Titre de la catégorie

Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait.

Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés

En Grèce la situation des exilés à l’approche de l’hiver

Les migrants affrontent l’hiver dans des conditions misérables après les « coupes » des fonds publics :

Le journal britannique The Guardian vient de sortir un article accablant sur la situation des migrants dans les camps des Iles de la Mer Égée qui affrontent l’hiver dans des conditions misérables, vivant au milieu des ordures, des souris et des rats.

« Le régime d’asile grec est paralysé par les coupes dans le secteur public imposées lors du sauvetage de l’UE dans le pays, a déclaré un émissaire des Nations unies, alors que les militants avaient mis en garde contre une crise hivernale imminente pour les réfugiés et les migrants.

Les députés accusent le système d’asile européen d’être responsable des conditions humanitaires en Grèce, où des milliers de personnes sont bloquées dans des camps sordides mettant en péril leur santé physique et mentale.
Philippe Leclerc, représentant de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés à Athènes, a déclaré que la politique de l’Union européenne à l’égard de la Grèce pendant la crise de la dette était « totalement légitime », mais a souligné les conséquences imprévues sur la migration.

«C’est un État qui est affecté par les conséquences de la crise financière et par les mesures de contrôle des dépenses publiques […] vous avez donc une situation d’urgence sur les îles et sur le continent, où l’État n’est pas pleinement équipé pour y faire face.»

Il parlait au Guardian quelques jours après que le HCR ait appelé la Grèce à prendre des «mesures urgentes» pour améliorer les conditions de vie de 11 000 personnes dans des camps sales et insalubres sur les îles de Samos et de Lesbos.

Les hauts responsables européens sont choqués par les camps, en particulier à Samos, où 4 000 personnes vivent dans des conditions misérables au centre de réception de Vathy, six fois plus que leur capacité d’accueil.

Les nouveaux arrivants plantent des tentes fragiles sur les pentes abruptes autour des camps et n’ont pas accès à l’électricité, à l’eau courante ni aux toilettes. Dans les camps, les toilettes et les douches brisées font que les gens vivent à côté des eaux usées non traitées. Les habitants du camp doivent également faire face à des serpents et des rats se nourrissant de déchets non collectés. « C’est censé être le continent le plus riche et le plus civilisé du monde », a déclaré l’eurodéputée libérale néerlandaise Sophie in ‘t Veld. « Cela se passe sous notre nez. »

Les responsables de l’UE estiment que les ministères grecs ne sont pas en mesure de coordonner ou de dépenser des fonds de l’UE pour aider les demandeurs d’asile: l’UE a alloué 1,6 milliard d’euros (environ 1,4 milliard de livres sterling) depuis 2015, mais au moins 554 millions d’euros n’ont pas été dépensés par les autorités grecques.

Bruxelles craint que le ministère de la Défense, dirigé par Panos Kammenos du parti de droite nationaliste Grecs indépendants, ne donne pas la priorité aux besoins humanitaires des réfugiés. Le ministère, l’un des principaux départements gouvernementaux chargés de superviser les camps de réfugiés, a été au centre des allégations de fonds mal dépensés de la part de l’UE, affirmant qu’il a été rejeté comme une « fausse nouvelle ». L’agence de lutte antifraude de l’UE, OLAF, a confirmé qu’elle avait «ouvert une enquête sur de prétendues irrégularités concernant les dispositions relatives à l’alimentation pour les réfugiés financée par l’UE», mais a refusé de commenter davantage.

L’UE s’inquiète de plus en plus de l’augmentation du nombre d’arrivées en Grèce, qui exerce des pressions sur un système en retard. La Grèce abrite 67 100 réfugiés et migrants et a vu une augmentation soudaine du nombre de personnes franchissant la frontière terrestre avec la Turquie. Le nombre de détections de passages illégaux à la frontière terrestre nord a triplé, a déclaré Krzysztof Borowski, de l’Agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes (Frontex). « Cela ajoute à la pression sur la Grèce. »

La plupart des Turcs fuyant la persécution politique font la traversée périlleuse du fleuve Evros qui coule rapidement. En octobre, le nombre d’inscriptions de ressortissants turcs était passé de 6 500 l’année dernière à 18 700, selon Frontex. Les Syriens et les Iraquiens se joignent de plus en plus au flot alors que la rumeur dit que la frontière terrestre est plus facile à franchir.

À l’approche de l’hiver, les ONG mettent en garde contre une crise en devenir. « Il y a environ 400 personnes dans le nord qui vivent encore dans des tentes », a déclaré Ruben Cano, qui dirige la section d’Athènes de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. « Le système d’accueil en Grèce est submergé en partie parce que le pays doit supporter un fardeau trop lourd. »

L’afflux de réfugiés pèse de plus en plus lourdement sur un service d’asile soumis à de graves contraintes budgétaires.
«Les gens travaillent dans des conditions défavorables. Il y a clairement un problème de capacité du personnel que nous devons résoudre », a déclaré Markos Karavias, directeur du service d’asile grec.

