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Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés

France : Immigration inquiétude sur la loi en préparation

Immigration : « Aucun gouvernement depuis la Seconde Guerre mondiale n’avait osé aller jusque-là »
Patrick Weil, historien et politologue, spécialiste de l’immigration, s’inquiète de la posture adoptée par le gouvernement vis-à-vis des migrants, alors qu’une loi immigration est en préparation pour le début 2018.

INTERVIEW : ouvrir le lien ci-dessus pour écouter Patrick Weil qui dénonce  plus de choses (pas tout) que celles transcrites ci-dessous.
La nouvelle loi sur l’immigration agite l’opposition et les associatifs. Alors qu’une concertation doit démarrer en janvier, une circulaire validée par le ministère de l’Intérieur, permettant de contrôler les populations accueillies dans les centres d’hébergement, notamment pour identifier les migrants, a provoqué une levée de boucliers. « Aucun gouvernement depuis la Seconde Guerre mondiale n’avait osé aller jusque-là », s’indigne mercredi au micro de la matinale d’Europe 1 Patrick Weil, historien et politologue, spécialiste de l’immigration.

Un principe sacré. « On a un principe, qui nous vient peut-être de nos traditions chrétiennes : un enfant, on ne lui demande pas ses papiers quand on l’accueil à l’école, un malade, on ne lui demande pas ses papiers quand il a besoin d’être soigné à l’entrée de l’hôpital, et quelqu’un qui n’a pas de quoi se loger, on ne lui demande pas ses papiers à l’entrée d’un centre d’hébergement d’urgence. Monsieur Macron et monsieur Collomb ont violé ce principe », relève le chercheur. « Si le projet [de loi, ndlr] s’inscrit dans cette lignée, ce sera une régression dramatique », alerte-t-il.

Un président doux dans ses déclarations et violent dans ses actes ? « Monsieur Macron, c’est l’inverse de monsieur Sarkozy. Monsieur Sarkozy était violent verbalement, mais sur le terrain il était pragmatique. Monsieur Macron est doucereux verbalement, et sur le terrain c’est la dague. Il est un peu comme un chasseur à cour qui ferait des messages d’amour, le soir, pour les animaux. C’est ce qu’il fait pour les migrants : il leur souhaite des vœux, il dit bienvenue aux réfugiés et il signe la nuit des ordres qui les mettent dans la rue et les empêchent de se nourrir », estime Patrick Weil.

« On ne touche pas à ça ». Tant que les gens ne sont pas reconduits, notre devoir est de bien les traiter sur des points fondamentaux : l’accueil des enfants à l’école, la santé et l’hébergement d’urgence. On ne touche pas à ça. Après, s’ils sont en situation irrégulière, il faut les reconduire, mais on n’y arrivera pas de cette façon-là », conclut le politologue.

http://www.europe1.fr/politique/immigration-aucun-gouvernement-depuis-la-seconde-guerre-mondiale-navait-ose-aller-jusque-la-3531317

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Migrants: le médecin Raphaël Pitti a rendu sa Légion d’honneur

par la rédaction de Médiapart

Le spécialiste de la médecine de guerre proteste contre les « conditions indignes » dans lesquelles les migrants sont accueillis en France.

Le célèbre spécialiste de la médecine de guerre, et soutien d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, Raphaël Pitti, a annoncé vendredi 29 décembre à l’AFP avoir rendu la Légion d’honneur que le président de la République lui avait remise l’été dernier pour protester contre le traitement des migrants en France.

Le médecin met ainsi à exécution sa décision, annoncée il y a une semaine dans une tribune publiée par Libération. Dans ce texte, intitulé « Pour un bon Noël, monsieur le Président », il expliquait qu’il entendait ainsi dénoncer les « conditions indignes de la République » dans lesquelles les migrants étaient accueillis en France.

« Votre accession cette année aux plus hautes responsabilités se fit à l’aune d’une situation sociale et politique imprévisible et unique », écrivait Raphaël Pitti. « Toutefois, poursuivait-il, huit mois après, la réponse de l’État n’est pas à la hauteur des enjeux. 60 000 migrants ont été accueillis en 2016 dans des conditions indignes de notre République. »

Dans sa lettre, le médecin dénonçait le traitement « dégradant » réservé aux migrants. « J’appelle “dégradant”, en cette fin d’année dans notre République française, les agressions que subissent des gens en transit sur notre sol et auxquels on ne permet pas de satisfaire les besoins les plus fondamentaux tels que l’accès à l’eau, à la protection et à la sécurité, aux toilettes, au chauffage, à un couchage », écrivait-il. « On préfère les reléguer au statut d’ombre, dans les jungles, les forêts, les montagnes, allant jusqu’à condamner ceux qui auraient la bienveillante idée de les secourir. »

Raphaël Pitti s’inquiétait également de la place prise par le ministère de l’intérieur dans la politique migratoire. « Le versant sécuritaire de ce ministère a aujourd’hui pris le pas sur l’accueil et l’intégration, ce qui va à l’encontre de nos valeurs et de notre histoire », estimait-il. « Des maires – ils vous l’ont rappelé récemment –, des autorités – comme le Défenseur des droits –, des associations et des bénévoles pourraient témoigner du mauvais sort fait aujourd’hui aux migrants sur notre sol. Recevez-les, monsieur le Président, écoutez-les : une simple tape dans le dos ou une accolade ne leur suffira pas. »

En annonçant sa décision de rendre la Légion d’honneur qui lui a été remise en juillet dernier, Raphaël Pitti demandait au chef de l’État « de décider durant cette période de grand froid de suspendre toute mesure coercitive et de prendre les mesures urgentes de mise à l’abri de toutes les personnes en situation de fragilité ».Une semaine plus tard, le médecin est donc passé à l’acte. « J’ai été en Belgique et en Allemagne, j’ai vu les conditions d’accueil et j’ai honte de mon pays », réaffirme-t-il à cette occasion à l’AFP. Raphaël Pitti, qui avait rejoint en septembre 2016 les soutiens d’Emmanuel Macron, explique aujourd’hui avoir constaté un virage dans la politique gouvernementale. Le chef de l’État « avait un discours très humaniste, tout ça allait dans le bon sens et voilà que tout a changé mi-décembre », estime le médecin.

Il explique avoir été particulièrement choqué par la circulaire prévoyant, dans le cadre du projet de loi sur l’immigration et l’asile, de recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence. « D’entendre le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, dire qu’un Érythréen ou un Syrien peut demander l’asile, mais pas un Sénégalais… ce n’est pas à lui de décider qui a le droit de demander l’asile », fustige Raphaël Pitti.

« Le mouvement migratoire s’est amorcé et va s’amplifier, il faut en faire une cause nationale », plaide le médecin qui demande l’organisation « d’assises nationales de l’émigration et de l’intégration ». Le médecin précise également qu’il doit être reçu le 3 janvier par des conseillers du président.

Raphaël Pitti est un médecin humanitaire qui a travaillé sur nombre de conflits armés, en Yougoslavie ou au Liban. Depuis 2012, il forme du personnel soignant en Syrie. Il est également élu au conseil municipal de Metz.

