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Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés

Le Royaume-Uni refuse l’asile aux réfugiés qui passent par un pays tiers « sûr

La réglementation en matière d’immigration empêchera également les migrants de déposer une demande dans les eaux territoriales britanniques

Jamie Grierson, correspondant aux affaires intérieures

Les ministres ont discrètement modifié les règles d’immigration pour empêcher les personnes fuyant la guerre ou les persécutions de demander l’asile au Royaume-Uni si elles sont passées par un pays tiers « sûr », ce qui a suscité des accusations de violation du droit international.

À partir du 1er janvier, les demandes d’asile émanant d’une personne ayant voyagé ou ayant un lien avec un pays tiers sûr, y compris les personnes provenant d’États membres de l’UE, seront traitées comme irrecevables.

Les changements empêcheront également les demandeurs d’asile de pouvoir présenter une demande dans les eaux territoriales du Royaume-Uni.

Le gouvernement britannique pourra renvoyer les demandeurs d’asile déboutés non seulement vers les pays tiers par lesquels ils ont transité, mais aussi vers tout pays tiers sûr qui accepterait de les accueillir, comme le précise une note explicative.

Une déclaration de dix pages décrivant les modifications apportées aux règles a été publiée en ligne sans annonce à la presse ni au public.

Toutefois, les changements mettent en évidence un obstacle important pour le gouvernement britannique : les demandes ne seront traitées comme irrecevables que si le demandeur d’asile est accepté en réadmission par le pays tiers par lequel il a voyagé ou si un autre État sûr accepte de les prendre.

Les experts en droit de l’immigration ont déclaré que cela pourrait rendre la nouvelle politique « inutile » et retarderait très probablement les demandes d’asile et laisserait les réfugiés dans l’incertitude au Royaume-Uni.

Colin Yeo, un éminent avocat spécialisé en droit de l’immigration et en droit d’asile, a écrit sur Twitter : « La politique est inutile parce que le gouvernement n’a pas négocié de tels accords de retour, donc tout ce qu’il fait est de retarder les décisions sur toutes les demandes, ce qui est cruel pour les véritables réfugiés, et de retarder le renvoi des cas non authentiques.

10 décembre 2020
Le porte-parole des libéraux démocrates pour les affaires intérieures, Alistair Carmichael, a déclaré que ces changements constituaient « une nouvelle violation du droit international ».

Il a déclaré : « Le Royaume-Uni est fier de son passé de sanctuaire pour les personnes dans le besoin, mais maintenant le gouvernement conservateur tourne le dos aux réfugiés. Cette dernière politique désagréable de Priti Patel va à l’encontre de nos engagements au titre de la convention sur les réfugiés et de tout ce que le Royaume-Uni représente. C’est encore une autre violation du droit international par ce gouvernement conservateur irresponsable ».

Beth Gardiner-Smith, directrice générale de Safe Passage International, une organisation caritative qui aide les réfugiés à accéder à des voies d’asile sûres et légales, a déclaré : « Les changements apportés par le gouvernement aux règles d’immigration sont une attaque directe contre le droit humain fondamental à l’asile. Ces changements effrayants, en cette Journée internationale des droits de l’homme, ne rendent pas service au Royaume-Uni, qui est fier de son bilan en matière de sécurité des personnes fuyant les persécutions et la violence ».

Le nombre d’arrivées de petits bateaux à travers la Manche a atteint un niveau record cette année, avec plus de 8 000 migrants et réfugiés traversant le détroit de Douvres, contre moins de 2 000 en 2019. Cependant, le nombre total de demandes d’asile est en baisse d’année en année, la pandémie de Covid-19 ayant coupé les autres modes de déplacement et limité les flux migratoires.

Patel a été accusé d’avoir réagi au hasard avec des propositions impulsives allant de l’envoi de demandeurs d’asile à des milliers de kilomètres sur des îles de l’Atlantique Sud à l’utilisation de canons à eau géants pour repousser les bateaux. Le Premier ministre serait devenu frustré par la façon dont Patel gère la situation.

Le Royaume-Uni est partie à la Convention des Nations unies de 1951 relative au statut des réfugiés et à son protocole de 1967, un texte de droit international conçu pour protéger les réfugiés.

Le ministère de l’intérieur a fait une déclaration par l’intermédiaire du ministre de l’immigration, Chris Philp. Il a déclaré « Nous sommes déterminés à réparer le système d’asile défectueux afin qu’il soit ferme à l’égard de ceux qui viennent ici par des voies illégalement facilitées et équitable à l’égard de ceux qui respectent les règles. Il n’y a aucune raison de quitter un pays sûr comme la France pour faire une traversée dangereuse. Ces mesures envoient un message clair et ne sont qu’une des mesures prises par le gouvernement pour faire face à l’augmentation inacceptable du nombre de traversées en petits bateaux ».

Source https://www.theguardian.com/uk-news/2020/dec/10/uk-to-deny-asylum-to-refugees-passing-through-safe-third-country

Frontex, 15 ans d’impunité

Frontex, 15 ans d’impunité : l’agence hors-la-loi doit disparaître !

L’agence de garde-côtes et de garde-frontières européens Frontex est accusée par divers médias [1] d’avoir eu connaissance ou de s’être rendue complice du refoulement d’au moins six bateaux d’exilé·e·s en mer Egée, entre mars et septembre 2020 dans le cadre de l’opération Poséidon. Pour la première fois, l’agence a été sommée de s’expliquer auprès de la Commission et du Parlement européens. Il était temps !

Accusations nombreuses et récurrentes
De multiples acteurs documentent depuis dix ans déjà l’incompatibilité du mandat et des activités de Frontex [2] avec le respect des droits fondamentaux, et l’impunité structurelle dont elle jouit.
Depuis 2011, Migreurop dénonce les violations des droits dont Frontex se rend coupable : non-respect du droit d’asile, entraves au droit de quitter tout pays, mauvais traitements et actes de violence, discriminations, manque de transparence en matière de protection des données personnelles [3]. A partir de 2013, la campagne inter-associative Frontexit a montré comment la montée en puissance de Frontex (budget et autonomie) accroissait sa dangerosité. En 2019, l’enquête d’un collectif de médias révélait déjà de nombreux cas de violences lors d’opérations coordonnées par Frontex [4]. L’agence y est également accusée d’avoir classé sans suite des cas de mauvais traitements envers des exilé·e·s en Bulgarie, en Hongrie et en Grèce, s’en rendant ainsi complice [5].
Accusations mensongères ? C’est sans compter les nombreux « rapports d’incidents » effectués par l’agence elle-même. Depuis 2012, l’Office de protection des droits fondamentaux de Frontex répertorie les plaintes qu’elle reçoit, sans qu’il y soit donné suite.