Les profondes coupes dans le secteur public ont contribué à la lenteur notoire des procédures d’asile en Grèce. La Grèce ne dispose pas de suffisamment de juges pour entendre les appels, ni de médecins et de psychologues pour procéder à des évaluations des demandeurs vulnérables.

Une conséquence est que peu de demandeurs d’asile et de migrants sont renvoyés en Turquie, une possibilité créée par un accord controversé entre l’UE et Ankara en 2016.

Bruxelles pense que les passeurs, conscients des lacunes administratives, redoublent d’efforts pour faire venir les gens en Grèce. «En ne retournant pas [des îles en Turquie], vous créez un puissant modèle marketing [pour les passeurs]», a déclaré une source de l’UE.

Les députés disent qu’il est faux de blâmer la Grèce. L’Eurodéputé néerlandais de ‘t Veld a imputé« le dysfonctionnement du conseil »- dirigeants de l’UE et ministres de l’Intérieur – aux insuffisances du système d’asile.

Les États membres de l’UE restent dans l’impasse sur un système permanent de quotas de réfugiés, un différend qui menace de retarder une refonte plus large du système européen d’asile, comprenant sept lois. »

Source The GUARDIAN https://www.theguardian.com/…/immigrants-greece-winter-cris…

Procès des 7 de Briançon

Procès des 7 de Briançon : des peines de prison requises et une mobilisation citoyenne très forte (La cimade)

L’audience du procès des 7 de Briançon poursuivis pour « aide à l’entrée sur le territoire français d’étrangers en situation irrégulière en bande organisée », qui s’est tenue le 8 novembre, a été marquée par la force et l’endurance de la défense et la mobilisation pacifique continue à l’extérieur du tribunal de Gap. Le verdict a été mis en délibéré au 13 décembre 2018.

C’est dans une ambiance tendue que l’audience s’est tenue pendant plus de 17 heures hier au tribunal correctionnel de Gap. Les longs débats, qui ont duré près de 11 heures, n’ont pas permis d’établir le caractère délictueux des faits reprochés, mais a été réaffirmé le caractère fondamental du droit de manifester.

Au terme d’1h30 de réquisitoire et après avoir finalement (et enfin !) abandonné la circonstance aggravante de « bande organisée », le Ministère public n’a même pas pris la peine d’établir la responsabilité individuelle de Bastien, Benoit, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo concernant les infractions qui leur étaient reprochées, principe pourtant indispensable en droit pénal. Il a néanmoins demandé au tribunal de condamner chacun des prévenu·e·s à respectivement 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple pour Bastien, Benoit, Eleonora, Lisa et Théo ; 12 mois dont 8 avec sursis simple pour Juan ; et 12 mois dont 8 avec sursis avec mise à l’épreuve pour Mathieu.

En revanche, les avocat·e·s de la défense (Me Binimelis, Me Brengarth, Me Chaudon, Me Djermoune, Me Faure-Brac et Me Leclerc) ont brillamment démonté, aux termes de 3h10 de plaidoiries, un à un les quelques éléments avancés par le Parquet, et ont démontré qu’il n’y avait pas d’infraction à reprocher à des « marcheurs solidaires ». Le procès a également permis aux avocat·e·s et aux prévenu·e·s de dénoncer, à nouveau, les violations quotidiennes des droits des personnes migrantes commises par les forces de l’ordre à la frontière franco-italienne, les agissements illégaux restés impunis à ce jour du groupuscule Génération Identitaire et les tentatives d’entraves au droit fondamental de manifester à la fois des prévenu·e·s mais aussi des personnes exilées.

En face du tribunal, un rassemblement pacifique de soutien a réuni plus de 2 500 personnes venues de la région de Gap, de Briançon, de Marseille, Toulouse, Grenoble, etc. Collectifs, associations françaises et européennes et militant·e·s étaient rassemblé·e·s pour soutenir les prévenu·e·s et dénoncer les pressions, intimidations et poursuites à l’encontre des militant·e·s, et porter haut et fort leur attachement à la solidarité dans les Alpes et au-delà. C’est dans un esprit pacifique et déterminé que le soutien s’est organisé de 7 heures à 2 heures du matin, malgré une présence policière disproportionnée. La préfecture avait mobilisé plus d’une dizaine de camions de CRS, plus d’une dizaine de camions de gendarmes, de nombreux policiers en civil, et même un canon à eau.

En plus des poursuites intentées par le procureur de Gap contre Bastien, Benoit, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo, d’autres bénévoles solidaires des personnes migrantes de Briançon sont convoqués devant la justice en janvier 2019, comme Pierre de l’association Tous Migrants.

Christophe Deltombe, président de La Cimade, a dénoncé l’acharnement de certains procureurs contre celles et ceux qui défendent les droits humains en venant en aide aux personnes migrantes. Nos partenaires associatifs, notamment l’Anafé, le Comité de soutien et Tous migrants ont également témoigné de la situation très difficile à la frontière franco-italienne et du besoin de plus de solidarité active avec les personnes migrantes.

