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Réfugiés en Grèce

Pour les réfugiés arrivés en Grèce en 2015, l’étape de l’intégration est encore loin

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Depuis la fin de l’hiver, plusieurs décisions des autorités grecques mettent en péril les conditions d’hébergement déjà précaires des réfugiés et demandeurs d’asile dans la capitale. Maintenus dans une urgence de survie matérielle, ces exilés arrivés en 2015 rêvent de stabilité dans un pays où l’accès au travail reste pour eux quasi impossible.

 

Quand il est arrivé sur l’île de Lesbos en mars 2016 – deux jours avant la signature de l’accord entre l’Union européenne et la Turquie, qui a brusquement freiné les entrées sur le territoire grec –, Safi ne pensait pas que trois ans plus tard, il serait toujours en Grèce. Son objectif, avec ses parents, était de rejoindre l’Allemagne et de démarrer là-bas sa nouvelle vie, loin de sa Syrie natale, enfoncée dans une guerre qui a fait plus de 370 000 morts et 13 millions de déplacés à ce jour.

Mais avec la fermeture de la « route des Balkans » et la mise en place de contrôles plus stricts en Grèce pour enregistrer les demandeurs d’asile, ce jeune homme originaire d’Alep s’est petit à petit résolu à s’installer dans la péninsule hellénique. Parfaitement anglophone, il décide d’y reprendre des études, et de tout faire pour trouver un travail. En 2017, il obtient le statut de réfugié, reçoit dans le courant de la même année une bourse du Collège américain de Grèce qui lui permet de suivre un cursus d’informatique jusqu’à mi-2018, et bénéficie d’un programme d’hébergement dans Athènes. Ce n’est pas le grand luxe, il est obligé de partager sa chambre avec deux compatriotes, mais c’est déjà un premier pas vers l’intégration.Depuis l’année dernière toutefois, les mauvais signaux s’accumulent. Sa bourse n’a pas été prolongée (« une conséquence directe de la politique de Trump », dit-il). Les petits boulots qu’il a trouvés comme traducteur auprès d’avocats ou d’associations se sont taris. Et pour finir, la nouvelle est arrivée par courrier, ce mois de mars : début juin, il devra quitter son logement. Deux mois, seulement, pour se retourner.

Au camp de réfugiés d'Elaionas, dans la banlieue ouest d'Athènes. © Amélie Poinssot

Au camp de réfugiés d’Elaionas, dans la banlieue ouest d’Athènes. © Amélie Poinssot

Comme Safi, ils sont 900 aujourd’hui à ne plus avoir droit, théoriquement, à être logés. Le programme du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), financé par l’UE et dont la gestion a été confiée à plusieurs ONG grecques, s’était engagé, à l’origine, à loger pendant six mois les demandeurs d’asile. Par la suite, en l’absence d’autre solution pour ces personnes sans ressources, l’hébergement de ces personnes avait été reconduit après l’obtention de leur statut de réfugié.

Mais sur les îles grecques proches de la Turquie, où les arrivées n’ont jamais complètement cessé depuis 2016, les centres d’accueil sont aujourd’hui remplis bien au-delà de leurs capacités. À Lesbos (6 885 exilés actuellement pour 3 100 places au 25 avril, selon les chiffres du ministère grec de l’intérieur) et à Samos (3 322 exilés pour 648 places), la situation est devenue particulièrement critique – nous l’écrivions au sujet de Lesbos en janvier dans Mediapart –, à tel point que les autorités grecques ont décidé cet hiver de faire venir une partie de ces demandeurs d’asile sur le continent. L’urgence est donc à les loger dans la capitale, que ce soit en appartement ou dans les centres d’accueil, déjà tous pleins. Et aucune autre solution n’a été envisagée pour leur faire de la place que d’expulser les personnes actuellement hébergées qui ont le statut de réfugié depuis 2017.

Face à ce changement de doctrine, seules les personnes vulnérables (victimes de violence, souffrant de problèmes de santé, personnes âgées, femmes enceintes) et familles avec enfants scolarisés pourront bénéficier d’une modeste prolongation de leur bail, de trois mois.

Pour les autres, retrouver un appartement au prix du marché relève de la mission impossible. Les locations de courte durée Airbnb qui ont explosé ces deux dernières années à Athènes ont complètement remodelé le marché du logement. Les Grecs des classes moyennes eux-mêmes ont toutes les peines du monde à se loger dans le centre de la capitale… Pour un exilé sans travail qui ne parle pas le grec, les difficultés sont décuplées.

« Cette décision de ne pas prolonger les hébergements actuels, même si elle est légitime d’un point de vue gouvernemental, risque de mettre tous ces réfugiés à la rue et de les jeter dans les bras du trafic d’êtres humains et des marchands de sommeil », dénonce Iro Dioti, de l’ONG grecque ARSIS, qui gère 92 logements à Athènes, et a vu passer, depuis 2016, 1 400 réfugiés dans ce programme d’hébergement.

« Deux mois pour trouver un nouveau logement à Athènes, c’est impossible vu le contexte du marché immobilier actuel. Mais au-delà de ce problème, il n’y a aucune stratégie sur le long terme : on est toujours dans une gestion d’accueil d’urgence, pas dans une politique d’intégration. Or ces exilés sont des gens qui ont des talents, un savoir, ils travaillaient dans leur pays… Il faut mettre en place des programmes pour les intégrer au monde du travail grec et les mélanger à la population locale. Le risque, sinon, c’est que l’on crée des formes de ghetto. »

Dans un squat du quartier athénien d'Exarcheia, occupé par des réfugiés. © Amélie Poinssot
Dans un squat du quartier athénien d’Exarcheia, occupé par des réfugiés. © Amélie Poinssot

Récemment, les autorités grecques ont en outre durci leur attitude vis-à-vis des squats d’Exarcheia, quartier de toutes les luttes à Athènes, où de nombreux réfugiés étaient hébergés avec le soutien de différents groupes anarchistes et autonomes. Coup sur coup, trois espaces autogérés ont été fermés pendant la première quinzaine d’avril. Des motifs de trafic de drogues et de violences ont été invoqués. Les activistes impliqués dans ces squats y voient plutôt des motivations politiques à la veille des élections européennes et locales, pour lesquelles le gouvernement Tsipras veut s’attirer l’électorat du centre, moins sensible à la cause des réfugiés et à la tolérance accordée jusque-là aux collectifs autogestionnaires.

Mais au squat « Clandestina », installé dans d’anciens bureaux juste derrière l’université Polytechnique, les locaux était très bien tenus, assure Nafissa, photos à l’appui dans son smartphone. « On s’y sentait bien, on avait organisé une gestion tournante des tâches ménagères… », raconte-t-elle.Nafissa est très en colère. Quand nous la rencontrons, cette jeune femme afghane partage, avec son compagnon et ses deux tout jeunes enfants, un conteneur avec une quarantaine de personnes – toutes expulsées du squat – dans le camp officiel d’Eleonas, dans la banlieue ouest d’Athènes. Elle dit avoir été expulsée avec brutalité par les forces de l’ordre, lesquelles étaient plus nombreuses que les réfugiés eux-mêmes. Elle a été obligée, comme ses compatriotes, de laisser toutes ses affaires personnelles sur place. « C’est ça l’Europe ? », lance-t-elle.Nafissa a dû quitter Herat, sa ville d’origine (ouest de l’Afghanistan), pour échapper à un mariage forcé. Elle est partie seule, sur une route semée d’embûches. Elle a coupé tout contact avec sa famille. Elle avait réussi en 2015 à atteindre la Serbie, d’où elle a été renvoyée en Grèce, après un an et demi d’incarcération. « Savez-vous combien d’hommes ont porté atteinte à mon corps jusqu’à ce que j’arrive ici ? »

Nafissa n’a pas encore obtenu le statut de réfugiée. Elle a fait une demande d’asile et sera entendue par les autorités grecques le mois prochain. À ses côtés, Alex, un jeune Iranien, est tout aussi remonté. Cela faisait un an qu’il vivait à « Clandestina ». « La police nous a expulsés à 5 heures du matin, ce n’est pas correct de nous traiter de cette manière. » Lui dort actuellement sous une tente, juste à côté du conteneur.