SOS Méditerranée reportage envoyé spécial

Vous pouvez encore visionner en replay ce documentaire à bord de l’Aquarius. https://www.france.tv/france-2/envoye-special/355153-emission-du-jeudi-21-decembre-2017.html  ( voir à 1h28s)

Message de SOS Méditerranée

Cher(e) ami(e),

Ce jeudi 21 décembre, le documentaire d’Envoyé Spécial, l’Odyssée de l’Espoir sera diffusé à 20h55 sur France 2.

Réalisé par Hélène Eckmann, journaliste embarquée pendant 5 semaines à bord de l’Aquarius, il met en lumière le quotidien des équipes de SOS MEDITERRANEE, les opérations de sauvetage souvent complexes, mais également les témoignages poignants des rescapés qui fuient pour sauver leur vie.

Il nous tenait à coeur de partager avec vous ce moment, car c’est bien grâce à vous, et au soutien de milliers de citoyens que notre action est possible.

Toute l’équipe de SOS MEDITERRANEE vous remercie d’être là, et vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année !

Pour soutenir l’association https://don.sosmediterranee.org/b/mon-don

Briançon : Les états généraux des migrations

Tous migrants

Les 16 et 17 décembre 2017 le collectif « Tous migrants » organisait à Briançon des « États généraux des Migrations ». Deux militants d’Attac-Isère ont participé à cette manifestation. Des débats, des échanges avec le journaliste Edwy Plenel, l’agriculteur activiste de la Roya Cédric Herrou, des avocats, des élus, des professionnels de la montagne, un chirurgien de l’hôpital de Briançon….« Nous voulons nourrir le débat sur notre devoir d’hospitalité, sur une autre politique migratoire, mais nous avons aussi un devoir face à une urgence humanitaire. Nous avons tous peur d’un drame sur nos cols. La militarisation massive de la frontière conduit les migrants à des prises de risques inconsidérées » déclarent les professionnels de la montagne, accompagnateurs, guides, pisteurs, moniteurs .

De 1 500 à 2 000 migrants arrivés d’Italie ont tenté une dangereuse traversée des Alpes depuis trois mois pour arriver à Briançon par les cols. Devant cette situation,les professionnels de la montagne et les villageois de la Clarée, de Briançon et des vallées alentour se sont organisés pour leur venir en aide. Une initiative SOS Alpes solidaires s’est mise en place, pour « ne pas laisser les migrants mourir dans les cols ».

Près de 130 professionnels de la montagne (guides, accompagnateurs, pisteurs, gardiens de refuge) ont invité les élus, les journalistes et les citoyens à « s’encorder » le dimanche 17 décembre 2017 pour une marche au col de l’Échelle. Objectif : alerter les pouvoirs publics sur les dangers encourus par les migrants au passage des cols, particulièrement en hiver. Sur le modèle de SOS Méditerranée, ils lancent un SOS Alpes solidaires avec la signature d’une pétition demandant au gouvernement de ne pas surexposer les migrants au danger par des opérations de surveillance de gendarmerie. Ils demandent d’appliquer comme en mer la notion d’assistance à personne en danger.

Par une température glaciale ce sont plus de 300 personnes qui ont participé à cette « cordée solidaire » partie de Névache près de Briançon en direction du col de l’Échelle, entre la France et l’Italie. Ce col routier, fermé à la circulation en hiver, est devenu depuis plusieurs mois un lieu de passage des migrants qui n’ont aucun équipement ni aucune connaissance des risques en montagne. Ce danger est aggravé par la présence permanente de forces de gendarmerie qui sans cesse traquent les migrants.

Les organisateurs de cette manifestation qui ne veulent pas que les Alpes deviennent une seconde Méditerranée ont lu un communiqué, déclarant notamment: « La Méditerranée, les barbelés, les armées, les murs ne stoppent pas des personnes qui fuient leur pays. La montagne ne les stoppera pas non plus, surtout qu’ils en ignorent les dangers. Les professionnels de la montagne refusent que les Alpes deviennent le cimetière de ces personnes en détresse, c’est pour cela que l’on lance un SOS Alpes solidaires ».

En complément aux actions de sauvetage des migrants, de nombreuses initiatives ont été projetées : états généraux des migrations en 2018, initiatives citoyennes européennes, actions en justice, chiffrage des ressources et travail fournis par les citoyens…

« Il y a une crise de l’accueil et non une crise des migrants »

Georges Veyet, Joëlle Prévost

Photos Briançon Marche solidaire

Associations et citoyens solidaires font bloc

Soutenir le City Plazza

Gardez le City Plaza Hotel ouvert en 2018

Chers amis et camarades,

City Plaza, le “meilleur hôtel” dans une Europe aux barrières et au racisme croissants, fait aujourd’hui face à d’importantes difficultés financières. La campagne de collecte de fond internationale et les donations directes – qui ont été un succès durant la première année du projet – ont sévèrement diminué. C’est pourquoi, nous appelons une fois de plus à toutes les personnes et groupes qui ont rendu possible le projet de City Plaza à travers leurs contributions. Nous demandons aux groupes locaux et aux initiatives de diffuser le message et d’organiser des événements et soirées de solidarité. Nous demandons aux collectifs ou particuliers de se joindre à notre campagne, de partager nos vidéos et notre appel pour garder City Plaza en vie.Jusque ici, et depuis environ 20 mois, City Plaza a réussi à être une maison de dignité, de sécurité et de lutte pour plus de 1.700 personnes réfugiées – plus d’un tiers étant des bébés et enfants. Ceci est dû à l’effort infini d’une centaine d’activistes, à travers la solidarité et l’autogestion. Mais ce n’aurait pas été assez sans le support de nos donateurs et sans votre support.

City Plaza est entièrement basé sur le volontariat, sans aucun personnel rémunéré et fonds publics. Mais pour avancer, cela demande beaucoup de ressources. Pour le moment, City Plaza est à un important carrefour. Bien que les dépenses, quand on les compare aux camps officiels, soient plus basses de 1/5, les aliments frais et l’huile de cuisson prennent une grande portion du budget de City Plaza. Il y a aussi beaucoup d’autres dépenses – produits pour bébés, médicaments, lessive, matériel scolaire, produits de nettoyage et d’hygiène, etc.

City Plaza a besoin de votre soutien pour pouvoir continuer comme alternative de vie face à la dominante gestion européenne de l’immigration en Grèce.

Gardez le “meilleur hôtel en Europe” ouvert!

Rejoignez la campagne

https://youtu.be/3qHfyNIUsRo

 Le 22 avril 2016, 250 activistes et personnes réfugiées ont pris l’hôtel City Plaza dans le centre d’Athènes. L’hôtel et beaucoup d’autres affaires commerciales ont fermé pour plus de 6 ans après l’effondrement économique et à cause de la politique d’austérité gouvernementale. Cet hôtel abandonné a été transformé en un Espace de Logement et de Solidarité pour Réfugiés. Depuis, cette initiative de solidarité, durant plus de 600 jours, a assuré un logement gratuit et décent à plus de 1700 personnes dans l’hyper centre d’Athènes, sans la demande de leur nationalité ou permis de résidence. Ces personnes sont logées dans les 120 chambres de l’hôtel, 350-400 individus dans un même temps.

