrant sur les responsables et les causes qui sont à l’origine du problème. À isoler à la fois le nationalisme réactionnaire et la répression, ainsi que le cosmopolitisme dangereux de la théorie des « frontières ouvertes ». Le peuple doit être solidaire les uns des autres et forger une alliance dans le cadre de ses luttes contre les gouvernements bourgeois et leurs partenaires impérialistes.

Ce qu’il faut maintenant, c’est:

• Supprimer le règlement de Dublin et la déclaration commune UE-Turquie, qui sont de toute façon inefficaces et inactifs.

• Fermer tous les « points chauds » [ note VG: « hot spots » ou camps, structures d’accueil ] des îles de la mer Égée et ne pas en créer de nouveaux, ni fermés ni ouverts.

• Libérer immédiatement les réfugiés détenus sur les îles, et mettre en œuvre des procédures accélérées pour leur permettre de se rendre dans leur pays de destination.

• Que l’UE et l’ONU organisent et mettent en place maintenant des procédures d’asile, en Turquie et à la frontière avec la Grèce et à la frontière avec la Syrie, et des procédures de déplacement des réfugiés vers leur pays de destination. Cette mesure peut soutenir le droit des réfugiés à une protection en vertu des conventions internationales.

• Mettre fin à toute participation, soutien et implication dans les actions et opérations de l’OTAN, des États-Unis et de l’UE dans la région du Moyen-Orient qui soutiennent l’invasion de la Syrie par la Turquie, les interventions en Libye, perpétuant la guerre et les catastrophes.

ATHÈNES 3/3/2020

LE BP DU CC DU KKE

La Grèce veut dissuader les exilés de franchir ses frontières

Par Elisa Perrigueur

Depuis l’annonce d’Ankara concernant l’ouverture de la frontière, la Grèce et la Turquie mènent une véritable bataille de la communication : bataille de chiffres, accusations d’exactions, dénonciations de propagande. Côté grec, le ton redouble de fermeté.

 

Lesbos (Grèce), de notre envoyée spéciale.– Les rafales de vent fouettent les visages sur le port bétonné de Mytilène, à Lesbos. Les côtes turques, à une dizaine de kilomètres, sont noyées dans la brume ce mercredi.

Derrière des barrières gardées par des policiers, ils sont près de 560 migrants, majoritairement venus d’Afghanistan et de pays d’Afrique. Depuis des heures, ils guettent l’arrivée d’un bateau qui viendrait les extirper de l’île grecque.

Peu d’informations circulent sur ces passagers, ce matin-là. Les quelques journalistes autorisés à observer cette scène sous haute surveillance n’ont pas le droit de leur parler. « Pour éviter tout mouvement de foule », explique d’un ton ferme un policier.

On sait seulement que ces migrants en quête d’Europe sont les derniers à avoir accosté à Lesbos. Ils ont pris la mer à bord d’une dizaine de bateaux pneumatiques depuis la Turquie les 1er, 2 et 3 mars, encouragés par l’annonce de l’ouverture de la frontière par Ankara.

Isolés dès leur arrivée, les réfugiés n’ont pas fait escale dans le camp surchargé de l’île, Moria, où s’entassent déjà 20 000 migrants dans l’attente de leur traitement d’asile.

L’imposante frégate militaire s’approche du port en fin de matinée. Elle amarre. Elle devrait embarquer les réfugiés puis prendre le chemin de Serres dans le nord de la Grèce. Mais là-bas, la colère des habitants gronde déjà contre leur venue. Les réfugiés ne le savent pas encore, mais Serres ne sera peut-être qu’une escale.

« Notre but est de les renvoyer dans leur pays », a révélé le ministre de l’immigration, Notis Mitarachi à l’agence Reuters mercredi, en évoquant l’ensemble des quelque 1 500 exilés arrivés sur les îles depuis le 1er mars.

Le sort de ces passagers illustre la politique de dissuasion voulue par la Grèce, qui qualifie d’« invasion » et de « menace asymétrique » le déplacement de migrants à ses portes depuis l’annonce par Ankara de l’ouverture de cette frontière, jeudi 27 février. Le message se veut clair. Il n’y aura pas d’accueil pour les nouveaux exilés dans ce pays redevenu en 2019 la première porte d’entrée de l’Europe pour les demandeurs d’asile, qui peine à traiter les quelque 60 000 requêtes déjà en cours.

La campagne de communication du gouvernement grec a commencé dès vendredi par l’envoi de renforts de police et de l’armée à sa frontière terrestre, dans le nord-est, dans le nome de l’Évros. Il faut dissuader les 12 000 migrants massés du côté turc de la frontière.

Les images de l’afflux de soldats, puis du chef d’état-major grec et du ministre de la protection du citoyen, Michalis Chryssochoidis, en visite ce jour-là dans la ville-frontière de Kastanies, ont fait le tour des télévisions grecques. La tournée de ces hauts responsables a pour objectif d’envoyer un message fort. « La Grèce est un pays sûr. La Grèce protège les frontières », martèle le ministre.

