Grèce et détention migrants

Grèce : « la légitimité » de la détention des migrants mise en cause,

La « légitimité » de la mesure de détention des migrants ou demandeurs d’asile, utilisée fréquemment ces dernières années en Grèce, a été mise en cause dans un rapport publié jeudi par le Conseil grec des réfugiés (GCR), évoquant « la violation des droits fondamentaux ».

Dans un rapport de 40 pages, cette ONG exprime « son inquiétude sur la hausse du nombre des migrants et demandeurs d’asile en détention, une mesure utilisée de plus en plus par les autorités (grecques) surtout après l’application de la déclaration commune UE-Turquie en mars 2016 » visant à limiter le flux migratoire en Europe.

« En 2017 le nombre des détenus en Grèce a augmenté de 60% par rapport à l’année précédente et en 2018 cette tendance a été confirmée: 32.718 décisions de détention contre 25.810 en 2017 », relève ce texte.

Elaboré dans le cadre du programme européen pour l’intégration et la migration (EPIM), le rapport souligne que le nombre des détenus en Grèce est l’un des plus élevés dans l’Union européenne (UE).

Selon ses conclusions, la détention est souvent à l’origine de « violations des droits fondamentaux, entravant surtout l’accès à la demande d’asile ou causant des retards dans l’achèvement de cette procédure ».

« L’imposition de la détention a une façon punitive, ce qui est contre la nature de cette mesure administrative » et suscite des « problèmes de légitimité » car « ces personnes risquent d’être traitées d’une façon humiliante et honteuse », estime l’ONG.

La Grèce a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme en raison des camps de rétention « inappropriés » ou « des « commissariats de police absolument inaptes » où sont parfois détenus des migrants, dont des mineurs, rappelle ce texte.

L’accord UE-Turquie, signé après la crise migratoire de 2015, a réussi à limiter le nombre des personnes fuyant guerres et pauvreté à destination de l’Europe mais a provoqué la surpopulation des camps sur cinq îles grecques en mer Egée, portes d’entrée vers l’Europe.

Environ 15.000 personnes s’entassent actuellement dans des conditions insalubres, surtout dans les camps de Samos et Lesbos.

En 2018, près de 48.000 réfugiés ou migrants sont entrés en Grèce dont environ 32.000 via les îles de la mer Egée en provenance des côtes turques proches.

Ces traversées restent toujours dangereuses. Jeudi, 36 personnes ont échappé au naufrage de leur embarcation de fortune au large de Chios. Les autorités sont en train de rechercher deux personnes portées disparues.

rédaction

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Translate »