Et si vous avez raté le film en présence de Yannis Youlountas le 4 avril 2024 à Grenoble il sera présent lors de la projection à La Mure le 21 janvier 2025.
Ce qui suit ne s’adresse pas à la droite et à ses soutiens (économiques, sociaux et autres) qui – malheureusement – font très bien leur travail. Ce qui suit s’adresse avant tout à la gauche qui – malheureusement – ne fait pas du tout bien le sien…
Voici donc ce que nous écrivions l’an dernier à la même époque, juste après les terribles inondations de Thessalie, dans un texte resté inachevé et jamais publié :
« Le choc des deux « ouragans méditerranéens » successifs Daniel et Elias a été assez fort pour provoquer les premières fortes secousses dans les croyancesclimato-sceptiquesdes Grecs. Bien sûr, ce ne sont que les premières fissures qui ne s’élargirontque s’il y a le suivi que les circonstances exigent de la seule force politique qui peut, potentiellement, non seulement expliquer scientifiquement la catastrophe climatique mais aussi agir massivement et concrètement pour y faire face ».
Bien sûr, cette « seule force politique qui peut, potentiellement, non seulement expliquer scientifiquement la catastrophe climatique mais aussi agir massivement et concrètement pour y faire face » doit être la gauche. Pourtant, un an plus tard, alors que le spectre de la pénurie d’eau plane plus que jamais sur Athènes et ses quatre millions d’habitants, alors que de nouvelles sécheresses extrêmes, de nouveaux méga-incendies dévastateurs, de nouveaux records historiques successifs de température et de nouvelles canicules encore pires sont intervenus, cette gauche est toujours invisible, toujours absente du front de la catastrophe climatique galopante. Et le pire, c’est qu’elle continue en grand partie à dénoncer la droite néolibérale au gouvernement non pas pour son refus d’agir à temps contre ce désastre climatique, mais pour son insistance à l’invoquer pour couvrir ses péchés !
Voici donc comment que nous avons poursuivi notre texte de l’année dernière, en essayant – en vain – de convaincre qu’il est urgent de mobiliser ceux « d’en bas » car notre pays est littéralement dans l’œil du cyclone de la catastrophe climatique :
« Parlons donc de la catastrophe climatique et de notre pays, puisquel’intensité et le volume des précipitations des deux « ouragans méditerranéens » (medicanes) qui l’ont frappé consécutivement en l’espace detrois semaines ( !), confirmentles conclusions scientifiques, que la Méditerranée et en particulier sonbassin oriental et … la Grèce constituentun hot point, c’est-à-dire un point de grande intensité et de dangerositéde crise climatique. Plus précisément, les 889 mm de pluie -au moins- reçus par Zagora et les 886 mm reçus par Portaria sur le Mont Pélionle 5 septembre, non seulement dépassent de loin tout précédent dans notre pays, mais sont 3 et 4 fois plus importants que ceux qui sont tombés en Libye le jour des inondations meurtrières quelques semaines plus tard. De même, les 1235 mm de précipitations reçus par Makrinitsa en septembre dernier constituent un record européen de précipitations mensuelles, alors que l’intensitéterrifiante de l’averse du « medicane » Elias qui a ensuite frappé le nord de l’Eubée était ensembleavec les incendies gigantesques de plus en plus fréquents, les caniculeset la désertification galopante, une autre indication que notre pays constituebien un hot pointde la catastrophe climatique planétaire « pour les décennies à venir ».
Et nous concluions avec ces mots :
« Qu’est-ce que cela signifie ? Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et plusieurs autres organisations scientifiques, cela signifie que « l’augmentation de température observée en Méditerranée est supérieure à la moyenne mondiale ». En d’autres termes, « la planète se réchauffe et la Méditerranée le fait un peu plus vite » ! Les conséquences ne sont pas seulement prévisibles, elles sont déjà établies de manière empirique : parmi beaucoup d’autres choses, comme l’élévation du niveau de la mer, nous avons des caniculesde plus en plus fréquentes, de plus en plus longues et de plus en plus intenses, des incendies de forêt de plus en plus fréquents et de plus en plus monstrueusement destructeurs, des précipitations et des inondations sans précédent, mais aussi une réduction drastique des précipitations, avec pour conséquence des pénuries d’eau croissantes, des sécheresses, la désertification galopante de zones de plus en plus étendues, une réduction de la productivité agricole, etc. En d’autres termes, nous sommes confrontés à la menace la plus grave pour la qualité de vie et l’existence même que les habitants de ce que nous appelons aujourd’hui le territoire grec aient jamais eu à affronter. Et comme il est évident, tous les autres problèmes de la population grecque mais aussimondiale sont directement affectés et subordonnés à ce qui est leur plus grand problème existentiel… »
Et la gauche grecque ? Où sont ses manifestations, ses grèves et ses occupations contre les politiques climatiques des gouvernements grecs, de l’Union européenne et des capitalistes ? Où sont ses réflexions et sa production d’idées, d’analyses et de propositions programmatiques et de mesures à prendre urgemment ? Où est sa participation aux grandes mobilisations internationales de la jeunesse et autres luttes contre la catastrophe climatique et ceux qui la causent, qui passent en permanence inaperçues dans notre pays ? Où est sa lutte contre les théories obscurantistes et conspirationnistes sur la crise climatique qui font un tabac dans la population grecque ? Où est sa conception du changement radical de nos sociétés et de nos vies que nécessite la lutte effective contre la catastrophe climatique (voir Pour une décroissance écosocialiste). Et surtout, où est sa mobilisation contre la racine du mal, les multinationales du pétrole et du gaz, les constructeurs automobiles et tous ceux qui sont impliqués dans les énergies fossiles, qui sont responsables de l’écrasante majorité des émissions de gaz à effet de serre ?