Soutenues par près de 50 000 personnes qui ont déjà signé la pétition lancée par les organisations signataires, les organisations ont publiquement appelé le tribunal à se prononcer en faveur de la relaxe des 7 de Briançon, et continuent à demander l’abandon de toutes les poursuites pour délit de solidarité contre les personnes, dans les Alpes et ailleurs, qui agissent dans un esprit de fraternité.

Source et photos  https://www.lacimade.org/proces-des-7-de-briancon-des-peines-de-prison-requises-et-une-mobilisation-citoyenne-tres-forte/

L’aquarius à nouveau attaqué

Chers amis,

A l’heure où l’Aquarius est la cible de nouvelles attaques, il nous semble important de vous donner en direct quelques explications sur la situation.

Ce lundi 19 novembre, les autorités judiciaires italiennes ont demandé la mise sous séquestre de l’Aquarius et ont engagé des poursuites contre notre partenaire médical, Médecins Sans Frontières (MSF). Cette mise en examen fait suite à une enquête ouverte par le Bureau du Procureur général de Catane (Italie) – qui avait déjà lancé par le passé des poursuites contre d’autres navires humanitaires – sur des prétendues anomalies observées dans le traitement des déchets à bord – en particulier les restes alimentaires, les vêtements des personnes secourues et les déchets issus des activités médicales.

MSF va faire appel de la décision auprès des instances de recours italiennes et SOS MEDITERRANEE soutient entièrement cette démarche. En effet, nous réfutons catégoriquement toute accusation de participation à des activités illégales. L’Aquarius a toujours suivi des procédures rigoureuses dans ses activités portuaires, qui n’ont jamais été remises en question en trois ans d’opérations.

Alors que d’autres navires d’ONG ont déjà été saisis, nous dénonçons cette nouvelle offensive dans la série d’attaques qui visent à criminaliser l’aide humanitaire en mer et à bloquer l’Aquarius au port.

Pour l’heure, l’Aquarius n’est pas mis sous séquestre. Étant à quai à Marseille, une telle décision relèverait de la juridiction française. Nous attendons donc des autorités françaises qu’elles fassent preuve de discernement dans la mise en œuvre de cette décision éminemment politique.

Bien que des pressions répétées aient réussi à interrompre temporairement nos opérations en mer, nos équipes travaillent jour après jour à des solutions qui nous permettront de poursuivre notre mission vitale et urgente de sauvetage. Nous demandons aux gouvernements européens de mettre fin à ces attaques et de prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de repartir au plus vite en mer. Ne l’oublions pas : au moins 2000 personnes sont mortes noyées cette année en Méditerranée et, en octobre, une personne sur cinq disparaissait ou perdait la vie en tentant la traversée de la Méditerranée centrale, un chiffre jamais atteint selon le HCR.

Portés par votre indéfectible soutien, nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour continuer à porter assistance aux personnes en détresse en mer, un impératif légal et moral qui doit primer sur toute autre considération.

L’Aquarius est un bateau citoyen. Tant que vous serez à nos côtés, renoncer ne sera jamais une option.

Merci pour votre engagement,

L’équipe de SOS MEDITERRANEE
#SaveAquarius
#SaveRescueAtSea

PS : Si vous ne l’avez pas encore fait, nous vous invitons à signer et à partager la pétition disponible en 9 langues que nous avons lancée pour sauver l’Aquarius et le sauvetage en mer. C’est par ici !

Face à l’inacceptable, agissons pour porter secours et sauver des vies http://www.sosmediterranee.fr/

Festival Migrantscene du 17 nov au 7 décembre

Un festival engagé

Un festival dans plus de 100 villes en France métropolitaine et Outre Mer 3 semaines d’événements, d’échanges, de rencontres et de fêtes à partir de la mi-novembre.

AGIR ENSEMBLE…

Né à Toulouse en 2000 et structuré à l’échelle nationale depuis 2006, LE FESTIVAL MIGRANT’SCÈNE DE LA CIMADE réunit et mobilise les milieux de l’éducation populaire, de l’art, de l’éducation, de la culture, de la solidarité ou encore de la recherche, au profit de publics larges et variés.

Plus de 400 partenaires
Des centaines de bénévoles
Avec le soutien de l’Agence française du développement, du ministère de la Culture, des collectivités territoriales…
En lien avec le Festival des Solidarités et bien d’autres festivals et rassemblements locaux…

PENSER ENSEMBLE…

MIGRANT’SCÈNE est un espace où s’ouvrent et se vivent tous les champs des possibles. Le festival s’offre avec simplicité comme un lieu de rencontres et d’échanges. Bienveillance, curiosité, altérité, convivialité, créativité, croisement des regards et des imaginaires… autant d’atouts pour favoriser le dépassement de nos préjugés.

POUR VIVRE ENSEMBLE !