Déni de responsabilité de Frontex
Car ces accusations sont systématiquement balayées d’un revers de communication par Frontex dont l’attitude n’a jamais varié : se retranchant derrière les États hôtes de ses opérations sur qui elle rejette la responsabilité de leur déroulement, elle se contente d’affirmer, à grand renforts de codes de conduites non contraignants et de formations de ses agents sur les « bonnes pratiques », qu’elle respecte scrupuleusement les droits fondamentaux des personnes exilées.
A ce déni de responsabilité systé(mat)ique s’ajoute une « Stratégie de respect des droits fondamentaux », brandie comme un étendard par l’agence depuis 2011. Pourtant, les instruments de contrôle qu’elle prévoit sont bien faibles y compris durant les expulsions [6], et le mécanisme de plainte mis en place pour dénoncer les violations des droits commises par Frontex elle-même dans les pays où elle opère n’est pas effectif car il ne peut aboutir qu’à d’éventuelles sanctions disciplinaires individuelles, donc internes, et non à la mise en responsabilité de l’agence. Pire, Frontex décourage toute velléité de porter ces griefs devant la justice [7].
A ce jour, ni l’agence ni aucun de ses agents n’ont jamais été mis en cause, et, depuis des années, les témoignages accablants qui s’accumulent ne semblent pas remettre en question l’augmentation constante de ses moyens, de ses effectifs et de son pouvoir de décision [8].

Les éléments de langage de Frontex ne suffisent plus
Ces nouvelles accusations de complicité dans des cas de refoulement en mer Egée s’ajoutent aux préoccupations émises au fil des ans par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Agence des droits fondamentaux de l’UE, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, la Commission LIBE du Parlement européen, le Médiateur de l’UE.
Le 10 novembre 2020, à la demande de la Commission européenne, une enquête interne a été ouverte au sein de Frontex. Lors d’une réunion ad hoc, le directeur exécutif de l’agence s’est contenté de proposer un renforcement de l’équipe en charge des droits fondamentaux et d’accroître la « sensibilisation des agents opérationnels aux exigences juridiques qu’ils doivent appliquer au quotidien sur le terrain » [9]. Le contraste est criant entre ces garde-fous de façade et la gravité des accusations à son encontre.
Le 1er décembre 2020, lors de son audition devant la Commission LIBE, le directeur a présenté Frontex comme une sentinelle des droits fondamentaux [10], tout en assimilant des cas de refoulement à des opérations de « prévention au départ », lesquelles constituent bien évidemment une entrave au droit de quitter tout pays y compris le sien, en violation des normes internationales et européennes auxquelles l’agence est encore soumise. A la suite de cette audition, certain·e·s parlementaires ont sollicité une commission d’enquête parlementaire et d’autres la démission du directeur de Frontex [11].

L’impunité de l’agence doit cesser et il doit être mis fin à son mandat
Depuis des années [12], les refoulements violents – voire mortels [13] – d’exilé·e·s à la frontière gréco-turque, sont notoires et documentés, y compris par Frontex. L’incompatibilité de ses activités avec le respect des droits fondamentaux n’est plus à démontrer. Cependant son impunité reste totale : l’UE et ses États-membres ont progressivement mis en œuvre une stratégie « d’irresponsabilité organisée » en matière de politique migratoire [14], dont Frontex est l’une des composantes sécuritaires essentielles. Le contrôle des frontières n’est pas et ne sera jamais une variante de la mobilité. Il est urgent que cesse la stratégie mortifère aux frontières de l’UE, que les pratiques illégales de Frontex soient enfin sanctionnées et qu’un terme soit définitivement mis au mandat de cette agence européenne dont l’impunité n’a que trop duré.

Source http://www.migreurop.org/article3012.html

Rapport sur le recours à la détention informelle et illégale dans 4 pays de l’EU

Le rapport de Migreurop « Exilé·e·s enfermé·e·s et exclu·e·s – Détention informelle et illégale en Espagne, en Grèce, en Italie et en Allemagne » examine, dans quatre États membres de l’Union européenne (UE) en 2019, le recours à la détention administrative des étranger·e·s. Il démontre comment, tant dans les pays de première arrivée comme l’Italie, la Grèce et l’Espagne que dans un pays de destination présumé comme l’Allemagne, la détention des étranger·e·s évolue, en prenant de nouvelles formes et sur la base de nouveaux motifs.

Lire le rapport GUE_MIGREUROP_EXECUTIVE_SUMMARY_FR

Source http://www.migreurop.org/article3010.html

Une cellule de coordination sur les camps de migrants ?

Le gouvernement crée une « cellule de coordination » sur les camps de migrants en Île-de-France

Le gouvernement français a annoncé jeudi aux associations d’aide aux migrants la création d’une « cellule de coordination » regroupant les acteurs de la gestion des campements de migrants en région parisienne.

Trois jours après la brutale évacuation de police du campement de migrants installé place de la République, à Paris, les ministres de la Citoyenneté Marlène Schiappa et du Logement Emmanuelle Wargon ont annoncé jeudi 26 novembre lors d’une réunion avec les acteurs associatifs « la création d’une cellule de coordination » autour du préfet de la région Ile-de-France. Cette cellule est chargée « à la fois de gérer l’urgence et de travailler sur la fluidité des parcours ».

>> À (re)lire : France : « Les violences policières contre les migrants sont devenues la norme »

Selon Aurélie Radisson, responsable au sein du Secours Catholique du Cèdre (Centre d’entraide pour demandeurs d’asile et réfugiés), elle devra servir à mieux gérer les évacuations de ces campements, récurrentes depuis 2015, « mais aussi à prévenir leur formation ».

Places d’hébergement débloquées

Dans un communiqué commun, Marlène Schiappa et Emmanuelle Wargon ont également annoncé que 394 places d’hébergement avaient été débloquées « depuis mardi 24 suite à l’évacuation de la place de la République ».

Selon Utopia56, ce nombre est insuffisant. L’association, qui avait organisé lundi le montage du camp place de la République, estime que « 1 000 places d’hébergement sont nécessaires sans délai ».

« Si ce n’est pas le cas », a prévenu Utopia56 dans un communiqué rédigé avec l’association Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs, « nous serons à nouveau présents dès samedi soir dans un lieu symbolique de Paris avec ceux que les pouvoirs publics abandonnent à la rue ».

« Chasse à l’homme »

En attendant, des centaines de migrants vivent donc toujours dehors, en pleine crise sanitaire. « Ils sont éparpillés en petits groupes en périphérie de Paris, vers Saint-Ouen, Aubervilliers, Saint-Denis, ou encore Gennevilliers », constate Philippe Caro du collectif Solidarité migrants Wilson.

