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Des milliers de personnes ont manifesté cet après-midi, lundi et jour férié, de la place Panormos à l’ambassade d’Israël à la suite d’un appel lancé tôt dans la matinée lorsque la piraterie israélienne sur le navire Madelein par la Flotte de la Liberté a été connue. C’était l’un des rassemblements les plus massifs et peut-être les plus militants qui se sont tenus jusqu’à présent en solidarité avec la Palestine.
Au sommet de la marche, un grand drapeau palestinien a été placé et de derrière se trouvaient les bannières de la paroisse palestinienne, la « Marche de Gaza », l’Alliance Stop War, le Parti socialiste travailliste, les syndicats étudiants beaucoup d’autres collectifs, organisations et partis de gauche.
La présence de jeunes ainsi que de combattants de Palestine et d’autres pays arabes qui scandaient des slogans non-stop en grec, anglais et arabe a été massive.
Avec des slogans « Gaza, Gaza ne pleure pas – la Palestine ne mourra jamais », « Libérez – libérez Gaza », « De la rivière à la mer la Palestine sera libre », « Liberté en Palestine », « Victoire en Intifanta », « L.A., Porte, Palestine – Il n’y a pas de paix sans justice », « fermez les bases, ouvrez les frontières », « fermez les ambassade les sionistes, ces assassins de civils et d’enfants » la marche a atteint l’ambassade d’Israël.
Dans la salutation adressée par le porte-parole de la paroisse palestinienne, il a appelé tout le monde à intensifier le combat pour forcer le gouvernement Mitsotakis et l’UE à cesser de soutenir la guerre génocidaire d’Israël contre Gaza, à briser le confinement menant à la famine, à rendre ses prisonniers Madelein, à arrêter le sioniste les colonies, pour ouvrir la voie à un État palestinien démocratique du fleuve à la mer, pour tous les résidents palestiniens sans distinction de religion, de race, de nationalité.
Les manifestants ont ensuite défilé vers Kifissia avec la procession qui s’est terminée sur la place Panormos. Chaleureux était l’accueil des gens dans les voitures et sur les trottoirs alors que beaucoup de gens étaient déjà rassemblés à l’ambassade quand le cortège est arrivé. La foule était si nombreuse que les tentatives de MAT pour « restreindre » la région au début et finalement échouent.
Reportage : Giorgos Pittas
Photo : Stelios Michailidis / Solidarité du travail
La Cour d’appel mixte de Lamia a demandé que la peine de prison à perpétuité prononcée contre l’ancien garde spécial Epaminondas Korkoneas pour le meurtre d’Alexandros Grigoropoulos, un lycéen de 15 ans, dans le quartier d’Exarchia à Athènes en décembre 2008, soit appliquée.
La Cour a rejeté à l’unanimité l’octroi de la circonstance atténuante qui l’avait fait sortir de prison en 2019, conformément à la proposition du procureur du siège qui aurait demandé que le principe de proportionnalité soit appliqué dans l’administration de la justice.
Ο πρώην ειδικός φρουρός Επαμεινώνδας Κορκονέας
L’annonce de la sentence, qui était la prison à perpétuité – par décision unanime – a suivi, ce qui signifie que selon l’ancien Code pénal, il est obligé de purger une peine de 16 ans avant de pouvoir déposer une demande de libération conditionnelle.
Korkoneas avait purgé 11 ans jusqu’en 2019 pour le meurtre de l’adolescent Alexandros Grigoropoulos et après les appels répétés des décisions de la Cour d’appel qui l’avaient libéré de prison, il a purgé 16 mois supplémentaires.
En octobre 2010, un tribunal mixte a déclaré Korkoneas et son collègue accompagnateur, Vassilis Saraliotis, coupables d’« homicide avec intention directe de causer des dommages », et son collègue accompagnateur, Vassilis Saraliotis, coupable en tant que complice.
Korkoneas a été condamné à la prison à perpétuité et à 15 mois supplémentaires, tandis que Saraliotis a été condamné à dix ans de prison.
En juillet 2019, la peine de prison à perpétuité a été annulée et réduite à 13 ans de prison. Kokoneas a été libéré de prison.
Si je ne me trompe pas, Saraliotis a également été libéré plus tôt pour des raisons de « soutien à sa famille ».
