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Déclaration commune des street-médics allemands

Déclaration commune des street-médics allemands adressée aux street-médics français dans le cadre des manifestations des Gilets jaunes
(Crédit image : JohanPX)

Dans notre pays voisin, la France, les protestations très vives des gilets jaunes, des syndicats et de multiples mouvements sociaux se poursuivent. Les unités de police interviennent avec une extrême violence contre les manifestants. L’utilisation disproportionnée des gaz lacrymogènes provoque massivement des séquelles pour la santé des participants ou même pour les spectateurs non impliqués. Le nombre des blessés graves et des mutilés à vie par les tirs de LBD, les grenades de désencerclement et le gaz toxiques se chiffre par centaines. C’est du jamais-vu dans l’Europe de ces dernières décennies. Une dame de plus de 80 ans a été tué par un flashball « perdu », alors qu’elle se trouvait chez elle.

Dans cette situation, les street-médics, bénévoles, interviennent partout en France en urgence et sur place. Depuis six mois, semaine après semaine, ils tentent d’atténuer la souffrance et les séquelles éventuelles, sauvent des vies, sont refuge pour des gens paniqués. Eux-mêmes sont souvent exposés aux risques de mutilations, de menaces et d’attaques violentes.

Depuis le mois de mars, le gouvernement français « chasse » de façon ciblée les soignants, les médecins et d’autres aidants. En tant que « colonne vertébrale importante du mouvement », on cherche à les mettre « hors circuit ». C’est ainsi, que le 7 avril à Bordeaux et dans d’autres villes, la police a tenté d’empêcher au personnel médical d’accéder aux manifestations. Leurs équipements, vêtements de protection inclus, ont été réquisitionnés. Un nombre non négligeable de street-médics a été arrêté. Deux parmi eux ont dû se faire soigner à l’hôpital après une garde grande à vue.

Le fait qu’un état s’en prenne prioritairement à des personnels soignants ne se produit même pas dans la plupart des régions en guerre de cette planète et est en contradiction totale avec toutes les règles, conventions et valeurs d’humanité.

Nous nous joignions au sentiment d’indignation provoqué par l’attitude du gouvernement français et de son appareil d’état. Nous déclarons notre respect et notre reconnaissance particulière pour le travail des street-médics en France. Nous nous joignions à la solidarité avec les street-médics d’une large part de l’opinion publique française. Nous avons une pensée particulière pour tous les employés du système de santé. La violation des droits de l’homme par l’état français a été critiquée et condamné par la « Ligue des droits de l’Homme », par la plupart des organisations se battant pour le respect des droits de l’Homme ainsi que par les commissariats aux droits de l’Homme de l’ONU et de l’EU. Nous soutenons cette critique et cette condamnation !

Lors de la prise de la présidence du conseil de sécurité de l’ONU, le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas déclarait : « Les hôpitaux, les médecins, les soignants deviennent de plus en plus souvent une cible. […] Cette tendance au décloisonnement total des conflits militaires doit être stoppée. Autrement nous glissons vers une nouvelle forme de barbarie. » (Zeit.de 01.04.2019)

Si un tel « glissement vers une nouvelle barbarie » de déroule ou se profile à horizon en plein milieu de l’Europe, dans notre pays voisin, la France, nous attendons que les politiques et la presse en Allemagne ne ferment pas totalement les yeux devant une « telle tendance au décloisonnement des conflits ».

MISE EN GARDE face à des street-médics d’extrême-droite venant d’Allemagne !

Nous avons remarqué, que certains médics de la mouvance populiste de l’AFD et du mouvement identitaire allemand proposent dans le cadre du mouvement des « gilets jaunes » leur aide de façon couverte ou ciblée.

Nous ne pouvons que formellement déconseiller de coopérer et vous mettre en garde contre ces personnes. Ils ne partagent pas les règles et valeurs de notre travail, comme le secret médical vis-à-vis de l’administration. Ils abusent de la bonne réputation des street-médics pour influencer le mouvement de solidarité et de protestation en Allemagne. Ils utilisent leur engagement pour se mettre en scène et pour favoriser leur propagande et les organisations d’extrême-droite qui se tiennent derrière eux.

Nous conseillons fortement aux éventuels donateurs de s’informer précisément en amont à qui ils confient leur argent.

