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Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés

Migrants repoussés vers la Turquie

Des soldats de l’armée allemande ont assuré que des embarcations se dirigeant vers la Grèce avaient été repoussées vers les eaux territoriales turques. Ils ont ainsi confirmé les accusations portées par différentes associations et ONG qui viennent en aide aux migrants.

L’information a fait surface lors d’une séance de questions au Parlement allemand. Le député Andrej Hunko, du parti de gauche Die Linke, cherchait à savoir si des navires allemands avaient observé la garde-côtière grecque ou des bateaux de l’opération de l’agence européenne de protection des frontières Frontex faire barrage à des embarcations de migrants.

Le député avait alors expliqué qu’il voulait avant tout savoir si des migrants étaient « repoussés vers les eaux turques ». En réponse, le gouvernement a affirmé que le 19 juin dernier, le navire allemand « Berlin », actuellement à la tête d’une force navale multinationale de l’OTAN, avait bien observé ce genre de refoulements.

Le « Berlin » a pour mission de surveiller la mer et de coordonner les opérations avec les pays riverains dans le cadre de son mandat au sein de Frontex. Le navire supervise aussi des centres de recherche et de sauvetage dans la région. « Le gouvernent allemand est en permanente communication avec le gouvernent grec et rappelle les règles édictée par le droit international », explique l’exécutif allemand.Selon des informations de l’agence de presse dpa, au moins trois cas d’embarcations repoussées vers les eaux turques auraient été documentées par les autorités allemandes.

Dans le même temps, alors que des allégations circulent sur les réseaux sociaux au sujet d’un incident au large de l’île de Lesbos, la garde-côtière grecque a répondu ne pas être au courant.

D’autres medias rapportent que des migrants seraient morts apès avoir été repoussés illégalement dans les eaux de la mer Égée, mais ces informations ne sont pas confirmées.

Andrej Hunko a appelé l’Union européenne à « réagir immédiatement sur ces incidents désormais documentés par le gouvernement allemand ». Le député voudrait par ailleurs que l’agence Frontex suspende ses opérations alors que des soupçons pèsent sur le gouvernement grec qui fermerait les yeux lorsque des bateaux sont repoussés. Une inaction qui violerait la Convention européenne des droits de l’homme.

Traduction : Marco Wolter

Retour de migrants économiques

La Grèce débute les « retours volontaires » de « migrants économiques

Par Charlotte Oberti

Un premier vol transportant des « migrants économiques » retournant « volontairement » dans leur pays d’origine, est parti d’Athènes jeudi, dans le cadre d’un programme de l’Union européenne. Au total, 5 000 personnes se verront proposer des incitations au départ de 2 000 euros.

Quelque 134 migrants irakiens  (dont 38 enfants – dont deux non accompagnés). ont « volontairement » quitté Athènes jeudi 6 août pour rejoindre leur pays d’origine. Des photos de leur embarquement dans l’avion montrent des hommes aux visages masqués. Certains brandissent fièrement leur passeport et agitent les bras en guise d’adieu.

Il s’agit du « plus important retour sur une base volontaire de migrants économiques jamais mis en œuvre dans notre pays, et le plus important en Europe cette année », a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas. Ces retours ont lieu dans le cadre d’un programme mis en place en mars par l’Union européenne dans le but de soulager la Grèce qui abrite 120 000 migrants et réfugiés. Ce programme était jusque-là resté en suspens à cause de la pandémie de coronavirus.

Au total, 5 000 migrants, originaires de différents pays, se verront proposer des incitations au départ volontaire de 2 000 euros (2 400 dollars) par personne pour retourner dans leur pays d’origine. Une aide censée leur permettre un nouveau départ, avait expliqué en mars la commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson.

Pour faire partie de ce programme, les candidats doivent être entrés en Grèce avant le 1er janvier 2020, et être toujours présents sur les îles de Leros, Samos, Lesbos, Kos et Chios en mer Egée. Ils disposent d’un mois pour faire leur demande. Ce délai peut être prolongé d’un mois supplémentaire pour atteindre le nombre requis de candidatures si celles-ci sont peu nombreuses, a expliqué le ministère des Migrations.

« Le gouvernement grec leur mène la vie dure »

À l’image de ces 134 Irakiens, les migrants des camps grecs sont de plus en plus nombreux à envisager, résignés, un retour au pays, observe Yonous Muhammadi, le directeur de l’association Greek forum of refugees qui oeuvre aux côtés de migrants. « Jeudi, je me suis rendu au camp de Ritsona [à une heure au nord d’Athènes, NDLR] et j’ai dû répondre à beaucoup de questions de la part des migrants qui voulaient savoir comment faire pour rentrer chez eux », raconte-t-il, évoquant des personnes venues d’Afghanistan, du Pakistan et de pays africains.

« Il est pourtant clair que la situation dans leurs pays d’origine ne sera certainement pas meilleure qu’ici et, même, pour certains, qu’ils y seront en danger, mais ces personnes sont en souffrance. Elles envisagent le départ car le gouvernement grec leur mène la vie dure », poursuit-il affirmant que l’immense majorité des migrants continuent à vouloir rester en Europe.

Outre les conditions de vie effroyables dans les camps des cinq îles de la mer Égée, où s’entassent plus de 25 000 demandeurs d’asile pour 6 000 places et où le confinement ne cesse d’être prolongé, Athènes a récemment annoncé l’expulsion de 11 000 réfugiés de leur logement. Résultat : des migrants n’ont d’autres choix que de dormir dans les parcs du centre-ville ou entassés dans des appartements.

 »Parfois, on trouve 30 ou 40 personnes dans un seul appartement. Les propriétaires peuvent leur prendre 10 euros par personnes et par jour. Et la police, que nous avons prévenue, s’en moque », dénonce Yonous Muhammadi qui pointe le cynisme de l’État.  »Les autorités n’expulsent pas les migrants du pays mais elles rendent leur quotidien impossible. C’est une stratégie pour dissuader ceux qui prévoient de venir, même s’ils envisagent de toute façon cette option en dernier recours. »

« Je connais beaucoup d’Irakiens sur les îles et aucun ne veut retourner en Irak »

Malgré les difficultés du quotidien, un retour au pays semble pour certains être une décision inimaginable. Ce programme européen laisse ainsi Karim, un père de famille irakien demandeur d’asile depuis deux ans, très dubitatif. « Si des personnes veulent rentrer dans leur pays, c’est uniquement parce que c’est très compliqué de vivre de manière digne quand on est demandeur d’asile en Grèce », confie-t-il à InfoMigrants.

De son côté, le choix est fait. « Rentrer, ça voudrait dire mourir », explique Karim, qui a été menacé dans son pays par des milices après avoir vendu de l’alcool dans son magasin de la ville de Bassora. « Je connais beaucoup d’Irakiens sur les îles grecques et aucun d’entre eux ne veut retourner en Irak. »

En parallèle du programme de l’Union européenne, des « retours volontaires » sont également mis en place sous l’égide de l’Organisation internationale pour les migrations en coordination avec les autorités locales. En juillet, un groupe de Pakistanais avait déjà quitté Athènes par avion. Sur place, le décollage avait été suivi d’un regard attentif par le ministre grec des Migrations.