Des soldats grecs patrouillent à la frontière près de Marasia, dans la région d'Évros, le 5 mars. © Reuters Des soldats grecs patrouillent à la frontière près de Marasia, dans la région d’Évros, le 5 mars. © Reuters

La frontière grecque est bien fermée : ce refrain est aussi repris par le premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotákis. Le 1er mars, il annonçait également la suspension, à compter de cette date, du dépôt des demandes d’asile pour toutes les personnes arrivées illégalement en Grèce. Une décision illégale, dénoncent de nombreuses ONG, et contraire au droit international selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

Les autorités grecques, qui dénoncent un « chantage » d’Ankara, ont également annoncé le renvoi systématique des migrants vers leurs pays, la demande de déploiement de la force de réaction rapide (Rabit) de la force européenne Frontex à sa frontière puis le soutien de l’UE « par tous les moyens possibles ».

Kostas Moutzouris, gouverneur local des îles du nord de l’Égée, assume ce qu’il qualifie de politique de « dissuasion » du gouvernement grec. Droit dans son bureau qui surplombe le port de Mytilène, l’homme populaire à Lesbos précise lui aussi « qu’il faut décourager ces gens de venir ».

« Les habitants ici étaient solidaires, mais ils n’en peuvent plus, il y a trop de monde », insiste le politicien de droite. « [Le président turc] Erdogan fait de la propagande de l’autre côté, il incite les migrants à venir jusqu’aux frontières depuis Constantinople [Istanbul – ndlr] et d’autres villes du pays. Ils sont pour l’instant dans le nord de la Grèce, à l’Évros, mais comme ils ne peuvent pas passer, ils commenceront à descendre vers la frontière maritime face aux îles », croit-il.

Les deux pays se livrent une guerre de communication. Les autorités grecques accusent Ankara d’inciter les migrants à venir et de les escorter jusqu’aux eaux grecques. « Le transport [de migrants] est organisé gratuitement jusqu’à la frontière, accompagnés par l’armée turque », a expliqué mercredi 4 mars le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, au cours d’un point presse.

Il affirme que « des SMS [sont] reçus par les migrants sur leurs téléphones portables au sujet des frontières prétendument ouvertes… [que] la télévision d’État turque […] a diffusé une carte avec des itinéraires vers la région d’Évros et la côte ». De son côté, Ankara nie et affirme qu’Athènes tire à balles réelles sur les réfugiés aux frontières terrestre et maritime. La Grèce dément.

Une vidéo datant de début mars a fait le tour des réseaux sociaux, relayée par les autorités turques. On y voit un bateau pneumatique de migrants en mer Égée, et une vedette qui fonce à toute vitesse faisant tanguer le zodiac. On y entend les cris des passagers apeurés, puis des tirs de sommation, visant à repousser l’embarcation, au large de Lesbos, d’après Ankara.

« J’ignore si ce contenu est authentique, avoue Kostas Moutzouris. Mais si c’est avéré, cela ne me paraît pas étrange : il faut dissuader les gens de venir, ces hommes [garde-côtes – ndlr] ne tirent pas sur les réfugiés, mais en l’air pour les dissuader. Les migrants ne doivent pas passer et les militaires grecs feront tout pour qu’ils ne viennent pas. »

Mercredi 4 mars, des heurts entre migrants et forces de l’ordre grecques à la frontière terrestre ont aussi fait six blessés en raison de « tirs à balles réelles », affirme le gouvernement local turc, qui précisait qu’un migrant était mort de ses blessures.

Mohamed Al Arab avait 22 ans et était originaire d’Alep, rapporte Le Parisien. Le gouvernement grec, lui, « dément catégoriquement » ces tirs. « La police grecque n’a pas tiré, maintient M. Moutzouris, mais malheureusement cela ne serait pas surprenant que la situation dérape. »

Une enquête vidéo (visible ci-dessous en anglais) de Forensic Architecture – laboratoire d’investigation pluridisciplinaire avec qui Mediapart a déjà travaillé – sur le meurtre de Mohamed Al Arab contredit la version des autorités grecques.

The Killing of Muhammad al-Arab. © Forensic Architecture

SOS MEDITERRANEE lance la campagne  » tous sauveteurs »

Marseille, 5 mars 2020 – A l’occasion des 5 ans de SOS MEDITERRANEE, les citoyens mobilisés auprès de l’association organisent une série d’événements tout au long de l’année, dans le cadre d’une campagne de mobilisation citoyenne européenne baptisée « Tous sauveteurs ». L’association, présente en Allemagne, en France, en Italie et en Suisse, donne rendez-vous aux citoyens dans chacun de ces pays.  


Alors que le contexte ne cesse de se détériorer en Méditerranée depuis cinq ans, l’objectif de la campagne « Tous sauveteurs » est d’aller à la rencontre de celles et ceux qui refusent la fatalité face au drame humain qui sévit en mer. L’association civile européenne de sauvetage en mer SOS MEDITERRANEE invite les citoyens qui souhaitent agir à s’engager à ses côtés.

Afin que les citoyens allemands, français, suisses et italiens puissent être informés facilement des événements qui seront organisés dans leurs pays respectifs, SOS MEDITERRANEE lance aujourd’hui un nouveau site internet, www.toussauveteurs.org, disponible dans trois langues (français, allemand et italien).