>> À (re)lire : France : « Les violences policières contre les migrants sont devenues la norme »

Toutes les nuits, les exilés se cachent de la police, qui les délogent quand ils les rencontrent, signalent les militants. « Ça fait une semaine qu’on n’a nulle part où aller. J’ai encore marché toute la nuit. Je marche, je marche, je marche. Quand j’essaie de m’allonger dans un square pour dormir, la police me déloge. Je leur dis ‘mais je vais où?’, ils répondent ‘on s’en fout, va t’en' », raconte un demandeur d’asile à l’AFP.

« On les rend de nouveau invisibles, rien n’a changé depuis lundi soir », souffle Philippe Caro, qui parle d’une véritable « chasse à l’homme ».

Source https://www.infomigrants.net/fr/post/28782/le-gouvernement-cree-une-cellule-de-coordination-sur-le

Plus de mineurs non accompagnés en garde à vue

Grèce : « Plus de mineurs non accompagnés en garde à vue », selon un rapport qui dénonce les détentions et les refoulements

La Grèce déclare qu’elle abolit la pratique de la garde à vue des enfants migrants non accompagnés. Cette annonce intervient alors que le principal défenseur des droits de l’homme en Europe a déclaré que la Grèce détenait les migrants dans des conditions inacceptables et a appelé à mettre fin aux refoulements illégaux.

Le ministre grec de l’immigration, Notis Mitarakis, a annoncé mercredi 18 novembre qu’il n’y a plus d’adolescents et d’enfants demandeurs d’asile non accompagnés en garde à vue.

Dans le passé, les mineurs non accompagnés arrivant en Grèce étaient détenus dans les commissariats de police, parfois pendant des mois. Ils étaient souvent gardés avec des adultes étrangers.

Cette pratique a été largement condamnée par les groupes de défense des droits de l’homme et a conduit à des jugements contre la Grèce par la Cour européenne des droits de l’homme.

« Nous allons procéder à des changements législatifs pour mettre fin au système de garde à vue des mineurs non accompagnés, qui a commencé en 2001 », a déclaré M. Mitarakis en présentant la stratégie migratoire de la Grèce pour les deux prochaines années.

Il a indiqué qu’un projet de loi serait soumis au Parlement « pour mettre officiellement fin à cette pratique ».

Η Ελλάδα βάζει τέλος στη φιλοξενία των ασυνόδευτων ανηλίκων στα αστυνομικά τμήματα.#ΥΜΑ #μεταναστευτικόhttps://t.co/nVcNIo2f7o pic.twitter.com/em85iFWNic
– Υπουργείο Μετανάστευσης & Ασύλου (@migrationgovgr) 18 novembre 2020

Selon le ministère, des efforts ont commencé au début de l’année pour déplacer les enfants détenus dans les commissariats de police vers des centres d’accueil temporaires ou de longue durée.

Le ministère a également indiqué que des centaines d’enfants non accompagnés ont été transférés de camps sur les îles de la mer Égée. Entre mi-février et août, 960 ont été transférés dans des centres d’accueil ou vers d’autres pays de l’Union européenne, ou ont été réunis avec des parents.

En septembre et octobre, 733 autres mineurs non accompagnés ont été transférés des camps des îles vers des refuges ou des hôtels du continent, a indiqué le ministère.

De nouveaux camps, des séjours d’accueil plus courts sur les îles

Mitarakis a également répété mercredi que de nouveaux centres d’accueil pour les demandeurs d’asile seraient construits sur les îles égéennes de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos. La construction des nouvelles installations sera terminée d’ici l’automne 2021, a-t-il déclaré. Le séjour maximum dans les camps sera de six mois.

Le ministre a confirmé que des procédures de demande à distance et numériques seraient introduites pour traiter un arriéré d’environ 87 000 demandes d’asile.

« Dans 12 mois, nous ne devrions plus avoir l’ancien système d’accueil que nous connaissons aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Il y a environ 90 000 migrants en Grèce, dont environ 19 000 vivent dans des camps, selon Reuters.
Le Conseil de l’Europe condamne la détention et appelle à la fin des refoulements

Le Conseil de l’Europe, principale organisation européenne de défense des droits de l’homme, a appelé la Grèce à réformer son système de détention des immigrants.

Dans un rapport publié jeudi, le comité contre la torture (CPT) du Conseil a déclaré que les migrants dans les installations de la région d’Evros (qui forme la frontière terrestre avec la Turquie) et sur l’île de Samos étaient détenus dans des conditions pouvant constituer un traitement inhumain et dégradant.

« Les migrants continuent d’être détenus dans … de grandes cellules barrées, remplies de lits, mal éclairées et mal ventilées, … des toilettes et des salles d’eau en mauvais état, des produits d’hygiène personnelle et des produits de nettoyage insuffisants, (et) une nourriture inadéquate », selon le rapport.

Les migrants détenus comprennent des familles avec enfants, des personnes souffrant de maladies physiques et mentales et des femmes enceintes, ajoute-t-il.

Le rapport du CPT, basé sur une visite en Grèce en mars 2020, a également appelé la Grèce à mettre fin aux refoulements illégaux à travers la frontière de la rivière Evros vers la Turquie, disant qu’il avait reçu « des allégations cohérentes et crédibles » d’implication grecque.

Il a également déclaré que les garde-côtes grecs avaient empêché les bateaux transportant des migrants d’atteindre une île grecque, et a remis en question le rôle et l’engagement de Frontex, l’agence européenne des frontières, dans ces activités.

La Grèce a constamment nié les allégations de refoulement.

La réponse du gouvernement grec au rapport du CPT est disponible ici.   https://rm.coe.int/1680a

Source https://www.infomigrants.net/en/post/28635/greece-no-more-unaccompanied-minors-in-police-custody-as-report-slams-detention-pushbacks

Le père de l’enfant mort en mer arrêté pour « mise en danger de la vie d’autrui »

Les autorités grecques ont arrêté le père de l’enfant mort lors de la traversée de la mer Égée sur une embarcation de fortune. Cet Afghan de 25 ans est accusé de « mise en danger de la vie d’autrui » et risque jusqu’à 10 ans de prison.

Un Afghan de 25 ans, père de l’enfant de six ans dont le corps a été retrouvé dimanche en mer Égée, a été arrêté par les autorités grecques. Le père et son fils avaient embarqué sur une embarcation de fortune, composée de 23 autres personnes, depuis les côtes turques dans le but de rejoindre les îles grecques.

Il risque jusqu’à 10 ans de prison. C’est à notre connaissance la première fois que le parent d’un enfant mort lors d’une traversée de la mer est inculpé. Cette arrestation, inédite, inquiètent les ONG.