Source https://www.infomigrants.net/fr/post/26504/la-grece-debute-les-retours-volontaires-de-migrants-economiques

SOS Méditerranée Communiqué

L’Ocean Viking détenu en Italie

SOS MEDITERRANEE condamne un harcèlement administratif cynique qui entrave sa mission de sauvetage.

Aujourd’hui, après une inspection de 11 heures menée par les garde-côtes italiens dans le port de Porto Empedocle en Sicile, l’Ocean Viking est détenu par les autorités italiennes. SOS MEDITERRANEE condamne une flagrante manipulation visant à entraver la mission vitale des navires humanitaires.  

  Le principal motif de détention notifié par les garde-côtes italiens s’énonce comme suit : « le navire a transporté plus de personnes que le nombre autorisé par le certificat de sécurité pour navire de charge”. Plus d’un an après avoir été affrété et exploité par SOS MEDITERRANEE, l’Ocean Viking a déjà prouvé qu’il répondait à des normes de sécurité élevées, plus que ce qui est habituellement demandé à un navire. Nous ne comprenons pas pourquoi des remarques mettant en cause la sécurité du navire sont faites maintenant, alors que rien de tel n’a été notifié à ce sujet au cours de quatre inspections, dont deux récentes, effectuées par la même garde-côte italienne, et qu’il n’y a eu aucun changement dans les règlements de sécurité sur ce qui est aujourd’hui mis en cause.

 « L’armateur norvégien de l’Ocean Viking, ainsi que SOS MEDITERRANEE en tant qu’affréteur, ont toujours respecté et garanti un niveau de sécurité maximum pour l’équipage et les rescapés à bord du navire. Ce qui est clair pour nous maintenant, c’est qu’au cours des trois derniers mois, le même argument sur la sécurité a été systématiquement utilisé par les autorités italiennes pour arrêter quatre navires d’ONG menant des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. En parallèle, on se demande pourquoi la sécurité n’a pas davantage préoccupé les autorités maritimes alors que, au début du mois, l’Ocean Viking a dû attendre 11 jours pour qu’un port sûr lui soit assigné et qu’un état d’urgence a dû être déclaré à bord« , indique Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS MEDITERRANEE.

 Opérer en Méditerranée centrale implique par nature d’être confronté à des situations de détresse répétées avec à chaque fois un nombre potentiellement important de personnes en situation de danger immédiat à secourir (généralement de 50 à 200 personnes). Au cours de la dernière décennie, les garde-côtes italiens ont eux-mêmes secouru plusieurs centaines de personnes à la fois, parfois en quelques heures seulement. C’est bien la réalité de la crise humanitaire de grande ampleur qui se déroule en Méditerranée. En effet, en menant des opérations de sauvetage, conformément à l’obligation qu’a tout capitaine de navire de porter assistance aux personnes en détresse en mer, l’Ocean Viking se retrouve dans la situation de devoir transporter plus de personnes que le nombre spécifié dans les documents de sécurité du navire. Ceci est lié à la nature même des situations d’urgence et de détresse. Cependant, il est très important de rappeler que ces personnes mises en sécurité à bord de l’Ocean Viking doivent, selon le droit maritime, être considérées comme des rescapés, des personnes secourues d’une situation de détresse extrême, et en aucun cas comme des passagers. Les définir comme passagers est une interprétation disproportionnée du cadre juridique maritime dans lequel nous opérons, et constitue un grave mépris pour la situation des multiples embarcations impropres à la navigation que nous avons dû secourir de situations périlleuses au cours des quatre dernières années. Cette interprétation est très préoccupante pour une organisation professionnelle et civile de recherche et de sauvetage telle que SOS MEDITERRANEE.  En effet, les règlements maritimes internationaux qui précisent les normes minimales de construction, d’équipement et d’exploitation des navires, comme la Convention SOLAS, établissent que les naufragés qui se trouvent à bord, conformément à l’obligation  du capitaine de porter assistance, ne doivent pas être comptabilisés dans la vérification de la conformité du navire à la disposition prévue dans la Convention  (article IV (b) de la convention SOLAS)1.

La conséquence du harcèlement administratif systématique auquel sont soumises les ONG est qu’il n’y a actuellement que très peu de navires de sauvetage en capacité de mener des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. Pendant ce temps, des personnes continuent de fuir la Libye, surtout l’été lorsque les conditions météorologiques le permettent, et des embarcations se retrouvent en détresse en Méditerranée centrale.  Des corps flottant au milieu de la mer ont été repérés.

« Il y a une tendance claire à exercer de manière excessive et abusive un harcèlement administratif continu envers les ONG, dont le seul but est d’empêcher leurs activités de sauvetage qui comblent le vide laissé par les États européens en la matière. Mais stopper l’ambulance n’empêchera pas la blessure de saigner« , ajoute Frédéric Penard.

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1.   « Les personnes qui se trouvent à bord d’un navire en raison d’un cas de force majeure ou par suite de l’obligation faite au capitaine de transporter des naufragés ou d’autres personnes ne sont pas prises en compte pour déterminer si des dispositions de la présente Convention s’appliquent à un navire ». Article IV de la Convention SOLAS. 

Note aux éditeurs 

  • Trois contrôles de l’État du port (PSC)  pour l’Ocean Viking en un an – seules des anomalies mineures ont été détectées. 

L’Ocean Viking a précédemment été reconnu comme navire de secours/sauvetage et a opéré en tant que tel dans le cadre juridique strict de l’industrie maritime norvégienne et britannique. À l’époque, le navire, comme tout autre navire de sauvetage opérant dans l’un des secteurs maritimes exigeant les normes de sécurité les plus strictes, n’était pas tenu de remplir certaines des caractéristiques que les garde-côtes italiens considèrent aujourd’hui comme des motifs d’immobilisation.

  Depuis son affrétement par SOS MEDITERRANEE, soit un an, l’Ocean Viking a subi et passé trois contrôles de l’État du port (PSC) – une inspection permettant aux pays de contrôler les navires immatriculés à l’étranger dans des ports autres que ceux de l’État du pavillon – y compris une inspection en Pologne avant de commencer sa mission en Méditerranée centrale en juillet 2019. Selon le profil de risque du navire (Ship Risk Profile) – un système d’évaluation du  niveau de priorité d’inspection du navire, de l’intervalle requis entre les inspections et de l’étendue de ces dernières – l’Ocean Viking est  évalué à risque “standard”. De ce fait, il devrait normalement être soumis à des contrôles périodiques tous les 10 à 12 mois suivant la dernière inspection menée dans la zone européenne du Mémorandum d’entente de Paris sur le contrôle des navires par l’État du Port (Memorandum de Paris) – un accord signé par 26 États européens et le Canada, afin de mettre en oeuvre un système harmonisé de contrôle par l’État du port. En dépit de cela, l’Ocean Viking avait déjà été inspecté par le régime PSC des garde-côtes italiens à deux reprises (en septembre et novembre 2019), avant ce contrôle mené à Porto Empedocle aujourd’hui.

Les deux premiers contrôles par l’État du port effectués en Italie, au cours desquels le navire a été soumis à une inspection approfondie pendant environ 9 heures, n’ont permis de déceler que quelques anomalies mineures qui ont été rapidement corrigées et qui ne constituaient pas un motif d’immobilisation. Étonnamment, malgré ces précédentes inspections approfondies, les autorités maritimes italiennes ont considéré, à la suite de l’inspection d’aujourd’hui, que certains des certificats et dispositifs du navire – qui n’ont pas changé depuis la première inspection – constituaient cette fois-ci des motifs d’immobilisation.