City Plaza a émergé comme une réponse directe du mouvement solidaire suite aux effets désastreux du Deal UE-Turquie et la fermeture militaire de la Route des Balkans. City Plaza a été squatté pour assurer aux personnes déplacées une alternative avec sécurité et dignité par rapport aux misérables, non hygiéniques et cruelles conditions des camps de réfugiés, hot-spots et des centres de détention. En faisant ça, City Plaza lance un message politique clair : des conditions de vie décentes pour tout le monde sont possibles, même dans un pays touché par la crise comme la Grèce.

En même temps, City Plaza est devenu un lieu de solidarité transnational et de lutte contre le régime de la migration en UE. Un espace de vie commune mais aussi un espace de lutte contre les nouvelles formes d’exclusions et de répressions qui ont émergé après le “long été de la migration” en 2015. Nous nous levons pour la liberté de bouger et le droit de rester, contre la coopération de l’UE avec les régimes autoritaires et répressifs en Turquie et en Libye. Nous condamnons la réimplantation de la pratique illégale de repoussement par le gouvernement grec et nous nous battons contre et les horribles conditions de vie pour les personnes réfugiées à l’est des îles Aegean.

Solidarity Will Win !

 

Contactez nous support@best-hotel-in-europe.eu

https://best-hotel-in-europe.eu/fr/gardez-le-city-plaza-hotel-ouvert/

SOS méditerranée : le calvaire des mères

Le calvaire des mères de la Méditerranée

11/12/2017

Ces derniers mois, la proportion de femmes et d’enfants parmi les naufragés secourus en mer par SOS MEDITERRANEE tend à augmenter, rendant d’autant plus criant le drame humain qu’endurent les migrants et les réfugiés de l’autre côté de la Méditerranée. La plupart des femmes accueillies à bord de l’Aquarius sont meurtries par des violences sexuelles répétées, la plupart des enfants sont nés ou ont grandi derrière les barreaux en Libye avant d’être poussés avec leur mère sur des embarcations de fortune en Méditerranée. Sans oublier les femmes enceintes.

Accouchement en cours sur l’Aquarius

A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’Aquarius navigue vers la Sicile avec à son bord 450 personnes originaires d’une vingtaine de pays différents d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Mali…), d’Afrique du Nord mais aussi d’Erythrée, de Syrie, de Libye, de Palestine, du Pakistan…

Parmi eux, 101 mineurs, dont 60 non accompagnés et 78 femmes, dont six sont enceintes. L’une d’elles a même commencé le travail et a été prise en charge par l’équipe médicale de Médecins Sans Frontières (MSF), partenaire médical de SOS MEDITERRANEE, dès son transbordement. Une date symbolique pour l’Aquarius, car aujourd’hui, 11 décembre, correspond justement à la date anniversaire de la naissance de Favour, qui voyait le jour sur l’Aquarius un an plus tôt, dans des conditions tout aussi difficiles.

Tous sont rescapés d’un probable naufrage et des exactions dans les camps de détention en Libye. Une jeune Guinéenne secourue samedi a ainsi raconté aux volontaires de SOS MEDITERRANEE comment, dans un centre de détention, elle a eu la lourde tâche d’appeler la famille d’une de ses codétenues pour lui annoncer une terrible nouvelle. « Le jour de la visite d’officiels guinéens dans la prison, mon amie a eu peur que ce soit un mensonge et d’être kidnappée et torturée, alors nous nous sommes cachées. Quelques jours plus tard, elle a été violée et frappée par nos tortionnaires libyens et elle est morte ».

« Allez mourir en Méditerranée »

Le 25 novembre dernier, l’Aquarius secourait un canot en bois où s’entassaient 421 personnes dont 40% étaient des femmes. Deux jours plus tôt, elles étaient 57 sur un total de 171 passagers à bord d’un canot pneumatique.

 « Ils nous ont dit : « allez mourir en Méditerranée » avant de nous pousser à bord du canot ». Cette phrase prononcée par une des femmes secourues en mer résonnait encore dans la tête des sauveteurs, des équipes médicales, de l’équipage de marins mais aussi des journalistes qui revenaient, éprouvés, de la trentième campagne de sauvetage de l’Aquarius en Méditerranée.

Sur le quai du port de Catane, en cette fin novembre ils regardaient, le cœur serré, les naufragés descendre un à un de la passerelle. Les femmes enceintes et familles avec enfants d’abord, puis les mineurs non accompagnés, puis les hommes. De tous ces visages, ils savaient que certains resteraient figés à jamais dans leur mémoire.

« Le lendemain du sauvetage du canot en bois, un jeune érythréen qui nous avait aidés comme interprète auprès des autres passagers qui ne parlaient que le tigrinien, m’a tiré par le bras et pris à part », racontait l’un des journalistes qui se trouvait à bord pendant cette semaine dramatique en Méditerranée.  « Il m’a emmené à tribord, jusqu’au banc en bois où nous nous asseyions encore la veille pour regarder le coucher de soleil. Recroquevillée dans sa couverture, la tête couverte d’un voile, une jeune femme visiblement angoissée l’attendait. « C’est ma femme, elle voudrait savoir si elle est enceinte » m’a dit le jeune homme. Je les ai immédiatement accompagnés à la clinique pour qu’ils puissent rencontrer la sage-femme » poursuivait le reporter d’un ton grave.

Ces enfants nés du viol

En sortant de la consultation, la jeune femme a fondu en larmes. Depuis des mois elle voyait son ventre gonfler, persuadée qu’il s’agissait d’une maladie, d’un « abcès » ou d’une infection due à la malnutrition, à l’eau non potable qu’elle n’avait eu d’autre choix que de boire pour survivre dans le désert, aux coups reçus par des passeurs ou au manque d’hygiène dans les centres de détention en Libye où il n’y avait ni sanitaires, ni visites médicales. Mais non, ce ventre enflé était le stigmate de la pire violence que cette jeune femme ait subie au cours de ce voyage : violée à répétition par des soldats au Soudan devant les yeux de son mari que les gardes venaient d’enchaîner à un parpaing en plein soleil.

« Malgré la souffrance que leur procurait la confirmation de cette grossesse, le jeune couple a eu le courage de nous raconter ce voyage atroce. Ils voulaient que le monde entier sache ce qu’endurent les réfugiés, et tout particulièrement les femmes de l’autre côté de la Méditerranée, pour faire en sorte que cela n’arrive à personne d’autre » poursuivait le journaliste. « Quelques minutes plus tôt une autre rescapée m’avait confié que toutes les femmes du groupe secouru la veille avaient été violées au moins une fois avant la traversée. Recueillir le témoignage de ce couple a été une prise de conscience brutale que tout cela était bien réel ».

Les équipes médicales à bord de l’Aquarius estiment qu’environ 8% des femmes retrouvées en mer sont enceintes. Même si beaucoup refusent de l’admettre, car ces grossesses sont souvent consécutives à des violences sexuelles répétées pendant la période d’incarcération en Libye et parfois avant même de quitter leur pays d’origine.

Les témoignages de ces femmes sont si terribles que les retranscrire est une épreuve en soi. « Une des femmes m’a expliqué qu’elle avait été pénétrée avec un canon de kalashnikov, à plusieurs reprises. Comment est-ce qu’un être humain peut imaginer et infliger de telles tortures à un autre être humain ? » confiait, hébétée, en début d’année, une sage-femme de l’Aquarius. « J’ai entendu certains récits similaires des dizaines et des dizaines de fois, mais je ne peux pas m’y habituer. Certaines des femmes ont été tellement malmenées, surtout les mineures, qu’elles ne font plus la différence entre une relation sexuelle consentie et un viol » poursuivait-elle.