Au lieu de tout cela, la gauche grecque préfère accuser Mitsotakis et son gouvernement « de simples délits comparés au véritable crime qu’il commet lorsque non seulement il ne fait rien contre la crise climatique, mais qu’il ne cesse de l’aggraver par ses politiques ». Et de temps en temps, elle préfère s’adonner à des combats chimériques contre les impérialistes qui convoitent « nos » (d’ailleurs inexistants, )… gisements de pétrole, qui deviendraient comme par miracle… des combustibles fossiles propres parce que…« grecs ». Ou de se moquer et de calomnier la jeune Greta Thunberg qui inspire le mouvement international de jeunesse le plus massif et le plus radical contre la crise climatique. Ou, pire encore, d’accueillir dans ses rangs des « gens de gauche » qui continuent sans relâche à qualifier le changement climatique de … « plus grande fraude impérialiste » !
La conclusion est tragique : lorsque le très grand capital international, et par conséquent le système capitaliste, responsables de la catastrophe climatique, ont de tels ennemis de gauche, ils n’ont pas besoin d’amis ! Ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles quand ces gens de gauche – en Grèce et dans le monde – dénoncent tout et n’importe quoi sauf les vrais criminels, et avec eux leurs patrons, leurs filiales locales, leurs porte-voix, leurs représentants politiques, c’est-à-dire leur système capitaliste. Comme par exemple « Les vingt plus grandes entreprises qui ont contribué ensemble à l’émission de 480 milliards de tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone et de méthane, provenant principalement de la combustion de leurs produits, ce qui équivaut à 35% de toutes les émissions de combustibles fossiles et de ciment dans le monde depuis 1965 » (voir le tableau ci-dessous) :
Conclusion : la grande tragédie de la crise climatique, c’est que huit milliards d’êtres humains sont contraints de payer cher – au prix de leur santé, de leur vie, de la santé et de la vie de leurs descendants, de la destruction de la nature et d’une planète de plus en plus dégradée – la cupidité de quelques dizaines de multinationales polluantes qui continuent à faire des profits monstrueux.
Pire encore, au moins une partie de notre gauche répète et diffuse, souvent mot pour mot (!), la propagande « climatonégationiste » produite par la véritable fabrique de propagande de ces multinationales polluantes géantes. Et, signe de l’importance que ces multinationales attachent à saper et à dénigrer les thèses scientifiques sur la crise climatique, seulement cinq d’entre elles ont dépensé au cours de la dernière décennie au moins 200 millions de dollars par an pour promouvoir leur propagande et leur désinformation en faveur des combustibles fossiles (voir le tableau correspondant pour l’année 2018).
Un cas typique de ce genre de propagande est l’article intitulé « Crise climatique : croyance religieuse ou vérité scientifique ? « de ancien ministre islamophobe Andreas Andrianopoulos, qui a quitté le parti de la Nouvelle Démocratie parce qu’il ne la trouvait pas assez… néolibérale. Le fait que M. Andrianopoulos ait été « conseiller » de M. Poutine et du président (à vie) de l’Azerbaïdjan, M. Aliyev, n’a évidemment rien à voir avec le contenu délirant de ses articles « climatonégationistes ». Rien à voir non plus avec les déclarations et les articles d’autres « conseillers » célèbres de M. Poutine, comme l’ancien chancelier allemand Schröder ou l’ancien Premier ministre français Fillon… mais aussi des gens de gauche moins célèbres – grecs et étrangers – connus pour leur soutien au locataire du Kremlin.