  • Récapitulatif de la dernière mission en mer de l’Ocean Viking au cours de laquelle un état d’urgence a dû être déclaré – une étape sans précédent pour SOS MEDITERRANEE :  

Après avoir effectué quatre sauvetages dans les régions italiennes et maltaises de recherche et de sauvetage les 25 et 30 juin, l’Ocean Viking a déclaré l’état d’urgence suite à huit jours durant lesquels les autorités maritimes compétentes ont refusé d’attribuer un lieu sûr pour le débarquement de 180 survivants qui pour certains étaient dans une détresse psychologique insupportable. Onze jours après le premier sauvetage et trois jours après la déclaration de l’état d’urgence, l’Ocean Viking a reçu l’ordre de débarquer les rescapés à Porto Empedocle, en Sicile. L’équipage a ensuite été mis en quarantaine pendant 14 jours à bord de l’Ocean Viking, au large de la Sicile. Après la désinfection du navire, les autorités italiennes ont procédé à un contrôle par l’État du port, qui a conduit à l’immobilisation administrative du navire.

Source https://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/CP-22-07-2020-sequestreOV

Voir aussi la pétition  » Libérez l’Océan viking » https://www.grece-austerite.ovh/petition-liberez-locean-viking/

Réfugies et migrants confinés

Réfugiés et migrants seront toujours en confinement pendant deux semaines de plus 

Malgré le cri de détresse des ONG et d’organismes internationaux de santé, le gouvernement grec renouvelle les mesures discriminatoires et, sous prétexte de pandémie, prolonge encore une fois les restrictions de mouvement dans toutes les structures d’hébergement des demandeurs asile en Grèce. Par décision conjointe des ministres de la Protection civile, de la Santé, et de l’Immigration et de l’Asile, les mesures dans les centres d’accueil et d’identification (les hot-spots) et dans les structures d’accueil du continent sont prolongées jusqu’au 2 août 2020.

L’objectif, selon une annonce du ministère de l’Immigration, « est d’empêcher l’apparition et la propagation de cas de coronavirus », un argument qui ne repose sur aucune donnée scientifique mais qui révèle uniquement une volonté de discrimination sociale qui ne semble pas être absente de la pensée politique centrale du parti au pouvoir.

Hier, dans un communiqué conjoint, 26 organisations ont appelé le gouvernement à mettre un «frein» aux restrictions de circulation, mais sans se faire entendre.

Source efsyn.gr

Pétition libérez l’Océan Viking

Chers amis,

Depuis hier soir, l’Ocean Viking est détenu par les autorités italiennes. Nous lançons aujourd’hui une pétition en ligne
« Libérez l’Ocean Viking ».

LES FAITS

Notre bateau et l’équipage étaient en quatorzaine dans le port de Porto Empedocle, en Sicile, suite au débarquement de 180 rescapés. Mercredi 22 juillet, à la fin de la quatorzaine, les garde-côtes italiens sont montés à bord du navire pour un contrôle. Après une inspection qui a duré 11 heures, les autorités italiennes ont annoncé l’immobilisation de l’Ocean Viking.

Le principal motif de détention notifié par les garde-côtes italiens s’énonce comme suit : « Le navire a transporté plus de personnes que le nombre autorisé par le certificat de sécurité pour navire de charge”. Plus d’un an après avoir été affrété par SOS MEDITERRANEE, l’Ocean Viking a déjà prouvé qu’il répondait à des normes de sécurité élevées, plus que ce qui est habituellement demandé à un navire. Nous ne comprenons pas pourquoi des remarques qui mettent en cause la sécurité du navire sont faites maintenant, alors que rien de tel n’a été notifié à ce sujet au cours des quatre inspections, dont deux récentes, effectuées par les garde-côtes italiens, et qu’il n’y a eu aucun changement dans les règlements de sécurité sur ce qui est aujourd’hui mis en cause.

SOS MEDITERRANEE condamne une flagrante manipulation visant à entraver la mission vitale des navires humanitaires.

Opérer en Méditerranée implique par nature d’être confronté à des situations de détresse répétées avec un nombre potentiellement important de personnes en situation de danger immédiat à secourir à chaque fois (généralement de 50 à 200 personnes). En menant des opérations de sauvetage, l’Ocean Viking se retrouve dans la situation de devoir transporter plus de personnes que le nombre spécifié dans les documents de sécurité du navire. Ceci est lié à la nature même des situations d’urgence et de détresse.

Il est très important de rappeler que les personnes mises en sécurité à bord de l’Ocean Viking doivent, selon le droit maritime, être considérées comme des rescapés, c’est-à-dire des personnes secourues d’une situation de détresse extrême. Les définir comme passagers est une interprétation disproportionnée du cadre juridique maritime dans lequel nous opérons.

Le harcèlement administratif systématique auquel sont soumises les ONG a des conséquences dramatiques. Actuellement, très peu de navires de sauvetage sont en capacité de mener des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale, alors que des personnes continuent de fuir la Libye, surtout l’été lorsque les conditions météorologiques le permettent.

COMMENT AGIR

Nous, citoyens européens, ne pouvons accepter ce harcèlement administratif continu envers les navires de sauvetage, dont le seul but est d’empêcher les activités de secours en mer.

Sans bateau humanitaire pour secourir les naufragés, le nombre de morts aux portes de l’Europe augmentera encore cet été.

Ce bateau, c’est le vôtre. Signez et partagez la pétition pour demander la libération de l’Ocean Viking !

L’équipe de SOS MEDITERRANEE
#FreeOceanViking

Source https://www.sosmediterranee.fr/

 

COVID-19 et migrants dans les camps de Kos et Leros

Les îles invisibles : comment COVID-19 a affecté les migrants dans les camps de Kos et Leros

On a beaucoup écrit sur la situation dans les camps surpeuplés des îles grecques de Lesbos, Samos et Chios, mais on ne s’est pas beaucoup intéressé aux migrants vivant dans les camps fermés de Kos et Leros. Refugee Rights Europe a levé le voile sur les conditions qui y règnent dans un rapport approfondi intitulé « Les îles invisibles ». Ce rapport documente les conditions que certains utilisateurs d’InfoMigrants sur facebook ont confirmées.

« Je vis dans un camp fermé en Grèce. La situation est très mauvaise », a écrit récemment l’un des utilisateurs de Facebook d’InfoMigrants. L’homme a ensuite demandé aux médias de sensibiliser davantage les gens à la situation des personnes vivant dans des situations comme la sienne. « Beaucoup de gens sont fous d’être emprisonnés dans ces camps fermés sans aucun motif. Aucun droit de l’homme, pas même les droits d’un prisonnier ne sont respectés ici », a-t-il déclaré. L’homme a déclaré qu’il était dans le camp de Pili sur l’île de Kos depuis « plus de trois ans ».