Premiers signataires :
– Autonome Sanitätsinitiative Dresden (Dresde)
– Demonstrations Sanitäter/innen – Sanitätsgruppe Oberpfalz (Ratisbonne)
– Demosanitäter – Sanitätsgruppe Süd-West e.V. (Stuttgart)
– Demosanitäter Westfalen (Ahlen)
– K. Freisen – secouriste de Bonn (Bonn)
– Left-Wing Demonstration Medics (Berlin)
– Medizinischer Einsatztrupp – Demosanitäter (Düsseldorf)
– Riot Medics Berlin (Berlin)
– Vienna Street Medics (Vienne)

D’autres groupes en Allemagne et au-delà sont invités à rejoindre notre déclaration et à la publier également !

Ils seront ensuite répertoriés en tant que supporters supplémentaires entre autre sur https://demosanitaeter.com/declaration-fr/

Grèce Le surendettement lié à la crise

Le surendettement lié à la crise – Profil type de l’emprunteur : employé, actif, avec un prêt pour une résidence principale

La Confédération Syndicale du Privé GSEE, avec l’Union des Consommateurs et Travailleurs de Grèce EEKE vient de publier une enquête révélatrice sur la gestion du surendettement des personnes physiques fondée sur les dizaines d’affaires défendues par le pouvoir judiciaire au cours des années de crise, s’appuyant sur des données de consommateur-débiteur instruites par E.E.K.E. en vue de régler leurs dettes au cours de la période 2009-2019.

Pour l’exportation de résultats statistiques, seules les données des débiteurs introduites par le dépôt d’une demande d’affiliation aux dispositions légales de la loi 3869/2010 (loi Katseli) ont été utilisées.
Le total des dettes d’emprunts non productifs des débiteurs qui ont demandé à bénéficier de la loi avec le soutien de l’EEKE. s’élève à 62 000 000 €.

Le profil type de l’emprunteur surendetté en ces temps de crise est un employé, en âge de travailler, qui dispose d’un prêt immobilier pour acquérir sa résidence principale, incapable de faire face à ses obligations et qui a fini par être incapable de rembourser ce prêt.

Un emprunteur sur trois a reçu des prêts d’un montant maximal de 50 000 € et un sur quatre, de 100 000 €.

Un exemple emblématique de l’irresponsabilité de la gestion du risque de crédit par les banques, une banque a accordé à la même personne 9 prêts au logement et à une autre personne, 11 autres prêts professionnels.

Voici les points clés de l’étude :

1. Le profil des Emprunteurs de Prêts non productifs :
La plus grande proportion des débiteurs ayant connu des problèmes de remboursement de prêt sont en âge de travailler économiquement (61,72% ont entre 40 et 59 ans).
Dans la plupart des cas, les débiteurs ayant des problèmes de surendettement ont un emploi 38,36%, sont des chômeurs 35,84% et des retraités 17,38%, ce qui témoigne de la détresse économique causée par les réductions successives des salaires et des retraites.
71,20% des débiteurs sont propriétaires d’une résidence principale sans aucun actif supplémentaire. Seulement 15,92% des débiteurs ont des actifs autres que la résidence principale, le plus souvent des parcelles.
73,85% des emprunteurs sont des propriétaires dont la valeur objective n’excède pas 100 000 €. Seuls 2,49% des débiteurs ont une résidence principale supérieure à 250 000 euros.
Le revenu annuel moyen des débiteurs en 2008, au début de la crise et lorsque les effets n’étaient pas encore particulièrement ressentis, était de 28 418 €. En 2017, le revenu annuel moyen le plus faible est de 7 956 €, soit une diminution de 20 462 € sur 10 ans. Compte tenu de ce qui précède, on peut parler de « pauvreté » de la population du pays.

2. Description des Prêts non productifs :
En ce qui concerne le montant de leur dette, 35,6% des emprunteurs ont reçu des emprunts allant jusqu’à 50 000 €, contre 24,33% à 100 000 €, ce qui indique que les emprunteurs n’ont pas bénéficié d’emprunts excessifs visant des conditions de vie luxueuses.

En étudiant les produits de prêt, les prêts privilégiés ont été accordés à 62% des emprunteurs, suivis du consommateur avec un taux nettement inférieur de 24,98%. En fin de compte, les emprunteurs souhaitaient faciliter leur vie quotidienne et la sécurité élémentaire de leur famille.

En examinant la tactique des banques, il est conclu que la moitié des prêts ont été accordés par deux établissements de crédit seulement. Par exemple, un établissement de crédit a consenti 9 prêts au logement au même consommateur et à une autre personne, 11 prêts professionnels, ce qui soulève des doutes quant à la gestion responsable du risque de crédit par les banques.

3. Corrélation des prêts et des emprunteurs :
35,07% des débiteurs sont des emprunteurs qui, au moment de saisir la Cour, étaient au chômage, incapables de trouver du travail, avec une dette totale de 21 637 406,95 €, suivis des employés du secteur privé (27,38%) avec une dette de 16 890 776,16 €.