Bien entendu, ici on n’a pas affaire à des simples « coïncidences ». M. Poutine et ses amis de par le monde Trump, Orban, Bolsonaro, Milei, etc. sont tous des « climato-sceptiques » fanatiques, comme le sont d’ailleurs leurs partisans d’extrême droite et néofascistes de par le monde. Et bien sûr, ce n’est pas un hasard si tous ces braves gens, aidés par le grand capital international, qui a tout intérêt à perpétuer l’économie dépendante des énergies fossiles, financent généreusement les armées de climatonégationnistes de tout genre, qui n’ont qu’un seul objectif : empêcher l’adoption et surtout la mise en œuvre de mesures pour faire face à la catastrophe climatique….
Par conséquent, puisque la crise climatique, qui – malheureusement – s’intensifiera et atteindra bientôt des points de bascule, prend désormais des dimensions existentielles pour l’humanité, et puisqu’il n’y a personne d’autre que nous pour la combattre, le conflit avec ceux et leurs intérêts qui l’ont créée et l’alimentent, en refusant obstinément de l’empêcher, ne peut être qu’un conflit de vie et de mort. Plus que jamais, c’est donc maintenant que la gauche peut justifier son existence en faisant de la lutte contre la catastrophe climatique sa priorité absolue et sa première tâche militante…
.LE MESSAGE DE GIORGOS KALAÏTZIDIS AU RASSEMBLEMENT DES GLIÈRES : UN TÉMOIGNAGE ÉMOUVANT QUI EXPLIQUE LES RACINES DE SON ENGAGEMENT AVEC ROUVIKONAS
Ce 12 mai 2024, Giorgos Kalaïtzidis faisait partie des invités de Paroles de Résistances, sur le Plateau des Glières, en tant que militant attaqué par l’État grec.
Malheureusement, sa mère a eu de gros soucis de santé et, fort logiquement, il a préféré rester près d’elle. J’ai donc été chargé de lire le message de Giorgos devant la foule nombreuse et attentive. Sa lettre répond à la question des organisateurs : « pourquoi résistes-tu ? »
Je vous conseille ces paroles de résistances pleines d’intelligence et de bon sens. Un témoignage émouvant qui explique les racines de son engagement avec Rouvikonas et, un peu plus, sa vision du monde.
Ces derniers jours, la communauté squattée de Prosfygika a fait l’objet d’une répression et d’une intimidation constantes de la part de l’État.
Le mardi 18/6, des flics de l’unité DRASI ont tenté de kidnapper 4 camarades à proximité de la communauté et de la structure de la boulangerie à l’intérieur de la communauté. La réaction du voisinage et des personnes solidaires a été immédiate, puisque les gens immédiatement sont descendus dans la rue jusqu’à ce que tous*tes les membres de la communauté soient libéré*es, alors qu’une manifestation était organisée pour défendre la communauté de Prosfygika.
Après cette tentative ratée de l’État de casser le moral de la communauté, le 20 juin à 22h30, un groupe de policiers de l’unité OPKE a kidnappé deux camarades membres de la communauté squattée de Prosfigika qui ont ensuite été arrêtés, tout comme une autre personne passant par la rue Dimitsanas. Face à la provocation croissante des flics qui croyaient pouvoir faire régner la répression au sein de la communauté, les gens du quartier se sont rassemblés et ont réagi immédiatement. Des affrontements au corps à corps ont eu lieu, des personnes ont été attaquées avec des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène. Un grand nombre de flics de l’unité DRASI ont essayé d’enlever d’autres personnes dans la rue. Une fois de plus, les habitant*es du quartier se sont montré*es à la hauteur, sans se laisser intimider, en prenant par les mains les camarades que les flics tentaient de kidnapper.
Il convient de noter que tout cela s’est produit alors, que les enfants du quartier jouaient dans les rues, les personnes âgées et les familles se promenaient le soir. A ce moment-là, les policiers n’ont pas hésité, une fois de plus, à utiliser des produits chimiques à proximité de l’hôpital de cancérologie d’Agios Savvas. A travers ces tentatives de plus en plus ratées de terroriser Prosfygika, l’État prépare un mécanisme de répression multiforme contre le quartier en lutte.
Les deux camarades arrêtés le 20/6 se sont vus imposer des conditions restrictives : 1) présence au poste de police jusqu’à vendredi prochain, date du prochain procès, et 2) interdiction de s’approcher à moins de 500 mètres du quartier de Prosfygika.
La chasse juridique ne s’arrête pas là. La recherche de 70 autres « auteurs inconnus » a été annoncée, dans une tentative désespérée de l’État de cibler à la fois le quartier et le mouvement de solidarité qui s’est précipité pour soutenir à nouveau la communauté, immédiatement après les événements du 20/6. Un jour plus tard, le 21/6, les flics ont arrêté un étudiant de 15 ans, membre de la communauté, à 17h30, alors que le camarade se rendait à vélo au kiosque situé à côté du quartier pour faire ses courses. Les flics l’ont violemment arrêté, l’ont fait tomber de son vélo et l’ont traîné jusqu’au centre de détention de GADA. Là, comme tout au long de l’arrestation, H.K., 15 ans, a subi des violences physiques, des agressions verbales et des menaces d’abus sexuels. Nous parlons ici d’actes de torture et, dans ce cas particulier, la police grecque n’a pas hésité à s’en prendre à un mineur.