« Attaque directe contre le droit de demander l’asile »

« Cette accusation est une attaque directe contre le droit de demander l’asile. Il est scandaleux qu’un père en deuil soit puni pour avoir cherché la sécurité pour lui et son enfant », a réagi à l’AFP Josie Naughton, fondatrice de l’organisation humanitaire Help Refugees / Choose love.

>> À (re)lire : La Grèce renforce sa frontière terrestre avec la Turquie

« La criminalisation des personnes qui recherchent une protection montre l’échec de l’Union européenne à trouver une solution aux routes migratoires dangereuses », a ajouté la militante.

Le Conseil européen pour les réfugiés et exilés a pour sa part estimé que « cette nouvelle tragédie montre la nécessité urgente de trouver des voies sûres et légales » permettant aux demandeurs d’asile de rejoindre l’Europe en toute sécurité.

Un autre passager arrêté pour trafic de migrants

Selon les autorités, le corps du petit garçon a été découvert sur une partie de la côte difficile d’accès, avec une femme rescapée à ses côtés.

Les raisons de ce naufrage sont pour l’heure encore floues, ont affirmé les garde-côtes grecs, tout comme les circonstances ayant entraînées la mort de l’enfant de six ans.

>> À (re)lire : Vidéo-témoignage : « Les garde-côtes grecs ont repoussé notre bateau vers la Turquie »

Les passagers de ce canot avaient dans un premier temps été portés disparus. Une partie d’entre eux ont été retrouvés dimanche sur les rives de l’île de Samos, Dix personnes ont été secourues non loin de l’île grecque et six autres ont réussi à rejoindre les côtes à la nage.

Un jeune de 23 ans, identifié comme le capitaine du bateau, a quant à lui été arrêté pour trafic de migrants.

Source https://www.infomigrants.net/fr/post/28411/grece-le-pere-de-l-enfant-mort-en-mer-arrete-pour-mise-en-danger-de-la-vie-d-autrui

SOS MEDITERRANEE Regards sur la Méditerranée centrale

Traversées mortelles, la liste des naufrages en Méditerranée centrale s’allonge sans que les sauveteurs puissent intervenir

Les naufrages se succèdent. En cet automne, la terrifiante liste des morts et des disparus en Méditerranée, dans l’Atlantique et dans la Manche s’allonge, avec la mort confirmée de 4 personnes dont 2 enfants cette semaine.  

Cette publication de SOS MEDITERRANEE a pour but de faire le point sur les évènements qui se sont déroulés en Méditerranée centrale au cours des deux dernières semaines. Il ne s’agit pas de livrer une revue exhaustive des faits, mais plutôt de fournir des informations sur l’actualité de la recherche et du sauvetage dans la zone où nous opérons depuis 2016, sur la base de rapports publiés par différentes ONG et organisations internationales ainsi que par la presse internationale.

Semaine meurtrière en Méditerranée centrale : près de 40 personnes présumées mortes suite à 4 incidents différents au large de la Libye et de l’Italie

Les annonces tragiques de naufrages successifs ne font plus la une des journaux. Pourtant, ces deux dernières semaines, au moins 36 personnes sont disparues lors de 4 naufrages au large de la Libye et de l’Italie, alors que les navires d’ONG de recherche et de sauvetage (SAR) disponibles ne peuvent prendre la mer, la plupart étant empêchés de sauver des vies.

Dimanche 18 octobre, six personnes ont été secourues d’un bateau à la dérive par les garde-côtes italiens, après avoir passé près de dix jours en mer, sans nourriture ni eau. Selon les témoignages livrés par les rescapés aux garde-côtes italiens,  cinq personnes sont décédées au cours de leur tentative désespérée de traversée.  Leur bateau avait quitté l’Algérie en même temps que deux autres embarcations qui sont arrivées en Sardaigne.

La semaine dernière a commencé par l’annonce d’un naufrage au large de la Libye. Un autre était signalé jeudi, suivi d’un troisième dimanche. En une semaine, 31 personnes ont disparu ou sont présumées mortes, parmi lesquelles au moins deux enfants.

  • Lundi 19, l’OIM a fait état d’un naufrage au large des côtes de Sabratha, en Libye. Au moins 15 personnes sont portées disparues, et cinq rescapés ont été ramenés à terre par des pêcheurs.
  • Jeudi 22, un bateau a chaviré au large de Lampedusa, en Italie. Quinze survivants ont été secourus par des pêcheurs et ramenés à terre. Cinq personnes sont toujours portées disparues.
  • Dimanche 25 octobre, Safa Msehli, porte-parole de l’OIM, a annoncé qu’au minimum onze personnes s’étaient noyées après le naufrage de leur bateau, selon le témoignage de dix rescapés, secourus par des pêcheurs et la sécurité côtière.

Les départs se sont poursuivis au cours de ces deux dernières semaines en Méditerranée centrale – démontrant, une fois de plus, l’absence de corrélation entre la présence de bateaux d’ONG et le nombre de personnes tentant la traversée. Entre le 12 et le 25 octobre, selon l’UNHCR, près de 1 000 personnes sont arrivées en Italie par la mer. Pour la seule journée du 20 octobre, sept bateaux transportant un total de 253 personnes ont accosté à Lampedusa. 116 personnes ont été interceptées par les garde-côtes libyens et ramenées en Libye, comme le rapportent les Actualités Maritimes de l’OIM Libye.

A ce jour, au moins 506 personnes ont trouvé la mort cette année en Méditerranée centrale. Dans un  communiqué de presse daté du 23 octobre, l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) exprime ses craintes que « en raison du manque de structures dédiées à la recherche et au sauvetage et d’opérations de surveillance, le nombre de décès ne soit beaucoup plus élevé, et que ‘des naufrages invisibles’ continuent à se produire à l’abri des regards de la communauté internationale ».

Autre question importante soulevée par l’OIM, la situation qui se détériore en Libye pour les citoyens Libyens eux-mêmes : « plus de 430 Libyens ont tenté la traversée vers l’Italie cette année, contre 240 au cours de la même période l’an dernier ».

Le point sur les équipements des ONG SAR : un septième navire bloqué par l’administration ; le Moonbird de nouveau autorisé à voler

Le Louise Michel, bateau de sauvetage financé par l’artiste de rue Banksy, a annoncé le 22 octobre qu’il était dans l’incapacité de prendre la mer, en raison d’un blocage administratif. C’est le septième navire d’ONG SAR empêché de sauver des vies ou bloqué en Méditerranée centrale depuis le 5 mai (voir les deux dernières éditions de nos « Regards sur la Méditerranée centrale »).

Après presque deux mois d’immobilisation, le Moonbird, l’un des avions de reconnaissance de Sea Watch, a été autorisé à voler de nouveau. Le 23 octobre, Sea Watch et son partenaire médical Médecins Sans Frontières (MSF) ont annoncé qu’ils avaient saisi la justice concernant la rétention de leur navire , le Sea Watch 4, et  formé un  recours  auprès du tribunal administratif de Palerme.