PS : depuis 17 ans, la mère de Grigoropoulos se bat pour la justice pour son enfant assassiné. Depuis 7 ans, les familles des victimes et les survivants du feu de forêt mortel de Mati (120 morts – juillet 2018) se battent pour que quelqu’un aille en prison pour la plus grande tragédie en Grèce en temps de paix. Depuis deux ans et demi, les familles et les survivants de la tragédie ferroviaire mortelle de Tempi avec 57 morts (février 2023) se battent pour voir un procès et la justice pour leurs proches.
Si vous cherchez la justice en Grèce, vous avez probablement besoin de nerfs d’acier, de poches pleines d’argent, d’une patience infinie et d’une très longue espérance de vie.
L’UE devrait agir pour défendre la démocratie et l’état de droit
Les contraintes omniprésentes et délibérées qui pèsent sur le journalisme en Grèce créent un environnement où l’information critique est étouffée, et l’autocensure devient la norme.
Les journalistes sont exposés à la surveillance de l’État, au harcèlement et à l’intimidation de la part d’acteurs pro-gouvernementaux, ainsi qu’à des poursuites judiciaires abusives de la part de politiciens ; ces pratiques menacent la démocratie et l’état de droit.
La Commission européenne et l’UE dans son ensemble devraient suivre la situation de près et veiller à ce que de véritables progrès soient réalisés en matière de liberté des médias en Grèce, et à ce que les valeurs démocratiques fondamentales soient respectées.
Athènes, 8 mai 2025) – La Grèce traverse une crise de la liberté des médias en raison d’agissements et d’échecs du gouvernement grec qui menacent la démocratie et l’état de droit, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
Le rapport de 101 pages, intitulé «From Bad to Worse : The Deterioration of Media Freedom in Greece » («De mal en pis : La détérioration de la liberté des médias en Grèce »), documente l’environnement hostile pour les médias et les journalistes indépendants depuis l’entrée en fonction du gouvernement du parti Nouvelle Démocratie en juillet 2019 ; le harcèlement, l’intimidation, la surveillance et les poursuites judiciaires abusives à leur encontre contribuent à l’autocensure et à l’affaiblissement de la liberté des médias. Human Rights Watch a également constaté le recours à des fonds publics pour influencer la couverture d’événements, ainsi que les pressions éditoriales qui sont exercées sur les médias publics, qui contribuent à exacerber encore ce climat. Ces conditions portent atteinte à la liberté d’expression et au droit du public à l’information.
« Les contraintes omniprésentes et délibérées qui pèsent sur le journalisme en Grèce créent un environnement où les reportages critiques sont entravés et où l’autocensure devient la norme », a déclaré Hugh Williamson, Directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « L’UE devrait reconnaître qu’il s’agit d’une menace sérieuse pour les valeurs démocratiques et l’état de droit, et faire pression sur Athènes pour que le gouvernement change de cap ».
L’étude s’appuie sur des entretiens avec 26 journalistes issus de divers médias, ainsi qu’avec des universitaires, des juristes et des experts des médias. Human Rights Watch a mené des entretiens avec des journalistes travaillant dans la presse écrite, les médias en ligne, la télévision et la radio, pour des organismes publics, privés et indépendants, ainsi qu’avec des correspondants étrangers et des pigistes. Peu de journalistes ont accepté d’être identifiés par crainte de représailles. Nous avons également analysé plusieurs rapports et d’autres documents, et consulté les parties prenantes intéressées.
Le paysage médiatique grec est caractérisé par une forte concentration des médias, où quelques individus puissants contrôlent un grand nombre d’organes de presse. Plusieurs d’entre eux ont des liens avec le parti au pouvoir.
Vingt-deux journalistes ont décrit un environnement de plus en plus hostile à leur travail, tandis que six ont rapporté des cas spécifiques de harcèlement de la part de hauts fonctionnaires en rapport avec leurs activités.
Une correspondante étrangère indépendante a déclaré : « J’envisage désormais de quitter le pays. Pour de vrai. Je ne vois tout simplement pas l’intérêt de m’infliger un tel niveau d’anxiété. Les sujets que nous traitons sont importants, mais le niveau de violence semble s’être aggravé ».
Une journaliste avec plus de 25 ans d’expérience dans une grande chaîne de télévision privée grecque a déclaré : « Ce que vous racontez à la télévision est tellement contrôlé que vous n’avez aucune liberté. Le contrôle est effectué par ceux qui sont haut placés…. Tout est contrôlé. Ce que vous allez dire, comment vous allez le dire ».
