Gus Massiah: Grèce 2015 une alternative était possible

Réflexions suite à la lecture du livre d’Éric Toussaint Capitulation entre Adultes Grèce 2015 : une alternative était possible

25 mars par Gustave Massiah

Gus Massiah, membre du Conseil scientifique de Attac-France et du Conseil international du Forum social mondial, auteur de nombreux ouvrages, nous partage ici ses réflexions autour du nouveau livre d’Eric Toussaint, Capitulation entre adultes, Grèce 2015 : une alternative était possible qui vient de paraître en français aux éditions Syllepse à Paris et en grec aux éditions Red Marks à Athènes. Sa publication est également prévue en espagnol au mois d’avril chez Viejo Topo. Eric Toussaint, à travers cet ouvrage essentiel, nous offre une lecture alternative de la crise de la dette grecque de celle racontée par Yanis Varoufakis dans Conversations entre adultes. Il montre à travers différents arguments et un long travail d’analyse que le premier gouvernement Syriza avait ignoré les demandes du peuple grec, maintes fois exprimées, et avait adopté une position sur la dette qui était vouée à l’échec. Une alternative était possible ! Gus Massiah met en évidence dans ses réflexions une série de points essentiels qui, nous l’espérons, susciteront votre curiosité et vous amèneront à découvrir cet ouvrage.

J’ai lu avec beaucoup d’attention, d’intérêt et de plaisir le manuscrit. Le titre qui me paraît le mieux correspondre au manuscrit est : Grèce 2015 : une alternative était possible.

Je distinguerai trois parties dans mes réactions : l’introduction, les neuf chapitres suivants, le chapitre 10 qui élargit et sert de conclusion.
Je n’ai pas de divergences, quelquefois des questionnements. Je réagis en séquence sur le manuscrit en mettant en évidence la manière de valoriser le livre.

L’introduction met bien en évidence l’apport essentiel de ce livre et caractérise son actualité et son exemplarité. Elle rappelle ce que beaucoup n’ont pas noté : que la victoire électorale d’un parti de la gauche radicale était une première en Europe dans la période récente et que, en moins de six mois, ce gouvernement cédait aux exigences des créanciers. Éric Toussaint identifie bien les questions posées : Comment comprendre les échecs ? Quelles étaient les alternatives pour gagner ? Quel programme la gauche radicale peut défendre de manière crédible ?

L’auteur rappelle que le gouvernement n’est pas le pouvoir et qu’on ne peut sous-estimer le rôle dans la situation du bloc économique et de la classe capitaliste.

L’introduction interroge déjà sur ce que peut faire un gouvernement de gauche quand il gagne des élections. L’auteur rappelle que le gouvernement n’est pas le pouvoir et qu’on ne peut sous-estimer le rôle dans la situation du bloc économique et de la classe capitaliste.

Je voudrais revenir sur une des propositions de l’auteur, qui mériterait d’être nuancée, quand il indique : « La répétition par le peuple de l’ascension progressive vers le pouvoir qu’ont réalisé les bourgeois dans le cadre de la société féodale ou de la petite production marchande est impossible. » Ce qui renforce l’importance de l’étape du passage par un gouvernement. Je suis d’accord avec l’affirmation de la non répétition. Mais je pense que la caractérisation, forcément brève, peut donner matière à des interprétations contestables. La bourgeoisie a réussi une transition maîtrisée du féodalisme au capitalisme relativement rapide mais qui a quand même pris quelques siècles. Et elle a passé des alliances de classes différenciées avec des couches populaires ; plus avec la paysannerie en France, et plus avec les artisans en Grande Bretagne. Si je reviens là-dessus c’est pour indiquer que la question de la transition dans la sortie du capitalisme reste à inventer et implique des étapes et des alliances qui ne sont pas déterminées. Sans négliger que la sortie du capitalisme ne conduit pas automatiquement au socialisme. Ce n’est pas le gouvernement qui peut les déterminer tout seul, ce qui renforce l’affirmation sur l’importance du rapport entre le gouvernement et les mouvements.

La question de la transition dans la sortie du capitalisme reste à inventer et implique des étapes et des alliances qui ne sont pas déterminées.