Première étape dans un parcours d’intégration, l’accès à un logement digne est pourtant primordial pour ces réfugiés arrivés en Grèce en 2015-2016. La fermeture de la route des Balkans et l’échec du programme de répartition décidé en 2015 par la Commission européenne – qui n’avait relocalisé fin 2018 dans les autres États membres que 21 999 réfugiés en provenance de Grèce – font que ces réfugiés se sont retrouvés coincés dans la péninsule hellénique en pleine crise économique. Quatre ans plus tard, le taux de chômage s’y élève encore à 18 % de la population active.

« Pour recommencer sa vie, on a besoin de stabilité, reprend Safi. C’est pour cela que, malgré la situation économique du pays, j’ai fait le choix de rester en Grèce, et de ne pas prendre le risque d’un nouveau voyage plein de dangers pour déposer une demande d’asile ailleurs en Europe. Et puis il y a une autre raison : ce pays m’a plu, j’ai eu envie d’y rester. Mais comment vais-je faire, aujourd’hui que je n’ai plus de boulot, pour me payer un nouveau logement ? Je ne veux pas me faire exploiter en travaillant au noir. »

Au-delà des camps, 26 000 hébergements sont actuellement gérés par le UNHCR en Grèce. Appartements partagés, chambres d’hôtels : dans toute la Grèce, d’Athènes à Larissa en passant par Tripoli, plusieurs centaines de personnes venues chercher une protection en Europe risquent, demain, de se retrouver à la rue.

Grèce : Le système national de santé en déliquescence

Le service public de santé en Grèce. Le financement d’Etat diminue encore … Le système national de santé en déliquescence par Dimitris SOULIOTIS

Le carcan de la dette publique, les conventions de prêt et les mémorandums assassins, soutenus par le système bipolaire à deux partis, Syriza et N.D. (Nouvelle Démocratie, parti de droite), ont eu et ont toujours des conséquences particulièrement dures et inhumaines dans le domaine de la santé : les coupes drastiques dans ce secteur critique continuent.

.Les financements continuent de baisser
 
Contrairement aux déclarations gouvernementales et conformément au budget de l’Etat pour 2018, le financement d’Etat des hôpitaux, des structures de santé régionales et du Système national de santé de premier degré* a diminué de 350 millions d’euros par rapport à 2017.

Cette diminution est la conséquence des obligations qui découlent du « Mémorandum », en particulier du « Programme de stratégie financière à moyen terme (2018-2021) » imposé par l’Union européenne et signé par notre actuel gouvernement avec le plein consentement de Nouvelle Démocratie. Ces baisses, à la suite de celles des années précédentes, auront des conséquences particulièrement négatives dans les hôpitaux, où les phénomènes de ralentissement du fonctionnement et de déliquescence des services s’accentuent.

La dotation d’Etat 2018-2021 fait diminuer de 617 millions d’euros les crédits d’achat d’appareils, de matériel, etc. Avec ces baisses, le Système national de santé (ESY) devra affronter des problèmes supplémentaires pour ses fournitures et son fonctionnement.

L’Agence nationale des services de santé (EOPYY : organisme d’assurance public qui finance les services de santé) dépend entièrement des cotisations des assurés et ne reçoit aucun financement de l’Etat.

Le gouvernement assure que les cotisations versées aux caisses d’assurance compenseront ces diminutions par l’augmentation des revenus de l’EOPYY. Cela ne correspond pas à la réalité puisque le travail non déclaré – entraînant l’absence de cotisations santé – a pris une ampleur effrayante, alors que cet organisme public est déjà surendetté !

 Des abus de la part de certains médecins
 
A noter par ailleurs que les phénomènes de corruption dans l’hôpital public n’ont pas cessé, car aucune volonté politique n’existe pour les combattre. Dans le fonctionnement du système hospitalier grec, il y a malheureusement des abus qui ont des conséquences négatives sur la situation économique des patients et dans certains cas sur leur santé. Il existe une corruption étendue, en particulier dans le secteur de la chirurgie des hôpitaux où un large cercle de chirurgiens de toutes spécialités demande aux patients d’importants dessous de table. Habituellement versés d’avance ! Dans de nombreux cas des chirurgiens de différents hôpitaux publics ont été arrêtés par la police sur dénonciation de leurs patients et l’argent a effectivement été retrouvé en possession de ces praticiens indignes.

 Le manque de médecins et de matériel médical
 
Les données relatives au manque de personnel sont tragiques ! On évalue qu’à l’ESY il manque 6 500 médecins titulaires et environ 20 000 infirmiers. L’embauche prévue de 3 200 médecins avec des contrats d’un an n’est pas en mesure de répondre aux attentes, non seulement en raison du besoin réel en médecins, mais aussi en raison du caractère temporaire de ces embauches. Cette situation a des conséquences particulièrement négatives sur les conditions de travail des médecins et du personnel soignant qui se trouvent dans l’incapacité d’assurer un bon niveau de soins.
 
La crise augmente la demande dans les hôpitaux
 
En 2008, les hospitalisations s’élevaient à 1,5 million ; aujourd’hui elles dépassent 2,5 millions. On estime entre 25 et 30% les Unités de soins intensifs et les Unités de soins spécialisés fermées par manque de personnel. Aux urgences, l’attente des patients atteint souvent dix heures. La crise est particulièrement aiguë dans les hôpitaux psychiatriques, mais aussi dans les soins psychiatriques du système général, qui sont pratiquement en train de disparaître.

Les soins de premier degré ne sont pas assurés partout
 
Le Réseau national de santé du premier degré (PEDY) et les Centres locaux de santé (KY) couvrent les communes et les régions et constituent l’axe principal pour les soins de santé du premier degré. Ils souffrent d’un manque criant de médecins, de personnel, de matériel médical et d’équipement diagnostique. Aujourd’hui, environ 2500 médecins travaillent dans les PEDY, alors qu’on estime qu’il en faudrait 7500 .
Dans de nombreux PEDY de province, il n’y a aucun médecin, ni même un seul médecin des caisses d’assurance de l’Agence nationale de Santé pour couvrir les besoins ! Les patients de ces centres de province sont obligés de s’adresser aux médecins privés et de payer de leur poche des sommes importantes. Les chômeurs et les personnes non assurées sans ressources s’adressent aux hôpitaux de province, où les soins médicaux sont gratuits. Dans ce cas, le rendez-vous à l’hôpital, à cause de la charge de travail et du manque effrayant de personnel médical, est fixé à 4, 6, voire 10 mois plus tard ! Le résultat en est que des milliers de malades, chômeurs ou plus généralement issus de milieux pauvres, connaissent de sérieuses difficultés à se soigner et cela accroît le nombre de décès.
 
Les soins dentaires, parent pauvre
 
Inacceptable aussi est la situation dans le domaine des soins dentaires, où, dans les Centres de santé KY et PEDY, il n’y a pas toujours de dentiste qui puisse répondre aux demandes de soins dentaires et, quand il y en a, ils ne peuvent pas toujours effectuer de travaux dentaires importants par manque de matériel, d’outils ou d’équipements. Le règlement en la matière stipule que les travaux de prothèse sont exclus de la protection dentaire aussi bien pour les assurés que pour les non assurés. Il faut signaler que les soins dentaires sont en Grèce particulièrement onéreux ; malgré la crise économique catastrophique et le taux de chômage important, les tarifs élevés des cabinets dentaires privés n’ont pas du tout baissé.
 
Les médicaments, un coût élevé
 
La loi de 2016 qui établissait la fourniture gratuite de médicaments (sans aucune participation, soi-disant) aux non assurés s’est révélée ne pas correspondre aux annonces du gouvernement Syriza. Dans à peu près 90% des cas, en plus du reste à charge, les assurés doivent verser la différence entre le prix conventionné fixé par l’EOPYY et celui établi par la pharmacie privée qui vend le médicament. Il s’agit de dépenses importantes, auxquelles ne peuvent pas faire face les chômeurs et les personnes sans ressources, et c’est l’une des raisons pour lesquelles ils s’adressent aux pharmacies solidaires.