En 2022, le gouvernement a été fortement soupçonné d’avoir utilisé le logiciel espion Predator pour cibler entre autres des journalistes, provoquant un scandale majeur en matière de surveillance. Sept des journalistes interrogés ont indiqué avoir des preuves ou de forts soupçons d’une surveillance de l’État, que ce soit par des moyens « traditionnels » comme les écoutes téléphoniques, ou en étant ciblés par des logiciels espions à usage commercial. Cette situation pose de graves questions en matière de respect de la vie privée et de liberté d’expression, et risque d’entraver le travail journalistique, car les sources comme les journalistes craignent pour leur sécurité.
Stavros Malichudis, un journaliste indépendant qui a découvert en 2021 que les services de renseignement grecs l’avaient espionné, a déclaré : « Pendant plusieurs mois, j’ai eu peur. J’avais peur de rencontrer des gens, mes sources, et de les exposer. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me détacher de ce qui s’était passé et recommencer à faire mon travail de journaliste ».
Human Rights Watch a également constaté que le gouvernement avait exercé une influence indue sur les médias publics tels que l’ERT et l’Agence de presse Athènes-Macédoine (AMNA), et porté atteinte à leur indépendance. Le gouvernement a également utilisé les fonds publicitaires de l’État pour favoriser les médias pro-gouvernementaux.
Une autre source de préoccupation est la banalisation de l’utilisation du système juridique contre les journalistes, principalement par le biais de poursuites abusives connues sous le nom de procédures-bâillon (procédures SLAPP : « Strategic Lawsuits Against Public Participation », soit « poursuites stratégiques contre la participation publique »). Les poursuites en diffamation intentées par Grigoris Dimitriadis, neveu du Premier ministre grec et ancien haut fonctionnaire, contre des journalistes qui avaient parlé du scandale de la surveillance, illustrent cette tendance.
En outre, alors que de récents amendements ont décriminalisé la « simple diffamation » (soit la diffusion d’un fait, même s’il est vrai, qui peut être offensant), les lois prévoient toujours une responsabilité pénale pour « insultes » et « diffamation calomnieuse ».
Human Rights Watch a également constaté que le gouvernement et d’autres autorités s’efforçaient de faire obstacle à l’obligation de rendre des comptes. Ces efforts consistent notamment à invoquer la sécurité nationale pour empêcher la divulgation d’informations liées au scandale de la surveillance, à enquêter sur les lanceurs d’alerte et à se montrer réticent à divulguer des détails sur la distribution aux médias de fonds publics destinés à la publicité.
La question de la liberté des médias en Grèce suscite de plus en plus d’inquiétudes au niveau international ; dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), où la Grèce est classée systématiquement vers le bas de la liste des États membres de l’Union européenne. En février 2024, le Parlement européen a adopté une résolutionfaisant part de vives inquiétudes concernant la liberté des médias et l’état de droit en Grèce. Les rapports de la Commission européenne sur l’état de droit ont également fait part de ses préoccupations concernant la liberté des médias en Grèce, bien que jusqu’à présent, ces rapports n’aient pas reconnu la gravité de la suppression de la liberté de la presse et sa nature systémique dans ce pays.
Human Rights Watch a partagé les résultats de ses recherches avec le gouvernement, les autorités et les médias concernés. Leurs réponses sont récapitulées dans le rapport et peuvent être consultées en ligne dans leur intégralité (en anglais). Bien que le gouvernement ait fait part de certaines initiatives visant à améliorer la liberté des médias, il n’est pas certain que ces mesures se traduisent par des changements significatifs. De manière générale, la réponse du gouvernement défend largement le statu quo et minimise la gravité des problèmes documentés par Human Rights Watch.
En réponse aux critiques sur le bilan de son gouvernement en matière de droits humains, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a ainsi rejeté la résolution du Parlement européen, affirmant que l’état de droit dans le pays est « plus fort que jamais» et que « la Grèce, ces dernières années, a souvent été au centre de calomnies ».
La Grèce a des obligations internationales claires en matière de respect de la liberté des médias et de l’état de droit, ces principes étant inscrits dans sa propre constitution ainsi que dans les valeurs fondamentales de l’Union européenne qui figurent dans les traités de l’UE. L’Union européenne a la responsabilité de veiller à ce que la Grèce, en tant qu’État membre, respecte ces engagements et mette fin aux atteintes à la liberté des médias.