Ce sont des prêts professionnels et des prêts aux entreprises d’un montant total de 86 297,29 EUR qu’ont touché la majorité d’entre eux – au moment de la demande – sans emploi.

La valeur moyenne des cartes de crédit détenues par les emprunteurs s’élève à 3 608 euros, les prêts à la consommation reçus à 14 704 euros et les emprunts hypothécaires à 62 404 euros.

Le montant le plus important de prêts (65,12%), d’une valeur totale de 40 178 402,60 €, a été mis à la disposition des emprunteurs mariés.

4. Le processus judiciaire des réclamations :
Le délai d’attente des débiteurs qui n’ont pas encore été jugés à compter de la date du dépôt de la demande jusqu’à la date de l’affaire devant la Cour varie de 212 à 2 127 jours. Ainsi, le requérant devra attendre 49 mois en moyenne pour que sa cause soit entendue.

Le délai d’attente des débiteurs qui ont été finalisés à compter de la date de dépôt de la demande jusqu’à la décision finale est compris entre 336 et 1 942 jours. Le demandeur devrait donc attendre 38 mois en moyenne pour avoir sa décision, demeurant dans l’incertitude pendant toute cette période.

5. La présentation des résultats des décisions judiciaires définitives :
Sur le total des dettes gérées par EEKE, 67,75% ont réussi à être effacées et 32,25% à être ajustées.

Le montant ainsi réglé sera remboursé – en moyenne – sur 169 mensualités, soit 14 ans, donnant une profonde respiration aux concitoyens qui souffrent des politiques énoncées dans les mémorandums.

Le risque de confiscation et de mise aux enchères de la résidence principale et des biens de bon nombre des concitoyens sans aucun cadre de protection efficace demeure une conséquence dévastatrice du profond ralentissement économique et, en même temps, du problème le plus grave de la société grecque qui appelle une résolution directe, au principe constitutionnellement consacré de l’État providence.

CK

Répression en Grèce

Chèr e s ami e s, Chèr e s Camarade s,

Quoiqu’on pense de la mouvance anarchiste, libertaire , anti-autoritaire grecque , la répression féroce s’abat sur elle parce qu’elle mène un combat quotidien contre le capitalisme et le pouvoir grec.

Pas un mot ou presque dans les médias internationaux francophones ou anglophones, d’où ce relais de la communication de mon ami et camarade Yannis YOULOUNTAS , philosophe, cinéaste et militant acharné franco-grec.Vous avez entendu parlé:

–   de la situation inique de ce prisonnier Dimitri KOUFONTINOS considéré comme terroriste et emprisonné à vie mais qui a droit comme n’importe quel prisonnier à ses droits et sa dignité et donc à sa 7 ème demande de « permission » qui est légitime, au point qu’ il vient de gagner en justice cette demande et a arrêté une grève de la faim bien éprouvante !

– du  groupe anarchiste ROUVIKONAS et de ses actions toujours minutieusement ciblées ( ambassades, institutions étatiques, capitalistes…) , emblématiques de la lutte anticapitaliste ( médecins et notaires véreux, entreprises et patrons voyous etc…) , actions très populaires en Grèce, mais qui agacent les institutions policières et judiciaires ( très peu d’arrestations et de procès) , l’État grec, le gouvernement et sa majorité,  et l’opposition de droite grecque ( et malheureusement aussi quelques partis de gauche…).

Comme le dit Yannis :  » Ce qui vient de se passer durant 21 jours en Grèce est impressionnant. Le mouvement social a fait preuve d’une immense solidarité avec le prisonnier, épaulant sa grève de la faim de toutes les façons possibles, certaines très modérées, d’autres particulièrement radicales, jusqu’à faire céder le pouvoir.

Une fois de plus, rangeant au placard leurs désaccords théoriques et vieilles querelles, les anarchistes et autres révolutionnaires ont fait la preuve de leur puissance de frappe un peu partout en Grèce (plus d’une centaines d’actions relevées par les médias de masse grecs, au moins le triple selon mes camarades).

N’hésitez pas à faire tourner ses infos, l’information et la solidarité sont nos premières armes ! 