« Depuis 5 ans, c’est la force de l’engagement citoyen qui a permis à SOS MEDITERRANEE de sauver, d’abord avec l’Aquarius, puis avec l’Ocean Viking, plus de 31 000 vies en Méditerranée centrale. Indéniablement, la mobilisation citoyenne à terre permet de sauver des vies en mer » explique Sophie Beau, vice-présidente du réseau européen de SOS MEDITERRANEE, « Nous sommes tous sauveteurs ! ».

En France, les citoyennes et citoyens pourront rencontrer les membres de SOS MEDITERRANEE :

  • A Cannes, le 21 mars 2020, pour une représentation théâtrale de la pièce « Europa Somptuosa » (billetterie en ligne via ce lien : https://bit.ly/3cxLfiD )
  • A Aix-en-Provence, le 4 avril 2020, pour une après-midi solidaire avec une exposition photo et une projection-débat
  • A Caen, le 6 avril 2020, pour un dîner gastronomique en présence de 5 chefs
  • A Quimperlé, le 17 avril 2020, pour une soirée de soutien en présence du navigateur François Gabart
  • A Lampaul, les 24 et 25 avril 2020, pour une série d’animations culturelles
  • A Toulouse, le 16 mai 2020, pour une après-midi solidaire avec concerts, animations pédagogiques, et des échanges et témoignages
  • A Sète, le 27 août 2020, pour un concert du groupe « Les Ogres de Barback »
  • A Marseille, le 26 septembre 2020, pour un grand événement rassembleur dans différents lieux emblématiques de la ville

D’autres événements dans de nombreuses villes de France seront organisés tout au long de l’année. Ils seront très prochainement mis en ligne sur le site internet www.toussauveteurs.org.

Consulter le dossier de presse sur la campagne « Tous sauveteurs » 
Consulter le dossier spécial « Mobilisation citoyenne: la force de l’indignation » 

 

Source http://www.sosmediterranee.fr/

Révolte en mer Égée orientale

Par Dimitris Konstantakopoulos

De violents affrontements ont lieu entre les habitants et la police dans les îles grecques de Lesbos et de Chios, au nord-est de la mer Égée. Les habitants des deux îles réagissent aux plans du gouvernement visant à construire de nouvelles villes « fermées » – des camps pour les réfugiés et les migrants dans leurs îles, craignant que le gouvernement ne mente et n’ait l’intention d’y installer indéfiniment des milliers de nouveaux réfugiés et immigrants.

Le nombre de réfugiés et d’immigrants dans les îles de la mer Égée orientale est déjà comparable au nombre de leurs habitants grecs, une situation qui non seulement crée d’énormes problèmes, mais qui commence à menacer la souveraineté grecque dans une zone de grande valeur et importance géopolitique, qui se trouve être aussi le berceau de la civilisation grecque. C’est dans cette région que sont nés la polis (ville) grecque, la philosophie et le théâtre grecs. D’ailleurs, les îles sont toujours sous la menace de la plus grande force navale de débarquement au monde, celle de la Turquie, juste sur la côte opposée de la mer Égée, dont la seule mission possible est de débarquer sur les îles.

Déjà, un certain nombre d’organisations telles que l’OTAN, Frontex, les agences de l’UE et des Nations unies et des organisations non gouvernementales, dont personne ne sait qui les contrôle, exercent de facto une forme de souveraineté informelle sur les îles. Certains habitants des îles grecques pensent même à émigrer vers la Grèce continentale en raison des problèmes auxquels ils sont confrontés.

Il convient de noter que toute cette situation n’est pas due à un quelconque mouvement spontané de masses en provenance des zones de conflit, mais est le résultat d’un processus strictement contrôlé par le gouvernement turc. D’autre part, l’UE est très satisfaite de la réinstallation des réfugiés et des migrants en Grèce.En conséquence, les fortes tendances à la désintégration s’intensifient dans la société grecque, d’autant plus qu’elle est toujours sous le régime néocolonial de destruction et de pillage qui lui est imposé par l’UE, la BCE et le FMI depuis dix ans déjà.

Entre 2010 et 2015, la troïka a saisi les biens grecs et le droit de la Grèce à mener sa propre politique économique, tout en détruisant la vie de millions de Grecs. Après 2015, ils s’emparent de sa « plus-value » géopolitique. Dans le même temps et avec les programmes mis en œuvre, la population grecque diminue démographiquement, les jeunes émigrent à l’étranger et de plus en plus d’étrangers viennent dans le pays. Comme l’a dit Mikis Theodorakis, le but ultime de l’entreprise néocoloniale qui a débuté en 2010 est une « Grèce sans Grecs » ! D’ailleurs, Hitler avait exactement le même plan pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il voulait délocaliser la population grecque au Moyen-Orient et faire de la Grèce une maison de vacances pour les Aryens.