En Libye 

A Genève, vendredi 23 octobre, les deux parties du conflit libyen ont signé un accord permanent de cessez-le-feu dans tout le pays. En tant que représentante spéciale du  secrétaire  général de l’ONU en Libye,  Stéphanie Williams  a exhorté toutes les parties concernées à se mettre le plus rapidement possible au travail pour appliquer les engagements de l’accord, afin d’alléger les souffrances de la population libyenne.

Mi-octobre, le commandant principal des garde-côtes libyens, connu sous le nom de Bija, a été arrêté pour trafic d’êtres humains par le gouvernement libyen soutenu par l’ONU. Selon  un rapport de sécurité des Nations Unies publié en juin 2017, Bija était un facilitateur pour la traite d’êtres humains et faisait partie d’un réseau criminel opérant à Zawiyah, en Libye.

Citant des sources proches de l’OIM et de l’UNHCR, l’ANSA indique que près de 3 200 personnes sont détenues   dans onze centres de détention administrés par la Direction de lutte contre la migration illégale (DCIM) en Libye.

Gros plan sur la crise humanitaire touchant l’océan Atlantique : l’un des axes maritimes migratoires les plus meurtriers et de plus en plus fréquentés

Ces deux dernières semaines, la route périlleuse de l’océan Atlantique entre l’Afrique de l’Ouest et les îles Canaries a elle aussi connu des naufrages tragiques et des décès. Vendredi 23 octobre, un nombre indéterminé de personnes venant du Sénégal sont mortes dans le naufrage de leur bateau, dont le moteur a explosé au large de la ville sénégalaise de Mbour.  Selon le témoignage des rescapés, près de 200 personnes se trouvaient à bord. 51 ont été secourues par l’armée sénégalaise, et un nombre indéterminé sauvées par des pêcheurs.

En une seule semaine, du 14 au 21 octobre, plus de 2 600 personnes sont arrivées aux Canaries en bateau, soit autant que toute l’année 2019. L’axe migratoire de l’océan Atlantique est considéré comme l’un des plus meurtriers : une personne sur deux trouve la mort avant d’atteindre les iles espagnoles des Canaries, selon l’OIM citée dans cet article de RFI.

Hara Kaminara / SOS MEDITERRANEE

Source https://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/regards-sur-la-mediterranee-centrale-28-octobre

Lesbos : Une crise de santé mentale sous la surface

Par Marion MacGregor

La crise de santé mentale des demandeurs d’asile de l’ancien camp de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, s’aggrave. Dans la nouvelle tente « Kara Tepe », de plus en plus de jeunes enfants reçoivent un traitement psychiatrique, y compris des médicaments, pour faire face à un traumatisme permanent.

Avant de brûler, le camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos était décrit comme « l’enfer sur terre ». Les conditions terribles et la surpopulation du camp de migrants avaient entraîné des incidents quotidiens de violence, d’abus et de tentatives de suicide, même chez les enfants.

Selon le Comité international de secours (IRC), qui fournit un soutien en matière de santé mentale aux réfugiés de Lesbos, entre décembre 2019 et août 2020, plus de 40 % des migrants qu’ils ont conseillés à Moria avaient des pensées suicidaires et un quart avaient même tenté de se suicider.

Dans la nuit du 8 septembre 2020, le camp a été détruit. Pour des milliers de demandeurs d’asile, l’incendie a été une expérience traumatisante, mais il leur a permis d’espérer qu’ils n’auraient plus jamais à souffrir dans de telles conditions.

Cependant, le pire était à venir. Dans les jours qui ont suivi la catastrophe, ils ont dormi dans les rues et ont dû faire face à la violence et à l’intimidation des groupes anti-migrants ainsi que de la police grecque, avant d’être transférés dans un nouveau camp de tentes sans douches, sans zones isolées du froid et, en fait, soumis à de graves inondations.

La santé mentale se détériore

Selon Martha Roussou, chargée de mission auprès du CRI, la quasi-totalité des migrants qui assistent aux consultations sur Lesbos disent que leurs problèmes de santé mentale sont dus à de mauvaises conditions de vie et à de longs délais d’attente pour que leur demande d’asile soit entendue. Pour ceux qui se trouvent dans le nouveau camp, ces problèmes qui avaient atteint des proportions de crise à Moria n’ont pas disparu, au contraire, ils se sont aggravés avec la perte d’espoir.

Greg Kavarnos, psychologue de l’organisation caritative Médecins sans frontières (MSF) qui travaille avec les demandeurs d’asile à Lesbos, explique que les conditions de vie dans le camp de Kara Tepe sont telles que toute personne en bonne santé mentale deviendrait anxieuse et déprimée. L’effet est catastrophique pour ceux qui demandent son aide, qui sont déjà profondément traumatisés.

« J’ai eu des patients qui étaient incapables de parler quand on les a amenés chez moi. Ou bien ils étaient si malades mentalement qu’ils ne pouvaient même pas aller aux toilettes tout seuls », dit Kavarnos.

Pour ceux qui ont été incarcérés dans le passé, l’expérience d’être dans le camp, qui est lourdement surveillé et entouré de barbelés, peut également déclencher des souvenirs d’expériences traumatisantes, ajoute-t-il.

Certains ressentent également une désillusion et une perte d’espoir parce qu’ils n’ont pas atteint un endroit sûr, selon Kavarnos. « Imaginez ce que ce serait si vous étiez dans une région contrôlée par les Talibans en Afghanistan, ou si vous étiez prisonnier politique en République démocratique du Congo, ou encore victime du régime en Syrie, et que vous échappiez à ce danger en vous attendant à venir dans un endroit sûr et à être traité comme un être humain. Imaginez qu’au lieu de cela, vous soyez traité comme un animal ».

Effets à long terme sur les enfants

Dans les semaines qui ont suivi l’incendie de Moria, la quasi-totalité des mineurs non accompagnés – des enfants voyageant sans parent ni tuteur – ont été transférés hors de l’île. Mais de nombreux enfants ont également été laissés à Lesbos, ainsi que sur les autres îles

Et selon M. Kavarnos, ces enfants restants sont parmi ceux qui risquent le plus de souffrir d’effets à long terme sur leur santé mentale.

« Même si les enfants sont résistants et peuvent rebondir, ils sont à un stade où ils développent leur caractère et leur personnalité », dit-il. « S’ils doivent vivre des expériences traumatisantes à cet âge, celles-ci façonneront leur personnalité ou leur caractère à l’avenir, ce qui entraînera des problèmes à long terme ».