Dans l’introduction, on retrouve l’importance du rapport de forces par rapport à l’Union européenne qui est redéveloppée dans la conclusion. Il est fait mention de la situation spécifique de la Grèce par rapport à l’Europe et des rapports de forces internes à l’Europe. La partie sur la situation électorale actuelle de Syriza est très intéressante. Elle montre peut-être l’ambiguïté de l’opinion populaire par rapport à l’Europe et son évolution. Il serait peut-être important de le préciser dès ce moment et de ne pas attendre la conclusion pour en montrer l’importance.

Une précision de l’introduction qui me paraît très importante c’est l’affirmation que l’enjeu n’est pas de tout ramener aux responsabilités de Tsipras et de Varouflakis. Ainsi, même si la critique est vive, la raison de l’échec ne se résume pas à l’idée d’une simple trahison ou d’un complot mais met en avant la nécessité de comprendre les orientations et l’enchaînement des déterminations et des décisions dans les politiques suivies ainsi que la nature des liens et des rapports politiques aux mouvements sociaux et citoyens. En fait, assez justement, l’auteur ne parle de trahison que par rapport au référendum, il met en cause des renoncements et des capitulations dont il faut comprendre les ressorts.

Les neuf chapitres suivants entrent dans l’histoire détaillée de ce qui s’est passé et de ce qui aurait pu être fait. Chacun des chapitres fait progresser la compréhension et le dernier chapitre reprend l’ensemble autour d’une question fondamentale et d’une affirmation : Oui, on pouvait faire autrement.

Ce décryptage corrige la présentation des faits et donne une interprétation précise et cohérente, avec, comme l’auteur le dit, l’exercice périlleux de se mouiller sur ce qui aurait pu être fait.

Je n’ai pas beaucoup d’interrogations sur les neuf chapitres. J’ai surtout beaucoup appris de choses dans la longue narration et dans le décryptage qui remet les choses dans l’ordre. Ce décryptage corrige la présentation des faits et donne une interprétation précise et cohérente, avec, comme l’auteur le dit, l’exercice périlleux de se mouiller sur ce qui aurait pu être fait.

Le choix d’organiser la démonstration en contrepoint du récit de Varoufakis est très astucieux. Il rend vivant la présentation. Comme sa démonstration est auto-justificative, celle d’Éric Toussaint aurait pu être uniquement accusatrice. Ce qui n’est pas le cas, il arrive à réfléchir à sa position de manière plutôt équilibrée même si les contradictions du personnage sont un peu gommées par rapport à ses certitudes.

Les propositions de Varoufakis menaient à l’échec. L’analyse des six mesures prioritaires est très éclairante. Il s’agit d’un plan d’urgence autour de la restructuration de la dette publique, de la recherche d’un excédent primaire en contradiction avec le rejet de l’austérité, de l’impôt sur les grandes sociétés, des privatisations, d’une banque de développement, de la gestion des banques privées transférées à l’UE.

Du point de vue de la réflexion sur un projet de gouvernement, on peut admettre qu’il ne faut pas négliger la défensive en situation. Certaines des mesures, au-delà des gages donnés aux créditeurs, s’inscrivent dans la logique néolibérale présentée comme une évidence. Sans aller jusqu’à un rappel des ruptures nécessaires il n’y a pas d’ouverture vers des alternatives et donc pas de stratégie articulant les mesures d’urgence et la préparation de la transformation. Éric Toussaint explique plus loin le rejet du programme de Thessalonique de 2014 qui pèse sur les mobilisations et les rapports entre le gouvernement et les mouvements (concernant le programme de Thessalonique, voir http://www.cadtm.org/Ce-que-Tsipras-s-etait-engage-a-realiser-et-ce-que-son-gouvernement-a-mis-en).

La critique qu’adresse Éric Toussaint à la proposition de Varoufakis de restructuration de la dette part de l’hypothèse que tout le monde a bien compris l’importance du refus de la dette illégitime, ce qui malheureusement n’est pas le cas.