Effrayant aussi est le nombre de médicaments que le gouvernement a exclus des ordonnances [donc non remboursés, NDT] pour servir la politique d’austérité et limiter les dépenses publiques, avec pour résultat pour des millions de Grecs des couches populaires pauvres l’impossibilité d’acheter les médicaments nécessaires à leur santé. Il s’agit d’une politique inhumaine et criminelle délibérée.
 
Par ailleurs, le gouvernement a supprimé le livret de prévoyance à plusieurs dizaines de milliers de personnes sans ressources. Auparavant, les possesseurs de ces livrets avaient le droit de recevoir les médicaments entièrement gratuitement, exclusivement à l’hôpital. Ce droit a été supprimé en même temps que les livrets de santé. Ce geste du gouvernement avait pour but de diminuer les dépenses pharmaceutiques des structures publiques de santé pour répondre à l’injonction d’obtenir des « excédents budgétaires ».

Ainsi la dépense pharmaceutique moyenne par personne est passée en Grèce de 15,7% à 26,5% du revenu. 
 
Budget pharmaceutique : en baisse

Le budget des dépenses pour la partie pharmaceutique des hôpitaux jusque fin 2018 a été diminué de 1,94 milliard, alors qu’était diminuée de 302 millions la partie examens diagnostiques et de 235 millions d’euros le paiement des frais d’hospitalisation à des cliniques privées qui ont des contrats avec le système de santé public.
 
En psychiatrie, la situation est catastrophique

Même la loi sur les médicaments psychiatriques a changé. Ils étaient distribués auparavant gratuitement et exclusivement par les structures publiques de santé mentale. Et le marché des médicaments psychiatriques a été sournoisement et légalement « rétrocédé » aux pharmacies privées, de sorte que le patient est obligé de payer de sa poche afin de diminuer les dépenses de l’Etat. Cela a été imposé par la Troïka, au service de l’appétit vorace des monopoles et du système.
 
L’écrasante majorité des hôpitaux psychiatriques publics et les cliniques psychiatriques correspondantes dans le système hospitalier public, ont pratiquement cessé de soigner de manière globale les personnes qui sont atteintes de maladies mentales. 
La plupart ont cessé de garder les patients en hospitalisation alors que leur maladie psychiatrique l’imposait. Les cas ne sont pas rares où certains hôpitaux « jettent » littéralement leurs malades mentaux à la rue. En même temps, sur ordre du ministère de la Santé, les hôpitaux refusent systématiquement la délivrance de médicaments psychiatriques aux patients non hospitalisés, en dépit des injonctions de la loi et des dispositions constitutionnelles en la matière.
 
Le Dispensaire social – Pharmacie sociale de Vyronas a dénoncé certains hôpitaux comme étant des lieux de maltraitance et souligné la responsabilité du gouvernement dans cet abandon des soins psychiatriques. 
 
Depuis le début de la crise, le financement public des programmes de santé mentale a baissé de 55%.

Il s’agit d’une politique gouvernementale antipopulaire complètement alignée sur les politiques réactionnaires de l’U.E. et verrouillée par l’objectif des fameux excédents budgétaires.

Le nombre de dépressions a été multiplié par 2,5 depuis le début de la crise et plus généralement les maladies psychiques et les suicides augmentent de manière exponentielle, si bien que la plupart des hôpitaux sont « poussés au démantèlement », c’est-à-dire à se saborder.

Le gouvernement Syriza et le ministère de la Santé ignorent complètement les besoins dramatiques croissants dans le secteur de la santé psychique.

On assiste par ailleurs à des phénomènes révoltants : dans de nombreux cas on voit se substituer à la responsabilité médicale une attitude de mépris à l’égard des besoins des patients et un abandon de la mission médicale. Comme les hôpitaux psychiatriques refusent de prescrire les médicaments et de les fournir, les malades chômeurs et non assurés se retrouvent sans ressources et dans des situations désespérées où leur santé est en jeu.

*Le système de santé de premier degré : les PEDY et KY sont des structures qui correspondent aux dispensaires, PMI, centres de vaccination, etc. qui existaient naguère en France.

L’EOPYY correspond à notre Sécurité Sociale et l’ESY au ministère de la Santé. NDT
 
  Dimitris Souliotis
Responsable du Dispensaire-Pharmacie Sociale de Vyronas
Prisonnier politique sous la dictature de 1967 à 1974

Traduction/Adaptation : Solidarité Grèce 67

Site/Blog : http://k-iatreio.blogspot.com

Source https://www.legrandsoir.info/le-service-public-de-sante-en-grece-le-financement-d-etat-diminue-encore-le-systeme-national-de-sante-en-deliquescence.html?fbclid=IwAR3piM

Les annonces d’E Macron : pas de justice sociale mais des reculs sociaux

Plutôt que de répondre à la demande de justice fiscale, Macron propose de nouveaux reculs sociaux  par Attac France

Depuis des mois s’expriment une aspiration à plus de justice sociale et fiscale, le désir d’une action déterminée des pouvoirs publics en matière de transition écologique et l’exigence de services publics de proximité adaptés aux besoins des populations. Après un « Grand débat » largement instrumentalisé, Emmanuel Macron fait comme s’il pouvait reprendre tranquillement le « cours normal » de sa politique, profondément néolibérale sur le plan économique, injuste sur le plan social et inefficace sur le plan écologique. A quoi bon avoir fait débattre des dizaines de milliers de personnes si c’est pour annoncer des mesures éloignées des aspirations du plus grand nombre ?

L’injustice fiscale n’est pas remise en cause

Alors qu’Emmanuel Macron reconnaît que ce qu’il a le plus entendu pendant les débats est « l’injustice sociale, l’injustice territoriale, l’injustice fiscale », il n’en tire pas les conséquences et n’annonce aucune remise en cause des cadeaux fiscaux faits aux plus riches. Emmanuel Macron indique clairement vouloir poursuivre « les fondamentaux de ces deux premières années », qu’il estime « justes ». Pourtant, les mesures prises depuis 2017 (notamment la suppression de l’ISF et l’instauration de la flat tax) ont surtout profité aux plus fortunés : elles vont entraîner une hausse de 6,4% du pouvoir d’achat des 1% les plus riches cette année quand les 0,1% les plus riches vont voir leurs revenus augmenter de 17,5%. « En même temps », le revenu disponible des 9% de français·es les plus pauvres baisse du fait de ces mesures [1]. Mais Emmanuel Macron n’annonce aucune décision structurante pour revenir sur cette injustice fiscale criante !

De plus, Emmanuel Macron n’annonce aucune mesure de lutte contre l’évasion fiscale, se contenant d’annoncer confier une mission à la Cour des Comptes pour évaluer les sommes qui échappent à l’impôt ! Cela ressemble à une nouvelle diversion pour éviter de prendre des mesures concrètes, alors qu’une étude récente a estimé à 118 milliards d’euros le « coût » annuel de l’évasion fiscale en France. « Si nous pouvons aller plus loin, nous le ferons » : voici une promesse bien vague.

Dans un souci de justice fiscale, il aurait été préférable d’augmenter la progressivité de l’impôt sur le revenu (en créant de nouvelles tranches pour les hauts revenus), de réduire la TVA sur les produits de première nécessité (ce qui aurait profité prioritairement aux ménages modestes), d’engager une réelle lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, ou encore de rétablir l’ISF comme le réclament plus de 77% des français [2].

Les services publics sacrifiés

Le Grand débat a clairement mis en avant une exigence de « plus de services publics et de meilleure qualité ». Emmanuel Macron prétend y répondre en annonçant un « moratoire » sur les fermetures d’écoles et d’hôpitaux d’ici la fin du quinquennat, tout en souhaitant « plus de fonctionnaires sur le terrain ». Mais, en même temps, Emmanuel Macron n’a pas annoncé remettre en cause son projet de diminuer de 60 milliards d’euros par an les dépenses publiques d’ici 2022. Très concrètement cela va se traduire par la poursuite de la dégradation de la qualité des services publics, avec plus d’élèves par classe et plus de malades à la charge d’un personnel soignant déjà au bord de la rupture. Qui peut croire qu’on aura des services publics de meilleure qualité demain avec moins de personnels ?
pour justifier cette contradiction entre baisse des dépenses publiques et amélioration des services publics il reprend la vieille rhétorique sarkorziste : faire mieux avec moins, réorganiser les administrations, simplifier, supprimer les « doublons »…

Travailler plus sans gagner plus

L’axe central des annonces d’Emmanuel Macron s’est porté sur la nécessité de « faire payer le travail » en avançant une arnaque évidente, celle de travailler plus sans gagner plus. Après la loi El Khomri sous Hollande et les ordonnances Pénicaud sous Emmanuel Macron, qui ont réduit les droits des travailleurs et affaibli un peu plus les syndicats face au patronat, le président s’apprête à donner une attaque supplémentaire à la condition salariale. Non content d’instaurer vraisemblablement un système de retraite par points qui diminuera le montant des pensions individuelles, accroîtra les inégalités, surtout celles dont sont victimes les femmes, il cherche un moyen d’augmenter la durée du travail.