« Nous créons une génération d’enfants qui vont dépendre de médicaments psychiatriques pour le reste de leur vie. »

Les enfants du camp ressentent de plus en plus un sentiment de résignation. En voyant leurs parents piégés et incapables de prendre des décisions ou d’agir, ils deviennent désespérés, selon M. Kavarnos.

« Si à huit ans, un enfant s’est déjà résigné, qu’est-ce que cela signifie quand cet enfant a 12 ou 16 ans ? Si à 8 ou 10 ans un enfant doit prendre des médicaments psychiatriques pour que les symptômes soient tenus à distance, qu’est-ce que cela va signifier plus tard ?

Dans la nouvelle installation de Lesbos, Nour, 17 ans, originaire de Syrie, nous raconte que lorsque le camp de Moria est parti en flammes en septembre, elle avait demandé à sa mère de la laisser mourir sur place.

Comme un nombre croissant d’enfants et de jeunes dans les camps de migrants, Nour prend des antidépresseurs.

« En général, si un problème psychiatrique survient à la suite d’un traumatisme, si vous ne réussissez pas à le gérer, le problème psychiatrique devient alors chronique », explique M. Kavarnos.

« Alors, que faisons-nous ? Nous créons une génération d’enfants qui vont dépendre de médicaments psychiatriques pour le reste de leur vie ».

Nous avons tous des problèmes mentaux à cause de Lesbos ».

Karima, originaire d’Afghanistan, est également sous antidépresseurs et a des troubles du sommeil. La plupart de sa famille, y compris ses petites-filles de deux et trois ans, se trouvaient dans un bateau en provenance de Turquie qui a coulé dans la mer Égée. Elles ont été secourues et amenées à Lesbos. Pendant environ deux ans, ils ont vécu dans le camp de Moria.

Le fils de Karima ; Rahullah nous raconte : « C’était une très mauvaise situation. … Les gens mouraient, ils buvaient, ils s’entretuaient. On ne dormait pas. Alors maintenant nous avons des problèmes mentaux, tous, juste à cause de Lesbos. »

La sœur de Rahullah, F., la mère des deux petites filles, est devenue si malade qu’elle s’est coupée, dit un autre de ses frères, un diplômé en droit qui parle doucement. Le mari de F. a été assassiné en Afghanistan.

Un autre jeune demandeur d’asile dans le camp, Ahmad*, a 25 ans. Il a voyagé seul d’Afghanistan en Grèce. Il dit qu’il a tenté de se suicider deux fois, et que sans ses amis, il serait allé jusqu’au bout et aurait réussi à se suicider.

L’éloignement, la seule solution

Selon Martha Roussou, de l’IRC, l’organisation essaie d’aider les migrants en leur fournissant des conseils et des médicaments, mais si certaines personnes s’améliorent, « la seule solution durable est de les retirer de l’espace traumatique dans lequel elles vivent ».

Tant que cela n’est pas fait, poursuit-elle, les migrants ne peuvent pas échapper au traumatisme qu’ils ont déjà vécu, « malgré les efforts des psychologues pour se concentrer sur la positivité et les pensées d’espoir ».

Selon Greg Kavarnos, de MSF, quelle que soit la quantité de médicaments ou de psychothérapie que l’on donne à une personne, « si elle est constamment traumatisée par ses expériences, on a toujours un pas de retard.

« Je ne peux rien faire pour le traumatisme permanent, les menaces de violence, l’incapacité d’accéder à des installations simples », poursuit-il. Je ne peux pas dire à la personne, « c’est bon, les choses vont s’améliorer », parce que je ne sais pas si les choses vont s’améliorer pour elle.

*Ahmad est un nom d’emprunt

Si vous souffrez d’une tension émotionnelle grave ou de pensées suicidaires, n’hésitez pas à demander une aide professionnelle. Vous pouvez trouver des informations sur les endroits où trouver une telle aide, où que vous viviez dans le monde, sur ce site web : https://www.befrienders.org/

En Grèce, une ligne d’aide au suicide est accessible par téléphone à ce numéro : 1018. Vous pouvez également trouver de plus amples informations à l’adresse suivante : http://suicide-help.gr/

Source https://www.infomigrants.net/en/post/28086/lesbos-a-mental-health-crisis-beneath-the-surface

Refuge solidaire Briançon

Le « refuge solidaire » de Briançon pourra continuer à accueillir les exilés menacés par l’hiver

 

Le nouveau maire Les Républicains de Briançon avait décidé de fermer le refuge au plus tard le 28 octobre. Ouvert depuis trois ans, ce refuge accueille les exilés qui prennent le risque de franchir la frontière franco-italienne. Face à la mobilisation massive, l’édile vient de renoncer à toute expulsion avant six mois.

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C’est une petite maison sur deux étages coincée entre un conservatoire de musique, une boulangerie bio et la gare de Briançon. Dans la cour, un abri de jardin et quelques chaises en bois, disposées en rang d’oignon. Au rez-de-chaussée, à côté de la porte, trône une fresque montrant une main empoignant des barbelés. Depuis trois ans, le refuge solidaire de Briançon dans les Hautes-Alpes sert de point d’accueil aux migrants qui traversent la frontière franco-italienne, par le col de Montgenèvre (1850 m) ou de l’Échelle (1762 m).

Depuis qu’elle a signé la convention d’occupation du bâtiment, en juillet 2017, avec la communauté de commune du Briançonnais (CCB), l’association qui tient le refuge a décompté 10 000 passages. Ces derniers mois, les Africains de l’Ouest et Maghrébins, ont fait place à des Iraniens et des Afghans, parfois des familles avec enfants. Beaucoup arrivent par leurs propres moyens au refuge, dont la réputation n’est plus à faire. Parfois, des maraudeurs Briançonnais les récupèrent à la frontière et les ramènent.

Une jauge d’accueil revue à la hausse

À l’origine, l’intercommunalité avait prévu une jauge de 15 personnes maximum par jour, mais les vagues migratoires ont eu raison des règles : « On n’a jamais pu respecter cette limite. On a tout de suite été dépassés avec parfois 60 arrivées d’un coup », témoigne Philippe Wyon, cofondateur du refuge. Ce retraité à la barbe grisonnante et aux yeux bleus raconte la tradition d’accueil des montagnards, la solidarité des habitants, les difficultés d’accueillir autant de gens, mais aussi l’opération du groupe d’extrême droite Génération identitaire en avril 2018 au col de l’Échelle [1].

 
Philippe Wyon, cofondateur du refuge solidaire à Briançon. © Louis Chahuneau

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D’après le militant d’extrême droite Damien Rieu, l’opération « Defend Europe » avait pour objectif de « dissuader les migrants de rentrer en France ». C’est visiblement raté. Depuis cet été, le nombre de passages a explosé : 350 en août, à peu près autant en septembre. Ce qui a poussé la préfecture à rehausser la jauge d’accueil du refuge à 35 personnes en septembre [2]. Mais un autre danger menace les exilés : le nouveau maire de Briançon, Arnaud Murgia (LR), décide de fermer le refuge solidaire.