Et n’oubliez pas … tout cela n’arrive pas, jamais… qu’aux autres!
CK

suivre les infos sur Facebookhttps://www.facebook.com/constant.kaimakis et https://www.facebook.com/yyoulountas) ou sur le webhttp://blogyy.net/?fbclid=IwAR15bkSaqWOBA5wQqAgOK4exsq-FnMNT4Sb3ZhjGczOXC3WJ3SxHHysdNJo ,

 

Pour rencontrer des membres de Rouvikonas voir la tournée en France  http://blogyy.net/2019/05/25/nouvelle-tournee-de-rouvikonas-en-italie-suisse-france-et-belgique/ et notamment à Grenoble le 2 juin 2019

Communiqué des VioMe

VIOME n’est pas à vendre !

Le 13 juin 2019, les enchères des terrains appartenant à BIOME sont relancées. Un prix de départ réduit augmente le risque que l’usine devienne des débris et de la ferraille. Nous, les employés de la coopérative BIO.ME, cela fait maintenant 8 ans que nous luttons pour maintenir les emplois dans l’usine que le propriétaire a laissé à son propre destin.

La famille Philippo et les actionnaires du groupe ont abandonné leurs installations de production et leurs employés non rémunérés, ne manifestant aucun intérêt pour ces activités.

Nous avons présenté une proposition détaillée en collaboration avec des avocats et des professeurs de droit qui soutiennent notre lutte pour faire fonctionner l’usine de manière légale et efficace, à la fois économiquement et de manière productive, et pour le transport des produits.

Nous avons besoin de :

Contrer la dispersion des deniers publics (impôts et cotisations de sécurité sociale) et pour protéger l’intérêt public contre les sommes énormes dues par Filercaram SA et VIOME SA, les immeubles et les biens des propriétaires sont confisqués. Il y a des condamnations irrévocables contre les employeurs. Les agences gouvernementales et les organismes publics devraient déjà être intervenus.

Ensuite, que soient accordés ou loués les propriétés à la Coopérative des Travailleurs de BIO.ME afin de garantir les emplois (la coopérative montre en outre une tendance à la hausse de l’emploi).

De plus, que la propriété qui a déjà été engagée (et exclue de la vente aux enchères) par un gouvernement précédent en 2012, soit confisquée et donnée à la coopérative de travail pour qu’elle passe directement au fonctionnement normal avec les conditions requises pour une légalisation complète.

Et bien sûr, dans un environnement de travail très différent de celui de ces dernières années dans notre pays:

– En impliquant à la fois les travailleurs et la société dans le contrôle de la production et de la distribution.

– En contrôlant via les assemblées toutes les fonctions économiques.

– Avec une égalité absolue dans les décisions après que nous ayons tous une voix.

– Avec un salaire égal pour un temps de travail égal.

– Une orientation de la production vers les besoins sociaux et environnementaux plutôt que vers l’accumulation de profits.

Nous nous battons depuis tant d’années maintenant. Les gouvernements qui ont passé tout ce temps n’ont pas fait ce qu’ils avaient promis. Ils n’ont soumis aucune proposition légalement constituée, quelles que soient les allégations des membres des factions politiques qui les soutiennent. Ce qu’ils prétendent, c’est simplement une désorientation et un chaos politique qui ne s’appliquent tout simplement pas.

D’autre part, le risque de vendre l’usine en tant que parcelle « pour un morceau de pain » devient plus probable, car une nouvelle enchère avec un prix initial réduit (1/3 du prix initial) va bientôt commencer.

Nous appelons à des manifestations de masse devant les tribunaux de Thessalonique les 13, 20 et 27 juin et immédiatement après l’été pour :

BLOQUER LES ENCHÈRES, LES PLANS DE L’ÉTAT ET DU PATRONAT POUR LA DISSOLUTION DE L’USINE

Nous appelons l’appui de la société à notre lutte, car elle concerne la capacité de tous les travailleurs à prendre en main l’économie et toute leur vie. Nous répondons: « Puisque vous, vous ne pouvez pas, nous, nous pouvons ». Avec la solidarité de toute la classe ouvrière et de la société, nous imposerons notre droit même avec leur propre droit civil!

Les Travailleurs en lutte et solidaires de la Coopérative des Travailleurs de VIO.ME.

source : http://biom-metal.blogspot.com/2019/05/blog-post_9.html#more

 

La Grèce va mieux… infox !

La Grèce va mieux… infox !

A Nîmes ils vont en parler avec E Toussaint mardi 4 juin 19h Maison du protestantisme, rue C.Brousson

Historien et docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris 8, porte-parole du CADTM international (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes). Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont le plus récent Le système dette (Éditions LLL).

Il a notamment coordonné les travaux de la Commission pour la vérité sur la dette publique de la Grèce, créée en 2015 par la présidente du Parlement grec.