Plusieurs membres du gouvernement ont lancé des ballons-sondes pour tester l’opinion. Certains parlent ouvertement de retarder l’âge légal de la retraite fixé, depuis la réforme de Hollande, à 62 ans. Emmanuel Macron rejette cette idée parce qu’elle n’est pas dans son programme présidentiel et qualifie d’hypocrites ceux qui veulent reporter l’age de la retraite tant que le chômage n’a pas diminué. « En même temps » il avoue que sa réforme des retraites aboutira au même résultat car avec son système par points on sera fortement incité à travailler plus longtemps (l’age de 64 ans a été cité) à cause d’une décote dissuasive. Ce sera la décote pour ceux et celles qui sont sans emploi, ont un travail pénible, des problèmes de santé et la surcote pour les personnes ayant un travail moins difficile et plus rémunéré. L’injustice d’un système prétendument juste !

On comprend l’inflexibilité du président Emmanuel Macron : il a tellement gratifié les riches et les entreprises de cadeaux fiscaux qu’il est contraint à pressurer un peu plus les travailleurs. Et comment faire quand les salaires sont quasiment bloqués, que la CSG augmente et que les tensions sur les prix menacent ? Il ne reste que la solution de l’accroissement de la durée du travail des salariés. Or, la France a six millions de chômeurs. Augmenter la durée du travail ne pourra qu’aggraver cette situation. Dans un contexte où la productivité du travail augmente plus vite que la croissance, seule la réduction du temps de travail permettrait de gagner sur plusieurs tableaux : réduire le chômage et les inégalités, alléger la souffrance au travail, et donner un autre sens au progrès que la course consumériste. Un vrai progrès social serait d’avoir le temps de s’occuper de ses enfants, de ses parents, avoir une vie amicale, associative, amoureuse… tout en évitant les burn out qui se multiplient ! Il est vrai que la condition sine qua non est de stopper net le ruissellement de la richesse du bas vers le haut.

Une autre proposition sur la table consiste à supprimer un jour férié dans un contexte où les conditions de travail se dégradent. Il est aisé de comprendre que cette logique, à l’image des heures supplémentaires sans cotisation, contribue au non-partage du travail et réduit ainsi les besoins d’embauches. Supprimer un jour férié rapporterait 3 milliards, soit autant que le manque à gagner lié à la transformation de l’ISF en IFI : plutôt que nous faire travailler gratuitement, ne serait-il pas plus efficace et plus juste de rétablir l’ISF ?

Enfin, la réindexation des petites retraites sur l’inflation est une bonne nouvelle pour les plus démunis mais n’est en rien un progrès social : Emmanuel Macron ne fait que revenir sur une mesure qu’il avait prise en début de quinquennat. Les retraites de plus de 2000 euros seront à nouveau indexées sur le les prix à partir de 2021, mais les retraités demandent une indexation sur les salaires pour que leur niveau de vie ne diminue pas relativement à celui des actifs.

Climat : l’urgence d’attendre et de ne pas transformer les politiques économiques

Face à la gravité de la crise écologique, c’est une grande transformation à la fois matérielle et sociétale qu’il faudrait mettre en œuvre : transformer les soubassements énergétiques et matériels de l’économie pour justement permettre à chacun de transformer ses propres comportements. Confirmant l’orientation profondément néolibérale et productiviste des orientations économiques, Emmanuel Macron repousse à plus tard toutes les mesures structurelles pour juguler cette grave crise écologique : nulle remise en cause de la primauté donnée à la compétitivité des entreprises et aux pouvoirs acquis des entreprises multinationales. Au questionnaire biaisé et orienté du grand débat en matière de transition écologique succède donc le refus de l’exécutif d’assumer la charge de la transformation sociale et écologique. L’annonce d’un conseil de défense écologique – dont il rester à déterminer s’il fera effectivement primer l’urgence écologique en toute matière – ne saurait masquer la vacuité du logiciel d’Emmanuel Macron sur le sujet : préférant se défausser sur chacun.e d’entre nous, et désormais sur les résultats d’une prochaine assemblée citoyenne, Emmanuel Macron écarte toute transformation structurelle de l’économie française. Pourtant, les modes de vie sont très largement déterminés par le cadre général des infrastructures et des orientations économiques des pouvoirs publics : quand on fait primer la compétitivité externe de l’économie française et la baisse du coût du travail sur tout le reste, il ne peut y avoir de politique écologique à la hauteur des défis écologiques auxquels nous faisons face.

La réforme de l’ENA, une mesure cosmétique face à l’immense problème des inégalités scolaires

L’annonce de la réforme de l’ENA relève d’une mesure démagogique qui ne change rien à deux problèmes de fond. D’une part, il ne prend pas en compte le problème plus général du pantouflage, c’est-à-dire le passage d’un haut fonctionnaire du public vers le privé, et des conflits d’intérêts potentiels qui gangrènent le corps des énarques. D’ailleurs parmi les conseillers proches d’Emmanuel Macron, certains ont allègrement pratiqué ce pantouflage. Emmanuel Macron ferait mieux d’annoncer un encadrement drastique du pantouflage plutôt que d’annoncer la suppression de l’ENA.

D’autre part, la France fait face à un problème global de reproduction sociale dans l’éducation. Notre système scolaire fait partie des plus inégalitaires parmi les pays riches. Le nombre d’élèves en grande difficulté a augmenté, les inégalités scolaires se sont aggravées et Emmanuel Macron ne prend strictement aucune mesure pour s’attaquer à ces inégalités. Au contraire, le projet de loi Blanquer, contre lequel se soulèvent les parents d’élèves et leurs associations, risque encore d’aggraver cette situation. Dans un contexte de ras-le-bol général face au manque de moyens pour une éducation juste et de qualité, ce projet de loi constitue une menace sur la fonction cruciale des directeurs d’école et fait porter une charge budgétaire supplémentaire sur les communes qui seront obligés de financer la scolarité des enfants des maternelles privées. Cet argent en plus pour les écoles privées, c’est autant de moyens en moins pour les écoles publiques. Quant à la réforme du lycée, la promotion d’un « lycée à la carte » ne masque pas que l’objectif prioritaire de la réforme est de faire des économies en diminuant les heures d’enseignement.

Un « nouvel acte de décentralisation »… sans remise en cause de la fragilisation des collectivités territoriales

Plusieurs décisions importantes d’Emmanuel Macron ont fragilisé les collectivités depuis 2 ans et opéré une recentralisation du pouvoir aux mains de l’État : suppression d’une rentrée fiscale très importante des communes, la taxe d’habitation, avec une compensation budgétaire aléatoire de la part de l’État ; suppression de nombreux emplois aidés, essentiels pour ces collectivités et leurs services publics ; obligation faite aux plus grandes collectivités territoriales de rendre des comptes sur leurs dépenses ; forte baisse des dépenses locales exigées par le gouvernement d’ici 2022, etc. Emmanuel Macron annonce un « nouvel acte de décentralisation »… Or, aucune de ces décisions antérieures n’est remise en cause.

Les mobilisations pour la justice sociale, fiscale et climatique doivent s’amplifier

Ces annonces ne peuvent résoudre la grave crise sociale, écologique et démocratique actuelle, pas plus qu’elles ne répondent aux revendications et demandes exprimées par les Gilets Jaunes, le mouvement pour la justice climatique, ou dans le cadre du Grand débat. En clair, elles ne répondent ni aux urgences de fins de mois, ni aux urgences de fin du monde.