Un nouveau maire qui n’a jamais caché sa volonté de fermer le refuge

Le 26 août, celui qui préside aussi la Communauté de communes du Briançonnais met en demeure par courrier l’association de libérer le bâtiment au plus tard le 28 octobre pour « graves négligences dans la gestion des locaux et de leurs occupants ». Officiellement, les normes de sécurité ne seraient pas respectées : « On se retrouvait avec des gens qui dormaient dans la pièce de la chaudière », s’indignait le maire au micro de la radio locale Alpes 1 [3], le 30 septembre. La plupart des élus y voient une volonté politique anti-migrants. « Il n’a jamais caché son souhait de fermer le refuge, mais il se sert de cette occasion pour arriver à ses fins », déplore Thomas Schwarz, conseiller municipal sur la liste sans étiquette « Briançon d’abord ». « Il se cache derrière la crise sanitaire, la non-prolongation du bail, l’insécurité liée au trop plein du refuge », ajoute l’élu.

De son côté, Arnaud Murgia, dont l’équipe n’a pas souhaité s’exprimer, met en cause l’ancien maire, Gérard Fromm (ex-PS) : « Mes prédécesseurs avaient douze mois pour prolonger la convention d’occupation, mais ils ne l’ont pas fait, pour des raisons de sécurité ou des raisons politiques, ça je ne sais pas ». Interrogé, Gérard Fromm, à l’origine du projet, botte en touche : « Je n’ai pas voulu la prolonger car on m’aurait accusé d’avoir forcé la main de mon successeur. J’aurais été réélu, je l’aurais résignée. » Trop tard.

« Quand les gens arrivent ici, ils ont l’impression d’être au paradis »

En cette fraîche matinée d’octobre, les pensionnaires du refuge se reposent ou fument une cigarette devant la maison. La plupart d’entre-eux ont traversé la Méditerranée sur des embarcations qui flottaient à peine, ont été détroussés par des passeurs dans les Balkans ou frappés par des policiers. Tous savent qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines. Mi-octobre, une vingtaine de migrants ont été arrêtés par la police aux frontières (PAF) à la gare de Briançon, alors qu’ils s’apprêtaient à prendre le train pour aller déposer leur demande d’asile à Nice ou Marseille. Le département est dépourvu de structure du premier accueil des demandeurs d’asile (SPADA). Les abus sont fréquents dans cette zone. En juillet 2020, deux policiers de la PAF ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Gap pour des faits de violences et détournements de fonds sur des migrants commis en 2008.

Peshro, 26 ans, et son frère Peshawa, 29 ans, sont arrivés d’Italie, par le col de Montgenèvre, le 17 octobre. Ils viennent d’Iran. « Nous sommes partis hier soir et sommes arrivés ce matin à 5 h au refuge », raconte le plus jeune, dans un anglais très approximatif. Depuis leur départ d’Iran, ils disent avoir dépensé chacun 10 000 euros pour passer les frontières. Autant dire qu’ils n’ont pas l’habitude de voir des bénévoles se plier en quatre pour les accueillir dignement : « Quand les gens arrivent ici, ils ont l’impression d’être au paradis », raconte Joël, bénévole retraité de 69 ans.

 
Deux frères iraniens, Peshro, 26 ans (à gauche), et son frère Peshawa, 29 ans (à droite), viennent d’arriver au refuge solidaire. © Louis Chahuneau
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Une traversée extrêmement périlleuse

Le bâtiment est pourtant spartiate, avec des lits posés à même le sol, parfois dans le réfectoire. Ici, le mobilier vient d’Emmaüs ou de la Fondation Abbé Pierre, la nourriture est donnée par des restaurateurs solidaires, le linge est lavé par le service de blanchisserie de l’hôpital, tandis que Médecins du Monde assure la permanence de soin. « Ces derniers mois, on a eu beaucoup d’infections cutanées, de problèmes gastro-intestinaux, d’entorses, de tendinites », explique Cécilia, 31 ans, bénévole chez Médecins du Monde. Car la traversée de la frontière de nuit n’est pas sans danger, entre le froid, l’obscurité et les rondes de la police aux frontières.

Aziz, un berbère de 22 ans a mis plus de sept heures à passer le col, le tout en jean, pull et baskets : « Il y avait de la neige, et la police nous cherchait avec ses lampes torches », raconte celui qui a déjà perdu trois amis depuis les Balkans. Plusieurs migrants sont morts en tentant de passer la frontière franco-italienne ces dernières années. Certains en échappent de peu : en janvier 2016, Mamadou, un migrant malien de 27 ans a été amputé des deux pieds après avoir subi de graves gelures pendant sa traversée [4].

À l’intérieur du refuge solidaire. © Louis Chahuneau

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La solidarité des habitants entretient l’espoir

Pour toutes ces raisons, personne ici n’imagine laisser les migrants livrés à eux-mêmes : « Si demain on refuse ces gens, ils vont traîner dans les rues, on va provoquer des choses qu’on n’a pas envie de voir », prévient Gérard Fromm, l’ancien maire. Deux mois après son élection, son successeur Arnaud Murgia semble déjà s’être mis une partie de la population à dos : « Je suis contre la fermeture », dit Claudine, une habitante du coin. Maud, fleuriste, « ne comprend pas bien cette décision ». Quant à Éric, propriétaire de la boulangerie voisine du refuge, il ne dit pas autre chose : « Où vous voulez-vous que ces gens aillent ? Où est-ce qu’ils vont dormir si on ne les héberge pas ? ». ONG et associations, ainsi que l’évêque de Gap, Xavier Malle, se sont mobilisés ces dernières semaines, multipliant communiqués et tribunes [5]. Près de 40 000 personnes ont signé une pétition à ce sujet.

« Personne n’a envie de voir un drame arriver cet hiver », souffle Aurélie Poyau, conseillère municipale d’opposition. Même la sous-préfète, Hélène Lestarquit, d’habitude sourde aux appels du refuge et qui n’a pas répondu à nos sollicitations, a envoyé un courrier à l’association, au grand étonnement de Joël : « Au moins, on existe à leurs yeux maintenant. Je serais prêt à remercier Arnaud Murgia d’avoir remis le sujet sur la table ».