Source http://www.cadtm.org/La-Grece-va-mieux-infox

 


Communiqué des travailleurs VioMe

En six ans et demi de fonctionnement et huit ans de lutte, le pouvoir judiciaire n’a jamais cessé les attaques contre nous – les ouvriers de VioMe –, de sorte que d’autres travailleurs ne pensent même pas à procéder à l’autogestion d’usines abandonnées.

13, 20 et 27 juin l’État et le système judiciaire tentent à nouveau de vendre aux enchères les locaux de VIOME.

VIOME ne sera pas vendue, ne sera pas liquidée car elle appartient aux travailleurs et à la société.

Nous condamnons les autorités et le syndic de faillite, qui ont tout essayé pour empêcher le fonctionnement de l’usine, gérée par nous, les travailleurs, sans patrons.

Nous invitons tous les syndicalistes, travailleurs et collectifs de nous soutenir et de montrer tous ensemble que

s’ ils ne peuvent pas, nous pouvons

Nous vous invitons à témoigner de votre soutien pratique afin que nous puissions garder l’usine en vie et nos familles loin de la peur et de la pauvreté. La solidarité est plus forte que toute forme de oppression par le capital, que toute forme d’effondrement économique de l’économie capitaliste.

En lutte et en solidarité,

Les travailleurs de VioMe

http://www.viome.org

Extrait du documentaire « La démocratie comme patron » (Datagueule79) portant sur l’expérience des VioMe.

Unissons nous, Résistons !!!

L’austérité tue, la répression fait rage, la démocratie meurt !! Gilets Jaunes ,Gilets Rouges ,sans gilet…
UNISSONS-NOUS, RÉSISTONS !!!

Il y a quatre ans, en 2015 nous étions ensemble, parties politiques de gauche, syndicats et mouvement social on manifestait pour soutenir le peuple grec contre le coup d’état démocratique imposé par la troïka, (l’UE, la BCE et l’FMI) sous la banderole « Grèce, France, Europe l’austérité tue, la démocratie meurt, RESISTONS !!

En Grèce, ils n’ont pas gagné la première bataille, ils ont perdu, malheureusement avec la complaisance de Tsípras qui a trahi son peuple. Dans une société en pleine radicalisation, Tsipras a veillé à prendre le contrôle et à neutraliser toute tendance radicale des gens. Il y est parvenu en transformant en Oui le Non du peuple, qui le 5 juillet avait ignoré les chantages de l’establishment européen tout entier.

Dans ce tournant décisif pour le mouvement, les luttes de classe et les revendications sociales il est crucial que nous tirions les justes conclusions de la défaite grecque.

La première bataille c’était en Grèce. La LUTTE FINALE c’est aujourd’hui en France !

UNISSONS-NOUS, syndicats qui combattent la régression sociale, associations et mouvement sociale,Gilets Jaunes construisons l’ Unité Populaire, le Front Populaire contre le démantèlement néolibéral de la société française, voulu par le Président de riches mais aussi dicté par les traités européennes, contre la répression féroce qui s’abat aujourd’hui aux Gilets Jaunes ,aux syndicalistes, aux travailleurs de ce pays .

UNISSONS-NOUS pour défendre les acquis du CNR, pour une éducation pour tou-te-s, pour la sécurité sociale, contre les privatisations contre la casse des services publiques et pour les droits des usagers citoyennes, pour la justice fiscale, pour la justice sociale, pour l’écologie, fin du monde, fin du mois même combat, construisons la grève générale aux assemblées citoyens, aux assemblées des travailleurs.
L’austérité tue, la répression fait rage, la démocratie meurt !!
UNISSONS-NOUS, RÉSISTONS !!!

Vangelis Goulas

Mémoire d’Athènes La rubrique de Panagiotis Grigoriou

Panagiotis Grigoriou est Ethnologue et historien, chroniqueur, analyste, initiateur d’un concept de tourisme alternatif et solidaire en Grèce. Le regard de l’historien et de l’anthropologue sur l’actualité et le vécu de la crise grecque.

Mémoire d’Athènes

Matinales athéniennes, moments furtifs. Nos vielles peluches sont parfois de la partie, tout comme nos touristes ou nos politiciens du mois de mai. Sous un soleil de plomb devant la tombe du Soldat Inconnu, on commémore la bataille de Crète, rapide évocation de l’invasion allemande de bien triste mémoire, c’était en mai 1941. Soleil imparable d’Attique, et qui lave même les réalités, celles de la ville, les nôtres, et peut-être bien autant celles de l’histoire.