La panique du gouvernement Mitsotakis et de l’État grec Après de nombreuses attaques ratées contre Prosfigika au cours des 14 dernières années, la dernière étant l’opération majeure du 22/11/22, leurs seuls moyens pour délégitimer et affaiblir une communauté de lutte sont maintenant les provocations, la surveillance, l’intimidation et la torture. Telles sont les réponses de l’État et du capital grecs à une communauté dont la résistance mûrit chaque jour, où les structures d’auto-organisation et de solidarité sont constamment renforcées et où une alternative à l’État et au capital prend forme.
Les opérations répressives ne nous terrifient pas, mais elles confirment aussi que nous sommes du bon côté de l’histoire. Elles nous exaspèrent et finissent par nous renforcer en nous rapprochant les un*es des autres. La stratégie de la tension qui est tentée ces jours-ci contre la Communauté squattée de Prosfygika n’aura qu’une conséquence: faire germer les graines d’un monde en lutte et les relations de solidarité qui nous unissent.
L’assemblée du squat Notara 26 déclare son total soutien et sa solidarité envers la communauté de Prosfygika. Nous affirmons clairement que tout type d’intimidation contre nos squats, nos communautés, nos quartiers, nos camarades et nos vies ne restera pas sans réponse.
SOLIDARITÉ AVEC LA COMMUNAUTÉ SQUATTÉE DE PROSFYGIKA COMMUNAUTÉS DE LUTTE DANS CHAQUE QUARTIER NE TOUCHEZ PAS À PROSFYGIKA Source Assemblée du squat d’habitations de réfugié*es/migrant*es Notara 26
Comme chaque année le Comité Grenoblois Grèce-Austérité-Grenoble tiendra des permanences pour permettre aux 26 personnes qui ont participé à cette action de solidarité de retirer leur commande. Les permanences se tiendront :
Jeudi 23 mai 2024 de 17h à 20h
Vendredi 24 mai 2024 de 16h à 18h
Samedi 25 mai 2024 de 9h à 12h .
Lieu : La soupe aux cailloux, 4a rue de la station Ponsard 38 100 GRENOBLE
Pensez à vous munir de sacs pour retirer vos produits .
Mercredi 17 avril a eu lieu en Grèce une des grèves les plus suivies des dernières années : 100 % dans les transports, 70 % dans la construction, gros chiffres dans les entreprises et la livraison à deux-roues. Mais quasiment rien dans les supermarchés, pourtant au cœur des accusations d’exploitants de la misère. Il faut dire que ces derniers temps, la répression syndicale, qui touche aussi le secteur public, est plus forte que jamais, avec menaces sur les renouvellements de contrats.
Si la participation a été si forte, c’est que la Grèce est quasiment en tête de la vie chère en Europe. Les chiffres donnés par GSEE, la Confédération unique du secteur privé à l’origine de cette grève, sont édifiants : en trois ans, l’huile, produit de base en Grèce, a augmenté de 87 %, les laitages de 34 %, le prix de l’électricité de 39 %. Face à la pauvreté, le Centre KEPE propose l’institution de repas gratuits dans les écoles pour tous les enfants. Les expulsions de propriétaires endettéEs se multiplient, malgré la fréquente opposition solidaire du voisinage. Pour 6 foyers sur 10, le revenu mensuel suffit pour seulement 19 jours, et les « aides » diverses, malgré leur mise en scène, relèvent du bluff, et même du scandale : le ministre de la Santé instaure dans le public un « service spécial » d’opérations… payantes. Et pendant que le gouvernement se réjouit de l’attrait touristique du pays, les revenus engendrés (20 milliards sur les 11 premiers mois de 2023) ne sont en rien employés à lutter contre ce terrible appauvrissement.
Divisions syndicales
Absente des récentes mobilisations, alors que la Fédération du secteur public ADEDY s’y associait, GSEE a fini par appeler à la mobilisation — mais pas ADEDY ! — pour réclamer des salaires dignes et le rétablissement des conventions collectives. Si la grève a été réussie — et notamment dans certaines branches du Public — les manifs l’ont moins été ! L’une des raisons, la division : d’un côté, PAME, le courant syndical du KKE (PC grec) avec un discours autant anti-GSEE qu’anti-droite, de l’autre les syndicats de base et une partie de la gauche radicale, et enfin GSEE avec des accents radicaux strictement pour des effets de tribune, et avec elle une partie de la gauche radicale et réformiste.
ToutEs ensemble !