Une jeune Nigériane de 24 ans lui confiait ainsi comment, un soir, elle avait dû fuir son village « à cause de Boko Haram ». « Cette nuit-là, j’ai perdu la trace de mes sœurs et un homme dans la rue m’a dit qu’il pouvait m’aider. Il m’a emmenée dans une maison où il y avait beaucoup d’Arabes et j’ai été violée. J’étais vierge. Je ne me rappelle pas de ce qu’il s’est passé après, mais quand je me suis réveillée, j’étais dans une voiture avec d’autres femmes et elles m’ont dit qu’on allait en Libye. J’ai été enfermée dans une prison et la seule échappatoire c’était le bateau pour l’Italie » lui racontait cette jeune femme qui venait de découvrir qu’elle était enceinte de 15 semaines. « Elle m’implorait : ‘Aidez-moi, je ne veux pas de cet enfant !’ ». Je me demande ce que toutes ces femmes sont devenues après le débarquement, j’espère qu’elles ont été prises en charge et protégées par les autorités européennes » s’inquiétait la sage-femme de Médecins Sans Frontière avant de quitter Catane pour repartir en mission à l’autre bout du monde.

« Mon bébé est né dans le désert »

A bord de l’Aquarius « la prise de conscience est brutale ». Les femmes secourues en mer, les mêmes qui exultent à la vue des premières lumières de la côte italienne, qui regardent l’horizon à travers les hublots avec un regard rempli d’espoir, ces femmes portent en elles des blessures profondes mais invisibles.  Les enfants qui se ruent sur les jouets et les crayons que leur tendent les volontaires, qui demandent un deuxième gobelet de porridge, qui font rire tout l’équipage épuisé par des opérations délicates, ces enfants sont pour la plupart nés dans le désert ou dans les centres de détention en Libye.

En cette fin novembre, les sauveteurs de SOS MEDITERRANEE ont retrouvé un bébé âgé de tout juste trois jours sur l’un des canots perdus au large de la Libye. Ils ont retrouvé aussi le corps d’une femme qui avait accouché quelques jours plus tôt d’un enfant mort-né sur une plage. Ils ont écouté enfin une des rescapées raconter comment une femme était morte en prison en Libye après avoir donné naissance à un bébé.

« Dans la prison, une femme est morte après avoir accouché, nous avions coupé le cordon ombilical avec du fil, parce qu’il n’y avait rien, pas de médecins, pas de soins. On ne se lavait pas. On nous mettait de la drogue dans la nourriture pour nous faire dormir, l’eau n’était pas potable » a raconté cette jeune maman camerounaise, en berçant un bébé. « Mon enfant est né dans le désert du Niger. En Libye nous avons été en prison pendant 5 mois à Sabratha, avec le bébé. Je continue de l’allaiter pour le protéger. Il a un an et demi, il fait plus grand que son âge, c’est à cause de tout ce qu’il a vu » poursuivait-elle en essayant de calmer le bébé en pleurs.

« Quand il ne pleure pas, tout ce qu’il dit c’est « pan pan pan », c’est à cause de ce qu’il entendait en Libye ».

A la veille des célébrations de Noël, le calvaire de ces mères, de ces femmes violées et persécutées, de ces enfants poussés vers la mort en Méditerranée dans les bras de leurs parents prend une dimension encore plus intolérable.

En 22 mois de mission, SOS MEDITERRANEE a secouru plus de 25 000 personnes en mer, dont 16% de femmes et près de 34% de mineurs.

Face à une situation d’urgence persistante et au manque de réaction des responsables européens devant la remise en cause de valeurs humaines fondamentales aux portes de l’Europe, l’Aquarius s’apprête à passer un nouveau Noël en Méditerranée centrale pour secourir ceux qui cherchent à fuir l’enfer, pour les protéger et pour continuer à témoigner de la réalité vécue par ces hommes, femmes et enfants en quête de protection.

Photo : Archives Anthony Jean / SOS MEDITERRANEE

source http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/le-calvaire-des-meres-de-la-mediterranee

Pour soutenir SOS Méditerranée http://www.sosmediterranee.fr/

Le récit du convoi solidaire de novembre

Le convoi de tous les dangers par ·  

Digne d’un polar !

Jamais convoi solidaire en Grèce n’a été aussi périlleux :
– barrage policier,
– filatures très visibles,
– pressions diverses,
– propagande médiatique,
– accusations délirantes,
– menaces fascistes explicites,
– plusieurs de nos lieux solidaires en grandes difficultés,
– l’un d’entre eux sur le point de mettre la clé sous la porte,
– attaque incendiaire néo-nazie sur un autre,
– inondations dramatiques,
– programme sans cesse chamboulé,
– six membres du convoi blessés par des policiers durant une manif,
– un autre arrêté et poursuivi en Justice puis libéré,
– un autre encore hospitalisé puis rapatrié en France…

On vous avait prévenus de longue date : ce convoi allait être plus politique que les précédents. Période importante. Météo moins clémente. Manif anniversaire. Nous savions également qu’après notre convoi très remarqué du printemps (26 fourgons), sous le feu malveillant des médias grecs, la surveillance du pouvoir et la haine des néo-nazis, nous serions probablement attendus. Sur les réseaux sociaux, début novembre, des fascistes cherchaient à savoir notre date exacte d’arrivée. Le pouvoir était également aux aguets. Qu’importe. Nous savions que ce serait compliqué et nous avions clairement prévenu nos candidats au voyage.

Contrairement au printemps, aucun enfant n’était admis dans le convoi, excepté Achille que nous avions prévu de laisser chez une parente à Athènes dès notre arrivée. Mais celle-ci, bien désolée, se décommanda au dernier moment, ajoutant une épreuve de plus durant le séjour : un petit gars de 8 ans avec nous dans ce qui allait devenir une véritable tempête.

Avec notre collectif Anepos, parallèlement à nos films solidaires, c’était la dixième fois depuis 2012 que nous coordonnions un transport de matériel vers nos lieux autogérés en Grèce, parfois très modestement avec de simples voitures, et c’était la quatrième fois durant l’année 2017 :
– 7 véhicules en janvier, dont 3 pour Athènes ;
– 26 fourgons en mars-avril (record absolu) ;
– 3 en août-septembre ;
– 16 véhicules en novembre-décembre, dont 15 fourgons et une voiture.

Au sens fort du mot convoi, c’était la deuxième fois seulement qu’on dépassait la quinzaine de véhicules et la trentaine de convoyeurs. Pour la plupart, nous venions du sud de la France : Bordeaux, Marseille et, surtout, les environs du Tarn (5 fourgons sur 16). D’autres nous avaient rejoint depuis la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, Limoges, la Bourgogne ou encore la Savoie, la Suisse et la Belgique. La moyenne d’âge était un peu plus élevée qu’à l’habitude et 18 convoyeurs sur 33 étaient déjà partis avec nous.