Il a affirmé qu’il y avait « une oppression en coulisses » dans le camp et que les téléphones avec appareil photo étaient interdits « afin que les sinistres secrets de ceux-ci ne soient pas révélés ». Dans une conversation sur Facebook, il a déclaré que l’appareil photo de son téléphone avait été « cassé avant d’entrer dans le camp ». Il a accusé les responsables du camp d’avoir cassé le téléphone. Il a déclaré qu’aucun résident du camp n’avait vu les avocats qu’on leur avait promis, et que les fonctionnaires « vous ont pris de l’argent et sont partis sa ns faire leur travail ».
Un autre utilisateur de Facebook d’InfoMigrants avait une histoire similaire à raconter sur un camp de Kos. Il a dit qu’il était arrivé en décembre 2019 et qu’il avait vécu à l’extérieur du camp dans une tente. Il a dit qu’il était étudiant en médecine mais que lorsqu’il a écrit en mars, il était « malade depuis un mois ». Il a dit que sa grippe et sa fièvre étaient dues au fait qu’ils n’avaient pas de « bonne nourriture » dans le camp, qu’il faisait froid et qu’il pleuvait, et que leur tente était pleine d’eau.

Des conditions de surpeuplement

Refugee Rights Europe RRE rapporte que les résidents vivant en dehors des camps de Kos et de Leros ont été forcés de se rendre dans les camps officiels pendant la fermeture. Au moment de la rédaction du présent rapport, ils ont déclaré qu’en avril 2020, « le RIC de Leros accueille actuellement 1 997 personnes dans un espace pouvant en accueillir 860, et le RIC de Kos accueille 2 594 personnes dans un espace pouvant en accueillir 816 ». Ils ont noté que « 87 personnes supplémentaires » sont hébergées dans un PIKPA (centre pour personnes vulnérables) « qui a une capacité de 120 personnes » et que le « Centre de pré-départ et d’éloignement (PDDC) sur Kos est proche de sa capacité, avec 447 personnes détenues dans un espace de 474 personnes ».

Plus récemment, début juillet, l’étudiant en médecine a recontacté InfoMigrants, en envoyant des vidéos de ce qui semblait être une manifestation dans le camp. Un homme a brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Je ne suis pas un criminel », alors que d’autres frappaient des bouteilles d’eau sur le sol en signe de protestation. Plusieurs hommes sont entrés et sortis pieds nus.

Il a demandé à InfoMigrants d' »écrire un article », disant que « depuis deux jours, personne n’a rien mangé, et il y a des protestations pour la liberté ». Il a dit que les gens voulaient pouvoir déménager à Athènes mais qu’ils avaient tous été rejetés. Il a ajouté que l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, l’OIM et les services d’asile étaient les seules organisations officielles autorisées à entrer dans le camp.

Les deux hommes ont laissé entendre que leur sort était ignoré au profit des problèmes des camps plus grands et plus importants sur des îles comme Lesbos.

Les îles invisibles

Dans le dernier rapport de la RRE, « Les îles invisibles » [voir document ci-joint], les conditions dont les hommes témoignent sont confirmées :

Les centres d’accueil de Kos et Leros ne parviennent pas à offrir aux réfugiés et aux personnes déplacées un niveau de vie qui favorise leur santé physique et mentale, fondé sur le respect de la dignité humaine. Le dernier rapport de Refugee Rights Europe : https://t.co/nEO72i7tJm #refugeesGr pic.twitter.com/AnJIMzAOUA
– Refugee Rights Europe (@Refugee_RE) 2 juillet 2020

Depuis que le rapport a été rédigé, de nombreux camps de migrants en Grèce sont restés en état de fermeture semi-permanente ou permanente, malgré l’assouplissement des restrictions dans une grande partie du reste du pays. La RRE a signalé que dans hotspots de l’île, les mesures restrictives dues au confinement ont été introduites le 18 mars. Elles ont été prolongées jusqu’en mai et sont restées en grande partie en place depuis lors.

Les différentes îles ont adopté les mesures de manière légèrement différente, mais la directive gouvernementale stipulait que les personnes ne pouvaient quitter les camps « en petits groupes de moins de dix personnes » qu’entre 7h et 19h.

Restrictions en matière d’argent et de nourriture

Les paiements par carte de crédit, qui fournissent une allocation mensuelle aux demandeurs d’asile en Grèce, n’ont pas été effectués fin mars parce que le gouvernement était occupé à installer des distributeurs automatiques de billets près des camps « pour empêcher les gens d’aller dans les villes et villages voisins et de créer des files d’attente », indique le rapport. Cela signifie que les résidents des camps n’ont pas pu compléter la nourriture qui leur était donnée dans le camp.

Un professeur d’anglais appelé « A. » a déclaré aux chercheurs du RRE : « La nourriture qui nous est fournie est immangeable et 90% de la nourriture qui nous est donnée est jetée… Nous étions bien dans cette situation avant le confinement, mais maintenant que le confinement est en place, nous ne pouvons plus sortir et acheter de la nourriture pour nous cuisiner. Maintenant, nous dépendons de leur nourriture qui ne peut pas être consommée à 100% ».

Lorsque les paiements en espèces ont finalement été autorisés à nouveau, « les gens étaient devenus si désespérés », notent les auteurs du rapport, qu’ils « se sont précipités pour partir. Cela a provoqué la panique dans le camp qui a été brutalement réprimé par la police, comme en témoigne « M. », diplômé universitaire et peintre et décorateur indépendant », qui vit dans le hotspot de Kos depuis un an.

La police a battu les hommes et les femmes pour les séparer

« M. » a déclaré aux auteurs du rapport que seules 65 personnes étaient autorisées à quitter le camp à la fois. « Ici, nous sommes plus d’un millier. C’est devenu un désordre. La police a battu les femmes et les hommes pour les séparer », a-t-il dit.

Les hotspots de Kos et Leros sont censés être transformés en sites fermés de façon plus permanente, bien qu’en avril les travaux de construction n’aient pas encore commencé, selon un volontaire d’Echo100Plus.

Les installations médicales et d’isolement promises, dit le rapport, « n’ont pas encore vu le jour ».

Lointain et oublié

Un autre problème du hotspot sur Kos est sa localisation, note le rapport de la RRE. Il se trouve à 15 kilomètres du centre de Kos, et est situé sur une ancienne base militaire. Le professeur d’anglais « A. » a déclaré aux chercheurs du rapport : « C’est presque au milieu de la forêt. Il est éloigné de tout, des supermarchés et des hôpitaux par exemple. En fait, nous sommes détenus dans un camp militaire qui est entouré de barbelés, donc il est difficile pour nous d’aller en ville car cela coûte très cher de prendre le bus ici à Kos ».

Beaucoup de gens vivent dans des habitations de fortune construites en bambou, avec des couvertures, des bâches en plastique et tout ce qu’ils peuvent trouver.

L’accès à l’eau est également limité. L’eau est coupée pendant « presque 18 heures par jour », selon le rapport. Les habitants doivent faire la queue pendant des heures autour des bornes-fontaines à l’extérieur des conteneurs pour remplir les bouteilles et les seaux. Les résidents ont déclaré ne pas se sentir en sécurité dans le camp parce qu’ils « vivaient près des ordures » et qu’il y avait « des bagarres entre les réfugiés presque tous les jours qui se produisent parce qu’ils sont détenus ici depuis trop longtemps ». Les résidents se sont également plaints de « l’oppression et des mauvais traitements que nous recevons de la part de l’administration et de la police ».