Comme le dit Prin, le journal du groupe NAR, pour les manifs à Salonique, « les rassemblements ont connu leur plus faible participation depuis de nombreuses années, et cela prouve la crise de l’actuel mouvement syndical et l’absence d’un projet militant et d’un cadre qui donnent envie de lutter aux travailleurEs ». Ce constat vaut en fait pour tout le pays, même si on vérifie une nouvelle fois que l’appel des bureaucrates de GSEE a permis une grève réussie. Pour sortir de ce cadre infernal et ouvrir des perspectives, la mobilisation universitaire contre les facs privées est exemplaire : grâce aux massives AG étudiantes et aux manifs « ToutEs ensemble », elle a su surmonter les divisions pour durer et, même si elle n’a pas encore gagné, elle a montré la voie.
A l’occasion de la tournée du film « Nous n’avons pas peur des ruines » en présence du réalisateur Yannis Youlountas le jeudi 04 avril 2024 à 20h15 au club à Grenoble Voir l’annonce une collecte est organisée à destination des lieux autogérés en Grèce. Le camion se tiendra à partir de 18h30 à proximité du cinéma le club.
Les travailleurs des centres d’appel grecs se sont mis en grève le mercredi 13 mars, rejoignant ainsi leurs collègues français. Cette grève portait sur les salaires, les conditions de travail et, surtout, sur le traitement raciste et discriminatoire des travailleurs immigrés dans les centres d’appel grecs.
Avec une nouvelle grève massive, les travailleurs des centres d’appel en Grèce ont exigé des augmentations de salaire, des contrats collectifs et la fin des pratiques esclavagistes avec le « visa à usage spécial » pour les travailleurs migrants dans les centres d’appel, où des milliers de migrants travaillent aux côtés de collègues grecs : Les travailleurs migrants des centres d’appel grecs sont moins bien payés que leurs homologues, ce qui a suscité des pancartes de colère lors des grèves.
En fait, après la création officielle de deux nouveaux syndicats représentant les travailleurs des entreprises Teleperformance et Webhelp, les grévistes d’hier étaient encore plus déterminés dans la bataille qu’ils mènent, surmontant les menaces et les chantages exercés par les employeurs.
Il est significatif que nombre d’entre eux aient fait grève alors même qu’ils sont soumis à une « évaluation » de leurs performances, c’est-à-dire qu’ils sont « pris en otage » par l’employeur. De plus, de jeunes travailleurs qui n’avaient pas franchi le pas lors des deux grèves précédentes ont également participé, envoyant un message aux employeurs pour leur montrer que leur lutte n’est pas désamorcée, mais qu’elle s’intensifie au contraire.
Le slogan « Trop c’est trop » a été entendu à maintes reprises.
Les travailleurs grecs et les travailleurs migrants l’ont exprimé d’une seule voix, que ce soit lors des rassemblements organisés devant les bureaux des entreprises à Athènes ou devant le Parlement.
Trop c’est trop.
C’est là que les grévistes des centres d’appel grecs se sont retrouvés, répondant à l’appel à la grève lancé conjointement par le syndicat sectoriel des télécommunications et des technologies de l’information (SETIP) de l’Attique et par les syndicats nouvellement créés de Teleperformance (SETEP) et de Webhelp (WUW) :
Ferhat Tum, président du syndicat grec des travailleurs des centres d’appel de Teleperformance, a déclaré
Nous avons mené une nouvelle bataille malgré le chantage des employeurs à l’arrêt de la grève. Aujourd’hui, nous leur avons donné une autre réponse. Qu’ils viennent maintenant discuter du contrat collectif. En même temps que leurs collègues grecs, les travailleurs de Teleperformance et de Webhelp en France se sont mis en grève : Ils ont été rejoints par les travailleurs de Majorel, avec une lutte qui a donné un nouvel et important élan aux luttes du secteur.