Source http://www.defenddemocracy.press/revolt-in-eastern-aegean/?utm_source=Delphi+Initiative+Newsletter&utm_campaign=5bae175


Voir dans la rubrique « Brèves du jour » les revues de presse et vidéos

Urgent : collecte pour deux fourgons à destination d’Athènes

URGENT : collecte pour nos lieux autogérés à Athènes (deux fourgons solidaires s’apprêtent à partir) 🖤❤️

LISTE DES BESOINS ACTUELS (en priorité pour les enfants grecs et migrants, car les stocks sont au plus bas) : ★ lait infantile (surtout deuxième âge) ★ couches (surtout 2 à 4) ★ hygiène bébé (shampooings, etc.) ★ sérum phy ★ vêtements bébé (pas trop en mauvais état) ★ jouets…

Nos collectifs d’Exarcheia recherchent aussi : les vieux (ou récents) ★ appareils photo/vidéos ★ ordinateurs ★ téléphones, ainsi que du ★ papier pour les photocopieuses, des ★ sacs de couchages et, bien sûr, de la ★ nourriture adultes/enfants…

Nous achèterons ensuite tout ce qui manque sur place, avec nos camarades grec-ques et migrant-es. Si vous voulez nous aider à financer ces achats : ★ chèque à l’ordre de Anepos, à transmettre à la Laiterie ce samedi, ou à envoyer à : Anepos – Action Solidarité Grèce – BP10 – 81540 Sorèze. Si vous préférez par ★ virement à Anepos, IBAN : FR46 2004 1010 1610 8545 7L03 730, BIC : PSSTFRPPTOU (objet : Action Solidarité Grèce).

POUR TRANSMETTRE AUX FOURGONS :
🚚🚚 amenez ce que vous pouvez durant la soirée festive, ce samedi à la Laiterie à côté d’Albi (cf. affiche, plus bas), même si vous ne faites que passer (nous serons présents avec les fourgons à partir de 17h00).
🚚🚚 ou alors déposez sur place à la Laiterie les jours précédents (en téléphonant auparavant au 06 50 83 13 94).
🚚🚚 ou bien faites passer à quelqu’un qui viendra à la soirée.

Ce samedi 29 février, il y aura aussi :
🍶 la « soupe de la révolution » (avec de la potion magique dedans pour enfin la réussir )
🎼 et le concert de musique crétoise avec le groupe Khandax (téléportation garantie 🏝)

Maud et Yannis Youlountas (avec Anepos, la Laiterie et Elaff)

 

La question des réfugiéEs, en Grèce et le retour de l’extrême droite gouvernementale

La question des réfugiéEs, en Grèce et le retour de l’extrême droite gouvernementale

La « question des réfugiéEs » constitue le seul terrain sur lequel le gouvernement de droite, en place depuis l’été 2019, fait entendre un discours politique public, pendant que parallèlement le pouvoir avance de manière effrénée dans son agenda néolibéral. Pour les réfugiéEs, surtout ceux ou celles enfermés dans les camps sur les îles, la situation devient pire chaque jour. 

Cette politique est le produit de manœuvres sociales et politiques bien antérieures aux dernières élections législatives de juillet 2019. Avec le retour au gouvernement d’une droite comportant depuis toujours des éléments d’extrême droite, on est passé d’une gestion politique des réfugiéEs comme question humanitaire à une ligne prétendant empêcher la « modification de la composition des communautés locales », en jouant avec des réflexes racistes et en affaiblissant davantage la gestion administrative des procédures d’asile alors qu’on voit arriver de nouveaux flots de réfugiéEs. L’an dernier, au moins 60 000 personnes sont arrivées dans les îles de la mer Egée, et 10 000 via la frontière terrestre avec la Turquie.

Pseudο-distinction juridique

Les « réactions » organisées de membres des communautés locales contre le transfert des réfugiéeEs hors des camps installés sur les îles ont été impulsées par des autorités municipales favorables à la droite gouvernementale, elles se sont étendues avec le vote de la nouvelle loi sur l’asile permettant de faciliter les renvois de réfugiéEs et de dissuader les nouvelles arrivées.

Juste après les élections, Dimitris Avramopoulos, ex-commissaire européen, a déclaré qu’après le traité UE-Turquie, les îles devaient être « vides », et que les autorités devaient procéder au renvoi en Turquie d’environ 35000 demandeurEs d’asile : il s’agit, a-t-il dit, de migrantEs économiques et non de réfugiéEs. C’est là une vieille pseudο-distinction juridique visant à produire des catégories d’êtres humains avec des droits limités ou même sans droits. Très rapidement, cette conception a franchi les frontières de la majorité parlementaire et s’est répandue, avec l’aide des médias, jusqu’au village le plus reculé. Cela s’inscrit dans une tentative de former un courant social majoritaire qui ne votera plus et n’intégrera plus une organisation comme Aube Dorée, mais qui voudra voir appliquer son programme : cela rappelle en plus « light » la période noire italienne de Maggioranza Silenziosa à Milan dans les années 1970.

Cette situation nous oblige à repenser sous un angle critique les interventions du mouvement antiraciste, pour aller dans cette période nouvelle vers une recomposition des réseaux de solidarité.

À Athènes, Thodoris Zeis

Source https://npa2009.org/actualite/international/la-question-des-refugiees-en-grece-et-le-retour-de-lextreme-droite

SOS MEDITERRANEE malgré l’Union européenne continue à porter secours

Tandis que l’Union européenne s’accorde pour éviter les embarcations en détresse, l’Ocean Viking porte secours à 274 personnes au large de la Libye.