Sur l’île de Leros, les migrants sont logés dans une autre ancienne base militaire, transformée en hôpital psychiatrique en 1957. Bien que l’établissement psychiatrique ait fermé en 1995, le rapport de la RRE note qu' »environ 200 patients sont toujours présents ». Cela signifie essentiellement, selon eux, que « deux populations vulnérables  [ont été] placées ensemble, presque invisibles depuis la ville la plus proche Lepida ».

La détention s’est poursuivie ?

Catharina Kahane, l’un des membres fondateurs de l’organisation humanitaire Echo100Plus, a déclaré aux auteurs du rapport qu’ils craignaient que le confinement signifie que la situation de détention fermée pourrait devenir « normale », et resterait en place même après que le reste du pays se soit détendu.

Les auteurs ont également critiqué l’utilisation continue des centres de détention sur les deux îles pendant la pandémie, qui, selon eux, viole l’article 5 de la Convention européenne des droits de l’homme. Comme tous les voyages ont été interrompus pendant les restrictions imposées par la pandémie COVID-19, les gens n’ont pas pu partir – ce qui signifie qu’ils n’auraient pas dû être détenus avant un départ qui ne pouvait pas avoir lieu.

Le rapport a également noté que les entretiens d’asile pour les demandeurs d’asile sur Kos étaient de « mauvaise qualité », « marqués par le type de questions posées, et les personnes qui ont du mal à les joindre en premier lieu car la ligne est toujours occupée et la réception est mauvaise ».

Parce que le service d’asile grec a refusé d’accepter des preuves imprimées ou par téléphone dans le cadre du processus d’entretien, ils ont déclaré que les demandeurs d’asile potentiels sur Kos avaient du mal à soumettre des preuves et ne bénéficiaient pas de pauses pendant leur entretien, ce qui était également contraire à la « pratique standard établie par le Bureau européen d’appui en matière d’asile ».

Les nouveaux arrivants pendant le confinement

Ceux qui sont arrivés de Turquie pendant la période de fermeture ont été immédiatement placés dans un centre de détention à Leros. Ils y ont été détenus pendant plus de trois semaines. Les détenus, originaires de « pays à faible reconnaissance » (c’est-à-dire de pays où il est peu probable que vous puissiez obtenir l’asile) ont déclaré n’avoir nulle part où recharger leur batterie de téléphone, « ne leur laissant aucun moyen de communiquer ». Ils ne pouvaient pas non plus se laver « ce qui a entraîné des infections cutanées ». Ceux qui se trouvaient dans le centre de détention fermé n’ont pas eu la possibilité de demander l’asile.

En fait, il est prévu de construire de nouveaux centres de détention à Kos et à Leros, bien que le rapport de la RRE indique qu’il est difficile de déterminer ce qui sera construit, le cas échéant. Cependant, l’UE a déjà promis de l’argent pour la construction de ces installations en 2020.

Un total de 280 millions d’euros sera mis à disposition pour la création de cinq nouveaux centres d’accueil et d’identification « polyvalents » sur les îles grecques en 2020″, a annoncé la commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson en mai de cette année.

En attendant, les résidents continuent de vivre dans des conditions de semi-fermeture. Cela a un impact à long terme sur leur santé mentale et leur bien-être ; un résident, « M, a déclaré que lui et sa femme, qui est également diplômée de l’université et ancienne ambassadrice de la paix, n’avaient reçu « aucune aide » de personne dans le camp, et qu’il n’y avait « ni sécurité ni protection pour les familles ».

Il a ajouté que « la police ne peut pas nous protéger ». Il a dit aux auteurs du rapport que sa femme et lui avaient été « menacés et battus par des personnes appartenant au terrorisme », et qu’après un an dans le camp, il était dans un « état psychologique de fatigue ».

Un état de désespoir

Les auteurs affirment en outre que des habitants se sont également plaints de mauvais traitements par la police, soulignant « des gifles, des coups de poing et de pied ainsi que des coups de matraque et d’objets métalliques sur le corps et la tête ». En outre, ils disent avoir reçu des allégations de « coups de bâton sur la plante des pieds et d’application d’un sac en plastique sur la tête lors d’interrogatoires de police, apparemment dans le but d’obtenir des aveux ou une déclaration signée ».

Les personnes qui allèguent avoir été maltraitées, selon le rapport, n’ont pas pu passer un coup de téléphone ou contacter un avocat lors de leur premier interrogatoire par la police. Lorsqu’ils n’ont pas été battus, de nombreux habitants ont déclaré que la police faisait fréquemment des remarques racistes ou xénophobes à leur égard. Et que les enquêtes sur toute détention ou expérience de mauvais traitement étaient insuffisantes ou « retardées ».

Même sans coups ni violations spécifiques, la vie quotidienne peut vous broyer dans ces camps. « M. » a terminé sa déclaration en disant aux auteurs du document qu’il avait « atteint un stade de désespoir ».

RRE déclare en conclusion que « les conditions matérielles de vie dans les hot spots de Kos et de Leros sont clairement contraires à l’article 119, qui stipule que les conditions matérielles d’accueil doivent assurer aux demandeurs d’asile un niveau de vie adéquat qui garantisse leur subsistance et favorise leur santé physique et mentale, sur la base du respect de la dignité humaine ».

Ils continuent à réclamer une « forte amélioration » de ces conditions dans toutes les installations de ces « îles invisibles ».

Source https://www.infomigrants.net/en/post/26070/invisible-islands-how-covid-19-has-affected-migrants-in-camps-on-kos-and-leros

SOS Méditerranée : soulagé mais en colère

180 rescapés débarqués cette nuit après 11 jours d’attente insupportable

Les 180 rescapés qui se trouvaient à bord de l’Ocean Viking ont enfin pu débarquer la nuit dernière à Porto Empedocle, en Sicile, après 11 jours d’une attente inutile qui a mis des vies en danger. Ils se trouvent désormais en quarantaine à bord du Moby Zazà, un ferry affrété par les autorités italiennes. Retour sur ces événements et sur 11 jours d’attente insupportable.

Quatre sauvetages, aucune réponse positive pour un port sûr

  • 22 juin – l’Ocean Viking quitte Marseille après une préparation rigoureuse pour opérer en temps de COVID-19 avec une nouvelle équipe médicale à bord.
  • 25 juin – Deux embarcations en détresse avec respectivement 51 et 67 personnes à leur bord sont secourues par les équipes de SOS MEDITERRANEE dans les eaux internationales en zones de recherche et de sauvetage maltaise et italienne.
  • 26 juin – Une première demande d’assignation d’un port de débarquement « sans délai » – comme le prévoit le droit maritime international – est adressée aux autorités maritimes compétentes. Il y aura sept demandes au total par la suite et seules deux réponses, négatives, seront reçues par nos équipes.
  • 27 juin – Pendant ce temps, les départs de Libye continuent. L’Ocean Viking est alerté d’une embarcation en détresse et la cherche durant 12 heures. L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) annoncera finalement que les garde-côtes libyens l’ont interceptée : 93 personnes ont été ramenées de force en Libye, dont une femme ayant accouché à bord du canot. Six personnes auraient perdu la vie.
  • 29 juin – La tension monte à bord. Certains rescapés menacent de se jeter à l’eau . Un rescapé – mis en isolement depuis son sauvetage en raison d’une forte fièvre – est évacué par voie maritime vers l’Italie car son état de santé se dégrade. Les analyses faites en Italie indiqueront un résultat négatif au test COVID-19.
  • 30 juin – L’Ocean Viking porte secours à deux autres embarcations en péril, portant à 180 le nombre de rescapés à son bord. La première, un bateau en bois où prennent place 47 personnes particulièrement déshydratées et affaiblies, dérive depuis environ cinq jours sous un soleil de plomb. Puis dans la nuit, 16 personnes perdues en mer depuis trois jours sont secourues d’une minuscule barque en fibre de verre.