Traduction automatique de leur message du 15 mars 2024 sur leur page Facebook (texte original en grec)
BIO.ME. Coopérative Les travailleurs de BIO.ME, en lutte et libres des patrons, nous résistons, malgré toutes les pressions et les procédures « secrètes » qui ont lieu. Nous insistons sur le fait d’être des travailleurs, et à l’intérieur de l’usine avec notre revendication de base « les usines et la gestion des richesses, à ceux qui produisent ». Avec toutes les propositions, mais aussi avec des actions dans la participation quotidienne, et avec une information constante selon ce que nous avons co-décidé avec la société qui nous entoure, nous continuons. Notre drapeau est notre liberté absolue, car nous n’attendons pas les jours meilleurs qui nous sont promis, mais nous avons décidé ensemble de rendre nos jours meilleurs nous-mêmes. Aujourd’hui, pour nous, mais aussi en tant que proposition à la société concernée. Nous avons décidé de ne pas céder la partie de l’usine qui nous appartient à quiconque tenterait de porter atteinte à ce que nous avons décidé et proposé à la société, aux partis politiques et aux ministères. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour trouver une solution globale à la question du fonctionnement de l’usine, avec des propositions dans toutes les directions, sans entendre aucune ojectionopposition ou contre-proposition. Ainsi, quoi qu’il arrive à partir de maintenant, la responsabilité absolue incombe aux autorités et à nos représentants « démocratiques ». Nous persistons à nous battre pour le droit au travail et à la dignité. Nous insistons sur la lutte pour le droit au travail et à la dignité. Les produits que nous, les travailleurs de cette usine, fabriquons sont porteurs d’un message… Le message d’une vie différente, de la façon dont nous travaillons à notre relation avec l’environnement. C’est pour cette raison que nous avons choisi de produire des produits d’entretien et des produits d’hygiène entièrement et exclusivement naturels et écologiques, en soutenant les voix qui affirment que pour nettoyer nos maisons ou nos lieux de travail, nous n’avons pas besoin de nuire à l’environnement, ni de nuire à notre santé ou à celle de nos enfants. Nos grands-mères et leurs grands-mères savaient comment combiner les différents matériaux qu’elles avaient dans leur cuisine pour nettoyer efficacement. Face aux grandes industries et à leurs campagnes publicitaires, qui tentent de nous convaincre que le plus important est la longévité du parfum de l’églantine, nous répondons que le plus important est de ne pas souffrir de maladies cutanées ou respiratoires ou de problèmes de santé résultant de l’utilisation chronique de produits chimiques, ne pas avoir à rincer un e vaisselle pendant 10 minutes en gaspillant des litres d’eau précieuse, ne pas avoir à abuser de la machine à laver pour nettoyer ses vêtements et, surtout, ne pas avoir à s’affamer pour faire la lessive, donnant un salaire quotidien pour acheter des détergents. Plus important encore, le message que véhiculent nos produits est que les travailleurs et les chômeurs doivent prendre leur vie en main, lutter résolument contre la brutalité de la réalité moderne, se libérer de siècles d’exploitation et d’oppression. Dans le VIOME coopératif, nous méprisons ces parfums lourds qui sont généralement nécessaires pour couvrir la puanteur de l’exploitation et de la misère du travail. Nous choisissons la solidarité, le contrôle de la production par les travailleurs, l’autogestion par le biais d’assemblées de travailleurs et la démocratie directe dans les décisions, en montrant un chemin difficile mais nécessaire. Le temps est venu, le lieu est là et la lutte est en train de changer nos vies.
Le texte original en grec :
ΒΙΟ.ΜΕ. Συνεργατική
Οι εργαζόμενοι/ες της ΒΙΟ.ΜΕ. αγωνιζόμενοι/ες και ελεύθεροι/ες από αφεντικά, αντιστεκόμαστε, παρ’ όλες τις πιέσεις και τις «μυστικές» διαδικασίες που γίνονται. Εμείς επιμένουμε να είμαστε εργαζόμενοι/ες, και μέσα στο εργοστάσιο με βασικό μας αίτημα «τα εργοστάσια και η διαχείριση του πλούτου, σε αυτούς που παράγουν».
Με όλες τις προτάσεις μα και τις πράξεις στην καθημερινή συμμετοχή, και με διαρκή ενημέρωση σύμφωνα με ότι έχουμε συναποφασίσει μαζί με την κοινωνία που μας περιβάλλει, συνεχίζουμε. Έχουμε σημαία την απόλυτη ελευθερία μας μιας και δεν περιμένουμε τις καλύτερες μέρες που μας υπόσχονται, αλλά αντ΄αυτού αποφασίσαμε όλοι μαζί να κάνουμε εμείς οι ίδιοι τις μέρες μας καλύτερες. Σήμερα για μας, αλλά και ως μια πρόταση προς την πληττόμενη κοινωνία.
Αποφασίσαμε να μην παραδώσουμε το τμήμα του εργοστασίου που κατέχουμε σε όποιον και αν δοκιμάσει να κάνει ζημιά σε ότι έχουμε αποφασίσει και προτείνει προς την κοινωνία και προς πολιτικές παρατάξεις και υπουργεία.
Εμείς κάναμε ότι περνούσε από το χέρι μας για μια λύση συνολική προκειμένου να λυθεί το θέμα της λειτουργίας του εργοστασίου με προτάσεις προς κάθε κατεύθυνση χωρίς να ακούσουμε κάποιον αντίλογο ή αντιπρόταση.
Άρα ότι και αν συμβεί από εδώ και πέρα την απόλυτη ευθύνη την έχουν οι αρχές και οι «δημοκρατικοί» εκπρόσωποί μας.
Επιμένουμε αγωνιζόμενοι/ες για δικαίωμα στην εργασία και την αξιοπρέπεια.