Attac appelle à renforcer les mobilisations pour la justice sociale, fiscale et climatique. Nous appelons à participer aux mobilisations :

  • les 27 avril et le 1er mai aux côtés des syndicats et des gilets jaunes pour défendre le progrès social ;
  • contre le G7 environnement à Metz les 4 et 5 mai pour défendre la justice sociale et climatique ;
  • dans le cadre de la prochaine « grève mondiale pour le climat » le 24 mai ;
  • du 20 au 25 août, à la veille du G7 à Biarritz, pour une mobilisation d’ampleur pour dénoncer les ravages d’un système global qui accroit les inégalités, détruit la planète, et renforce l’injustice sociale et fiscale.

Liberté et l’indépendance de la presse

Une vingtaine de sociétés de rédacteurs et journalistes apportent leur soutien à Gaspard Glanz

Les sociétés des rédacteurs et des journalistes d’une vingtaine de médias, dont Reporterre, apportent leur soutien à Gaspard Glanz, journaliste indépendant gardé à vue pendant 48 heures avant de se voir notifier une interdiction de paraître à Paris les samedis et le 1er mai, l’empêchant d’accomplir son travail. Voici leur texte commun :

Samedi dernier, alors qu’il couvrait la manifestation des Gilets jaunes, notre confrère Gaspard Glanz a été interpellé sans ménagement et placé en garde à vue pendant quarante-huit heures. D’après les témoignages recueillis et publiés depuis, il a eu un mouvement d’humeur à destination de policiers, ces derniers refusant de l’entendre alors qu’il voulait se plaindre d’avoir été visé par un tir de grenade. Il lui est désormais interdit de paraître à Paris les samedis et le 1er-Mai, donc d’y couvrir les manifestations, jusqu’à sa comparution pour « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique » le 18 octobre, ce qui revient à lui interdire de faire son travail de journaliste.

Les sociétés de journalistes et de rédacteurs signataires, qui apportent leur plein soutien à Gaspard Glanz, empêché de couvrir les prochaines manifestations parisiennes, c’est-à-dire de travailler et d’informer, dénoncent une fois encore les conditions de travail extrêmement difficiles qui sont les leurs dans le cadre des manifestations de Gilets jaunes. Une situation particulièrement difficile pour les journalistes indépendants et les photographes, souvent en première ligne. Les journalistes, qui ne font que leur métier, ne peuvent pas tolérer de se voir régulièrement pris pour cible par les forces de l’ordre : depuis le début du mouvement, 79 journalistes ont été victimes de violences policières, selon le décompte du journaliste David Dufresne, et la nouvelle loi « anticasseurs » renforce encore l’arbitraire et met un peu plus en danger la liberté de la presse.

Les SDJ et SDR déplorent également le silence assourdissant du ministre de la Culture et de la Communication, pourtant censé soutenir la liberté et l’indépendance de la presse.

Signataires : les sociétés des journalistes, sociétés des rédacteurs et sociétés des personnels de BFMTV, Les Échos, L’Express, Le Figaro, France 2, France 24, France 3 National, Franceinfo.fr, France Inter, L’Humanité, Le JDD, Libération, Le Média, Mediapart, Le Monde, L’Obs, Télérama, Paris Match, Le Parisien-Aujourd’hui en France, Sud-Ouest, Premières Lignes, RFI, RMC, TV5 Monde, 20 Minutes ainsi que les rédactions d’Alternatives économiques, du Bondy Blog, des Jours et de Reporterre.

Source https://reporterre.net/Une-vingtaine-de-societes-de-redacteurs-et-journalistes-apportent-leur-soutien

Open Arms : autorisation de sortie mais pas de sauvetage maritime

Open Arms : le gouvernement espagnol autorise la sortie mais pas le sauvetage maritime

Notre navire, l’Open Arms, pourra quitter le port de Barcelone pour acheminer l’aide humanitaire aux îles grecques de Lesbos et Samos, mais ne pourra pas atteindre la région de Sar Libye pour poursuivre ses missions de surveillance et de sauvetage, sous peine d’une amende de 300 à 900.000 euros.

Après avoir été bloqué pendant 100 jours dans le port de Barcelone, sans raison légale apparente, le gouvernement espagnol a donné son autorisation à l’Open Arms pour naviguer ce matin.

Le départ, prévu pour le week-end, visera à livrer des couvertures, de la nourriture et du matériel humanitaire de divers types (environ 20 tonnes) aux îles grecques de Lesbos et Samos, où la situation dans les camps de réfugiés est de plus en plus dramatique et où les conditions inhumaines dans lesquelles les personnes acceptées sont contraintes de vivre exigent des interventions urgentes.

Bien que nous considérions cette mission comme urgente et indispensable, nous réitérons notre désarroi lorsque nous voyons que notre départ est soumis à l’obligation de ne pas effectuer d’étapes intermédiaires, sous peine d’une amende allant de 300 à 900.000 euros.

Ainsi, le gouvernement espagnol nous refuse la possibilité de sauver les centaines de personnes qui, aujourd’hui plus que jamais, fuient la violence et la guerre en Libye.

Nous ne pensons pas qu’il soit acceptable que nous soyons contraints de négocier sur la vie des femmes, des hommes et des enfants, c’est pourquoi nous appelons à nouveau tous les gouvernements européens à trouver dès que possible des solutions structurées qui permettront aux navires des organisations non gouvernementales de retourner au travail, coordonnées et assistées par les institutions démocratiques que ces pays représentent.

Pour notre part, nous continuerons à faire ce que nous avons toujours fait, à savoir respecter les conventions internationales et le droit de la mer.

Qui composent Open Arms

POA, est une organisation non gouvernementale qui lutte pour les droits humains en mer. Elle a commencé ses missions de sauvetage en septembre 2015 à Lesbos (Grèce), où elle a sauvé un millier de personnes en mer Égée. A l’hiver 2016, elle a étendu ses missions en Méditerranée centrale, où elle a sauvé en 4 mois 15.000 vies à bord du voilier Astral. Depuis le début de ses missions en Méditerranée centrale, elle a sauvé 26.500 personnes, dont 5.000 à bord du navire Open Arms. Tout cela grâce aux dons de la société civile.

Source Proactiva Open Arms  Cet article est aussi disponible en: Espagnol, Italien

Le coût de la dette française diminue : est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

19 avril par Anouk Renaud CADTM Belgique

Depuis 2011, le coût [1] de la dette française ne fait que diminuer. Cette réduction est le résultat de la baisse des taux d’intérêt auxquels emprunte la France. À l’heure actuelle, ces taux s’avèrent même négatifs pour certaines obligations de moins de 5 ans. Si bien qu’on estime que l’État français paie plus ou moins en moyenne 2% d’intérêts annuellement (1,7% en 2018) et que la tendance devrait continuer à la baisse, selon la Banque de France.

Source : Libération, Banque de France.
Intérêt de la dette publique française sur le PIB, en %
Source : Alternatives Économiques, Ameco.

Une bonne nouvelle donc pour de nombreux analystes, soulagés de constater que la dette publique française ne serait ainsi plus un problème voire même une aubaine [2].

1) 2% du PIB d’intérêts, c’est déjà trop

À y regarder de plus près 2% du PIB d’intérêts payés, c’est tout de même la modique somme d’environ 40 milliards d’euros qui vont chaque année dans les poches des créanciers. Une somme d’argent qui pourrait être investie ailleurs en améliorant par exemple l’état des services publics déliquescents, comme l’éducation, la santé, la culture…

Ceci étant dit, au-delà de leurs montants c’est surtout le mécanisme même de transfert de richesses que les intérêts génèrent qui est problématique. En effet, lorsqu’un État paie les intérêts de sa dette, il utilise l’argent du contribuable pour rémunérer les détenteurs de capitaux, qui lui en ont prêté et qui s’enrichissent grâce à celle-ci.