L’anxiété et le désespoir gagnent le navire

  • 1er juillet – Pour la cinquième fois depuis le 25 juin, nos équipes à bord de l’Ocean Viking sollicitent un lieu sûr de débarquement. Selon le droit maritime, un sauvetage prend fin lorsque les rescapés débarquent en lieu sûr. Certains patientent sur le navire depuis déjà sept jours.
  • 2 juillet – Deux rescapés désespérés sautent par-dessus bord. Les marins-sauveteurs les ramènent sains et saufs. Cinq autres rescapés évoquent des intentions de suicide. « Non seulement le manque de capacité de recherche et de sauvetage pour sauver des vies en mer est toujours criant, mais l’Union européenne ne parvient pas à assurer la sécurité des quelques personnes qui ont été secourues par un navire humanitaire qui tente de combler le vide en matière de recherche et de sauvetage. » déclare Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS MEDITERRANEE dans une déclaration publiée le matin même.
  • 3 juillet – A bord, la situation se dégrade rapidement. Un homme passe à l’acte en tentant de se pendre. Deux rescapés entament une grève de la faim. Des bagarres, une agitation anormale et des menaces sont signalées. La sécurité des rescapés et de l’équipage n’étant plus garantie, l’Ocean Viking décrète l’état d’urgence à bord.  L’évacuation médicale immédiate de 44 rescapés en état de détresse psychologique aiguë est demandée. SOS MEDITERRANEE publie une nouvelle déclaration.
  • 4 juillet – Les autorités maritimes italiennes dépêchent une équipe médicale constituée d’un psychiatre et d’un médiateur culturel pour évaluer la situation à bord. Ils concluent à un important « inconfort psychologique et à une situation quasi incontrôlable » à bord mais aucune solution de débarquement n’est proposée. « Y’a-t-il quelqu’un en Europe qui entend notre appel et le prend au sérieux ? […] Faut-il attendre que quelqu’un meure pour être autorisé à débarquer ?” questionne Frédéric Penard dans une nouvelle déclaration.
  • 5 juillet – A la demande des autorités maritimes italiennes, huit membres du personnel  médical italien se rendent à bord pour mener un dépistage de la COVID-19 auprès des rescapés. Ils s’entretiennent aussi avec l’équipe médicale de SOS MEDITERRANEE qui leur explique avoir contrôlé la température des occupants du navire et leur taux d’oxygénation dans le sang deux fois par jour en plus des protocoles Covid mis en place à bord.  En parallèle, l’Ocean Viking reçoit enfin instruction de la part des autorités italiennes de se rendre à Porto Empedocle, en Sicile, après sept demandes pour un port sûr « sans délai ». A bord, le soulagement est manifeste.
  • 6 juillet – Alors ancré à l’extérieur du port de la petite ville sicilienne dans l’attente de directives précises, l’Ocean Viking reçoit instruction de la capitainerie de Porto Empedocle d’accoster et de s’amarrer à côté du Moby Zazà, le ferry de Moby lines affrété par l’Italie pour isoler les personnes secourues durant plusieurs jours dans le cadre des mesures de prévention de la COVID-19. Vers 23h40, le premier rescapé pose le pied sur le sol italien et est escorté vers le Moby Zazà.
  • 7 juillet. Vers 3h15 du matin, soit trois heures et demie après le début du débarquement, les 180 rescapés de l’Ocean Viking sont tous à bord du Moby Zazà et, selon la presse italienne, entament leur isolement préventif qui devrait durer 14 jours. Les médias italiens ont cependant annoncé que les résultats des tests Covid-19 réalisés par une équipe médicale à bord de l’Ocean Viking se sont avérés négatifs. L’Ocean Viking n’a reçu aucune information de la part des autorités à ce sujet, mais a reçu l’instruction de commencer une quarantaine pour l’équipage à bord. Les équipes de l’Ocean Viking devront à nouveau attendre au moins 14 jours au mouillage au large de Porto Empedocle avant de repartir sauver des vies en mer Méditerranée.

Le retard inutile de ce débarquement a mis des vies en danger. Au cours des derniers jours, l’Union européenne a gardé le silence : aucune initiative visant à relancer l’accord de Malte pour la relocalisation des rescapés n’a été annoncée. Il n’y a eu aucun signe de solidarité avec les États côtiers de la part des autres États membres. Une fois de plus, l’Union Européenne ne s’est pas montrée à la hauteur de la situation dramatique en Méditerranée et des valeurs d’humanité et de solidarité qui l’ont fondée. Depuis plusieurs années, nous demandons un système de débarquement coordonné, solidaire et pérenne en Méditerranée, car c’est précisément ce type de système qui aurait évité la séquence dramatique que nous venons de traverser.

Crédit photo : Flavio Gasperini / SOS MEDITERRANEE

Source https://www.sosmediterranee.fr/

Violences policières contre des réfugiés

Déferlement de violences policières contre des réfugiés et de solidaires à la place Victoria à Athènes

Des scènes de brutalités policières contre des réfugiés et des immigrants, principalement des mères de jeunes enfants se sont déroulées  samedi soir. Nouvelle  opération policière ce dimanche.

EL.AS  (Police hellénique) a montré son visage dur encore une fois ce week-end contre des familles de réfugiés et de migrants qui ont trouvé un abri temporaire à la place Victoria,principalement en raison de la  décision du gouvernement d’évincer  massivement de leur logement des réfugiés à la fin  des programmes d’hébergement. Samedi vers minuit, les forces de MAT (les CRS grecs) ont fait irruption à la place Victoria, menaçant d’embarquer les personnes rassemblées au centre de détention fermé d’Amygdaleza, soi-disant pour  leur propre sécurité et pour la protection de la santé publique.

Lorsque les réfugiés et les migrants ont refusé, la police a attaqué la foule et a commencé à traîner violemment les gens vers les fourgons. Selon nos informations, ils ont d’abord emmené des enfants mineurs en les transportant vers les voitures de police, afin d’obliger leurs mères de  suivre. Les vidéos, qui ont enregistré  lors de l’attaque, montrent de nombreuses femmes hurlant.

vidéos https://www.facebook.com/100051141831444/videos/pcb.140704300977630/140703910977669/

https://www.facebook.com/100051141831444/videos/pcb.140704300977630/140704197644307

Des dizaines de soutiens se sont également précipités sur les lieux pour protester contre les violences policières. Cependant, après la fin de l’opération, les forces du MAT ne semblaient pas en avoir assez de la violence et soudain, les lumières éteintes dans plusieurs rues, elles ont attaqué les solidaires et les réfugiés restés sur place. En conséquence, plusieurs personnes qui n’ont pas réussi à s’échapper par les rues étroites ont été attrapées. La police a procédé à l’arrestation de 22 personnes, dont un grièvement blessé, qui ont été transférées au poste de police de Kypseli (quartier d’Athènes). Quatre personnes parmi les interpellées ont été placées  en arrestation.