« La réponse dédaigneuse du gouvernement grec aux critiques légitimes du Parlement européen suggère qu’une action plus forte de la part de la Commission européenne est nécessaire », a conclu Hugh Williamson. « La Commission et l’UE dans son ensemble devraient notamment suivre la situation avec attention, et veiller à ce que de véritables progrès soient réalisés en matière de liberté des médias en Grèce et à ce que les valeurs démocratiques fondamentales soient respectées. »
La commande groupée a été envoyée aux Viome le lundi 5 mai 2025. Ce sont 24 personnes qui ont participé à cette commande de 350 kg de marchandises pour une somme de 2040 € entre les commandes et les dons.
La palette a été livrée au local » La soupe aux cailloux » le jeudi 22 mai 2025 et 3 membres du comité on préparé les commandes individuelles .
Deux permanences ont été organisées le vendredi 23 et samedi 24 mai pour la récupération des produits. C’est une occasion d’échange avec les participants sur la situation des Viome mais au delà sur la nécessité d’une solidarité internationale.
Merci à tous et rendez-vous l’année prochaine pour la commande 2026. Un merci particulier à La soupe aux cailloux pour son accueil.
Suite à la commande groupée du comité de Grenoble les Viome nous ont fait parvenir quelques nouvelles.
Voici la traduction en français et plus bas la version d’origine en grec et en anglais
Bonjour de la part des employés-ées de la Coopérative VIOME, nous devons dire que nous sommes touchés par votre intérêt tant pour votre soutien réel que par le fait que vous vous penchez sur nous avec beaucoup de sentiments pour les difficultés que nous traversons.
Après tant d’années de lutte continue pour légaliser la production et créer un autre pôle et une autre méthode de production avec empathie pour les produits dont la société a besoin d’une manière de production conviviale et accessible à la famille populaire, bien sûr de la manière la plus écologique qu’une telle entreprise sociale pourrait produire.
Nous savons très bien que les matières premières des produits naturels et de soins sont des matières strictement naturelles, sans tests sur les animaux et sans graisses ou huiles animales issues d’une production non durable. Notre effort pour le zéro déchet dans les emballages.
Après douze années de fonctionnement continu, nous ne pouvons pas dire que nous avons réussi à mettre en pratique tout ce que nous avions envisagé lorsque nous avons commencé. La possibilité qu’un nombre respectable d’usines progressent où nous créerions ce pôle de production solidaire d’une économie d’échange toujours basée sur les besoins de la société.
La légalisation complète de l’usine avec contrôle ouvrier, et bien sûr les participants ayant des conditions de travail bien meilleures que les travailleurs des entreprises avec un patron, et de nouvelles personnes qui participeraient aux processus afin qu’il y ait une continuité lorsque le personnel existant vieillit.
Au contraire, les autorités ont réussi à nous couper l’électricité dans un premier temps, nous avons réussi à avoir notre propre électricité ! Pour que nous n’ayons aucune possibilité de légalisation même si une autorité plus amicale venait sur place, ils ont changé la zone en zone non industrielle. Grâce aux promesses des autorités politiques aux patrons, ils ont réussi à vendre l’usine et à nous limiter à la zone de production, perdant ainsi la grande partie qui appartenait à la société en tant qu’espace créatif libre.
Malgré tout cela, nous persistons et produisons nos produits de haute qualité, créant un public assez large qui les utilise, et en fait, un public en constante expansion. Nous participons au dialogue avec les partenaires sociaux pour créer des outils qui empêchent les grandes multinationales et les intermédiaires de nous piétiner en tant que peuple.
Voilà essentiellement notre actualité avec toutes les difficultés que nous avons.
Solidarité militantes, les salariés de la Coopérative VIOME. 15/05/2025
Un naufrage a fait sept morts, dont trois enfants, jeudi 3 avril. Selon des témoins, il s’agirait d’un pushback ayant mal tourné et dont les garde-côtes grecs seraient en partie responsables. L’un des survivants, qui a perdu sa femme et son enfant, est accusé de trafic d’êtres humains, dans une tentative des autorités de couvrir leurs crimes.
Jeudi 3 avril à l’aube, un énième naufrage a eu lieu au large de l’île grecque de Lesbos, plus précisément près du village de Skala Sykamnias. Selon le média Sto Nisi, sept personnes ont été retrouvées mortes : trois femmes, un homme, un petit garçon et deux petites filles, tous d’origine afghane. Les garde-côtes ont quant à eux annoncé avoir sauvé 23 personnes. Un autre enfant est toujours porté disparu.