Touristes en fin de matinée. Athènes, mai 2019

Réalités donc, de la ville et alors les nôtres. Dans le désordre, immeubles à vendre, maisons déjà acquises, agences immobilières faisant la promotion du visa accordé aux acquéreurs étrangers comme aux autres, parfois blanchisseurs criminels financiers du dit vaste monde. Civilisation en fonds perdus. Et on n’aurait pas pour l’instant touché le fond, paraît-il.

Dans la foulée, les Grecs s’empressent devant les tribunaux compétents… pour notifier leur refus d’hériter les biens immobiliers de leurs aïeux. Paupérisés, ils ne peuvent plus faire face aux impôts, aux taxes et encore moins aux frais qui en découlent. Dans certaines régions, rien qu’en quatre mois, les déclarations sur l’année 2019 en cours, excèdent alors en nombre, celles enregistrées sur l’ensemble de l’année 2018, presse grecque du 13 mai 2019. Soleil… ainsi imparable de la Grèce.

Ensuite, il y a toute cette actualité en fausses nouvelles, fabriquée par les médias et par les politiciens quant à la prétendue reprise de l’économie grecque. Actualité qui relève de plus en plus d’un autre système solaire, voire, plutôt lunaire. La semaine dernière, le salopard (politique) Aléxis Tsípras a même annoncé tout une série de fausses mesures, qui plus est, présentées comme populaires, à savoir et essentiellement, une certaine baisse de la TVA de manière sélective, doublée d’un “cadeau” de 300€ à 500€ par an au bénéfice des retraités, ceci bien entendu, à quelques jours du pseudo-scrutin européiste du 26 mai. Civilisation en fonds perdus.

Peluches. Athènes, mai 2019
De la prédation… immobilière. Athènes, mai 2019
Saisies et liquidations. De la prédation… immobilière. Athènes, mai 2019

Dans les rues d’Athènes, de nombreux immeubles, même ceux en bien piètre état sont à vendre. D’autres encore, alors bâtiments d’habitation élevés dans les années 1950 à 1970 ayant signifié non sans une certaine fierté l’accession à la propriété pour la classe moyenne naissante, eh bien, ils se transforment en petits hôtels, ou en… continuums d’Airbnb. Le… polype Airbnb se repend-il ainsi partout, méta-capitalisme ainsi usurier et d’abord usurpateur.

“Quelle résistance les habitants de la capitale ont-ils eue pour sinon, protéger leur mode de vie et leurs biens ?” La question n’est pas rhétorique, elle est même désormais posée par certains éditorialistes de la pesse, cette semaine par exemple.

Et la réponse qui suit, n’a rien de rhétorique non plus. “À l’occasion des élections municipales, quelques réflexions me sont venues au sujet de l’abandon du centre-ville d’Athènes et de certains des quartiers historiques qui l’entourent. Ces réflexions, elles ont ainsi été provoquées bien sûr au contact des brochures luxueuses, préélectorales et élégantes des candidats, ainsi que des programmes des candidats aux fonctions de maire. Je dirais que leur lecture, laisse plutôt un fort sentiment d’appartenance à… bien d’autres villes, comme à d’autres problèmes que ceux d’Athènes.”

“Athènes est une ville en grande partie inconnue pour tous ceux qui décident d’en parler de la sorte. Le manque de présence des résidents est visible à l’œil nu, car ses rues sont à moitié vides, sans voitures, et de nombreux immeubles restent sans lumière la nuit. La fréquentation des squares, des enfants qui jouent comme tant d’autres activités urbaines connexes, c’est alors ce… conglomérat historique, que les Grecs actuels ne perçoivent aujourd’hui qu’uniquement et pareillement à une filmographie documentaire, à travers notamment les films en noir et blanc du vieux cinéma grec.”

Immeuble à vendre. Athènes, mai 2019
Immeuble vendu et transformé en hôtel. Athènes, mai 2019
Maison vendue et restaurée. Athènes, quartier de l’Acropole, mai 2019

“Certes, il y a ces reportages faussant les réalités, et en ce moment ils sont pléthore. Ils font état de la prétendue ‘Renaissance du centre-ville’, de ‘nouveaux lieux de rencontre pour les jeunes’, de ‘promenades dominicales sous l’ombre du Parthénon’, de ‘visites accrues des sites archéologiques et des musées’, de sorte que l’on se dit que la ville est alors habitée par des étudiants en Lettres. Le tout, essayant de nous convaincre des effets d’une cosmogonie actuelle et imminente. Grâce à elle, le centre historique de la ville ira bientôt renaître. Hélas, la vérité se situe alors très loin. Et la vérité, c’est qu’Athènes se périt sous l’effet d’un voile de silence assourdissant, semblable à celui accompagnant alors la nécrose de tout organisme vivant. Et nous allons bientôt découvrir quels sont donc les… initiateurs d’une telle nécrose.”