PARCE QUE quitter son pays est un droit inscrit dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme,
PARCE QUE la question des migrations est au cœur de l’histoire et de la structure de nos sociétés,
PARCE QUE nous avons tous des préjugés, issus de toutes nos peurs,
PARCE QU’une représentation politique tenace nous incite à considérer l’étranger comme une menace par nature,
PARCE QU’une politique de repli ne peut être la seule réponse possible aux enjeux actuels et à venir des migrations,

LE FESTIVAL MIGRANT’SCENE choisit de parler des migrations, d’interroger les politiques et mécanismes qui les sous-tendent, et remet à l’honneur l’hospitalité comme fondement de notre société et de notre rapport à l’autre quel qu’il soit !

En 2018, le festival propose de partager inspirations et initiatives autour de la thématique  » D’ici et d’ailleurs : ensemble  » .

Vous trouverez ici https://www.migrantscene.org/un-festival-engage/presentation-du-festival/tout ce qui se passe dans votre région

Le HCR dénonce des conditions abjectes pour les réfugiés en Grèce

Le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (HCR) a dénoncé des conditions abjectes dans les centres de réception et d’identification des deux îles grecques de Samos et Lesbos. Il a également prévenu que le camp de Moria à Lesbos était devenu une poudrière.

Le HCR appelle dans un communiqué le gouvernement grec à prendre des mesures d’urgence pour remédier à la situation de quelque 11’000 réfugiés sur ces deux îles. L’agence de l’ONU demande notamment une accélération du transfert vers le continent de plus de 4000 personnes vulnérables.

Depuis le mois d’août, observe le communiqué, plus de 6500 personnes ont déjà été transférées vers le continent, où le gouvernement a l’intention d’ouvrir 6000 nouvelles places. Mais plus de 11’000 réfugiés sont arrivés durant la même période sur les îles de la mer Egée.

Rats et serpents

A Samos, « la situation empire ». Le camp de Vathi et ses alentours accueillent 4000 personnes, alors que le camp lui-même n’est conçu que pour en recevoir 650. Les nouveaux arrivants doivent acheter leurs propres tentes et les installer sur un terrain pentu hors du camp. Outre l’absence d’électricité et d’eau courante, il y a dans cette zone des serpents et des rats attirés par les ordures non ramassées, poursuit le HCR.

Dans le camp, « de nombreuses toilettes et douches sont cassées et les eaux usées se déversent près des tentes », décrit aussi le HCR. Les réfugiés les plus vulnérables, dont près de 200 mineurs non accompagnés, une soixantaine de femmes enceintes et des personnes handicapées ou victimes de violence sexuelle sont laissés pendant des mois dans ces conditions déplorables, tous les hébergements alternatifs sur l’île étant occupés.

A Lesbos, près de 6500 réfugiés sont accueillis dans le camp de Moria, prévu pour le tiers de ce nombre. Près de 2000 d’entre eux se trouveraient à l’extérieur dans un champ.

« Les tensions et les frustrations s’accentuent alors que les délais administratifs (pour les demandes d’asile) restent importants » explique le HCR, ajoutant que Moria « est devenu une poudrière ». Et de préciser que « ces délais ainsi que la détérioration des conditions menacent sérieusement la sécurité de ceux qui y vivent et y travaillent ».

Meilleure situation à Chios

Le HCR appelle également « la Commission Européenne et les Etats membres à continuer à préparer des mesures de soutien d’urgence et de relocalisations à la demande du gouvernement grec ». D’après les derniers chiffres disponibles, 20’000 réfugiés se trouvent actuellement sur les îles de la mer Egée. La situation est moins dégradée à Chios, Kos et Leros.

Près de 21’737 réfugiés étaient arrivés au total à mi-septembre depuis début janvier, contre 17’563 pour toute l’année 2017, selon le ministère de la Politique migratoire.

Grèce : mourir à Moria

par Théodore Zeis

Théodore Zeis travaille dans l’assistance juridique aux réfugiéEs. Il revient du « hotspot » de Mytilène, un camp aux conditions épouvantables, symbole de l’Europe forteresse.

Le point de départ des nouvelles politiques migratoires en Europe, en tant que politiques de sécurité nationale et humaine, en tant que mise en place de contrôle biopolitique, peut être fixé au Conseil européen de Tampere en 1999. C’est alors qu’a été décidée, entre autres, l’intensification de la coopération policière et douanière en matière pénale. Bien entendu, la convention de Schengen (1985) avait de semblables préoccupations. Mais ce qui a été décisif au niveau mondial s’est joué en 2000 : avec le Protocole de Palerme (Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée), la migration a été immédiatement liée à la criminalité, ce qui a conduit à la mise en place de cadres juridiques axés sur la limitation de l’immigration et le contrôle des entrées « illégales ». Ce protocole a mis en place un nouveau système d’exclusion, associé à une nouvelle représentation de « l’ennemi », qui stigmatisait les ressortissantEs des pays « tiers » comme vecteurs du crime organisé, du fondamentalisme islamique et du terrorisme. Il a légitimé le développement des mécanismes de sécurité de l’État, l’extension des pouvoirs de la police et la création de nouveaux systèmes d’information, mais aussi et surtout une forme de conscience collective contre les non-EuropéenEs.