Τα προϊόντα που παράγουμε εμείς, οι εργαζόμενοι/ες σε αυτό το εργοστάσιο, κουβαλάνε ένα μήνυμα… Το μήνυμα μιας συνολικά διαφορετικής ζωής, από τον τρόπο που δουλεύουμε, μέχρι τη σχέση μας με το περιβάλλον.
Για το λόγο αυτό, επιλέξαμε την παραγωγή εξ ολοκλήρου και αποκλειστικά φυσικών – οικολογικών καθαριστικών και φυσικών πρϊόντων προσωπικής περιποίησης, στηρίζοντας τις φωνές εκείνες που δηλώνουν πως για να καθαρίσουμε τα σπίτια μας ή τους χώρους εργασίας μας δε χρειάζεται να επιβαρύνουμε το περιβάλλον, δε χρειάζεται να επιβαρύνουμε την υγεία μας ή αυτή των παιδιών μας.
Οι γιαγιάδες μας και οι δικές τους γιαγιάδες γνώριζαν καλά πώς να συνδυάζουν διάφορα υλικά που είχαν στην κουζίνα τους, καθαρίζοντας αποτελεσματικά. Απέναντι στις μεγάλες βιομηχανίες και τις διαφημιστικές τους εκστρατείες, που προσπαθούν να μας πείσουν πως το σημαντικότερο είναι η διάρκεια στο άρωμα αγριοτριαντάφυλλου, εμείς απαντάμε πως σημαντικότερα είναι να μην υποφέρεις από δερματικές ή αναπνευστικές παθήσεις ή προβλήματα υγείας που προκύπτουν από τη χρόνια χρήση χημικών, να μην χρειάζεται να ξεπλένεις ένα πιάτο 10 λεπτά σπαταλώντας λίτρα πολύτιμου νερού, να μη χρειάζεται να κακοποιείς το πλυντήριο για να καθαρίσεις τα ρούχα σου και, κυρίως, να μη χρειάζεται να πεινάσεις για να πλυθείς, δίνοντας ένα μεροκάματο προκειμένου να αγοράσεις απορρυπαντικά.
Κυρίως, όμως, το μήνυμα που φέρουν τα προϊόντα μας είναι πως οι εργαζόμενοι/ες και οι άνεργοι/ες πρέπει να πάρουμε τη ζωή μας στα χέρια μας, να παλέψουμε αποφασιστικά ενάντια στη βαρβαρότητα της σύγχρονης πραγματικότητας, για να απαλλαγούμε από την εκμετάλλευση και την καταπίεση αιώνων.
Στη Συνεργατική ΒΙΟΜΕ περιφρονούμε τα βαριά εκείνα αρώματα, που συνήθως χρειάζονται για να καλύψουν τη δυσωδία της εργατικής εκμετάλλευσης και εξαθλίωσης. Επιλέγουμε την αλληλεγγύη, τον εργατικό έλεγχο στην παραγωγή, την αυτοδιεύθυνση μέσω της συνέλευσης των εργαζομένων και την άμεση δημοκρατία στις αποφάσεις, δείχνοντας ένα δρόμο δύσκολο μα συνάμα αναγκαίο.
Ο χρόνος είναι τώρα, ο τόπος είναι εδώ και ο αγώνας γυρίζει το γρανάζι για να αλλάξουμε τη ζωή μας.
« Chaque semaine à Thessalonique, se déroule depuis plusieurs mois une manif de l’éducation, assez massive »
Comme on pouvait s’y attendre, le projet de loi sur les facs privées une fois déposé au Parlement a été voté le 8 mars par la droite, qui détient la majorité absolue des sièges (pour 41 % des voix exprimées aux législatives, soit 20 % du corps électoral).
Lors des débats, on a pu entendre des choses aberrantes de la part des bradeurs de la richesse publique (la vente des biens publics aux entreprises privées continue, comme désormais pour le port de Thessalonique), et cela pour justifier le fait que la droite grecque vote une loi contraire à la Constitution (l’article 16 interdit la création d’universités privée…) : Mitsotakis a osé dire que la réglementation européenne est supérieure à la Constitution. On a beau savoir que ce politicien ultralibéral n’a aucun autre principe que celui des profits, on ne peut que trouver indécente une telle affirmation de la part de ce Premier ministre : il y a quelques semaines, le même, mettant en avant ses fameux 41 % de voix aux élections grecques, disait tout son mépris de la condamnation de ses pratiques anti-démocratiques « orbanesques » par une large majorité du Parlement européen (seuls une petite partie du PPE, parti de la droite européenne, et les députés fascistes ont voté contre !)…
Le premier bilan qu’on peut tirer d’une séquence qui n’est certainement pas achevée, c’est que la formidable mobilisation universitaire, reposant avant tout sur le mouvement étudiant, a non seulement fait de la victoire espérée par la droite un bien maigre succès, aucun autre groupe ne la suivant, mais a créé un véritable sursaut démocratique. En effet, la fermeté de la mobilisation sur la gratuité des études et le caractère exclusivement public de l’université a non seulement entraîné une foule de prises de positions du monde politique et des expertEs, mais elle a aussi fortement pesé dans la société, qui sous le poids d’une propagande effrénée des médias ultralibéraux, ne voyait pas jusqu’alors que la fac privée, c’est la sélection et l’exclusion renforcées et la suppression accentuée des moyens pour le service public…
Ce qui a rendu cette mobilisation exemplaire, c’est sa lucidité sur la nécessité vitale de refuser les facs privées, mais ce sont aussi ses formes d’organisation, avec AG et occupations.