“Je me demande pourquoi les Grecs sont-ils partis. Comment sinon peut-on expliquer autrement, tant de maisons fermées, mais aussi tant d’autres, mises à la disposition des nouveaux habitants du centre, en particulier les migrants Considérons bien entendu que leurs conditions de vie évoluaient vers le pire pour les Grecs. Quelle résistance ces habitants ont-ils eue pourtant pour protéger leur mode de vie et leurs biens? Qu’ont-ils fait sinon pour les soutenir, leurs représentants élus au niveau local, puis l’État, ou encore les organismes régionaux compétents, voire, même les médias ?”

Grecs et… rescapés de leur quartier. Athènes, mai 2019
Prospectus d’un candidat au Conseil municipal. Athènes, mai 2019

“Comment se fait-il alors que dans ces quartiers, des Grecs, ils subsistent seulement les personnes âgées et en détresse ? Et que peut-il signifier toute cette mutation pour le psychisme de ceux ayant déménagé ? Il y a aussi en cette situation quelque chose de cruel ou d’inhumain. Comment leurs habitudes quotidiennes ont-elles été affectées dans leurs nouveaux quartiers ? Puis, pour tous ces anciens quartiers vivants de la ville, n’est-il peut-être gênant que de ne plus voir un seul kiosque, si ce n’est que tous les deux kilomètres, ni même un seul passant ?”

“Comment sinon vivre et travailler, quand on est dépossédé des représentations acquises dès le plus jeune âge dans son quartier, sans pour autant pouvoir les remplacer par de nouvelles?”, quotidien “Dimokratía” du 12 mai.

Meeting pour les élections locales et régionales. Athènes, mai 2019

Les temps courent… les peuples s’enlisent. Notre actualité en fausses nouvelles, fabriquée et mal ficelée par les médias et par les politiciens quant à la prétendue reprise de l’économie grecque, Aléxis Tsípras et ses fausses mesures comprises, ne parviendra plus à ôter l’amertume, voire, le poison qui se repend partout entre vie prétendument publique ou encore supposée privée.

Place Sýntagma, c’est-à-dire, de la “Constitution”, mille fois violée et bafouée, le “parti politique” d’Aléxis Tsípras a osé installer son stand, de même que celui de son candidat pour la ville d’Athènes. “L’heure est venue, celle du plus grand nombre, et nous avons la force pour”, peut-on lire, slogan Syrizíste, mensonge à répétition, hybris et surtout dégoût.

Trois cent mètres plus loin seulement, les Athéniens forcément anonymes se recueilleront toujours devant les lieux de mémoire que constitue le bâtiment situé au 23 de la rue Stadíou. Ces anonymes en ont fait depuis 2010, un authentique lieu de mémoire, jamais officialisé bien entendu par le pouvoir. Ils y déposèrent leurs messages, leurs fleurs, leurs dessins, en somme, toute leur douleur et autant indignation. Même si depuis 2017, le bâtiment avait été refait… pour accueillir désormais… la boutique d’une enseigne… mondialisatrice, spécialisée dans la commercialisation des articles de sport. Et trois cent mètres encore plus loin, des retraités de la Banque Nationale de Grèce, banque qui n’est ni nationale ni de Grèce actuellement, manifestent-ils dans le désespoir devant il faut dire, l’énième diminution de leur pensions. L’heure est venue, celle du plus grand nombre bien entendu.

L’heure est venue. Slogan et mensonge Syrizíste. Athènes, mai 2019
Lieu de mémoire. Au 23 de la rue Stadíou. Athènes, mai 2019
Retraités de la Banque Nationale et manifestants. Athènes, mai 2019

C’était alors le 5 mai 2010, l’incendie criminel de cette succursale de la banque chypriote Marfin, rue du Stade, à Athènes, faisant trois morts, dont une femme enceinte. Ces décès suscitent aussitôt une vague d’indignation dans tout le pays. En juillet 2013, trois responsables de la banque Marfin sont condamnés à des peines d’emprisonnement avec sursis pour négligence et homicide involontaire. Les auteurs directs des faits sont restés impunis, des témoins ont été menacés, l’affaire a été en somme étouffée. Depuis, une certaine vie a pu reprendre comme toujours, on anime de débats littéraires dans le même quartier, comme on distribue des tracts au sujet des élections dites “européennes” : “L’Union européenne, Paradis ou alors Enfer ?” Bonne blague.