Le récit discutable de Varoufakis des origines de la crise grecque et ses relations avec la classe politique. Ce chapitre est très intéressant même si les éléments qu’il donne sur les raisons de cette évolution sont présentées à partir d’une critique, par ailleurs assez équilibrée, des positions de Varoufakis. La critique faite sur le discours de la corruption des classes dirigeantes grecques est juste, non que cette responsabilité n’existe pas et qu’elle n’ait pas joué un rôle dans la crise mais parce qu’il permet de réduire les responsabilités des créanciers et de l’Europe qui les protège en dernière instance.

La discussion sur le contrôle des banques privées pose une autre question, celle de l’appréciation du risque dans une politique radicale de rupture.

Comment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourné le dos au programme de Syriza. On arrive au nœud de la situation. Ce qui différencie un programme révolutionnaire d’un simple programme de gauche c’est l’engagement du peuple qui dépasse la mobilisation des mouvements et l’affrontement électoral. Éric Toussaint le souligne à plusieurs reprises. Il faudrait essayer de comprendre comment Tsipras construit un rapport de transfert avec une partie du peuple qui lui permet de surmonter la déception du référendum, de rester au pouvoir et de ne pas sombrer aujourd’hui. Il a réussi à surfer sur une volonté d’éviter le pire qui ne se nourrit pas d’illusions.

La question qui nous est posée est comment des mots d’ordre, et notamment l’annulation de la dette illégitime, peuvent devenir mobilisateurs pour des ruptures possibles dans des périodes d’affrontement.

Les conseillers de Varoufakis. Ce chapitre montre l’importance de la technostructure et son ralliement au néolibéralisme. Il pose la question de l’expertise citoyenne et de l’importance de cette bataille stratégique. Elle ne se résume pas à la technostructure, elle s’est beaucoup imposée avec la double offensive de l’alliance du marché et du numérique, d’une part, et de la remise en cause du socialisme après 1989. D’où l’importance des initiatives telles que celle du CADTM ou de l’Aitec.

Une stratégie de négociation vouée à l’échec. Ce n’est pas le gouvernement grec qui ouvre les hostilités. La Troïka se lance dans une agression brutale. Elle le fait pour l’exemple. Trois questions illustrent la situation dans la période : l’annulation de la dette se retrouve au centre de l’affrontement, il faut donc s’y préparer au préalable ; le débat sur l’Europe est au centre de la définition d’une stratégie, la position ne se résume pas au choix de sortir ou non de l’Europe ; la crise grecque démontre la dérive des gouvernements socio-démocrates et l’effondrement de la social-démocratie en tant qu’alternative réformiste.

Vers l’accord funeste avec l’Eurogroupe du 20 février 2015. Le bras de fer est clairement engagé. Il n’y a pas d’espace de négociation. Éric Toussaint énumère clairement les conditions de la capitulation : les réformes structurelles néolibérales ; le contrôle par le FMI ; une soutenabilité de la dette définie par les pays dominants ; la primauté absolue aux créanciers. La victoire de la Troïka est totale.

Éric Toussaint énumère clairement les conditions de la capitulation : les réformes structurelles néolibérales ; le contrôle par le FMI ; une soutenabilité de la dette définie par les pays dominants ; la primauté absolue aux créanciers. La victoire de la Troïka est totale.

Fin février 2015 : la première capitulation. C’est dans ce chapitre que vous énoncez le plus clairement la politique alternative qui revient à appliquer le programme de Thessalonique. A l’appui de cette proposition, il faut rappeler que c’était le mandat demandé et obtenu pour la victoire de Syrisa, il était donc légitime. La question qui est posée est celle du risque existant compte tenu du rapport de forces. Comme le dit Éric Toussaint, il fallait « se préparer aux nouvelles représailles des autorités européennes et donc à une possible sortie de la zone euro ». Là-dessus, il précise « Syriza n’avait certes pas demandé à ses électeurs de lui donner un mandat pour sortir de la zone euro, … » et un peu plus loin, il ajoute « de mon côté, mon analyse de la Grèce et de la zone euro avait évolué. Je suis devenu convaincu à partir de l’été 2013 que la sortie de la zone euro était une option sérieuse à envisager pour les pays de la périphérie européenne, notamment la Grèce. » Cette question n’était donc pas acquise dans le débat public, elle a dû peser dans l’évaluation des risques. Pour l’avenir, elle fait partie des questions qu’il faut poser publiquement dans le débat démocratique.