Responsabilité des garde-côtes grecs
Plutôt que de naufrage, peut-être faudrait-il plutôt parler d’un crime. De nombreuses témoins évoquent une possible responsabilité des garde-côtes grecs, et donc de l’Union Européenne, dans cette nouvelle tragédie. Sur sa page Instagram, le secouriste Iasonas Apostolopoulos rappelle que :
-La mer était très calme au moment de la tragédie ;
-Le naufrage a eu lieu juste avant que le bateau en plastique ne touche aux côtes grecques, et pas avant ;
-Le bateau des garde-côtes présent sur place et visible sur les photos diffusées dans les médias porte le nom Lambro 57, numéro LS-602. C’est un bateau connu pour des actions violentes envers des réfugiés, qui a participé à de nombreux pushbacks documentés par le passé dans la même zone.
Selon le journaliste Giorgos Moustafis, les garde-côtes auraient délibérément percé le plancher du bateau avec un harpon pour le détacher, faisant en sorte que les passagers se noient.
Pushbacks
Pour rappel, les pushbacks sont les refoulements illégaux auxquels se livrent régulièrement les garde-côtes grecs dans la mer Égée en toute impunité et avec la bénédiction des institutions européennes. Il s’agit de repousser les bateaux de réfugiés en pleine mer, de percuter leurs embarcations, de les remorquer vers les eaux turques et de les laisser à la dérive en pleine mer.
Le 23 mars dernier, l’ONG Aegean Boat Report dénonçait sur sa page Facebook un pushback violent perpétré par des garde-côtes grecs au large de Rhodes, d’un bateau transportant 64 personnes, dont plus de 30 enfants. Selon l’organisation, qui était en contact avec les passagers du bateau, des hommes masqués ont attaqué les victimes avec des bâtons, les ont tenues en joue, et leur ont ordonné de leur donner leurs effets personnels (sacs, argent et téléphones). Certains passagers ont réussi à cacher leur téléphone, ce qui leur a permis d’appeler à l’aide. Ensuite, les garde-côtes les ont tirés vers les eaux turques, où ils les ont abandonnés. Informés, les garde-côtes turcs sont intervenus et ont trouvé les 64 personnes qui dérivaient au large de Sarigerme, district de Muğla.
Le bateau responsable de ces violences est le même Lambro 57 que celui repéré à proximité du bateau qui a fait naufrage ce jeudi 3 avril. La scène du 23 mars a été filmée. Sur les images, on voit des hommes cagoulés frappant les passagers du bateau au large de Rhodes et les renvoyant vers les eaux turques.
Désinformation
Le lendemain de l’événement du 23 mars, les garde-côtes turcs ont annoncé qu’ils avaient « attrapé 35 migrants illégaux (29 enfants) » et deux « passeurs suspectés » dans le district de Muğla, sans mentionner le pushback. Cette tentative de couverture par les garde-côtes turcs des actes illégaux commis par leurs collègues grecs peut s’expliquer par l’accord UE-Turquie entré en vigueur en 2016 et qui consiste, concrètement, à payer le gouvernement turc pour qu’il garde les réfugiés chez lui (9 milliards d’euros avaient déjà été versés à la Turquie l’an dernier).
Les contraintes omniprésentes et délibérées qui pèsent sur le journalisme en Grèce créent un environnement où l’information critique est étouffée, et l’autocensure devient la norme.
Les journalistes sont exposés à la surveillance de l’État, au harcèlement et à l’intimidation de la part d’acteurs pro-gouvernementaux, ainsi qu’à des poursuites judiciaires abusives de la part de politiciens ; ces pratiques menacent la démocratie et l’état de droit.
La Commission européenne et l’UE dans son ensemble devraient suivre la situation de près et veiller à ce que de véritables progrès soient réalisés en matière de liberté des médias en Grèce, et à ce que les valeurs démocratiques fondamentales soient respectées.