L’Ocean Viking, navire de sauvetage affrété par SOS MEDITERRANEE en partenariat avec Médecins sans Frontières (MSF), attend qu’un lieu sûr lui soit assigné pour débarquer 274 hommes, femmes et enfants secourus au cours de trois opérations de sauvetage en Méditerranée centrale, les 18 et 19 février 2020. Parmi ces rescapés, 22 sont des femmes et 64 sont des mineurs, dont la plupart sont non accompagnés.

Nicholas Romaniuk, coordinateur des opérations de recherche et de sauvetage de SOS MEDITERRANEE, rend compte depuis l’Ocean Viking, de la situation actuelle en Méditerranée centrale :

« Ces trois opérations de recherche et de sauvetage ont été effectuées avec un manque total de coordination de la part des autorités maritimes. Soit le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage libyen (JRCC) ne répondait pas à nos appels, soit la personne d’astreinte ne pouvait pas parler anglais. Les centres de coordination européens continuaient de nous indiquer de contacter les autorités libyennes et ne nous offraient aucun appui alors que je les ai informés à plusieurs reprises que Tripoli ne répondait pas. C’est inacceptable que ces personnes soient laissées seules, en détresse, en pleine mer, sur des embarcations extrêmement surpeuplées et impropres à la navigation, alors qu’elles sont condamnées à une mort certaine.

Je suis encore plus en colère et attristé aujourd’hui. Depuis quatre ans, j’ai vu la situation s’aggraver et non s’améliorer. Les dirigeants européens montrent de moins en moins d’empathie et un mépris total envers la vie humaine. Les personnes qui fuient la Libye en payent désormais le prix fort. Et cela continue, à l’ombre de l’annonce de la fin de l’opération Sophia, et de l’éventuelle création d’une nouvelle mission, mais avec une totale répugnance à sauver des vies.

Étant donné que les moyens navals de l’Union Européenne (UE) opéreraient loin des zones de détresse habituelles, il ne resterait que les garde-côtes libyens financés et formés par l’UE. Des garde-côtes qui, hier seulement, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ont intercepté et renvoyé plus de 200 hommes, femmes et enfants dans un pays en conflit permanent, avec des violations incessantes des droits de l’Homme, et vers un port qui, quelques heures plus tôt seulement, était bombardé par des tirs d’artillerie.

Les centres de coordination de sauvetage et les moyens aériens européens alertent à peine les navires de la région sur les embarcations et les personnes en danger et dans des situations potentiellement mortelles – des situations où le temps est essentiel. Il est vital de localiser ces embarcations fragiles et surpeuplées aussi vite que possible. Les embarcations pneumatiques peuvent se déchirer et celles en bois peuvent chavirer à tout moment, entraînant femmes, hommes et enfants par le fond, loin des regards et des consciences. Porter secours à des personnes en détresse en mer est un devoir et une obligation en vertu du droit maritime. Je reste préoccupé par le fait que cette rhétorique anti-sauvetage façonne désormais les politiques de l’UE. Les missions de sauvetage des ONG sont plus que jamais nécessaires. La critique injustifiée de notre travail de sauvetage est récemment devenue plus explicite de la part de certains pays et dirigeants européens. Bien que les ONG ne soient pas censées réparer un système brisé, elles continueront de combler un vide laissé par les décideurs politiques de l’UE.»

Note aux rédactions 

Dans la matinée du 18 février, l’Ocean Viking a été alerté par l’ONG Alarm Phone au sujet d’une embarcation en bois en détresse. Un avion espagnol d’EUNAVFOR MED a également établi un contact radio avec le navire, confirmant la position et l’état de l’embarcation en détresse. 84 personnes ont été mises en sécurité à bord de l’Ocean Viking, à 71 milles nautiques des côtes libyennes.

Plus tard dans l’après-midi, un second sauvetage a été réalisé alors que l’Ocean Viking avait été alerté par Alarm Phone au sujet d’une embarcation pneumatique en détresse. 98 personnes ont été secourues, à 37 milles nautiques des côtes libyennes, alors que les conditions météorologiques se dégradaient et que l’embarcation fragile menaçait de rompre.

Mercredi 19 février, 92 personnes ont été secourues d’une embarcation pneumatique en détresse par les équipes de SOS MEDITERRANEE au large de la plateforme pétrolière de Sabratha, au cours d’une opération difficile, avec des vagues de 2,5 mètres. Beaucoup des rescapés, parmi lesquels de nombreuses femmes et plusieurs enfants, étaient extrêmement faibles et en état de choc.

L’Ocean Viking a tenu informé le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage libyen (JRCC) à toutes les étapes de chacune des opérations de sauvetage. Seulement deux appels ont trouvé réponse, mais sans interlocuteur anglophone disponible.

Mercredi après-midi, conformément au droit maritime, l’Ocean Viking a demandé un lieu sûr pour le débarquement rapide des 274 rescapés au JRCC libyen, en mettant en copie les centres de coordination de sauvetage maltais et italien. En l’absence de réponse à tous nos courriels adressés aux autorités maritimes libyennes, y compris à notre demande de lieu sûr, l’Ocean Viking a demandé mercredi soir aux RCC maltais et italien de l’aider à faciliter un débarquement rapide. Le navire attend depuis les instructions des autorités maritimes.