D’autant que si l’État français est amené à s’endetter ces dernières années (ou plutôt décennies), c’est en grande partie pour combler une baisse d’imposition des plus aisés (particuliers comme entreprises), comme l’a rappelé en juillet 2016 le rapport d’une mission d’évaluation et de contrôle sur la gestion et la transparence de la dette publique menée dans le cadre de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale [3]. Selon son rapport, l’État français a renoncé à 83 milliards d’euros de recettes fiscales en 2016 soit « plus que le déficit budgétaire à financer et près du double de la charge de la dette [4] ». En somme, avec nos impôts et via le remboursement de la dette publique, nous contribuons à enrichir les actionnaires d’entreprises financières, qui eux échappent à l’impôt, légalement ou illégalement à travers des paradis fiscaux, contraignant l’État à s’endetter toujours plus.

2) La charge d’une dette, c’est les intérêts plus le capital à rembourser

La plupart des analyses concernant la charge de la dette publique française se limite à considérer uniquement le coût des intérêts. Or, pour avoir une vision plus exhaustive de combien nous coûte cette dette, il est utile de prendre également en compte le remboursement du capital. Cette non prise en compte est justifiée par le fait que l’État fait « rouler sa dette ». Autrement dit, qu’il rembourse le capital venant à échéance en contractant de nouveaux emprunts. L’État rembourse aux créanciers des sommes colossales en leur réempruntant les mêmes sommes avec en sus des intérêts à payer. Et ainsi de suite. Faire comme si ce mécanisme était insignifiant est problématique. Aujourd’hui plus de 65 % des emprunts publics sont utilisés pour rembourser le capital et payer les intérêts [5]. Une dette qui ne semble plus donc servir qu’à elle-même et à en enrichir certain•e•s.

3) On ne sait pas à qui on rembourse la dette

Derrière la question du coût de la dette publique, se cache (sic) celle de l’identité des créanciers. Qu’ils soient élevés ou non, nous ne savons toujours pas à qui nous payons chaque année les intérêts de la dette. Outre la difficulté technique d’identifier les créanciers du pays dans un contexte de marchés très volatiles, le principal obstacle demeure juridique et donc politique. En effet, l’ordonnance n°2014-863 du 31 juillet 2014 relative au droit des sociétés exclut les obligations d’État de la possibilité de connaître à tout moment l’identité des détenteurs des obligations, et ce en raison d’une volonté de maintenir le caractère concurrentiel du marché de la dette française [6].

Et le rapport de la Commission des finances de l’Assemblée nationale d’en conclure : « la charge de la dette est payée par les impôts, il est légitime que les Français et leurs représentants sachent à qui sont versés chaque année plus de 40 milliards d’euros » [7].

4) La baisse des taux ne doit pas cacher la dépendance structurelle des États aux marchés

Cette baisse des taux demeure conjoncturelle et ne va pas durer éternellement. Tôt ou tard, notamment quand la BCE mettra fin à sa politique de quantitative easing, les taux repartiront à la hausse. Et ne serait-ce qu’1% d’intérêt en plus, le surplus se chiffrera tout de suite en milliards supplémentaires à payer par le contribuable. Cette incertitude et la crainte d’une charge qui augmente de nouveau traduisent en réalité la dépendance structurelle des États aux marchés financiers pour ce qui est (entre autres) de leur financement. Une dépendance bien entendu organisée au fil des décisions politiques prises à la fois aux niveaux européen et national [8]. Dit autrement, se réjouir d’une embellie quant à la baisse des taux revient à omettre que ce sont les marchés qui font la pluie et le beau temps. Un pouvoir colossal, qui place les États dans une dépendance à la fois financière mais aussi politique vis-à-vis de ces marchés. C’est ce que montre très bien le sociologue B. Lemoine : « les marchés financiers fixent les conditions du financement public. Non seulement le taux d’intérêt mais également quelle politique macroéconomique doit être suivie pour recueillir leur assentiment » [9].

5) Le problème de l’endettement public ne se limite pas au coût financier de la dette

Apprécier le caractère problématique ou non d’une dette, à l’aune uniquement de son coût, amène à confisquer et dépolitiser le débat autour de l’endettement public. Circonscrite à des enjeux techniques et financiers, on nous fait croire (et on le croit nous-mêmes) qu’il faut être expert•e ou économiste pour comprendre quelque chose à la dette et donc émettre un avis dessus. Or, les enjeux techniques et financiers sont précisément des enjeux politiques, sur lesquels nous avons toutes et tous voix au chapitre. De plus, cantonner le débat à la sphère technique, à la question du coût ou de la soutenabilité de la dette, c’est-à-dire de savoir si la dette française est payable, empêche d’interroger sa légitimité, c’est-à-dire de savoir si elle doit être vraiment payée. Les interrogations, telles que « pourquoi l’État s’est endetté ? Quelles ont été les conditions et modalités d’emprunts ? Qui détient la dette ? » ces questions ne restent que trop peu souvent posées sur les plateaux télévisés et dans les colonnes des journaux, évinçant avec elles, celle des responsabilités.

Et cela sans compter que les coûts d’une dette ne se limitent déjà pas à son seul coût financier. Ne serait-ce qu’à considérer le coût écologique colossal généré par ces politiques d’endettement (cf. point 7°). Des coûts cachés et des questions qu’un audit citoyen pourrait mettre en lumière pour tenter d’y trouver des réponses.

6) Quel que soit son coût, la dette justifie l’austérité

Affirmer que la dette ne serait plus un problème c’est oublier aussi l’usage politique qui en est fait, à savoir son utilisation comme moyen ou prétexte pour mettre en place des politiques d’austérité. Le procédé est désormais bien rodé (mais toujours aussi efficace) : invoquer le niveau (insoutenable) de la dette publique française pour ensuite annoncer, justifier et légitimer des réformes et des coupes budgétaires. Malheureusement, ces dernières décennies, la politique gouvernementale française nous en offre chaque jour des exemples supplémentaires. L’emploi de la dette comme moyen de chantage à l’austérité était d’une limpidité rare dans le cas de la SNCF et de la volonté du gouvernement de réformer l’entreprise l’année dernière en échange d’une reprise de dette. E. Macron déclarait en effet : « Parlons-nous franchement : si on reprend la dette, quel nouveau pacte social la SNCF est-elle prête à avoir ? (…) Nous demandons à la SNCF d’aller plus loin sur les réformes, le statut, la mobilité, le régime de retraite [10] ». Rebelote, avec les réformes du régime de l’assurance chômage et celui des retraites. Pour la première, il s’agit de faire des économies en modifiant les règles de l’assurance chômage, c’est-à-dire en restreignant les droits au chômage pour désendetter l’Unédic [11]. Le crédo du gouvernement français (et de ses prédécesseurs) reste la baisse des dépenses publiques pour diminuer l’endettement et le déficit publics, et cela en dépit d’une charge de la dette en diminution ces dernières années.

Là est donc un des dangers les plus préoccupants de la dette publique : la contrainte qu’elle induit. Une influence politique exploitée à des fins de neutralisation de toutes alternatives politiques à la doxa néolibérale.

7) Le remboursement d’une dette implique forcément de la croissance, suicidaire d’un point de vue écologique

Selon la logique économique qui nous est présentée, pour contenir le niveau d’endettement public, il faut que les taux d’intérêt soient inférieurs aux taux de croissance. Cela évite ainsi de provoquer ce qu’on appelle « un effet boule de neige ». Si ce n’est pas le cas, des excédents budgétaires primaires doivent être dégagés ou alors de nouveaux emprunts doivent être contractés pour payer les anciens. Cela signifie que pour la France il faudrait un taux de croissance de plus de 2%. La soutenabilité de la dette repose par conséquent sur une exigence de croissance. En fait, c’est le mécanisme d’endettement même qui repose sur cette nécessité. Même si les niveaux de croissance élevés appelés de leurs vœux par beaucoup venaient à revenir, elle n’en demeurerait pas moins catastrophique. Outre le fait qu’elle ne profite qu’à une minorité de privilégié•e•s, la croissance repose notamment sur l’exploitation des femmes, des hommes et de la nature (et le pillage de ces « ressources » bon marché dans les pays du Sud pour le cas français). Si le capitalisme a démontré son pouvoir de résilience et d’expansion à de multiples reprises, l’enjeu et les limites écologiques pourraient bien changer la donne.