Il y a quelques semaines, une commission composée d’élus et de représentants du refuge a été mise en place pour trouver des solutions. En réponse, le maire vient de s’engager par écrit à renoncer à toute expulsion avant six mois [6]. Le 15 octobre, un camion envoyé par l’intercommunalité est venu réapprovisionner la cuve de fuel du refuge. Le maire de Briançon regretterait-il son choix ? « Il a pris conscience que sa côte de popularité prendrait une bonne claque », estime l’élu Thomas Schwarz. En vue du printemps, l’association Tous Migrants précise que « des solutions de repli pérennes, avec l’aide d’ONG et de partenaires, sont à l’étude ». D’ici là, les locaux du refuge solidaire vont continuer à accueillir des exilés tout l’hiver.

Louis Chahuneau

Photo de une : La façade du refuge solidaire à Briançon. © Louis Chahuneau

Des camps d’asile fermés en Grèce

Après la Moria, l’UE va expérimenter des camps d’asile fermés sur les îles grecques

Un « camp fermé » pour les personnes déplacées est en cours d’installation à Samos dans le cadre de la stratégie de l’UE visant à renforcer ses frontières extérieures. Ni les habitants de l’île ni les personnes qui y seront détenues ne veulent de ce camp.

Le site de ce qui sera l’un des premiers nouveaux camps de l’UE pour les personnes déplacées est entouré d’une clôture en fil de fer barbelé de 6 mètres de long. La chaleur de la journée s’accumule dans la vallée, qui n’est desservie jusqu’ici que par une route de gravier. Le futur camp est situé à plus de 5 kilomètres de Samos, la principale ville de l’île du même nom. Lorsque le camp sera construit, les résidents pourront y entrer par des tourniquets aux portes grâce à des brassards à micropuces. La nuit, les portes resteront verrouillées.

D’ici la fin 2020, Samos devrait être la première île grecque à accueillir un « camp fermé ». L’annonce a été faite par le ministre grec de l’immigration, Notis Mitarachi, lors de sa visite sur l’île fin août. La Commission européenne a accordé à la Grèce près de 130 millions d’euros (152 millions de dollars) pour la construction de centres d’accueil et d’identification polyvalents, qui devraient offrir un niveau d’hébergement supérieur à celui des camps précédents, avec des cabines portables, de l’eau courante, des zones séparées et, surtout, plus de sécurité.

Le concept des camps fermés fait partie d’une nouvelle stratégie visant à mieux sécuriser les régions situées aux frontières extérieures de l’Union européenne. Les camps surpeuplés dans ces régions sont devenus un problème chronique depuis qu’un grand nombre de personnes déplacées ont commencé à arriver en Europe à partir de 2015. Au début de l’année, les îles grecques proches de la frontière avec la Turquie accueillaient plus de 40 000 demandeurs d’asile. Dans la ville de Samos, le nombre de demandeurs d’asile dépassait le nombre de personnes qui y vivaient en permanence. Près de 5 000 personnes vivent actuellement dans le camp existant sur l’île – alors qu’il ne devait en accueillir que 650 au départ.

Les résidents ont construit des tentes faites de sacs de couchage, de bâtons et de bâches. Des tuyaux d’eau sortent du sol. Les portes des cabines de toilettes portables s’ouvrent et se ferment au gré du vent. Il y a une odeur de poisson frit et d’urine.

Renvoyez-nous

Omar, qui a demandé que son vrai nom ne soit pas utilisé, était assis sur une palette, buvant du thé avec sa femme et ses enfants près de la tente que la famille – huit membres en tout – partage. La nuit, les rats sont si bruyants qu’ils ne peuvent pas dormir, a déclaré Omar, 58 ans. Après sept mois d’attente depuis que la famille est venue d’Idlib, en Syrie, il en a eu assez. « Il vaut mieux nous renvoyer dans notre pays », dit-il : Il vaut mieux être en danger dans une guerre civile que d’avoir un refuge indéfini dans ce camp.

Les infections cutanées prolifèrent, a dit Omar, et la plupart des gens sont sans douche. Chaque personne reçoit une bouteille d’eau et deux repas par jour – que les membres de la famille font la queue à tour de rôle pendant trois heures pour les obtenir.

Un fils, Mohammed, qui avait étudié à l’université en Syrie, a distribué les bons de repas pour les jours suivants. Alors qu’au début, chaque personne recevait environ 90 euros par mois, cette somme forfaitaire a maintenant été réduite à 75 euros. Omar avait entendu dire que l’argent économisé servait à améliorer les conditions de vie générales. Mais, dit-il, rien n’a changé pour lui. Au contraire : Depuis que des restrictions ont été imposées à la circulation, a-t-il dit, la situation est devenue encore plus tendue. Il a dit que la situation s’est souvent aggravée la nuit – quand il n’y a ni électricité ni lumière.

Les ONG sont-elles autorisées ?

Après la découverte des deux premiers cas de coronavirus dans le camp au début du mois de septembre, les autorités grecques ont imposé un confinement qui doit durer jusqu’à la fin du mois. Au cours de la semaine dernière, y compris dimanche soir, des incendies ont éclaté dans le camp. On ne sait toujours pas ce qui a provoqué ces incendies. Mais les politiciens grecs mettent en garde contre les effets d’imitation suite aux incendies du camp de Moria à Lesbos, et excusent même les résidents du camp de s’être livrés à des incendies criminels pour échapper aux conditions misérables.

À l’avenir, 2 100 personnes seront détenues au camp – 900 d’entre elles dans une zone fermée où elles attendront que des décisions soient prises sur leur cas, selon Jonathan Vigneron, coordinateur du projet de Médecins sans frontières (MSF) sur Samos. Les chiffres sont tirés d’une carte que le ministre des migrations a distribuée lors de sa visite. M. Vigneron a déclaré que tout cela lui rappelait une prison.

« C’est une chose très effrayante à voir », a déclaré M. Vigneron. Il a ajouté que les organisations internationales avaient demandé des éclaircissements sur la question de savoir si des ONG telles que MSF seraient même autorisées à travailler dans le nouveau camp. La procédure d’enregistrement des ONG rend l’accès presque impossible, a-t-il dit. Dans une lettre ouverte, 68 organisations ont écrit que les conditions dans le camp pourraient créer « une situation préoccupante en ce qui concerne la dignité humaine ».

Les personnes déplacées pourraient avoir un meilleur niveau de logement et plus de sécurité dans le camp fermé, a dit M. Vigneron, mais elles n’auraient rien à faire et aucune liberté de mouvement. « Le camp est situé à 5 kilomètres de tout endroit », a déclaré M. Vigneron. « Ce n’est pas marginaliser les gens : C’est de la ségrégation par définition. »

Cet article a été adapté de l’allemand par Tim Jones. Auteur : Ann Esswein

Source : dw.com

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Source https://www.infomigrants.net/en/post/27510/after-moria-eu-to-try-closed-asylum-camps-on-greek-islands

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