Pour nous donner une idée concrète de cette organisation, une camarade militante d’AREN (Unité de Gauche), un des groupes les plus unitaires de la gauche anticapitaliste, nous explique ci-dessous la mobilisation dans sa section universitaire, à Thessalonique. Ce qu’elle nous dit ne peut que nous engager à être solidaire de leur lutte pour le service public d’éducation, aujourd’hui comme demain car, quelle que soit la forme qui sera décidée, la lutte contre les facs privées continue !
« Depuis des semaines, notre faculté est occupée à la suite des décisions de l’assemblée générale de l’Association des étudiantEs en droit. L’assemblée générale est l’organe syndical suprême de la section universitaire. Chaque étudiantE en droit peut venir, discuter, prendre position et ensuite voter. En tant qu’AREN (= Unité de Gauche), nous considérons l’assemblée générale comme un espace vivant de fermentation politique fondé sur le dialogue et l’échange de points de vue. Les tensions et les confrontations sont une réalité de ces processus. Certes, il est arrivé que la confrontation entre les différentes forces politiques parte en vrille, parce que l’enjeu est fort et qu’il existe une tendance au repli organisationnel. Cependant, le jour où la fraction étudiante gouvernementale s’est pointée à une Assemblée Générale, nous avons pu formuler une proposition politique et répondre dans l’unité. Mais ce qu’on constate chaque semaine, c’est qu’au lieu de tenter une formulation commune, des propositions politiques différentes sont proposées lors des assemblées générales, l’Association est appelée à choisir celle qu’elle juge préférable. Du coup, il me semble qu’au fil du temps, le fossé entre les diverses forces se creuse, alors qu’en réalité les vrais désaccords politiques ne sont pas si nombreux.
Après l’irruption des forces de police et l’évacuation de notre section universitaire, on aurait pu s’attendre à ce que les diverses forces se rassemblent davantage autour de notre objectif commun. Il y a actuellement 6 à 7 forces politiques de gauche sur notre campus et pour notre part, nous avons réussi à travailler de manière cohérente avec 2 d’entre elles. Mais en dernier lieu, ce qui est encourageant, c’est de constater que dans la section, la plupart comprennent la nécessité de l’unité et de la lutte commune : on a bien remarqué que les actions unies reçoivent un plus large soutien.
Une fois prise la décision d’occuper la section, un comité de coordination de l’occupation est formé avec pour tâches de surveiller le lieu, de décider des questions concernant la section et d’organiser des actions dans le cadre de l’occupation, afin que la lutte soit massive et l’école bien vivante. Vu que nous sommes étudiantEs en droit, nous avons jusqu’à présent organisé des débats avec des professeurs sur l’inconstitutionnalité du projet de loi sur les universités privées, mais aussi sur d’autres questions telles que le nouveau code pénal, qui est encore plus sévère, et le récent projet de loi sur l’égalité dans le mariage (il y a encore quelques jours, le mariage entre personnes du même sexe n’était pas autorisé en Grèce). En plus de ces débats, nous mettons au point nos banderoles, nous jouons à des jeux de société, discutons et réfléchissons ensemble. Nous voulons que l’espace de l’occupation soit un espace de politisation et de socialisation.
Par ailleurs, il est évident que les étudiantEs que nous sommes ne restent pas enfermés dans leurs sections ! Chaque semaine à Thessalonique, se déroule depuis plusieurs mois une manif de l’éducation, assez massive. Et le 28 février, les associations d’étudiantEs ont participé en masse à la grève panhellénique déclenchée pour le premier anniversaire de la collision ferroviaire à Tèmbi, qui a entraîné la mort d’au moins 57 personnes. Quant au projet de loi, il va être voté cette semaine. Le 8 mars, une manif panhellénique de l’éducation est prévue à Athènes. Les Associations étudiantes de toute la Grèce marcheront jusque devant le Parlement, pour montrer concrètement que la société s’oppose et s’opposera à ce projet de loi. »