Construction de la « crise des réfugiéEs » 

Du coup, ce qui s’est passé dans l’Union Européenne en 2015 n’est pas le fruit du hasard : avec l’arrivée d’un million de personnes environ, la plupart à la frontière orientale de l’Europe, dans les îles grecques de la mer Égée près des frontières turques, les pouvoirs nationaux et européens et les medias ont parlé de la « crise des réfugiéEs ». La « panique morale » artificiellement créée a débouché sur la fermeture de la route vers le nord, sur l’accord UE -Turquie visant à un contrôle efficace des flux provenant de Turquie avec un système à 2 vitesses en vigueur dès le 20 mars 2015. Tout cela a transformé les îles de la mer Égée orientale en une zone tampon, piégeant dans les camps de ces îles dans des conditions désespérées les immigrant-e-s arrivés le lendemain du 20 mars 2015.

À cet égard, le camp de Moria, sur l’île de Lesbos, constitue un exemple tragique du développement de ce qu’on appelle aujourd’hui « Europe Forteresse ». C’est est un récit écrit dans les corps d’environ 10 000 personnes qui y vivent aujourd’hui le drame de l’attente vaine d’une inclusion dans le « premier monde » du marché et des droits humains.

10 000 personnes pour 3 000 places

Environ 10 000 demandeurEs d’asile – un tiers de la population totale de Mytilène, capitale de l’île – vivent dans un espace dont l’infrastructure peut accueillir 3 000 personnes. 52 % vivent dans des tentes à l’intérieur et autour du camp. Il y a 30 % de mineurEs et 22 % de femmes. La moitié de la population est composée de familles, 406 mineurEs sont non accompagnés et, au total, 47 % des migrantEs sont considérés comme « vulnérables ». Les autorités régionales de santé, après une récente inspection du site, ont constaté une considérable détérioration des conditions de vie, à la fois dans le camp en raison de la surpopulation dans des conteneurs et des tentes, mais aussi dans les environs (eaux usagées). La santé devient chaque jour plus précaire, en particulier pour les enfants mineurs, et on signale chaque semaine des tentatives de suicide et des actes auto-infligés par des adolescentEs. Récemment, le dernier médecin est parti, laissant des milliers de cas urgents sans surveillance.

L’état de tension avec la communauté locale conduit à de graves incidents racistes. Les autorités régionales, considérant la menace pour la santé publique, ont fixé un délai d’un mois pour améliorer les conditions de vie du camp, menaçant autrement de le fermer. Le ministère de l’Immigration envisage de transférer 2 000 personnes, considérées comme « vulnérables », du camp de Moria vers d’autres structures en cours de préparation dans diverses régions du pays. Par ailleurs, les procédures d’examen des demandes d’asile et de regroupement familial auprès de parents en Europe ne fonctionnent pas, car les services compétents ne sont pas en mesure de réagir dans des délais raisonnables, tandis que le cadre juridique tend à limiter le droit d’être entendu, en particulier au deuxième niveau d’examen et pour la soumission de nouvelles demandes à la suite d’une décision de rejet. Le nouveau ministre de l’Immigration est lui-même embarrassé : « Nous dépendons des flux… »

Reconstruire les réseaux de solidarité ! 

Au niveau européen, on ne voit apparaitre dans aucun pays la moindre perspective de changement de ce modèle de politique concernant l’asile, ni d’amélioration de la législation en vigueur. Dans le même temps on observe une stratégie de l’extrême droite pour détruire ce qui reste de solidarité sociale, c’est-à-dire de ce qui n’a pas été ravagé par l’austérité incessante et la crise économique.

Au contraire, on observe qu’au plan législatif, même ce qui a été voté par l’UE et a force de loi dans les procédures n’est pas respecté, en usant de « deals » bilatéraux semi-offciels, comme on le voit entre la Grèce et l’Allemagne : pour les cas en suspens de regroupements familiaux, on procède sous forme de « règlement bilatéral administratif semi-officiel » ! Ce choix signifie concrètement que sont préférés des traités internationaux « bâclés » (« fast track ») qui sont conclus par les deux parties par le biais d’échange de lettres, sans que cela exige la ratification par la voie parlementaire.

Face à toutes les politiques de retrait au niveau européen, nous avons besoin de toute urgence d’intensifier la reconstruction des réseaux de solidarité indépendants, d’abord dans l’Europe du Sud (Grèce, Italie, États espagnol), mais aussi dans tous les pays européens, comme est urgente l’élaboration de nouvelles propositions d’action politique contre le racisme et l’extrême droite !

Théodore Zeis

Appel pour que cessent les violations des droits des personnes exilées

Action collective Frontière franco-Italienne
À Briançon, les violations systématiques des droits des personnes exilées doivent cesser

Les 12 et 13 octobre 2018, nos organisations se sont mobilisées à la frontière franco-italienne, vers Briançon, afin de témoigner des pratiques illégales et des violences commises contre les personnes exilées. Ce que les observateurs ont constaté confirme les alertes émises par les associations locales depuis plusieurs mois :

  • refoulements de personnes exilées dont des mineurs ;
  • contrôles discriminatoires ;
  • courses-poursuites dans la montagne ;
  • propos menaçants et insultants ;
  • entraves à l’enregistrement des demandes d’asile ;
  • absence d’interprètes, etc.