Diplomatie secrète et espoirs déçus. Dans ce chapitre il est intéressant de préciser qu’il ne s’agit pas de dire qu’une diplomatie ne doit pas comporter de secrets mais que la diplomatie secrète ne peut pas remplacer les mobilisations et les mouvements populaires. C’est donc le manque de stratégie appuyée sur les mobilisations qui apparaît et qui laisse l’exécutif sans moyens face aux coups de boutoirs de l’ennemi.

Dans les facteurs qui ont conduit au désastre, je retiendrai surtout : le refus de la confrontation avec les institutions européennes et avec la classe dominante grecque, et le refus d’appeler à la mobilisation nationale et internationale.

Vers le dénouement. Dans les facteurs qui ont conduit au désastre, je retiendrai surtout : le refus de la confrontation avec les institutions européennes et avec la classe dominante grecque, et le refus d’appeler à la mobilisation nationale et internationale. Admettons que pour accepter une confrontation grosse de dangers importants, il faut tenir compte des rapports de forces et des risques et qu’il ne suffit pas d’engager une confrontation pour définir une ligne alternative. Mais, refuser de prendre le risque sans l’expliquer et sans appel à la mobilisation populaire c’est capituler sans préparer une nouvelle situation qui permettrait d’avancer vers une alternative.

Le dixième chapitre sert de conclusion : Oui, il y avait une alternative pour réussir.
Ce chapitre reprend et présente les conclusions des chapitres précédents en différenciant : la caractérisation de la politique de la Troïka ; ce que le gouvernement grec a fait et ce qu’il aurait pu faire ; les leçons pour les luttes en Europe et ailleurs.

La caractérisation de la politique de la Troïka est claire ; elle a été d’une extrême brutalité se considérant en terrain conquis. La Troïka a fait capituler le gouvernement grec. Mais, même si la Troïka a gagné, elle n’en est pas sortie intacte. Elle a dévoilé la nature de l’Europe et jusqu’où elle était capable d’aller pour imposer sa ligne et sa doctrine. Elle a encore affaibli l’acceptation de l’Union européenne par les peuples. En refusant toute possibilité de répondre à la crise grecque, elle a rendu plus grave et plus visible la crise européenne.

La réponse à ce que le gouvernement grec aurait pu faire renvoie à la discussion sur les conditions de l’affrontement. Aucune stratégie ne peut éliminer la confrontation et les risques de l’affrontement. Ne pas être prêt à l’affrontement, c’est donner la main à l’adversaire. Mais il ne suffit pas d’accepter l’affrontement, il faut le préparer et le mener ; des tactiques sont nécessaires. Des étapes sont possibles et mêmes nécessaires en fonction des situations et des rapports de forces. La question difficile est d’apprécier et d’assumer les risques au niveau d’un peuple. Comment expliquer les réponses de la direction de Syriza ? Quelle est la part du recul devant les risques par rapport à leur adhésion à une option d’accord qui conduisait à la subordination ? Éric Toussaint privilégie une explication sociologique ; elle est probable, mais elle n’est peut-être pas suffisante pour rendre compte des contradictions dans une période d’affrontement.

Par rapport à l’affrontement avec le bloc capitaliste, ce qui fait la différence c‘est la mobilisation et la confiance populaire et la capacité de passer des alliances. Éric Toussaint insiste sur l’importance de la démocratie et de l’auto-organisation et il a tout à fait raison.

S’en remettre à des dirigeants est toujours risqué, surtout si ceux-ci privilégient la diplomatie secrète. La référence au programme de Thessalonique est bonne mais il ne suffit pas de dire : il suffit de l’appliquer ; elle laisse ouverte la question de comment l’appliquer en situation de crise. L’explication qu’Éric Toussaint donne dans le chapitre 3 (Comment Tsipras et Varoufakis tournent le dos au programme de Syriza) me paraît convaincante. Mais Tsipras avait conservé des capacités de manœuvre si on tient compte du faible impact électoral de la Plateforme de gauche.