Conclusion :

Bien entendu, le niveau d’endettement d’un pays et le poids du service de sa dette restent un enjeu très important pour ne pas dire crucial, car en découlent ses marges de manœuvre en termes de politiques budgétaires. Pour autant, le niveau d’endettement ne doit pas être le critère utilisé pour déterminer si une dette est un problème ou non. Une dette publique, aussi minime et peu onéreuse soit-elle, peut s’avérer tout à fait illégitime.

Bref, qu’un État s’endette n’est pas un problème en soi. Par contre, comment il le fait, qui en profite, pour financer quoi, quelles politiques publiques en découlent… peut le devenir. Plutôt que de se féliciter de rembourser de moins en moins, il serait grand temps de déterminer via un audit citoyen, si tout simplement nous devons rembourser cette dette publique quels qu’en soient son montant et son coût financier [12].

Relecture : Marie-Claude Carrel
Tribune publiée sur le site de Politis

Notes

[1Généralement lorsque l’on parle de « coût » ou de « charge » de la dette publique, il est fait référence au seul paiement des intérêts, sans prendre en compte le remboursement du capital. Voir point 2°

[2Voir notamment cet article du journal Libération qui illustre bien cette position, bien qu’il soit loin d’être le seul : Savinien de Rivet, « La charge de la dette une ardoise qui pèse de moins en moins », Libération, janvier 2019. Accessible à : https://www.liberation.fr/france/2019/01/11/la-charge-de-la-dette-une-ardoise-qui-pese-de-moins-en-moins_1698530

[3Mission d’évaluation et de contrôle sur la gestion et la transparence de la dette publique », Commission des finances, Assemblée Nationale, 6 juillet 2016. Accessible à : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i3936.asp

[4Page 25 du rapport, cité par Nicolas H, « France : la commission des finances dénonce une gestion opaque de la dette au seul profit des acteurs financiers », CADTM, janvier 2018. Accessible à : http://www.cadtm.org/France-La-commission-des-finances

[5Page 23 du rapport, Ibid.

[6Pages 107 et 109 du rapport, Ibid.

[7Page 102 du rapport, Ibid.

[8Voir à ce sujet les travaux de B. Lemoine.

[9Benjamin LEMOINE, L’ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché, Éditions La Découverte, Paris, 2016, p.8.

[10Eric Béziat, « Les projets radicaux d’Emmanuel Macron pour « réinventer » la SNCF », Le Monde, septembre 2017. Accessible à : https://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2017/09/06/les-projets-radicaux-d-emmanuel-macron-pour-reinventer-la-sncf_5181512_1656968.html

[11À propos de la dette de l’Unédic, voir le rapport d’audit du GACDAC, avril 2018. Accessible à : http://www.cadtm.org/Verite-et-transparence-pour-la-dette-de-l-Assurance-chomage-plutot-que

[12Pour en savoir plus sur un audit citoyen de la dette publique française, voir le rapport de 2014 du CAC, Collectif pour un audit citoyen :
https://www.audit-citoyen.org/2014/05/27/que-faire-de-la-dette-un-audit-de-la-dette-publique-de-la-france/

Source http://www.cadtm.org/Le-cout-de-la-dette-francaise-diminue-est-ce-vraiment-une-bonne-nouvelle

Rappel Projection débat film Her job de Nikos Labôt le 25 avril au Club

En présence de Marisha Triantafyllidou .

Synopsis : Athènes, de nos jours, Panayiota, est une femme au foyer, complètement dévouée à son mari et à leurs deux enfants. Elle est peu allée à l’école, ne sait pas lire, a quitté la demeure familiale pour le domicile conjugal, passant d’une domination à une autre. Crise oblige Panayiota, pour la première fois de sa vie, doit travailler ailleurs qu’à la maison et se risquer ainsi à l’autorité et la subordination, mais aussi l’amitié, la lutte et le goût de la liberté.

Cliquer sur l’image

Les places sont en vente sur le site du club https://vad-grenoble-club.cotecine.fr/reserver/

L’acte XXII à Toulouse asphyxié

De partout des gilets jaunes ont convergé vers Toulouse pour l’acte XXII le samedi 13 avril. Beaucoup de monde était au rendez-vous à ce rendez-vous national mais il est difficile de savoir exactement combien tellement les différents cortèges ont été divisés et gazés du début à la fin de la journée. Nous étions quand même sûrement entre six et dix mille manifestant·e·s, mais surtout extrêmement motivé·e·s malgré la violence policière incessante. En effet nous n’étions pas les seuls motivés : la police était aussi là en nombre et bien décidée à empêcher toute contestation, toute expression. Alors que Macron veut nous faire de belles annonces la moindre manifestation est maintenant sauvagement réprimée. Ainsi même le Syndicat National des Journalistes a publié un communiqué sur le droit de manifester « piétiné » à Toulouse :

La plus élémentaire des libertés que se doit de garantir toute démocratie digne de ce nom est bien celle de pouvoir manifester. Or hier à Toulouse, les deux manifestations prévues, dont une au moins déclarée en bonne et due forme en préfecture, n’ont pu se dérouler normalement, tout simplement !

Dès 12h30, une première attaque massive et violente des forces de l’ordre a ainsi interdit tout début de formation de cortège des Gilets Jaunes, qui avaient choisi Toulouse comme point de ralliement national. Et moins d’une heure plus tard, c’est la manifestation appelée par plusieurs organisations nationales (LDH, FSU, CGT, Solidaires…) qui a de la même façon été tuée dans l’oeuf, alors même que ce second cortège avait pour mot d’ordre la défense de la liberté de manifester… [1]

Au vu du silence médiatique et à l’autoritarisme qui s’installe tranquillement, il semble important de témoigner de cette manifestation. Les multiples cortèges font que notre déambulation et son récit sont très partiels, espérons que cela soit complété par d’autres.

A notre arrivée à 13h30 au point de rendez-vous les lacrymos ont déjà commencé à pleuvoir depuis 1h sur les personnes à l’heure au premier rendez-vous. Au moins deux cortèges sont nassés plus loin. On entend les grenades exploser et on voit les nuages de gaz mais impossible de rejoindre nos compagnon·ne·s. Plusieurs cortèges de centaines de personnes tentent des parcours improvisés et détournés par des petites rues du centre pour rejoindre les enfermé·e·es dans le dispositif policier. Mais à chaque détour la BAC ou une brigade de CRS finit par bloquer et gazer sans ménagement. L’ambiance est étonnante, malgré la violence policière constante il n’y a pas ou peu de réponse de notre côté, les cortèges finissent disloqués puis tout le monde retourne au point de rendez-vous initial en groupes plus ou moins gros. Retour au point de départ donc. Les blindés sont également arrivés, des GJ en fauteuil leur font face.

Moment de flottement, où aller, que faire ? Lorsque des camions de gendarmes mobiles tentent de traverser la foule agglutinée au point de rendez-vous ils se font bien sûr un peu bloquer, ils manquent alors d’écraser quelqu’un et finissent par gazer sur la seule place relativement tranquille aux alentours. Cela aura au moins le mérite de provoquer un mouvement massif et enfin un cortège large dans les rues commerçantes. Un autre cortège nous rejoint également et à ce moment nous sommes des milliers à chanter et crier pendant au moins une heure et demie. Au classique « Emmanuel Macron, ho tête de con, on vient te chercher chez toi » s’ajoute des « ha, anti, anticapitalistes » ou le nouveau tube GJ : « On est là, on est là ! Même si Macron ne le veut pas, nous on est là ! Pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur ! Même si Macron ne le veut pas, nous on est là ! » La batucada résonne, un open mic s’agite, des guitares mettent l’ambiance … mais nous sommes coincés d’un bout à l’autre de la rue.

La manifestation fini par se remettre en route, direction le point de départ, seule route accessible, il est déjà près de 17h. Quelques tags commencent à apparaître. Il s’agira du seul moment où les personnes ont pu s’exprimer tranquillement puisque dès que la manifestation s’élance sur un boulevard, elle est chargée avec gaz, canon à eau et grenades de désencerclement. Divisés, un cortège est repoussé vers le canal, alors qu’une grande partie des personnes crient « Pas vers le canal ! ». On déambule sans trop savoir où aller, une ou deux vitrines tombent (une agence de crédit et une d’immobilier) et les flics multiplient les charges avec de moins en moins de monde. Retour au point de départ.