« La liste des pratiques illégales est longue, et nous joignons nos voix à celles des ONG locales afin que le gouvernement français ne fasse plus la sourde oreille et que cessent ces pratiques illégales et dégradantes », a déclaré Agnès Lerolle [1], chargée de coordination des acteurs à la frontière franco-italienne. 

Lors de l’observation continue à la frontière qui s’est déroulée les 12 et 13 octobre 2018, 60 personnes se sont mobilisées dont six avocats du barreau de Gap et trois avocats italiens. De multiples violations des droits ont été constatées :

  • refoulements de 26 personnes depuis le poste de la police aux frontières de Montgenèvre vers Clavière, premier village italien, sans examen individuel de leur situation ni possibilité de demander l’asile ;
  • non-prise en compte de la minorité de 8 personnes, qui se sont pourtant déclarées mineures auprès des forces de l’ordre.

Les avocats français et les avocats italiens qui se sont relayés sur le terrain pendant les deux jours afin de permettre aux personnes refoulées de faire valoir leurs droits, ont pu déposer 11 « référés-libertés » devant le tribunal administratif de Marseille, dont huit pour des mineurs isolés refoulés. 

Aucune protection n’est possible à la frontière, malgré le passage périlleux tenté par les personnes migrantes dans le froid, sans nourriture et sans eau.

Moussa*, originaire de Côte d’Ivoire, refoulé vendredi 12 octobre vers l’Italie, a raconté son interpellation : poursuivi dans un sentier par les gendarmes qui lui ont dit « arrête-toi, on va tirer », il a alors paniqué et glissé, son genou a claqué. Au poste de police, il a demandé à voir un médecin, ce qui lui a été refusé. Il a ensuite été refoulé vers l’Italie et ce n’est qu’à ce moment-là qu’il a pu rencontrer un médecin bénévole qui a pu le soigner.

Les observateurs ont pu collecter de nombreux témoignages d’incompréhension, de violation des droits et d’absence de prise en charge des personnes vulnérables, ainsi que des menaces proférées par les policiers.

Mineur isolé originaire également de Côte d’Ivoire, Ibrahim* a été interpellé par des gendarmes le samedi 13 octobre, dans les sentiers de montagne. Après son refoulement, il a raconté aux militants les propos des gendarmes : « Vous n’êtes pas Français, vous ne pouvez pas vivre en France sans être Français et vous n’êtes pas près de devenir Français ». Emmené au poste de police, il a déclaré sa minorité mais les policiers lui ont alors répondu « La plupart des personnes mentent sur leur date de naissance, pourquoi je te croirais ? ». Ibrahim a ensuite été reconduit en Italie, sans accès à la protection à laquelle il a droit.

Ces témoignages confortent ceux recueillis depuis plusieurs mois par les acteurs locaux qui soutiennent au quotidien les personnes refoulées à la frontière.

Simon* a ainsi témoigné aux militants, fin avril 2018 : « J’ai dit que j’étais mineur, ils ont éclaté de rire (…). J’ai présenté mes papiers guinéens et un homme [un policier] (…) a dit que ces papiers étaient des faux, il les a déchirés. »

Bakary* a également témoigné des propos des policiers lors de son arrestation, toujours en juin 2018 : « La prochaine fois que vous essayez de traverser, on vous renvoie direct en Libye. »

Ces pratiques illégales et ces comportements sont inacceptables dans un État de droit. L’inhumanité et l’hypocrisie de ces atteintes sont intolérables. Comme lors de nos dernières observations en juin 2018 du côté de Menton, nous réitérons notre demande au gouvernement français de cesser ces violations de toute urgence et de protéger ces personnes tel que l’exige le droit.

Mardi 16 octobre 2018

* Les prénoms ont été changés afin de respecter l’anonymat des témoins. 

Associations signataires :

  • Amnesty International France
  • Anafé
  • Chemins pluriels
  • Emmaüs France
  • Gisti
  • Icare 05
  • La Cimade
  • Médecins du Monde
  • Médecins sans frontières
  • Refuges Solidaires
  • Secours Catholique Caritas France
  • Tous Migrants

 

[1] Agnès Lerolle coordonne un an les actions des associations nationales (CAFFIM) et locales engagées auprès des personnes migrantes à la frontière franco-italienne.