C’était donc ce 5 mai alors maudit de 2010. La rue Stadíou était remplie de gens qui manifestaient dans l’une des plus importantes manifestations dans la capitale, contre l’adoption imminente du premier protocole signé entre la Troïka et le “gouvernement” Papandréou. Soudain, de cette foule, se détache un groupe de douze personnes cagoulées qui se dirigent vers la librairie “Ianos” et vers l’agence de la banque “Marfin Bank”. Ces individus cagoulés brisent alors les fenêtres et lancent à l’intérieur de nombreux cocktails Molotov.

Chez Marfin, huit employés de la banque resteront piégés à l’intérieur qui est ravagé par le feu et où une épaisse fumée rend l’air irrespirable, puisque la seule issue de sortie restera verrouillée, d’autres issues possibles, tout comme l’arrivé des secours ont été entravées par des “manifestants”. Des employés joignent leurs proches par téléphone… pour leur dire adieu, tandis que d’autres, ils essaient de repérer une fenêtre pour sauter si possible du côté de la rue. Cinq employés ont été sauvés par les pompiers, mais pas tous. Trois jeunes employés et un enfant qui n’était pas encore né ont-ils trouvé la mort: Épaminondas Tsakális (36 ans), Paraskeví Zoúlia (35 ans) et Angelikí Papathanassopoúlou (32 ans), enceinte.

J’y étais presque au moment des faits, je me trouvais de l’autre flanc de la manifestation, à trois cent mètres de la rue Stadíou. La nouvelle a été aussitôt diffusée très rapidement entre nous. Nos cœurs, nos réactions, ont été figés, et ce fut le premier des chocs apportés à la Résistance des Grecs contre le nouveau Régime de la Troïka. Hystérie imposée, collective… comme collectée. De même que bien plus tard, lors de l’incendie volontaire ayant causé plus de 100 morts à Mati près d’Athènes en juillet 2018, le trauma est immense, les politiciens dont surtout Tsípras ont sciemment menti dès le soir du crime quant aux morts déjà connus mais occultés par les médias, rien pour permettre à Tsípras tout un show télévisé, macabre et ignoble.

L’Union européenne, Paradis ou Enfer ? Athènes, mai 2019
Débat littéraire. Athènes, mai 2019
Petit… commerce. Athènes, mai 2019
Au sujet du crime perpétué à Mati. Athènes, mai 2019

Athènes, quelque part déjà… ville morte. Et elle est morte, parce que la seule activité qui se développe actuellement dans la plus grande partie de son centre, à part le tourisme, a trait à une illégalité et criminalité alors incontrôlables. Le tout, sous une misère galopante et qui se nourrit des vagues gonflées de tant de naufrages humains, désormais marginaux et antisociaux bien entendu.

Des quartiers, qui récemment encore étaient vivants, ils ont à leur tour sombré, et ils se sont transformés en baraquements, zones de guérilla urbaine, ou sinon, en cimetières du petit commerce. Même non loin de la place Kolonáki, quartier historiquement bourgeois d’Athènes, c’est plutôt la tristesse qui prévaut. Graffitis, volets fermés, magasins murés, saleté, abandon. Et on a parfois du mal à cheminer dans une telle ville. En fait, Athènes se compose désormais d’îlots scindées, où seulement on se sent parfois autorisé à se déplacer et encore.

Athènes-centre, souvent limitée à sa zone piétonne et touristique sous l’Acropole, et tout le reste de sa destinée humaine, demeurant plutôt dans une zone crépusculaire. Airbnb achèvera le processus alors comme ailleurs, en Europe et dans le monde, réalités donc, celles de la ville et ainsi les nôtres. “Le tourisme a besoin de toi”, comme le fait-elle remarquer cette affiche issue des syndicats des travailleurs dans le domaine du tourisme pour dénoncer le travail dur et mal payé.

La bataille de Crète commémorée. Athènes, mai 2019
Le tourisme a besoin de toi. Athènes, mai 2019
Matinales athéniennes, moments furtifs, animaux adespotes. Athènes, mai 2019

Sous un soleil de plomb devant la tombe du Soldat Inconnu, on a commémoré la bataille de Crète, rapide évocation de l’invasion allemande de bien triste mémoire, c’était en ce lointain mai 1941. Mémoire aussi d’Athènes en quelque sorte.

Nos vielles peluches sont parfois de la partie, tout comme nos touristes ou nos politiciens du mois de mai. Matinales athéniennes, moments furtifs, animaux adespotes. Civilisation humaine !

Animal adespote. Athènes, mai 2019

* Photo de couverture: La bataille de Crète commemorée. Athènes, mai 2019

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