Malgré les vidéos qui attestent la brutalité de la police,   la police prétend que des groupes solidaires  ont attaqué les forces de l’ordre sans bâtons ni pierres, mais …à mains nues. Une nouvelle opération policière a été menée  cet après-midi sur la place Victoria et, selon les informations, les personnes interpellées  ont été transférés à la structure d’accueil Schistou à Pérama, en Attique. Le nouvel incident de brutalité policière survient quelques heures seulement après les images de honte d’Exarcheia, où, vendredi soir, les forces de police ont frappé sans discrimination des personnes pendant des heures dans le quartier, et les policiers ont même fait irruption dans des magasins de divertissement, causant des dégâts considérables.

Source https://www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/250792_orgio-astynomikis-bias-stin-plateia-biktorias

5e prolongation du confinement des camps de migrants en Grèce

Cinquième prolongation du confinement des camps de migrants en Grèce

La Grèce a annoncé, samedi, une nouvelle prolongation des mesures de confinement dans les camps de migrants du pays, alors que le reste de la population grecque est déconfinée depuis le 4 mai.

Le ministère grec des migrations a annoncé, samedi 4 juillet, une cinquième prolongation des mesures de confinement en vigueur dans les camps de migrants du pays depuis le 21 mars. Jusqu’au 19 juillet, les exilés ne peuvent sortir de l’enceinte de leur camp qu’entre 7h et 21h, par petit groupe de moins de 10 et dans la limite de 150 personnes par heure. Le reste de la population grecque, en revanche, est déconfinée depuis plus de deux mois.

Officiellement, le gouvernement grec justifie ces mesures, comme les quatre précédentes, par la nécessité de limiter les risques de contamination au Covid-19. Mais la Grèce a été peu touchée (moins de 200 morts) et plusieurs ONG de défense des droits de l’Homme y voient une excuse pour contrôler et limiter les déplacements des migrants.

« Ces mesures de confinement que l’on peut qualifier de discriminatoires deviennent de plus en plus difficiles à vivre, d’autant plus que le gouvernement grec est en train de rouvrir le pays au tourisme mais il continue de garder les réfugiés enfermés », soulignait déjà fin juin, Stephan Oberreit, chef de mission en Grèce pour Médecins sans frontières (MSF), interrogé par InfoMigrants.

Au sein des camps, l’incompréhension et les frustrations grandissent. « Je n’ai aucune idée de ce qui motive le gouvernement à [étendre le confinement]. Peut-être veut-il en faire des camps fermés ? Mais pourquoi ? », s’interroge Hamoudi, un demandeur d’asile somalien du camp de Vial sur l’île de Chios, rencontré par l’AFP. Le jeune homme de 24 ans affirme que les règles de distanciation sociales ne peuvent être respectées dans les camps surpeuplés et insalubres.

C’est aussi ce qu’à constaté Stephan Obrreit de MSF : « Il est, par exemple, totalement impossible pour un migrant qui présenterait de la fièvre de s’isoler des autres, il n’y a pas la place. Dans certaines zones du camp de Moria (sur l’île de Lesbos, NDLR), à la fin mars, on ne comptait qu’un seul robinet d’eau accessible pour 1 300 personnes. À la fin avril, on dénombrait 210 personnes par toilette et plus de 630 par douche. »

Peu de malades du Covid dans les camps de migrants

Pour autant, à l’image du reste du pays, peu de cas de contamination ont été rapportés au sein des camps et aucun décès lié au coronavirus n’y a été recensé. Pourtant, plus de 32 000 demandeurs d’asile s’entassent dans les camps des îles de la mer Égée ne disposant que d’une capacité d’accueil de 5 400 places.

Tentant de désamorcer les tensions avec les communautés locales, le gouvernement a fait transférer des milliers de migrants vers le continent pendant que les premiers touristes de la saison estivale arrivent. « Ils essaient de rendre les réfugiés aussi invisibles que possible pour que les touristes aient envie de revenir », a estimé Jenny Kalipozi, habitante de l’île de Chios et bénévole de longue date au camp de Vial.

Néanmoins, ces transferts de migrants vers le continent avaient déjà commencé à l’automne dernier. Et les premiers cas de contamination au coronavirus dans des camps de migrants se sont déclarés sur le continent, à Ritsona, au nord d’Athènes, fin mars. Quelques cas ont également été dénombrés à Lesbos, mi-mai, sans provoquer de contagion de masse.

MSF n’est pas rassuré pour autant, notamment car, selon Stephan Oberreit, les migrants qui continuent d’affluer actuellement sont mal pris en charge : « Il n’y a pas suffisamment de tests de dépistage pour tout le monde, pas de circuits de quarantaine où les gens potentiellement infectés ne seraient pas mélangés aux autres, etc. On est donc très inquiets car on ne sait pas à quel point les nouveaux arrivants peuvent apporter le virus à Moria. On aimerait que le système soit plus efficace et que les tests soient systématiques avant l’entrée dans le camp. »

Source https://www.infomigrants.net/fr/post/25833/cinquieme-prolongation-du-confinement-des-camps-de-migrants-en-grece

Le nouveau système d’asile grec conçu pour expulser, et non protéger,

Le nouveau système d’asile grec conçu pour expulser, et non protéger, avertit le Conseil grec pour les réfugiés et Oxfam

Publié : 1er juillet 2020

Le nouveau système d’asile grec est conçu pour expulser les personnes plutôt que de leur offrir sécurité et protection, ont averti aujourd’hui le Conseil grec pour les réfugiés (GCR) et Oxfam. Cela signifie que les personnes qui ont fui la violence et la persécution ont peu de chances de bénéficier d’une procédure d’asile équitable, et même les familles avec enfants sont régulièrement détenues dans des conditions inhumaines.

Dans le rapport publié aujourd’hui ( https://www.oxfam.org/en/research/diminished-derogated-denied-how-right-asylum-greece-undermined-lack-eu-responsibility ), les organisations montrent comment la loi d’asile grecque réformée, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2020 et a été modifiée en mai, expose les personnes à l’abus et à l’exploitation. Cette situation est encore aggravée par les conditions de vie inhumaines dans les camps de réfugiés en Grèce, où les gens risquent maintenant de subir une crise sanitaire dévastatrice si COVID-19 devait arriver dans les camps.

Evelien van Roemburg, responsable de la campagne de migration d’Oxfam en Europe, a déclaré

« La nouvelle loi grecque est une attaque flagrante contre l’engagement humanitaire de l’Europe à protéger les personnes qui fuient les conflits et les persécutions. L’Union européenne est complice de ces abus, car depuis des années, elle utilise la Grèce comme terrain d’essai pour de nouvelles politiques migratoires. Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que l’UE va maintenant utiliser le système d’asile grec comme modèle pour la prochaine réforme de l’asile en Europe ».