Italie : village des migrants démantelé

Riace: le village des migrants démantelé. Le maire de Naples: « Une déportation » Par

Moins de deux semaines après l’arrestation du maire Domenico Lucano, la décision du ministère de l’Intérieur pour « irrégularités manifestes » dans la gestion des fonds publics

Le gouvernement italien a décidé de transférer tous les migrants inclus dans le système d’accueil de la ville calabraise de Riace, la cité considéré comme un exemple positif d’intégration entre migrants et citoyens italiens, mais qui a récemment fait la une de l’actualité nationale pour l’arrestation du maire, Domenico Lucano.La disposition est contenue dans une circulaire du 9 Octobre diffusé par le Département des libertés civiles et de l’immigration du ministère de l’Intérieur (PDF). Cette disposition établit le transfert des demandeurs de protection internationale de Riace à d’autres installations dans les 60 jours et le retour de tous les fonds en raison de « irrégularités évidentes » dans la gestion des fonds publics affectés à la réception. La décision, qui n’a été rendue publique qu’hier soir, a déjà fait l’objet de nombreuses critiques, d’autant plus que le modèle d’accueil de Riace a souvent été décrit comme efficace et positif. Toutefois, les fonds réservés à Riace avaient déjà été suspendus il y a plusieurs mois, précisément en raison de certaines irrégularités constatées par les inspecteurs du ministère de l’intérieur.

L’ordre de transfert des migrants est arrivé une semaine après l’arrestation du maire de Riace, Domenico Lucano, le « maire insoumis » qui avait inventé ce modèle d’accueil des migrants. Lucano a été accusé d’aide et de complicité à l’immigration clandestine et d’illicite dans l’attribution directe du service de collecte des déchets. Lucano a été également accusé d’organiser des « mariages de complaisance » entre citoyens italiens et femmes étrangères afin de permettre à celles-ci de rester sur le sol italien.

Le maire de Naples, Luigi de Magistris, qui a toujours soutenu l’action du marie calabrais et a fait de Naples une « ville d’accueil pour les migrants » en invitant tous les maires du Sud de l’Italie à désobéir à la fermeture des ports décidée par le ministre de l’intérieur Salvini a dit à la presse: « La déportation des migrants de Riace est un acte violent et inhumain. Au lieu de chasser les mafieux ou de déporter les victimes des trafiquants de la mort. C’est une honte! ». Oui, c’est une honte pour l’Italie et pour toute l’Europe.

@marco_cesario

Quant a Mimmo Lucano, le maire, il n’est plus en assignation a domicile mais interdit de residence a Riace. Il a accepte la proposition d’accueil a Naples officiellement faite par le maire de Magistris

Aller à Gap le 8 novembre pour soutenir les 7 de Briancon

Jeudi 8 novembre 2018 : TOUS/TOUTES EN CAR à GAP

en soutien à 7 militant.e.s poursuivie.s

pour leur solidarité avec des migrants

Appel à mobilisation internationale : mercredi 7 et jeudi 8 novembre 2018 procès de 7 militant.e.s dont 4 Français, 2 Suisses et une Italienne. Ces personnes risquent 10 ans de prison et 750000 euros d’amende ( !!!). Il leur est reproché « l’aide à l’entrée sur le territoire français d’étrangers en situation irrégulière, le tout en bande organisée » à l’occasion de la marche de solidarité du 22 avril dernier à Briançon. Marche au caractère spontané en réaction aux provocations racistes et dangereuses du groupuscule Génération Identitaire qui depuis la veille bloquait en toute impunité le col de l’Echelle pour refouler les migrants- en les exposant aux plus grands risques- voulant se réfugier en France.

La CISEM– Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants- a décidé, en solidarité, d’affréter un CAR (40 personnes) pour GAP pour le JEUDI 8 NOVEMBRE pour nous joindre aux centaines de personnes qui viendront de partout en soutien aux « inculpés ».

INSCRIVEZ –VOUS D’URGENCE (Bulletin d’inscription ci-dessous) . Si vous ne pouvez venir vous pouvez soutenir cette initiative en contribuant au financement de ce car (coût : environ 850 euros).

Que vous vouliez venir à Gap et vous inscrire pour venir en car ou que vous vouliez apporter votre soutien pour nous aider à financer ce car, merci de nous renvoyer le BULLETIN CI-DESSOUS

BULLETIN à renvoyer à CISEM- c/° CIIP- Maison des Associations- 6 rue Berthe de Boissieux- Grenoble

NOM- Prénom

Adresse postale ou mail :

Tel :

  1. Je m’inscris pour la montée en car Jeudi 8 novembre ( Départ 6H du matin gare routière, on repartira de Gap à 16H pour arriver à Grenoble vers 18H)

Participation : 20 euros ( 10 euros pour les « dés-argentés » !)

Chèque à l’ordre de CISSP (Comité isérois de soutien aux sans papiers).

  1. Je ne peux aller à Gap mais je soutiens cette initiative solidaire en versant la somme de :

. Chèque à l’ordre de CIISP et à envoyer à même adresse…(SOUTIEN QUI SERA BIENVENU CAR NOUS SERONS CERTAINEMENT DEFICITAIRES)

Grèce : pour les droits des réfugiéEs

Grèce : pour les droits des réfugiéEs ! par A. Sartzekis

Si le nombre d’arrivées en Grèce était, depuis 2015, en très forte baisse du fait de l’accord scandaleux entre Turquie et UE (2015 : 857 000, 2016 :173 000, 2017 : 30 000), il remonte cette année (passages par le fleuve Evros : 5500 en 2017, 12 000 en septembre 2018), et les quelques efforts de Syriza pour rendre « moins pire » la situation ne pèsent presque rien face aux terrifiants problèmes rencontrés par les réfugiéEs, quel que soit leur « statut ».