(Athènes, 8 mai 2025) – La Grèce traverse une crise de la liberté des médias en raison d’agissements et d’échecs du gouvernement grec qui menacent la démocratie et l’état de droit, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
Le rapport de 101 pages, intitulé «From Bad to Worse : The Deterioration of Media Freedom in Greece » («De mal en pis : La détérioration de la liberté des médias en Grèce »), documente l’environnement hostile pour les médias et les journalistes indépendants depuis l’entrée en fonction du gouvernement du parti Nouvelle Démocratie en juillet 2019 ; le harcèlement, l’intimidation, la surveillance et les poursuites judiciaires abusives à leur encontre contribuent à l’autocensure et à l’affaiblissement de la liberté des médias. Human Rights Watch a également constaté le recours à des fonds publics pour influencer la couverture d’événements, ainsi que les pressions éditoriales qui sont exercées sur les médias publics, qui contribuent à exacerber encore ce climat. Ces conditions portent atteinte à la liberté d’expression et au droit du public à l’information.
« Les contraintes omniprésentes et délibérées qui pèsent sur le journalisme en Grèce créent un environnement où les reportages critiques sont entravés et où l’autocensure devient la norme », a déclaré Hugh Williamson, Directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « L’UE devrait reconnaître qu’il s’agit d’une menace sérieuse pour les valeurs démocratiques et l’état de droit, et faire pression sur Athènes pour que le gouvernement change de cap ».
L’étude s’appuie sur des entretiens avec 26 journalistes issus de divers médias, ainsi qu’avec des universitaires, des juristes et des experts des médias. Human Rights Watch a mené des entretiens avec des journalistes travaillant dans la presse écrite, les médias en ligne, la télévision et la radio, pour des organismes publics, privés et indépendants, ainsi qu’avec des correspondants étrangers et des pigistes. Peu de journalistes ont accepté d’être identifiés par crainte de représailles. Nous avons également analysé plusieurs rapports et d’autres documents, et consulté les parties prenantes intéressées.
Le paysage médiatique grec est caractérisé par une forte concentration des médias, où quelques individus puissants contrôlent un grand nombre d’organes de presse. Plusieurs d’entre eux ont des liens avec le parti au pouvoir.
Vingt-deux journalistes ont décrit un environnement de plus en plus hostile à leur travail, tandis que six ont rapporté des cas spécifiques de harcèlement de la part de hauts fonctionnaires en rapport avec leurs activités.
Une correspondante étrangère indépendante a déclaré : « J’envisage désormais de quitter le pays. Pour de vrai. Je ne vois tout simplement pas l’intérêt de m’infliger un tel niveau d’anxiété. Les sujets que nous traitons sont importants, mais le niveau de violence semble s’être aggravé ».
Une journaliste avec plus de 25 ans d’expérience dans une grande chaîne de télévision privée grecque a déclaré : « Ce que vous racontez à la télévision est tellement contrôlé que vous n’avez aucune liberté. Le contrôle est effectué par ceux qui sont haut placés…. Tout est contrôlé. Ce que vous allez dire, comment vous allez le dire ».
En 2022, le gouvernement a été fortement soupçonné d’avoir utilisé le logiciel espion Predator pour cibler entre autres des journalistes, provoquant un scandale majeur en matière de surveillance. Sept des journalistes interrogés ont indiqué avoir des preuves ou de forts soupçons d’une surveillance de l’État, que ce soit par des moyens « traditionnels » comme les écoutes téléphoniques, ou en étant ciblés par des logiciels espions à usage commercial. Cette situation pose de graves questions en matière de respect de la vie privée et de liberté d’expression, et risque d’entraver le travail journalistique, car les sources comme les journalistes craignent pour leur sécurité.
Stavros Malichudis, un journaliste indépendant qui a découvert en 2021 que les services de renseignement grecs l’avaient espionné, a déclaré : « Pendant plusieurs mois, j’ai eu peur. J’avais peur de rencontrer des gens, mes sources, et de les exposer. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me détacher de ce qui s’était passé et recommencer à faire mon travail de journaliste ».
Human Rights Watch a également constaté que le gouvernement avait exercé une influence indue sur les médias publics tels que l’ERT et l’Agence de presse Athènes-Macédoine (AMNA), et porté atteinte à leur indépendance. Le gouvernement a également utilisé les fonds publicitaires de l’État pour favoriser les médias pro-gouvernementaux.
Une autre source de préoccupation est la banalisation de l’utilisation du système juridique contre les journalistes, principalement par le biais de poursuites abusives connues sous le nom de procédures-bâillon (procédures SLAPP : « Strategic Lawsuits Against Public Participation », soit « poursuites stratégiques contre la participation publique »). Les poursuites en diffamation intentées par Grigoris Dimitriadis, neveu du Premier ministre grec et ancien haut fonctionnaire, contre des journalistes qui avaient parlé du scandale de la surveillance, illustrent cette tendance.