Seul regret : malgré notre appel pressant dans les réseaux antifascistes, plusieurs de nos camarades motivés avaient finalement du reporter leur départ. Nous n’étions donc qu’un quart des convoyeurs vraiment expérimentés dans ce domaine, alors que nous aurions souhaités être une bonne moitié dans ce profil, vu les circonstances délicates.

Cependant, le courage n’a pas manqué, personne dans le groupe n’a jeté l’éponge dans l’épreuve et, au final, dans des circonstances très difficiles, non sans quelques tensions inévitables, nous avons réussi à remplir tous nos objectifs, et plus encore, en participant également à la solidarité avec les sinistrés des inondations mortelles de l’ouest athénien.

Nous avons également battu le record absolu de soutien financier jamais apporté en convoi : 22 897 euros apportés contre 19 280 euros au printemps. Une somme répartie, à la suite de notre assemblée sur le ferry, entre 32 actions solidaires, principalement dans le quartier rebelle d’Exarcheia, mais aussi ailleurs à Athènes, ainsi qu’au Pirée, en Crète, à Lesbos ou encore à Thessalonique.

Une aide répartie, comme à l’habitude, environ à 50/50 entre précaires grecs et réfugiés/migrants, sans oublier le soutien aux camarades réprimés, poursuivis ou incarcérés.

Croulant sous les dettes, L’autre humain, fameux réseau de 17 cuisines sociales gratuites et autogérées, avait prévu de quitter avant la date du 15 décembre son lieu de vie spacieux dont la location n’était plus possible. Mais la solidarité de quelques dizaines d’ouvriers dans une usine voisine a finalement permis de rassembler un quart de la somme nécessaire. Alors, nous avons fait le reste, effaçant la totalité des dettes et assurant plusieurs mois de loyer d’avance.

Côté matériel, nous avons apporté une tonne et demi de lait infantile, plus de 10 000 couches, des soins et de la nourriture pour les bébés, des produits ménagers et d’hygiène, des fournitures médicales, des photocopieurs et des ordinateurs, de l’alimentation générale (nous avons aussi acheté un peu de frais sur place) et, bien sûr, des jouets très attendus, souvent accompagnés de messages, affiches, autocollants, ainsi que des dessins transmis par les écoles de Port-St-Louis dans les Bouches-du-Rhône. Valeur totale du chargement : environ 70 000 euros.

Tout ce qui a été demandé puis collecté a été transmis, sans exception, malgré les embûches, sans intermédiaire ni aucun frais, directement au mouvement social qui résiste en Grèce et organise l’entraide dans l’autogestion. C’était un défi cette fois, comme vous allez le voir en photos. Un défi relevé par mes 32 compagnons de voyage. Grand merci à elles, à eux d’avoir tenu bon dans l’adversité, chacun à sa façon. Même si ce ne fut pas toujours simple pour moi aussi, je leur tire mon chapeau, et Maud également.

Je n’en dis pas plus : les photos qui suivent vont vous résumer ce que nous avons traversé, durant ce dernier convoi solidaire de l’année, de mi-novembre à aujourd’hui, dans un tourbillon d’événements et une succession d’épreuves.

Merci à vous tou-te-s de votre soutien.

La suite au printemps. On en reparle en janvier.

Solidairement,

Yannis Youlountas

La suite ici, en images :
http://blogyy.net/2017/12/11/le-convoi-de-tous-les-dangers/
(récit, bilan, vidéos et photos, comme toujours libres d’usage)

 

16 décembre Tou-te-s à Menton

Le collectif de Grenoble soutient l’appel du CIIP de Grenoble

A Menton, le 16 décembre, de l’air, ouvrons la frontière !

Nous manifesterons contre leurs 40 000 kilomètres de murs, aussi longs que le tour de la Terre, contre leurs frontières érigées soi disant pour protéger à la fois du terrorisme et de tous ceux et de toutes celles qui cherchent refuge, des « murs anti migrants » comme le dit cyniquement le gouvernement britannique en parlant de celui de Calais !

Les frontières de la honte !

Le renforcement des frontières visent à matérialiser le rejet définitif de tous ceux et toutes celles qui fuient le chaos du monde. Misères, dictatures, et dérèglements climatiques ne sont pas des catastrophes « naturelles », elles sont le résultat des politiques néo coloniales de pillages économiques, de mises à sac des sociétés en Afrique, en Asie, au Moyen Orient, de la destruction des États par les guerres conduites par les gouvernements impérialistes occidentaux dont la France.

L’Union Européenne joue pleinement son rôle dans la construction d’une forteresse dorée protégée des plus pauvres. Ses dirigeants, c’est à dire les chefs des 28 États qui la composent, tentent d’unifier au maximum leurs politiques anti-migratoires autour d’un seul axe : bloquer le plus loin et le plus fermement possible les migrants qui, au prix de périples d’une extrême violence, parviennent quand même aux portes de l’Europe. L’UE cherche une cohérence politique commune pour que plus jamais, l’Espagne ne régularise massivement des étrangers, que l’Allemagne n’accueille 800 000 migrants, ou l’Italie ne crée une « Mare Nostra ». Pour arriver à ses fins, au mépris de toute morale, l’UE n’hésite pas à financer l’encampement des migrants en signant des accords iniques, comme les millions d’euros distribués au gouvernement turc depuis 2016 pour « parquer » des migrants.
D’autres accords sont en cours de conclusion avec le Maroc ou la Libye, au moment même où Macron crie au crime contre l’humanité dans ce pays, en découvrant (vraiment ?) le commerce des humains qui s’y déploie ! La Libye dont les structures ont été totalement détruites notamment par la guerre privée pourrie menée par Sarkozy !

Un règlement européen en négociation, qui s’imposera de droit à tous les États européens comme une frontière législative commune, prévoit le renvoi des personnes qui demandent l’asile dans des « pays tiers sûrs », ou des « morceaux de territoires sûrs ». Des régions du Soudan ou d’Afghanistan, voire de Libye à terme, pourraient être considérées comme sûres ! Le gouvernement français toujours à la pointe de l’horreur, travaille déjà sur un projet de loi anti immigration pour 2018

Tous sur la frontière italienne le 16 décembre

Les accords de Schengen ont été suspendus temporairement depuis novembre 2015 pour permettre les contrôles aux frontières dans toute l’espace Schengen. Ainsi à la frontière franco italienne, les CRS et policiers de la PAF contrôlent systématiquement les personnes « d’apparence migrante » (!). Depuis le 13 novembre 2015, la libre circulation est vraiment supprimée. Et avec elle, un autre droit : celui de pouvoir déposer une demande d’asile.

D’après Eurostat, en 2016, 54 500 personnes ont été empêchées de rentrer sur le territoire français, elles seraient 90 000 cette année.
Chaque jour 100 à 150 personnes sont refoulées à la frontière italienne au motif qu’elles n’avaient pas de titre valide d’entrée sur le territoire. Elles ont été retenues quelques heures ou toute une nuit dans des algécos et au premier étage de la gare de Garavan. Des mineurs, des majeurs souvent afghans, soudanais et érythréens y ont été entreposés sans lits, sans matelas, sans nourriture avant d’être renvoyés dans un train pour Vintimille.
Ce sont des lieux et des procédures qui n’ont aucune existence légale. Juste une simple décision d’un préfet et des « petits arrangements » avec les autorité italiennes !

Ouvrons les frontières !