Dans une situation révolutionnaire, la mobilisation populaire trouve d’autres formes d’intervention qui permettent de dépasser les limites des victoires électorales. Dans cette partie sur ce qui aurait pu être fait, se pose la question de ce que le mouvement populaire aurait pu faire pour pousser les dirigeants de Syriza à être fidèles à leurs engagements. Le référendum a permis de le canaliser, mais après la victoire du non, qu’est-ce qui aurait été possible, qu’est-ce que les mouvements grecs auraient pu faire ?

Les leçons pour les luttes en Europe et ailleurs, au-delà des spécificités de la situation grecque, nécessitent un changement d’échelle. La définition d’une alternative est nécessaire. Elle est urgente mais elle sera longue ce qui implique d’y travailler activement. La sortie et le dépassement du capitalisme doivent être rappelés et poursuivis à travers les luttes et les mobilisations, le travail d’élaboration intellectuel, les initiatives alternatives immédiates. La définition d’un nouveau projet socialiste s’inscrit dans la transition sociale, écologique, démocratique et géopolitique.

La sortie et le dépassement du capitalisme doivent être rappelés et poursuivis à travers les luttes et les mobilisations, le travail d’élaboration intellectuel, les initiatives alternatives immédiates.

Je retiens à partir de l’analyse d’Éric Toussaint six propositions pour contribuer aux mobilisations et aux luttes et préparer la définition des programmes de gouvernements pour des périodes de victoires électorales populaires (sans aller jusqu’à « la critique du programme du Gotha » ou « le programme de transition » pour oser un petit clin d’œil entre nous).

  1. Préparer l’affrontement sur l’annulation de la dette publique
    C’est un point central de toute confrontation dans les situations de crise. Il faut s’y préparer par des campagnes internationales. L’annulation des dettes illégitimes et odieuses a progressé mais est loin d’être accepté. C’est un des reproches à Varoufakis, mais je pense que ce n’était pas une évidence pour lui et que pour beaucoup d’autres ce n’est pas un descripteur d’une position de gauche. Les commissions d’audit ont fait progresser mais pas encore assez. Le travail du CADTM est exemplaire, il faudrait l’amplifier à travers une coalition internationale.
  2. Préparer l’affrontement sur les banques
    Le contrôle des banques nécessite une double action. Un débat public sur la nécessité de contrôler les banques et de la nature de ces contrôles. Une préparation technique et professionnelle sur les différents outils de contrôle du système bancaire pour limiter les campagnes de dénigrement et l’organisation des paniques.
  3. Préparer l’abandon des plans d’austérité
    Discuter du programme économique, des mesures fiscales et du contrôle de l’inflation
  4. Approfondir le débat sur l’Europe (pour les pays européens)
    Ce débat très conflictuel doit être mené le plus tôt possible. Éric Toussaint l’aborde à plusieurs reprises. Ce n’est pas toujours très clair, même si ce n’est pas contradictoire. Il rappelle que Syriza n’avait pas prévu de quitter l’Europe et que le débat ne portait pas sur l’Europe. Ailleurs, Éric Toussaint dit qu’il a changé de position sur l’Europe. Ailleurs encore il développe la thèse de la désobéissance (avec laquelle je suis d’accord)
  5. Affirmer l’autonomie des mouvements
    Le rapport de forces dépend de la mobilisation populaire et de l’action des mouvements sociaux et citoyens. Un succès électoral est surtout consolidé par le surgissement populaire. L’autonomie des mouvements par rapport au gouvernement et aux partis politiques est une des conditions de la réussite.
  6. Affirmer l’actualité du dépassement du néolibéralisme et du capitalisme
    La bataille de l’hégémonie culturelle est centrale. La résistance contre les idéologies racistes, sécuritaires et xénophobes est prioritaire. Elle implique la construction d’un projet de dépassement du capitalisme et de réinvention du socialisme.

Auteur.e

Gustave Massiah est une des personnalités centrales du mouvement altermondialiste. Ingénieur et économiste, né en 1938 au Caire, a présidé le CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement), galaxie d’associations d’aide au développement et de soutien aux luttes des pays du Sud, et a été vice-président d’Attac-France de 2003 à 2006.

Source http://www.cadtm.org/Reflexions-suite-a-la-lecture-du-livre-d-Eric-Toussaint-Capitulation-entre

rédaction

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