En outre, alors que de récents amendements ont décriminalisé la « simple diffamation » (soit la diffusion d’un fait, même s’il est vrai, qui peut être offensant), les lois prévoient toujours une responsabilité pénale pour « insultes » et « diffamation calomnieuse ».
Human Rights Watch a également constaté que le gouvernement et d’autres autorités s’efforçaient de faire obstacle à l’obligation de rendre des comptes. Ces efforts consistent notamment à invoquer la sécurité nationale pour empêcher la divulgation d’informations liées au scandale de la surveillance, à enquêter sur les lanceurs d’alerte et à se montrer réticent à divulguer des détails sur la distribution aux médias de fonds publics destinés à la publicité.
La question de la liberté des médias en Grèce suscite de plus en plus d’inquiétudes au niveau international ; dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), où la Grèce est classée systématiquement vers le bas de la liste des États membres de l’Union européenne. En février 2024, le Parlement européen a adopté une résolutionfaisant part de vives inquiétudes concernant la liberté des médias et l’état de droit en Grèce. Les rapports de la Commission européenne sur l’état de droit ont également fait part de ses préoccupations concernant la liberté des médias en Grèce, bien que jusqu’à présent, ces rapports n’aient pas reconnu la gravité de la suppression de la liberté de la presse et sa nature systémique dans ce pays.
Human Rights Watch a partagé les résultats de ses recherches avec le gouvernement, les autorités et les médias concernés. Leurs réponses sont récapitulées dans le rapport et peuvent être consultées en ligne dans leur intégralité (en anglais). Bien que le gouvernement ait fait part de certaines initiatives visant à améliorer la liberté des médias, il n’est pas certain que ces mesures se traduisent par des changements significatifs. De manière générale, la réponse du gouvernement défend largement le statu quo et minimise la gravité des problèmes documentés par Human Rights Watch.
En réponse aux critiques sur le bilan de son gouvernement en matière de droits humains, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a ainsi rejeté la résolution du Parlement européen, affirmant que l’état de droit dans le pays est « plus fort que jamais» et que « la Grèce, ces dernières années, a souvent été au centre de calomnies ».
La Grèce a des obligations internationales claires en matière de respect de la liberté des médias et de l’état de droit, ces principes étant inscrits dans sa propre constitution ainsi que dans les valeurs fondamentales de l’Union européenne qui figurent dans les traités de l’UE. L’Union européenne a la responsabilité de veiller à ce que la Grèce, en tant qu’État membre, respecte ces engagements et mette fin aux atteintes à la liberté des médias.
« La réponse dédaigneuse du gouvernement grec aux critiques légitimes du Parlement européen suggère qu’une action plus forte de la part de la Commission européenne est nécessaire », a conclu Hugh Williamson. « La Commission et l’UE dans son ensemble devraient notamment suivre la situation avec attention, et veiller à ce que de véritables progrès soient réalisés en matière de liberté des médias en Grèce et à ce que les valeurs démocratiques fondamentales soient respectées. »
Le navire de SOS MEDITERRANEE a porté secours à deux barques en fibre de verre où s’entassaient 108 personnes. Le port d’Ortona, à quatre jours de navigation du lieu du sauvetage, a été assigné à l’Ocean Viking. Pendant ce temps, un autre naufrage mortel s’est produit en Méditerranée centrale.
Le 5 mai 2025
Peu avant l’aube, ce lundi 5 mai, les équipes à bord de l’Ocean Viking ont porté secours à deux barques en fibre de verre surchargées qui se trouvaient en détresse dans les eaux internationales au large de la Libye. Les 108 personnes rescapées, dont un bébé de 11 mois, ont été transférées vers le navire et rapidement prises en charge par notre équipe médicale. Plusieurs d’entre elles souffraient d’épuisement et de mal de mer.
Les autorités italiennes ont désigné le port sûr d’Ortona, situé à 1 296 km de la position où nous avons secouru 108 personnes la veille. Un port éloigné qui nous impose quatre jours de navigation, sans possibilité de porter secours à d’autres embarcations potentiellement en détresse.