Des procédures qui n’existent pas pour des personnes dont les États, ici français et italiens, dénient tout simplement le droit à la vie ! Par tout cela, nous sommes révoltés et nous voulons mettre en actes notre colère pour que ça change vraiment maintenant ! Nous serons nombreux près de la frontière, plusieurs manifestations vont s’y dérouler sous des formes différentes, à Névache, au pied du col de l’échelle, à Briançon. Toutes dénonceront ce monde empoisonné par un système économique profondément injuste, inégalitaire et cynique, destructeur des personnes, de leur humanité et de la planète. Ils diront leur volonté, aux côtés et avec de nombreuses personnes qui cherchent refuge, de résister à l’oppression subie, d’inventer un monde solidaire. Parce que c’est notre droit, notre liberté et notre devoir communs.

Avec la Cisem et d’autres organisations, associations, partis, avec de nombreux collectifs unitaires locaux, répondant à l’appel de l’association Roya solidaires, du collectif solidarité migrants 06 et de la coordination sans papiers 75, nous irons manifester à Menton Garavan. Pour l’ouverture des frontières, le droit d’aller et venir, de se fixer où nous voulons, pour la fin de la criminalisation des migrants et des personnes solidaires. Et nous lutterons jusqu’à ce que nous gagnions !

Il reste encore des places dans le car, on peut encore s’inscrire au CIIP

source http://www.ciip.fr/spip.php?article1451

Grèce. Il faut mettre les demandeurs d’asile en sécurité avant l’arrivée de l’hiver

Le gouvernement grec, avec le soutien des dirigeants de l’Union européenne (UE), doit agir maintenant, avant le début de l’hiver, et mettre fin à la politique de la Grèce qui cherche à endiguer le flux des réfugiés, ont déclaré 12 organisations humanitaires et de défense des droits humains à l’occasion du lancement de leur campagne le 1er décembre 2017.

Ces organisations ont entamé le compte à rebours jusqu’au 1er jour officiel de l’hiver, le 21 décembre 2017. Elles ont déclaré que le Premier ministre Alexis Tsipras, avec l’appui des dirigeants de l’UE, doit transférer immédiatement les demandeurs d’asile sur le continent, vers des conditions meilleures, et prendre des mesures concrètes d’ici au 21 décembre pour qu’aucun ne reste dehors dans le froid.

Au 1er décembre, les « hotspots » (centres d’enregistrement) de Lesbos, Chios, Samos, Leros et Kos accueillaient 7 400 personnes de plus que leur capacité initiale : soit 12 981 personnes dans des centres dont la capacité ne dépasse pas 5 576 places. Des milliers d’entre elles, dont des femmes seules, des femmes chefs de famille et de très jeunes enfants, vivent sous des tentes d’été, la plupart dormant sur le sol, et sont exposées au froid, à l’humidité et à la pluie, au fur et à mesure que les conditions météorologiques se dégradent. Certaines femmes sont contraintes de partager les tentes et les conteneurs avec des hommes n’ayant aucun lien de parenté avec elles, ce qui met en danger leur vie privée et leur sécurité. L’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux services de santé est insuffisant.

Ce sera le deuxième hiver que les demandeurs d’asile doivent passer sur les îles dans des centres inadaptés depuis l’entrée en vigueur de l’accord UE-Turquie en mars 2016. L’hiver dernier, trois hommes sont morts sur l’île de Lesbos en six jours, entre le 24 et le 30 janvier. Bien que la cause de ces décès n’ait pas fait l’objet d’une déclaration officielle, ils ont été attribués à un empoisonnement au monoxyde de carbone dû aux appareils de chauffage improvisés que les réfugiés utilisent pour chauffer leurs tentes glacées. Fin 2016, une explosion sans doute causée par une bonbonne de gaz a tué une femme kurde et sa petite-fille, toute jeune, qui dormaient aussi sous une tente à Lesbos.

Les responsables européens et grecs invoquent l’accord UE-Turquie pour justifier la politique visant à contenir les réfugiés et les migrants. Cette politique, mise en place dans le cadre de l’accord, contraint les demandeurs d’asile arrivant sur les îles grecques à y rester jusqu’à ce qu’ils obtiennent une réponse à leur demande, sans prendre en compte le nombre de places disponibles ni l’accès adéquat aux services. Toutefois, forcer les demandeurs d’asile à vivre dans des conditions qui violent leurs droits et nuisent à leur bien-être, leur santé et leur dignité, ne peut se justifier, ont déclaré les organisations. Certains, arrivés sur les îles aux premiers jours de l’accord, y sont bloqués depuis 20 mois.

Dans le cadre de leur campagne, les organisations s’unissent pour dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles vivent les demandeurs d’asile pris au piège sur les îles, demander aux citoyens européens de s’impliquer, suivre la réponse du gouvernement grec et des dirigeants de l’UE et en informer les populations.

Organisations participant à la campagne :

Amnesty International, Caritas Hellas, Conseil grec pour les réfugiés, Help Refugees, Human Rights Watch, Comité international de secours, Service jésuite des réfugiés, Oxfam, Praksis, Commission espagnole pour les réfugiés (CEAR), Solidarity Now, Terre des Hommes

https://www.amnesty.fr/presse/grce-il-faut-mettre-les-demandeurs-dasile-en-scuri

 

Le diabolique projet de l’Europe pour les demandeurs d’asile

Par Carine Fouteau . Mediapart

Mediapart s’est procuré la toute dernière version du règlement européen en cours de négociation à Bruxelles, qui permet le renvoi de demandeurs d’asile vers des « pays tiers sûrs ». La définition de ce concept est élargie au point qu’un pays comme la Libye pourrait, à terme, être concerné pour peu que certaines régions se stabilisent, par exemple autour de Tripoli.

Lors du cinquième sommet UE-Afrique, qui doit se dérouler les 29 et 30 novembre à Abidjan, en Côte d’Ivoire, les chefs d’État européens ne vont pas manquer de s’indigner des violences dont sont victimes les migrants subsahariens en Libye, à la suite de l’émoi mondial provoqué par la diffusion du reportage de CNN apportant la preuve de pratiques esclavagistes dans ce pays. Mais il est à peu près certain qu’ils ne diront pas un mot du forfait qu’ils sont en train de préparer en toute discrétion à Bruxelles à l’encontre des demandeurs d’asile.

Sur une proposition de la Commission européenne, ils sont en train de négocier, au sein du Conseil européen, les termes d’un règlement « instituant une procédure commune en matière de protection internationale » qui constitue un reniement fondamental au regard du droit d’asile tel qu’il est conçu depuis la signature de la Convention de Genève en 1951.

Ce texte (à consulter dans sa version de départ), d’application directe dans les législations nationales (c’est-à-dire ne nécessitant pas de transposition – à la différence des directives), prévoit que les États membres puissent considérer comme « irrecevables » les demandes d’asile de personnes ayant transité, avant d’arriver en Europe, dans un « pays tiers sûr » et, dès lors, les y renvoyer afin qu’y soit prise en charge leur demande de protection internationale.Par « pays tiers sûr », il faut entendre des pays hors de l’Union européenne censés garantir les droits de l’homme. L’article 45, qui définit le concept de « pays tiers sûr », évoque notamment le fait que, dans ces pays, les « demandeurs n’ont à craindre ni pour leur vie ni pour leur liberté en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social particulier ou de leurs opinions politiques ». Sont potentiellement concernés la totalité des pays voisins de l’Union européenne. La France pourrait ainsi renvoyer vers les pays du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc) l’immense majorité des exilés subsahariens qui y seraient passés avant de traverser la Méditerranée.