Dans les « hotspots »

Installés dans des îles face à la Turquie, ils recueillent les réfugiés non stoppés par la Turquie … ou pas noyés en chemin, et leur fonction est de vérifier qui relève du droit d’asile ou pas. Leur capacité d’accueil globale est de moins de 6000 places, mais ils « accueillent » 17 000 réfugiéEs, dans des conditions effrayantes, avec comme cas le plus connu le camp de Moria à Mytilène, mais rien à envier ailleurs, comme à Samos ou à Chios. Moria est tristement célèbre : « le pire camp de réfugiés au monde » selon la BBC. Un officier britannique a révélé la philosophie de ce camp prévu pour 3000 personnes mais habité par 9000 réfugiéEs : maintenir à un faible niveau les conditions de survie, de façon à décourager l’immigration en Grèce… Différents témoignages, dont rend compte le quotidien Efimerida ton Syntakton (et Mediapart en France), montrent l’horreur, qui ont mené le Conseil régional d’Égée Nord à exiger la fermeture si rien ne change : insalubrité totale, files d’attente interminables pour manger, personnel en nombre insuffisant. Conséquences : des violences diverses, dont des agressions sexuelles. Une révolte des réfugiéEs avait récemment abouti à l’occupation d’une place de Mytilène (comme les occupations sous les précédents gouvernements), mais les fascistes avaient exploité la situation. Ultra minoritaires, ils ont néanmoins réussi à créer un climat tel qu’une attaque raciste à grande échelle eu lieu. Depuis, ils sévissent, diffusant des fake news pour créer des « groupes de protection », ou tentant de terroriser les journalistes.

Pour ces camps, la volonté affichée du ministre Vitsas se borne à tenter de les « désengorger » mais cela est quasi vain, étant donné le manque de places sur la continent et les arrivées en hausse.

À « l’intérieur » du pays

Après recensement, les réfugiéEs peuvent être transférés dans des « centres d’hospitalité », qui offrent le gîte et le couvert, souvent pas plus. La situation est différente selon que ces centres sont dans les villes ou en dehors. Car là, les conditions sont souvent proches de celles des îles : ainsi à Malakassa, à 50 km d’Athènes, le camp est isolé, exposé à un dur climat (fin août, de fortes pluies ont détruit les maigres effets des réfugiéEs), ce qui aboutit à de fortes tensions. Fin septembre, un affrontement entre SyrienEs et AfghanEs a fait 1 mort et 8 blessés.

Et il y a bien d’autres réfugiéEs hors de ces centres. CertainEs ont pu commencer à s’installer, à trouver du travail. CertainEs ont pu trouver un gîte grâce à l’aide du mouvement antiraciste, avec occupations de lieux, les plus remarquables étant celles de l’hôtel City Plazza et du 26 Notara à Athènes, avec prise en charge collective. Mais de nombreux réfugiéEs sont laissés à leur triste sort, ce qui les amène à des vols ou des trafics, renforçant des attitudes racistes ou créant des tensions même dans des quartiers ouverts comme celui d’Exarcheia.

Le mouvement antiraciste au premier plan

Comme le disait récemment, dans le journal de NAR (composante principale d’Antarsya), la journaliste Anthi Pazianou, agressée par les racistes à Mytilène, il semble que l’objectif de l’UE et de Syriza soit de limiter et de contrôler au maximum la présence de ces « gêneurs » que sont les réfugiéEs. On peut dès lors parler de complicité passive du gouvernement face aux exactions diverses : surexploitation et chantage violent contre les travailleurEs réfugiés, comme à Mykonos récemment, passivité voire complicité de la police, campagnes racistes contre la présence d’enfants réfugiés à l’école… L’attribution de la nationalité grecque à un pêcheur égyptien qui a sauvé cet été des victimes de l’incendie de Mati ne remet aucunement en cette attitude générale.

Face au poison raciste des nazis comme de la droite, qui se pare en plus d’un vernis démagogique, le mouvement antiraciste, qui agit dans tout le pays, a des tâches cruciales : des batailles locales, comme le droit à l’école pour touTEs, contre les agressions racistes.

Mais des campagnes nationales unitaires et prolongées sont désormais plus que jamais nécessaires :

contre la soumission à l’Europe forteresse, pour l’installation décente et durable des réfugiéEs, contre Chryssi Avgi (AUbe Dorée), contre le poison et les agressions racistes sous toutes ses formes. C’est un fait important que la semaine passée, après le lynchage d’un militant LGBT, présenté d’abord comme voleur immigré, par 2 hommes dont un cadre d’extrême droite, les manifestations aient rassemblé le mouvement LGBT, la gauche anticapitaliste, des militantEs Syriza, et le mouvement antifasciste et antiraciste.

À Athènes, A. Sartzekis

Source https://npa2009.org/actualite/international/grece-pour-les-droits-des-refugiees

Traduire / Μεταφράστε