La place a visiblement été massivement gazée elle aussi, des palets sont même en train d’enfumer l’hôtel de luxe voisin. Les personnes qui se rejoignent et étaient sur place tentent donc de partir à nouveau en cortège. Les pubs tombent et des tags fleurissent, rivalisant d’imagination : « Gilet au bout de mes rêves »… Mais au bout du boulevard, c’est un piège géant qui nous attend. Les flics bouchent toutes les issues et gazent la place à ne plus y voir. Impossible de sortir et les flics nous repoussent dans les gaz, impassibles ils resserrent la nasse et nous poussent malgré les personnes en détresse. Ils vident les cages d’escalier où les personnes s’abritent pour que tout le monde subissent au maximum. Le canon à eau tire sur les gens qui s’approchent des flics ou qui s’abritent un peu. Les palets recouvrent littéralement le sol. Une issue est forcée par un mouvement massif et le canon à eau tire dans le dos des gens qui se sauvent. Il finira par être bloqué avec une roue dans une bouche d’égout en traversant le terre plein. Petite victoire face au déchaînement de violence que nous avons subi. Il ne s’agissait pas de protéger quelque bien matériel que ce soit mais juste de punir le plus violemment possible les personnes qui osent continuer à manifester. Un flic le dit d’ailleurs en nous repoussant dans les gaz : « Vous n’aviez qu’à partir avant ».


Les gens retrouvent de l’air et on arrive à se sauver avant qu’une nouvelle nasse ne se referme. Nous entendons parler d’un cortège qui s’est fait coincer sous un pont et asphyxier avec les gaz dans un milieu semi-fermé. La BAC tirait d’en haut en rigolant… Les récits se multiplient mais tous ont en commun gaz et violence policière. Les nouvelles arrivent : il y a déjà au moins 20 arrestations, la justice va continuer le sale travail de la police. [2] Il y aurait au moins deux blessé·e·s graves. Retour au point de départ, lui aussi, ça devient tristement habituel, sous les gaz.

Plus tard dans la soirée ce sera même la place du Capitole qui finira sous les gaz, à croire que les flics se croient dans un mauvais jeu vidéo avec munitions illimitées. Malgré tout, les manifestant·e·s qui avaient la possibilité physique de rester sont revenu·e·s sans cesse et ont maintenu l’ambiance. Notre détermination reste forte et c’est bien notre puissance face à leurs armes.


Notes

[2Au total il y aura plus de 40 interpellations et les premières personnes accusées d’avoir dissimulé leur visage grâce à la nouvelle loi anti-casseur. Pourtant, sans se protéger des gaz avec au minimum une écharpe, manifester ce samedi était extrêmement risqué.

Source https://labogue.info/spip.php?article443

Grèce: bateau de migrants refoulé en Turquie

Un bateau transportant 35 voyageurs migrants en détresse dans les eaux grecques a été refoulé en Turquie

Aux premières heures du 11 avril,  Alarm Phone a été contacté par un bateau avec 35 personnes à son bord qui avaient fui la Syrie, l’Irak, la Palestine et la Somalie et se trouvaient en détresse en mer. Le groupe comprenait dix enfants, y compris des nourrissons, et cinq femmes, ainsi que des personnes gravement blessées par la guerre. Notre équipe a rapidement alerté les garde-côtes grecs de la situation, à 4 h 57, heure locale, alors que le bateau se trouvait clairement dans les eaux territoriales grecques (près de l’île Agathonisi). Bien que nous ayons par la suite reçu plusieurs autres coordonnées GPS des passagers, que nous avons transmises aux garde-côtes grecs, les autorités grecques nous ont informés que le bateau avait été «retrouvé» dans les eaux turques.

Toutefois, selon les positions GPS et les témoignages directs des migrants, leur bateau était entré dans les eaux territoriales grecques.

Les garde-côtes grecs ont été les premiers présents sur le site du bateau en détresse et ont donc été obligés d’intervenir et de mener une opération de sauvetage. Cependant, comme l’ont indiqué les migrants à bord, les autorités grecques les ont dupés en leur demandant de suivre le navire des garde-côtes grecs « vers la Grèce », alors qu’il se dirigeait effectivement vers la Turquie. Quand ils ont compris ce qui se passait, ils ont cherché à faire demi-tour et à se diriger à nouveau vers la Grèce. À ce moment-là, ils avaient atteint les eaux turques et les garde-côtes grecs les ont empêchés de s’échapper tout en laissant le soin aux gardes-côtes turcs d’approcher pour mener une opération de «sauvetage». Les demandes d’aide et de sauvetage des réfugiés n’ont pas été entendues par les garde-côtes grecs.

Lorsque notre équipe  Alarm Phone s’est renseignée sur ces mesures, les garde-côtes grecs ont tenté de nous convaincre par un coup de téléphone qu’ils avaient en fait trouvé le bateau migrant à l’endroit où il avait été récupéré. Ils nous ont demandé de clore l’affaire car une opération de sauvetage avait été menée avec succès par les garde-côtes turcs. Nous n’avons pas tenu compte de leur demande, car nous ne réglons généralement les cas de détresse qu’après confirmation définitive par les  migrants eux-mêmes. Dans leur témoignage, les migrants ont confirmé ce que la position GPS transmise avait déjà indiqué: les garde-côtes grecs avaient refusé une opération de sauvetage et renvoyé le bateau dans un lieu situé dans les eaux turques. Après cette tentative contrariée de fuir la Turquie, où ils craignent un refoulement dans leur pays d’origine et la guerre, ils tenteront probablement encore une fois d’atteindre la Grèce par la mer, ce qui signifie que, pour assurer leur sécurité, ils devront risquer  leur vie encore une fois. En 2019, déjà 14 personnes sont mortes aux frontières turco-grecques lors d’une telle tentative.
….

The Alarm Phone dénonce avec force ces mesures illégitimes prises par les garde-côtes grecs qui ont trompé des personnes en détresse extrême en mer pour les ramener dans un endroit où elles ne pouvaient pas trouver de protection.

https://alarmphone.org/en/2019/04/15/refoulment-alarm-phone-migrants-distress-greece-turkey/

 

CR réunion du collectif du 15 avril 2019

Réunion du collectif « Citoyens de Grenoble contre l’austérité en Grèce et en Europe » du 15/04/2019

Présents : Christine, Georges, Béatrice, Max

Excusées : Lucienne, Liliane

Présence du collectif lors de la soirée Attac du 18/4/2019 sur l’Europe malade du libéralisme

– présentation du collectif
– vente de produits et information sur VIOME

Diffusion du film Her Job au cinéma Le Club jeudi 25 avril 2019 à 20h15

– présence de l’actrice principale du film : Marisha Triantafyllidou
– Christine voit avec le Club les détails pratiques (interprète, accueil …)
– affiches et tracts N&B et couleurs ont été faits
– distribution à la soirée Attac du 18/4 et dépôts dans plusieurs lieux
– envoi aux divers partenaires (associations, syndicats, partis) + cours de Grec + sites (Tamis, Ici Grenoble, Les Antennes, Infogrèce)
– 19h buffet ou chacun apporte à manger et/ou à boire (rendez-vous à 18h30 pour la mise en place)

Festival des solidarités A ce jour n’ayant pas de projet à proposer pour le prochain festival, le collectif n’envisage pas d’y participer mais fixe une réunion en juin au cas où une opportunité se présenterait.

Retour sur SOS Méditerranée : Christine a assisté en Lozère à une soirée organisée par RESF et SOS Méditerranée. Le débat était précédé d’un diaporama sur les migrations de population et sur l’origine des sauvetages en mer méditerranée et d’un film qui présentait les 10 premiers jours en mer de l’Aquarius. Le collectif va contacter SOS Méditerranée pour savoir si une tournée est en cours et dans ce cas proposerait un partenariat local ( SOS Méditerranée, CIIP, APARDAP, …) pour organiser une soirée à Grenoble.

Pour info les intervenants étaient invités le lendemain dans 2 collèges.

Prochaine réunion du collectif

Lundi 17 juin 2019 de 17h à 19h salle 209 de la Maison des associations de Grenoble (salle réservée au nom d’Attac)

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