L’analyse des organisations a révélé que de nombreuses personnes particulièrement vulnérables, telles que les enfants, les femmes enceintes et les personnes handicapées, ont été détenues à leur arrivée dans les hotspots des îles, sans accès suffisant aux soins ou à la protection nécessaires. Le système d’asile rend également extrêmement difficile pour les demandeurs d’asile de présenter correctement au service d’asile grec les raisons qui les poussent à fuir leur pays d’origine, comme les conflits ou les persécutions.

« Si la Grèce a le droit souverain de gérer ses frontières, elle doit protéger le principe fondamental du non-refoulement. L’UE et la Grèce ont fait le choix politique de mettre en danger la vie et l’avenir des personnes qu’il est de leur responsabilité de protéger », a ajouté M. van Roemburg.

Dans le centre européen de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, les gens sont entassés dans un camp, qui est actuellement six fois plus grand que sa capacité d’accueil. Ils n’ont pas suffisamment accès aux soins de santé de base, à des toilettes propres ou à des installations pour se laver les mains, et la surpopulation rend impossible la distanciation sociale – qui est essentielle pour empêcher la propagation du coronavirus.

Les témoignages recueillis par le Conseil grec pour les réfugiés exposent ces conditions de vie pénibles en Moria. Rawan* d’Afghanistan est venue en Grèce avec ses deux enfants mineurs pour chercher la sécurité en Europe. Mère célibataire avec des enfants et survivante de violences sexistes, elle a besoin d’un soutien et de soins particuliers. Au lieu de cela, elle a été forcée de vivre pendant six mois dans une tente de camping, dans la zone de déversement du camp de Moria, où même les installations de base comme les toilettes ne sont pas toujours accessibles.

« La situation à Moria était effrayante. Pendant la pandémie, tout le monde avait peur que si le virus nous atteint, ils creusent un charnier pour nous enterrer. Ils ne nous ont donné que deux masques et du savon. Mais comment sommes-nous censés nous laver les mains sans eau ? Dans la chaîne alimentaire, il y avait tellement de monde que nous ne pouvions pas garder nos distances. Nous n’étions pas protégés », dit Rawan.

La loi réformée interdit effectivement à de nombreuses personnes qui n’ont pas de soutien juridique de faire appel d’un rejet de demande d’asile. Les délais ont été considérablement raccourcis et, dans de nombreux cas, ils expirent avant que les personnes ne soient informées de la décision. Les demandeurs d’asile ne peuvent faire appel que par l’intermédiaire d’un avocat, mais à Lesbos, il n’y a qu’un seul avocat financé par l’État.

Spyros-Vlad Oikonomou, responsable de la défense des droits au GCR, a déclaré :

« Lorsque les autorités grecques rejettent une demande d’asile, cela ne signifie pas nécessairement que les personnes n’ont pas besoin d’une protection internationale. C’est souvent une conséquence de la procédure d’asile accélérée appliquée dans le cadre des procédures à la frontière. Les délais courts augmentent la possibilité d’erreurs. En outre, les personnes n’ont ni le temps ni l’environnement adéquat pour préparer leur entretien d’asile, au cours duquel elles peuvent parler des horreurs qu’elles ont fuies.

« Cela met la vie des gens en danger : les personnes rejetées risquent d’être immédiatement détenues pour être expulsées vers la Turquie ou leur pays d’origine.

« Le gouvernement grec doit rétablir un système d’asile équitable, qui respecte pleinement les droits de l’homme. La Commission européenne doit examiner les pratiques de la Grèce en matière d’asile et évaluer leur conformité avec le droit européen ».

Alors que les autorités se prononcent parfois en quelques jours sur les demandes d’asile des personnes arrivées en 2020, celles qui sont arrivées en 2019 doivent attendre des mois, voire des années, pour que leur premier entretien ait lieu. Pendant cette période, la plupart d’entre elles ne sont pas autorisées à quitter les camps inhumains parrainés par l’UE sur les îles grecques.

Pour de nombreuses personnes déjà traumatisées, les conditions de vie dans des endroits comme la Moria les exposent à de nouveaux dangers. Au cours des derniers mois, pendant la fermeture du COVID-19, on a constaté une augmentation inquiétante des cas de harcèlement sexuel et des rapports de viols, ainsi que des violences domestiques dans le camp.

Barlin*, une réfugiée somalienne, a décrit le manque de protection des femmes célibataires : « Les hommes les menaçaient, elles prenaient leurs portables, elles venaient dans leurs tentes, elles n’avaient aucun soutien ou protection pour utiliser les toilettes et les salles de bain pendant la nuit, elles devaient se défendre, car il n’y avait ni police ni sécurité ».

Oxfam et le GCR demandent au gouvernement grec et à l’UE de revoir immédiatement la nouvelle loi grecque sur l’asile et de donner à toute personne demandant l’asile en Grèce l’accès à une procédure d’asile équitable et efficace. Ils appellent également les Etats membres de l’UE à respecter le principe de solidarité qui sous-tend le tissu même de l’UE, et à partager avec la Grèce la responsabilité de la protection des réfugiés et des demandeurs d’asile.

Notes aux rédacteurs

* Tous les noms des demandeurs d’asile ont été changés pour protéger leur identité.
– Des porte-parole sont disponibles à Athènes, Lesbos et Bruxelles pour des entretiens en grec et en anglais.
– Barlin*, le réfugié somalien cité ci-dessus, est également disponible pour des entretiens sur la situation en Moria.
– Lisez le rapport complet ( https://www.oxfam.org/en/research/diminished-derogated-denied-how-right-asylum-greece-undermined-lack-eu-responsibility ).
– Le gouvernement grec a également suspendu illégalement les demandes d’asile pour le mois de mars ( cf. https://www.oxfam.org/en/press-releases/new-greek-law-reneges-right-asylum ).
– Les autorités grecques sont tenues d’offrir un soutien juridique aux personnes qui demandent l’asile dans la phase d’appel. Cette mesure vise à garantir que toute erreur commise en première instance puisse être corrigée et que les personnes ayant droit à une protection internationale ne soient pas renvoyées dans des endroits potentiellement dangereux. Toutefois, le nombre d’avocats financés par l’État est très limité et, en 2019, seuls 33 % des appels ont bénéficié du programme d’aide juridique financé par l’État. La majorité des personnes sont dirigées vers des avocats financés par des ONG, mais les ONG ont une capacité limitée et la restriction des déplacements dans les camps empêche également les personnes de trouver facilement un avocat auprès d’une ONG.
– La Commission européenne publiera bientôt un nouveau pacte sur les migrations et l’asile, qui définira les orientations de l’UE et des États membres pour réformer le système d’asile européen et les politiques migratoires de l’Union. Le nouveau pacte suggérera très probablement d’utiliser davantage d’aide au développement pour freiner les migrations, et il risque de perpétuer la catastrophe humanitaire qui se déroule en Grèce depuis quelques années.

Pour nous contacter

Florian Oel | attaché de presse de l’UE | florian.oel@oxfam.org| bureau +32 2 234 1115 | portable +32 473 56 22 60

Cass Hebron | assistant médias UE |cass.hebron@oxfam.org| bureau +32 2 234 1115

Danae Leivada | Responsable de la communication – Conseil grec pour les réfugiés | d.leivada@gcr.gr| office : +30 210 3800 990

Source https://www.oxfam.org/en/press-releases/greeces-new-asylum-system-designed-deport-not-protect-warn-greek-council-refugees

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