Mais cela ne s’arrête pas là. Mediapart s’est procuré la dernière version (non définitive) de l’article 45, qui est particulièrement alarmante puisqu’elle précise qu’un pays peut être déclaré comme sûr à l’exception d’une ou plusieurs de ses régions ou d’une ou plusieurs catégories de personnes. Dit autrement, cela revient à déclarer comme sûrs des pays dont certaines régions sont en guerre (mais pas toutes) ou dont certaines catégories de personnes sont menacées (mais pas toutes). Certains observateurs redoutent que cet élargissement de la définition ne permette d’y faire entrer des pays aussi instables que la Libye pourvu qu’un de ses territoires, par exemple autour de Tripoli, fasse taire le bruit des armes.

Cette notion de « pays tiers sûr » constitue une révolution dans le droit d’asile, car elle permettrait que des exilés en quête de protection soient réexpédiés sans que leur demande n’ait été examinée dans un pays de l’UE. Plutôt que de les interroger sur les violences politiques ayant provoqué leur exil, plutôt que de chercher à évaluer la crédibilité de leur témoignage, plutôt que de rassembler les indices attestant leur persécution, il s’agirait de retracer leur trajectoire : au cours des milliers de kilomètres parcourus pour fuir leur pays, ont-ils traversé un pays dans lequel ils pourraient vivre en sécurité ? Peu importent les sévices subis (viol, enfermement arbitraire, harcèlement, rançon, torture, etc.), il faudrait trouver une terre d’accueil, la plus éloignée possible de l’Europe.

Ce concept de « pays tiers sûr » est déjà inscrit dans la directive européenne dite « procédure » adoptée le 26 juin 2013 mais, à la différence du règlement en préparation, ce texte laissait aux États la faculté de ne pas le mettre en œuvre ; selon Gérard Sadik, de la Cimade, 19 pays l’ont adopté, parmi lesquels seuls deux l’appliquent de facto : il s’agit de la Hongrie, qui renvoie quasi systématiquement les demandeurs d’asile arrivés sur son sol en Serbie ; et de la Grèce, qui renvoie en Turquie des demandeurs d’asile syriens et afghans.

Pour ce faire, la Grèce s’appuie sur l’accord politique entre l’Union européenne et la Turquie signé en mars 2016. Bruxelles considère ce texte, contesté juridiquement, comme un succès dans la mesure où, depuis sa conclusion, le nombre de traversées via la mer Égée a drastiquement chuté (même si une légère hausse est observée depuis quelques semaines).

Le nouveau règlement en cours de négociation consiste en une généralisation de cet accord UE-Turquie, décrié par l’ensemble des ONG ainsi que par l’ONU. Il met en cause l’un des principes fondamentaux de l’asile, inscrit dans la Convention de Genève de 1951, selon lequel chaque demandeur d’asile a le droit de voir sa situation personnelle examinée dans le pays dans lequel il sollicite une protection. En France, il contrevient au préambule de la Constitution qui affirme que « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ».

Le droit d’asile y a été consacré par le Conseil constitutionnel dans une décision du 13 août 1993 qui établit que « l’étranger qui se réclame de ce droit [doit être] autorisé à demeurer provisoirement sur le territoire jusqu’à ce qu’il ait été statué sur sa demande ». Comme l’indique Gérard Sadik, les États membres favorables à la notion de « pays tiers sûr » se fondent sur la notion de subsidiarité de la demande d’asile, qui fait que les États peuvent considérer qu’ils ne sont pas tenus d’examiner la demande si la personne n’est pas venue directement depuis son pays d’origine.

« Cette dérive est extrêmement grave »

La France, jusqu’à présent, avait résisté. Lors de la mandature de François Hollande, la loi sur l’asile de 2015 n’avait pas repris ce concept de « pays tiers sûr », qui n’a donc pour l’instant aucune existence juridique dans le droit français. Mais il en va tout autrement sous l’actuelle présidence d’Emmanuel Macron. Anticipant le vote de ce règlement à l’échelon européen, le ministre français de l’intérieur, Gérard Collomb, l’a inscrit dans son pré-projet de loi sur l’asile et l’immigration, pas encore présenté en conseil des ministres.

Ce même Emmanuel Macron, qui distingue les « réfugiés » – qu’il faudrait accueillir sous peine de perdre notre honneur – des « migrants économiques » – devenus indésirables –, pousse le cynisme jusqu’à prévoir de fermer la porte aux demandeurs d’asile eux-mêmes. Gérard Sadik note qu’entre 1992 et 1996 cette notion de « pays tiers sûr » avait été appliquée « de manière sauvage » aux frontières françaises, notamment à l’aéroport de Roissy, avec le renvoi de demandeurs d’asile vers le Cameroun ou la Tanzanie.

Cette pratique avait cessé à la suite d’un arrêt du Conseil d’État (à l’époque le commissaire du gouvernement, à savoir le rapporteur public, n’était autre que Jean-Marie Delarue, ex-contrôleur général des lieux de privation de liberté), qui établissait que cette notion était contraire à la Convention de Genève et à la Constitution française.

Seule la prise de conscience de certains États membres et des eurodéputés pourra permettre d’éviter le pire. La négociation est en cours : le texte peut encore faire l’objet d’allers et retours entre les ministres de l’intérieur du Conseil européen ; un accord devra ensuite être trouvé entre la Commission, le Conseil et le Parlement. Sylvie Guillaume, députée française membre du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, rappelle que le texte a encore beaucoup de chemin à faire avant d’être adopté. Mais elle estime qu’il « mérite une certaine attention car les définitions qu’il aborde modifient le concept de pays tiers sûr ».

« Cela témoigne, estime-t-elle, d’une certaine fébrilité des États membres sur le sujet. » « En aucune manière, je n’accepterai d’élargir cette notion à des morceaux de territoire », dit-elle, ajoutant qu’elle n’est pas opposée au concept dans sa version classique, pourvu que son application reste optionnelle.

Membre de la délégation française du Front de gauche/Alliance des Outre-mers, Marie-Christine Vergiat est, elle, totalement opposée à la notion même de « pays tiers sûr ». « Les États membres font tout pour externaliser la demande d’asile à des pays tiers ; il s’agit d’une politique raciste et xénophobe car, si l’on regarde de près, on se rend compte que sont principalement concernés les demandeurs d’asile venus d’Afrique. Plus on bloque les voies légales d’entrée dans l’Union européenne, plus on fait le jeu des trafiquants », insiste-t-elle.