SOS MEDITERRANEE
Ensemble agissons pour sauver des vies en mer

Depuis 2014, près de 20 000 hommes, femmes et enfants sont morts noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. SOS MEDITERRANEE est une association civile européenne de sauvetage en mer constituée de citoyens mobilisés pour porter secours aux hommes, femmes et enfants perdus en mer pour fuir une situation insupportable. Depuis le début de ses opérations en février 2016, SOS MEDITERRANEE a secouru plus de 31 000 personnes avec l’Aquarius puis l’Ocean Viking. Le quart d’entre elles étaient mineures. L’association est basée en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse. Elle a reçu le Prix Unesco Houphouët-Boigny 2017 pour la Recherche de la Paix.

Source http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/declaration-3sauvetages-20-02-2020

Lesbos : les incidents graves du 3 février 2020

[Migreurop] Lesbos, Grèce: incidents graves lors d’une marche de protestation de demandeurs d’asile

Des incidents graves ont marqué la marche de protestation de deux mille réfugié-e-s, des afghans pour la plupart, qui sont partis ce lundi matin de Moria pour se diriger vers Mytilène, chef-lieu de l’île de Lesbos. La marche de réfugié-e-s qui protestaient contre leur confinement géographique et contre la nouvelle loi sur l’asile qui permet l’examen prioritaire des demandes des nouveaux arrivants, en laissant en attente celles des plus anciens, a été arrêtée par la police qui a fait un usage disproportionné de gaz lacrymogène et a bloqué la route afin d’empêcher les manifestants d’arriver en ville. Un groupe a pu continuer en contournant la route par les collines et quelques-uns ont mis le feu aux champs environnants. Les incidents se sont reproduits à la hauteur du camp de Kara-Tépé où les policiers ont inondé le campement de gaz lacrymogènes, au point de rendre nécessaire l’évacuation du camp des familles qui y résidaient.

Lors de leur arrivée au port, les réfugiés y ont érigé des tentes, tandis qu’un autre groupe s’est dirigé vers le théâtre municipal de Mytilène pour y réclamer leur transfert vers le continent. Le mot ‘Liberté, Freedom, Azadi’ était présent dans tous les panneaux improvisés de demandeurs d’asile.

A ce jour 19.574 personnes s’entassent dans des conditions inhumaines dans le camp de Moria et ses alentours, un camp dont la capacité d’accueil atteint à peine 3.000. 1.150 d’entre eux sont des mineurs isolés. Des milliers de personnes obligées de camper dans la jungle d’oliveraies qui entoure le camp, sont toujours privés d’électricité,  de chauffage et d’eau courante.

sources en grec https://www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/229678_eleytheria-zitoyn-oi-prosfyges-sti-moria et

https://www.stonisi.gr/post/6677/ladi-sth-fwtia-oi-shmerines-diadhlwseis-pics avec un photoreportage

Grèce: Amnesty appelle à une action urgente

Grèce: Les personnes demandeuses d’asile et les enfants de personnes migrantes doivent bénéficier de soins de santé

Depuis juillet 2019, les personnes en quête d’asile et les enfants de personnes migrantes en situation irrégulière ne peuvent accéder au système de santé publique en Grèce. Une loi relative à l’asile introduite en novembre a réglementé la question, mais les mesures d’application font toujours défaut, ce qui met en danger la vie et la santé de milliers d’enfants et d’adulte

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COMPLEMENT D’INFORMATION

La Grèce est l’un des principaux pays d’accueil des personnes demandeuses d’asile, réfugiées et migrantes qui viennent en Europe. Depuis 2015, avec l’augmentation des flux migratoires et les effets persistants de la crise économique, les systèmes grecs d’asile et de protection sociale sont constamment sous pression. Les efforts consentis parla Grèce méritent d’être salués etil faut reconnaître que les politiques de l’UE n’ont pas apporté un soutien efficace. Cependant, les personnes demandeuses d’asile, réfugiées et migrantes qui se trouvent actuellement dans ce pays vivent souvent dansdes conditions extrêmement difficiles et, sur le long terme, n’ont pasou quasiment pas accès au système social ou à des possibilités d’insertion. Avec l’augmentation des arrivées par la mer à la mi-2019, la population des îles de la mer Égée a atteint un nombre record, avec 42041 personnes présentes au 6 janvier 2020, contre seulement 17 034le 6 juillet 2019. Malgré les efforts qu’a déployés le nouveau gouvernement pour limiter les arrivées et transférer les personnes vers le continent, les camps sont toujours marqués par la surpopulation et par des conditions de vie épouvantables.