Pendant ce temps, l’ONG Alarm Phone a annoncé un nouveau naufrage en Méditerranée centrale. Selon l’organisation qui gère les appels d’urgence en mer, tout porte à croire qu’ une cinquantaine de personnes seraient mortes. Une tragédie de plus, faute de moyens de sauvetage. Pour l’heure, pratiquement aucun média n’a annoncé la nouvelle: le silence et l’inaction continuent de faire des victimes en mer.
La commande groupée 2025 pour soutenir les Viome de l’usine autogéré de Thessalonique est en cours. La date limite de réception des commandes est fixée au mardi 29 avril 2025.
Notre tract d’information sur les Viome , le catalogue des prix et le bon de commande se trouvent ici
Au moins seize exilés ont perdu la vie jeudi dans deux naufrages survenus en mer Égée, près de l’île de Lesbos pour l’un et près des côtes turques pour l’autre. Vingt-trois personnes ont pu être secourues près de Lesbos mais les opérations se poursuivaient pour tenter de retrouver d’éventuels survivants.
Deux nouveaux drames en mer Égée. Jeudi 3 avril, au moins seize migrants sont morts dans les naufrages de deux bateaux de migrants en mer Égée. Le premier naufrage a eu lieu près de l’île de Lesbos et le second, dans les eaux baignant le district turc d’Ayvacik, au nord-ouest de la Turquie.
Les gardes-côtes grecs ont indiqué que 23 personnes avaient pu être secourues à la suite du premier naufrage, mais les opérations se poursuivaient dans la matinée pour tenter de retrouver des survivants. Au total, une trentaine de migrants se trouvaient à bord du bateau lorsqu’il a quitté la Turquie, selon les gardes-côtes grecs.
Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses entre les côtes turques et les îles grecques voisines, telles que Samos et Lesbos, points d’entrée dans l’Union européenne (UE). De nombreux exilés sont morts sur cette route.
Fin mars, un homme a été repêché inconscient au large de l’îlot de Farmakonissi après un naufrage et alors que les passeurs avaient abandonné les exilés qui se trouvaient à bord en mer.
Sept personnes sont également mortes en mer Égée, au large des côtes ouest de la Turquie, à la fin du mois de janvier. Les victimes sont tombées à l’eau alors que les gardes-côtes turcs tentaient d’intercepter leur embarcation pneumatique. Dix-huit adultes et treize mineurs ont tout de même pu être secourus sains et saufs, avaient indiqué les autorités.
Plus 2 300 disparus en Méditerranée en 2024
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 2 333 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en Méditerranée en 2024. D’après le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 9 000 personnes sont entrées en Grèce clandestinement depuis le début 2025, la plupart par la mer.
Le gouvernement conservateur grec n’a cessé ces dernières années de durcir sa politique migratoire. « Si vous souhaitez entrer illégalement en Grèce et que vous n’avez pas droit à l’asile, nous ferons tout notre possible pour vous renvoyer d’où vous venez », a déclaré le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis devant le Parlement mercredi 2 avril. « Les passeurs et les ONG qui coopèrent avec eux ne détermineront pas qui entre dans notre pays », a-t-il ajouté.
Les gardes-côtes grecs ont été plusieurs fois condamnés pour leur gestion des migrants aux frontières du pays, en mer Égée ou au niveau du fleuve Evros. Ils sont notamment accusés par de nombreuses organisations de pratiquer des refoulements illégaux et de faire preuve de violences envers les exilés.
Les gardes-côtes mis en cause
Selon un rapport réalisé par neuf organisations de défense des droits de l’Homme actives dans plusieurs pays européens et publié le 17 février, « au moins » 120 457 « pushbacks » ont été enregistrés en 2024 en Europe. Et la Grèce serait le deuxième pays, derrière la Bulgarie, à pratiquer ces refoulements. En 2024, 14 482 refoulements ont été enregistrés à ses frontières.
En février, le médiateur de la République hellénique, Andreas Pottakis, a recommandé dans un communiqué de presse, des sanctions contre huit gardes-côtes impliqués dans ce naufrage. Dans son enquête, le médiateur a pointé « une série d’omissions graves et persistantes dans les tâches de recherche et de sauvetage de la part d’officiers supérieurs du corps des gardes-côtes » grecs. Selon lui, les autorités « n’ont pas pris, dans le cadre de leurs pouvoirs, les mesures qui pouvaient raisonnablement être considérées comme propres à prévenir le danger ».