Responsable du programme Protection des populations à Amnesty International France, Jean-François Dubost est particulièrement inquiet des évolutions en cours (lire l’entretien d’Amélie Poinssot). Il estime que l’Allemagne et la France sont à la manœuvre dans cette tentative d’assouplir les conditions. « On est là dans une logique de gestion, pas du tout de protection, estime-t-il. La Convention de 1951 qui instaurait le droit d’asile ne déterminait d’ailleurs pas de “pays sûrs”. » « Cette dérive est extrêmement grave, ajoute-t-il. D’abord parce que les régions qui vont être considérées comme sûres sont déjà en première ligne pour l’accueil des réfugiés. Ensuite parce que c’est la volonté de contrôle qui va être le critère des Européens pour déterminer qu’une région est sûre ou non. Rien, dans le droit international, ne permet de déterminer ce qu’est un “pays sûr”. Ce n’est pas une notion juridique, c’est une construction européenne. »

Depuis la signature de l’accord UE-Turquie, « on sent une volonté de la Commission européenne de pousser à ce type d’accord avec d’autres pays, comme la Libye, avec cette idée de “région sûre” ». « C’est la même logique de “containment”, de blocage des personnes le plus en amont possible des frontières européennes. Ce n’est pas une idée nouvelle, mais on est entré dans une phase plus opérationnelle. Renvoyer les migrants présente en outre l’avantage d’éloigner le sujet des yeux des populations européennes… Tout cela s’inscrit dans une logique complètement assumée côté européen », se désespère-t-il.

SOS Méditerranée : semaine dramatique

Semaine dramatique en Méditerranée : plus de 800 naufragés sauvés par l’Aquarius

L’Aquarius, affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières a secouru 808 personnes en mer en moins d’une semaine : 387 au cours de 3 opérations mercredi et jeudi (cf. communiqué du 23 novembre) et 421 ce samedi 25 novembre au cours d’une seule opération de sauvetage d’un canot surchargé.

Le canot en bois a été repéré samedi matin grâce à un survol aérien puis approché par un navire de la marine marchande. Les opérations de sauvetage déclenchées à 13h30 se sont déroulées à 24 miles marins de la côte libyenne à l’est de Tripoli, sous la coordination du MRCC (Centre de coordination des secours en mer) de Rome.

Au terme de ces opérations qui ont duré trois heures, l’ensemble des 421 passagers entassés sur une seule embarcation ont été transférés sains et saufs à bord de l’Aquarius et pris en charge par l’équipe médicale de Médecins sans Frontières.

« Le professionnalisme de l’équipe de marins-sauveteurs a permis de mener à bien un sauvetage délicat. Le bateau en bois était tellement surchargé qu’il en devenait très instable. Un instant de panique à bord aurait suffi à le faire chavirer ne laissant aucune chance aux personnes, dont de nombreuses femmes et beaucoup d’enfants entassés dans la cale. Grâce au sang-froid des équipes et à des conditions météorologiques favorables, le pire a été évité » a souligné Nicola Stalla, le coordinateur des secours de SOS MEDITERRANEE.

A la fin des opérations de sauvetage, conformément à la procédure, les coordonnées exactes de la position du canot en bois ont été transmises aux autorités compétentes ayant mandat de procéder à sa destruction.

L’Aquarius fait désormais route vers le nord pour le débarquement des 421 rescapés à Catane, en Sicile.

De nombreux naufragés présentent des cicatrices de violences, des signes de malnutrition, de déshydratation et de fatigue extrême. Une femme enceinte de neuf mois, qui a ressenti les premières contractions à bord du canot en bois, a été prise en charge par la sage-femme de Médecins Sans Frontières à bord de l’Aquarius.

Transférés de Sabratha à Bani Walid « à cause de la guerre »

Selon les témoignages recueillis à bord par les volontaires de SOS MEDITERRANEE, les rescapés secourus samedi faisaient partie d’un même groupe détenu pendant plusieurs mois à Sabratha, puis récemment transféré à Bani Walid, connu pour être une plaque tournante du trafic d’êtres humains en Libye.

« Nous étions tous dans la même prison à Sabratha. A cause de la guerre là-bas, il y a un mois, on nous a séparés en groupes de 20 personnes, mis sur des pick-up, et transférés à Bani Walid, puis entassés dans une autre prison où nous avons passé un mois. Hier (la veille du sauvetage, ndlr.), nous avons été transférés dans un autre endroit, sur une plage où nous avons dû attendre en plein soleil, sans eau et sans nourriture. Le canot est parti de Libye vers 6 heures du matin » a ainsi affirmé un Erythréen de 26 ans, aux volontaires de SOS MEDITERRANEE.

« Dans les prisons, on nous battait avec des fils électriques. Les Libyens n’ont pas d’humanité. Tout le groupe, nous appartenions tous au même homme, « le boss ». 600 autres personnes appartenaient à un autre boss. Tout le monde ne paye pas le même prix pour la traversée. Certains ont payé 1000 dollars, mais un autre m’a dit qu’il avait payé 6000 dollars » a encore ajouté le même témoin.

Epilogue d’une semaine dramatique en Méditerranée                                             

Après avoir secouru 387 personnes les 22 et 23 novembre et avoir retrouvé le corps sans vie d’une jeune femme à bord d’un canot pneumatique jeudi, l’équipage de l’Aquarius a été vendredi témoin impuissant de l’interception de plusieurs embarcations par les garde-côtes libyens dans les eaux internationales.

Vendredi matin à l’aube, l’Aquarius a repéré une première embarcation en détresse dans les eaux internationales à l’est de Tripoli à 25 miles nautiques des côtes, puis une deuxième, mais a reçu l’ordre de rester en « stand-by », la coordination des opérations étant assumée par les garde-côtes libyens et à la marine libyenne pour ces deux sauvetages.

L’équipage de l’Aquarius, resté à distance conformément aux instructions reçues des autorités italiennes et pour des raisons de sécurité face à la présence des unités libyennes, a ainsi été témoin dans les eaux internationales de l’interception de ces 2 embarcations en détresse, alors que sa proposition d’assistance était déclinée par les garde-côtes libyens.

« Nous avons repéré un bateau pneumatique dont nous savions, vu les conditions météo et les conditions du bateau, qu’il pouvait se briser et couler d’une minute à l’autre. Nous sommes restés prêts à intervenir avec notre équipe de marins sauveteurs et notre équipement professionnel. Pendant les quatre heures de stand-by, les conditions météo se sont dégradées, augmentant le risque de naufrage. Nous étions prêts à lancer l’opération de sauvetage à tout moment. » a précisé Nicola Stalla, le coordinateur des secours de SOS MEDITERRANEE à bord de l’Aquarius.

« Cet évènement dramatique est un moment extrêmement dur pour nos équipes, contraintes d’observer, impuissantes, des opérations conduisant à renvoyer vers la Libye des personnes fuyant ce que les rescapés décrivent comme un véritable enfer, et que nous n’avons eu de cesse de dénoncer depuis le début de notre mission en Méditerranée. SOS MEDITERRANEE, organisation civile européenne de sauvetage en mer, ne peut accepter ni de voir des êtres humains mourir en mer ni de les voir repartir vers la Libye lorsque leur embarcation est interceptée par des garde-côtes libyens. Malgré les conditions actuelles particulièrement difficiles en haute mer, notre devoir est de rester présents pour secourir ceux qui cherchent à fuir l’horreur des camps libyens, pour les protéger et pour continuer à témoigner de la réalité vécue par ces hommes, femmes et enfants en quête de protection » a déclaré Sophie Beau, co-fondatrice et vice Présidente de SOS MEDITERRANEE International.

source http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/sauvetages-251117

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