En ce qui concerne l’accès aux soins de santé, la Loi grecque 4368 de 2016 (article 33) prévoit un libre accès aux services médicaux et pharmaceutiques pour les membres de « groupes sociaux vulnérables », dont font partie les personnes réfugiées et demandeuses d’asile et les mineurs, indépendamment de leur situation au regard dela loi, y compris les enfants non accompagnés et les enfants en situation irrégulière. En vertu de cette même loi, les personnes relevant de l’article 33 doivent avoir un numéro de sécurité sociale AMKA ») pour accéder à la gratuité des soins au sein du système de santé public. Depuis 2016, les personnes demandeuses d’asile et les autres membres de « groupes vulnérables » qui ne remplissent pas les conditions requises pour obtenir un AMKA ouqui n’ont pasce numéro ont droit à une carte de soins de santé pour étrangers K.Y.P.A ») leur donnant accès à des soins de santé gratuits au sein du système public. Toutefois, le processus d’attribution de la K.Y.P.A. est jusqu’ici resté non opérationnel.
Par une décision de juillet 2019, le ministère du travail a retiré la circulaire qui réglementait les conditions d’attribution de l’AMKA aux ressortissants non grecs. Depuis lors, aucune procédure n’a été mise en place pour accorder l’AMKA aux personnes demandeuses d’asile et aux enfants de personnes migrantes en situation irrégulière. En octobre, il a été annoncé qu’une nouvelle circulaire réglementerait leur situation, mais à ce jour, cette circulaire n’a toujours pas été publiée. Une nouvelle Loi relative à l’asile de novembre 2019 a tenté de remédier à ce problème, en prévoyant que les personnes demandeuses d’asile auraient accès aux soins de santé publics grâce à un « numéro temporaire d’assurance et de soins de santé pour les ressortissants de pays tiers » (PAAYPA). Cependant, les enfants de personnes migrantes en situation irrégulière et les personnes demandeuses d’asile non parvenues au terme de la procédure d’enregistrement de leur demande ne sont pas couverts par le PAAYPA. De plus, deux mois après l’adoption de la loi, le PAAYPA n’est pas encore opérationnel.
Des ONG telles que MSF et les médecins du système public font de leur mieux pour continuer à dispenser des soins de santé et compenser les insuffisances de l’État, mais ils n’ont pas les moyens nécessaires pour répondre à l’ampleur des besoins existants, et des cas graves continuent à être signalés. À Athènes, en novembre 2019, un Pakistanais souffrant d’un cancer n’a pas pu passer de scanner ni entamer une chimiothérapie parce qu’il n’avaitpas réussi à obtenir d’AMKA. Il a finalement pu commencer les traitements grâce à une décision de l’administration de l’hôpital auquel il avait accédé, qui lui a permis d’être soigné gratuitement à titre exceptionnel. Amnesty International a également été informée de plusieurs cas de personnes confrontées à ce type d’obstacles à Athènes et dans les îles de la mer Égée. (voir https://www.amnesty.org/en/documents/eur25/1213/2019/en/).En septembre 2019, Amnesty International s’est entretenue avec les médecins de deux personnes demandeuses d’asile (un homme et une femme) vivant avec le VIH et actuellement soignées dans un grand hôpital d’Athènes. Ils ont expliqué que ces personnes, si elles quittaient l’hôpital, ne pourraient pas avoir accès à leurs médicaments antirétroviraux, car elles n’avaient pas pu obtenir d’AMKA. L’une d’elles, N*, une demandeuse d’asile séropositive originaire d’un pays d’Afrique centrale, est soignée depuis mai 2019 pour une complication de sa maladie à la clinique de l’hôpital ; elle y suit une thérapie antirétrovirale et y a accès à d’autres médicaments essentiels. N* a déposé une demande d’asile mais s’est vu refuser un AMKA. Ses médecins ont essayé, sans succès, de lui trouver un hébergement ; ils craignent que N* ne se retrouve sans abri à sa sortie de l’hôpital et, faute d’accès à ses médicaments antirétroviraux et autres, ne voie son état s’aggraver. Elle n’est pas en mesure de payer des médicaments.
MSF a également signalé une détérioration de la situation dans ses centres de soins à Lesbos, Samos et Athènes, indiquant qu’entre juillet et novembre 2019, son centre de jour à Athènes avait connu une « forte augmentation du nombre de patients cherchant à se faire soigner sans AMKA : de 18 % des patients en janvier à 43 % en novembre ». L’organisation s’est aussi dite préoccupée par le fait que sa clinique de soins primaire ne pouvait dispenser des soins de longue durée ni des soins spécialisés. Les médecins, la société civile, le HCRetle médiateur grec ont appelé à plusieurs reprises les autorités grecques à remédier à la situation, sans réponse efficace. Lors d’une conférence de presse conjointe en décembre, MSF, Amnesty International, le Conseil grec pour les réfugiés (GCR) et ELEDA ont de nouveau exprimé ces préoccupations (voir ici – texte en grec : https://www.amnesty.gr/news/press/article/22824/prosklisi-se-koini-synenteyxi-typoy-gia-tin-prosvasi-stin-ygeia). Dernièrement, le vice-président de la Commission européenne chargé de la « promotion de notre mode de vie européen » a également abordé la question, exprimant son soutien à la recherche d’une solution.
L’ONG grecque Positive Voice, qui s’occupe de patients vivant avec le VIH, a appelé les autorités grecques à permettre aux personnes non grecques d’accéder à des médicaments antirétroviraux, soulignant qu« au cours des dix premiers mois de 2019, 43 % des nouveaux diagnostics de VIH en Grèce concernaient des réfugiés et des migrants (204 personnes) » et que « les services chargés des infections ne peuvent pas mettre de traitements antirétroviraux à la disposition des étrangers qui n’ont pas d’AMKA, ce qui met en danger leur santé et leur vie ».
LANGUE(S) À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : anglais et grec
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.
MERCI D’AGIR DANS LES PLUS BREFS DÉLAIS ET AVANT LE : 28 février 2020.
Au-delà de cette date, vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir.
Modèle de lettre
Ministre du Travail et des Affaires sociales
Giannis Vroutsis
Ministry of Labour and Social Affairs
29, Stadiou, PC 10110
Athens, Grèce
Courriel : ypourgos_erg@yeka.gr
Monsieur le Ministre,
Je vous écris au sujet du fait que la Grèce n’accorde toujours pas aux personnes demandeuses d’asile, aux enfants non accompagnés et aux enfants nés en Grèce de parents en situation irrégulière au regard de la législation sur l’immigration un accès sans entrave et gratuit aux soins de santé et aux mmédicaments au sein du système de santé publique.
Le droit grec accorde un accès gratuit aux services médicaux et pharmaceutiques aux membres de « groupes sociaux vulnérables », y compris les personnes réfugiées et demandeuses d’asile et les mineurs, quelle que soit leur situation au regard de la loi. Ce droit doit être appliqué par l’octroi d’un numéro de sécurité sociale (AMKA) ou, pour les personnes qui ne remplissent pas les conditions requises pour obtenir l’AMKA ou qui n’ont pas ce numéro, par l’attribution d’une carte spéciale de soins de santé pour étrangers (K.Y.P.A). Toutefois, depuis la décision de retirer la circulaire qui réglementait l’attribution de l’AMKA aux ressortissants non grecs en juillet 2019, aucune procédure n’a été mise en place pour délivrer ce numéro, et aucune solution n’a été proposée pour accorder un accès gratuit aux soins de santé aux personnes qui relèvent de ces catégories. En octobre, une nouvelle circulaire a réglementé
la situation des personnes reconnues en tant que réfugiées, mais pas celle des personnes demandeuses d’asile et des enfants de personnes migrantes sans statut régularisé. Le processus d’attribution des cartes K.Y.P.A est également resté nonopérationnel jusqu’ici. La nouvelle Loi relative à l’asile de novembre 2019 a proposé une solution de remplacement pour les personnes demandeuses d’asile, le « numéro temporaire d’assurance et de soins de santé pour les ressortissants de pays tiers » (PAAYPA).
Toutefois, cet instrument n’a pas été rendu opérationnel.
En conséquence, des milliers de personnes demandeuses d’asile, dont les quelque 50 000 personnes arrivées en Grèce depuis juillet 2019, ne peuvent de fait accéder aux soins et aux médicaments qui pourraient leur être nécessaires pour soigner des maladies graves et souvent chroniques. En outre, sans AMKA, elles peuvent rencontrer des difficultés pour accéder à d’autres services, notamment pour chercher un emploi et bénéficier d’une aide sociale. J’ai bien conscience du fait que depuis de nombreuses années, en raison du grand nombre d’arrivées de personnes en quête d’asile à ses frontières, la Grèce est soumise à une pression considérable alors que le reste de l’Europe ne fait pas sa juste part. Toutefois, cette situation met en danger la santé et la vie des personnes et constitue une grave violation du droit à la santé internationalement reconnu, que la Grèce est tenue de respecter en vertu du droit national, international et européen.
Compte tenu de ce qui précède, je vous prie instamment de prendre des mesures sans délai pour que les personnes demandeuses d’asile, les enfants non accompagnés et les enfants nés en Grèce de parents en situation irrégulière au regard de la législation sur l’immigration puissent bénéficier de soins de santé gratuits au sein du système public, conformément à la loi grecque 4368 de 2016.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération

Moria 35 audience le 3 février 2020

L’affaire des « Moria 35 » en appel : audience le 3 février 2020 à Lesbos

Lundi 3 février aura lieu le procès en appel de 32 exilés, jugés en première instance, en avril 2018 pour incendie volontaire, rébellion, dégradation des biens, tentative de violences ou de trouble à l’ordre public à la suite d’une manifestation pacifique par laquelle plusieurs centaines de personnes bloquées dans le « hotspot » de Moria, sur l’île de Lesbos, dénonçaient leurs conditions de vie indignes et inhumaines.

Sur 35 personnes poursuivies (les « Moria 35 »), 32 ont été reconnues coupables d’avoir blessé des fonctionnaires de police et condamnées à 26 mois de prison avec sursis par le tribunal de Chios (Grèce) après quatre jours d’une audience dont les membres de la délégation d’observateurs internationaux présents au procès avaient recensé, dans un rapport d’observation paru en juin 2018, les graves entorses au droit à un procès équitable : interprétariat lacunaire, manque d’impartialité des juges, temps limité accordé à la défense, mais surtout absence de preuves des faits reprochés.

Les 32 exilés ont fait appel de leur condamnation. L’audience d’appel aura lieu le 3 février prochain, soit près de 2 ans plus tard, cette fois-ci sur l’île de Lesbos où se sont passés les faits.

Le Gisti sera à nouveau présent à l’audience afin d’achever sa mission d’observation dans cette procédure criminelle visant des exilés.

Le 31 janvier 2020

Pour plus d’informations :

Source https://www.gisti.org/spip.php?article6306

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