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Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés

Moria à Lesbos Nous ne pourrons pas dire qu’on ne savait pas

2 articles celui de Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux pour la mandature 2018-2020 et de Cécile de Kervasdoué journaliste

15/10/19  POINT DE VUE. Je reviens de Moria…

Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux, revient du camp de migrants de Moria (Grèce). « L’avenir des droits de l’homme se joue à Moria, à quelques kilomètres des côtes turques qui baignent dans la lumière dorée du soleil d’automne. Et nous ne pourrons pas dire qu’on ne savait pas ! » alerte-t-elle.

Je reviens de Moria. Moria, sur l’île grecque de Lesbos. À 15 km des côtes turques. Une terre de l’Union européenne. Une île où notre droit commun européen s’applique. Celui de l’Union et celui de la Convention européenne des droits de l’homme.

Moria, 14 000 personnes livrées à elles-mêmes dans un camp prévu pour 3 000. 1 000 enfants sans aucun parent. On les appelle les « mineurs isolés ». Des montagnes de poubelles et une foule de gens agglutinés, certains à l’extérieur, devant des grillages, d’autres à l’intérieur de l’enceinte.

Ils attendent d’hypothétiques entretiens qui marqueront le début de leur procédure d’asile. Des entretiens qu’ils attendront pendant des semaines, des mois, parfois même jusqu’à deux ans. 14 000 personnes nourries aléatoirement par l’armée. Avec des files d’attente en moyenne de 3 à 4 heures chaque jour. 14 000 personnes. Douze policiers, trois médecins. Quelques volontaires débordés. Et des avocats bénévoles qui tentent, dans ce chaos, de réinsérer le droit. Le droit… Qui a disparu. Le droit qui a abandonné ces femmes, hommes et enfants.

Lesbos, chez moi, chez vous, chez nous…

Dans une section du camp, une centaine de mineurs isolés. Ils ont entre 8 et 17 ans. Ils ont été rassemblés dans une section « B ». On nous dit que cette section n’est pas surveillée la nuit, faute de budget pour ouvrir un poste de garde. Agressions, violences, viols, parfois même suicides… La nuit, les enfants ont peur. Alors, ils ne dorment pas la nuit pour rester en alerte. Ils dorment le jour.

Il fait chaud à Moria. Pas autant que le mois dernier où la température atteignait 40 degrés. On attend désormais la pluie qui va transformer la zone en marécage boueux. Et le froid. Où sont les droits de l’homme lorsqu’on ne traite plus nos semblables comme des êtres humains ?

À Moria, j’ai constaté la faillite de l’Europe. La faillite de notre système juridique. L’abandon par les autres États membres de l’État grec, débordé face à une situation hors de contrôle. Oui, à Moria – comme ailleurs – les droits de l’homme sont devenus subsidiaires.

En Grèce comme ailleurs, des ministres nous expliquent que leur priorité est la sécurité de leurs concitoyens. Quand j’entends le slogan de certains de nos hommes politiques européens : « La sécurité est la première des libertés », je pense à ces enfants de Moria, sacrifiés sur l’autel de peurs irrationnelles. Privés de leurs droits fondamentaux. Ils ont quitté l’enfer et arrivent dans le néant. Le néant juridique, la fin de l’humanisme, la mort de la fraternité.

L’avenir des droits de l’homme se joue à Moria, à quelques kilomètres des côtes turques qui baignent dans la lumière dorée du soleil d’automne. Et nous ne pourrons pas dire qu’on ne savait pas !

Le Conseil national des barreaux soutient European Lawyers in Lesbos qui mobilise des avocats bénévoles pour accompagner les réfugiés. Nous allons intensifier notre effort, face à une urgence qui est tout à la fois humanitaire, sanitaire et juridique. Mais nous allons aussi interpeller nos dirigeants français et européens.

Le président de la République a souhaité un grand débat national sur l’immigration. Je proposais qu’il commence à Moria. Pour que nous osions regarder au-delà de nos quartiers, de nos peurs et de nos égoïsmes.

Ce qui se passe à Lesbos se passe chez moi, chez vous, chez nous. C’est à Lesbos que l’Europe peut mourir. Mais renaître aussi, si collectivement nous le voulons. »

Source https://redon.maville.com/actu/actudet_-point-de-vue.-je-reviens-de-moria…_54135-3872719_actu.Htm


14/10/19 Insalubrité, manque de nourriture, violences : le calvaire des enfants du camp de réfugiés de Lesbos par Cécile de Kervasdoué

Après un afflux de réfugiés cet été sur les îles grecques, 14 000 personnes se trouvent à Lesbos (Grèce) dans le camp de Moria, prévu pour 3 100 maximum. Tout autour, un bidonville de tentes, détritus et boue ne cesse de grossir. Une jungle où vivent près de 6 000 enfants dont plus de 1 000 mineurs non accompagnés.

Dans la jungle du camps de Moria des enfants s’entassent avec des adultes dans des tentes minuscules sur un terrain en pente parsemé d’oliviers. © AFP / Angelos Tzortzinis

Des enfants partout, qui crient, pleurent et jouent au bord de la route, dans les poubelles, la boue, avec l’odeur des eaux usées qui débordent. La plupart ont moins de 12 ans. Nombreux sont les nourrissons qui survivent et naissent aussi, parfois, dans ce dédale de tentes, installées à la va-vite dans les champs d’oliviers en pente qui bordent l’ancien terrain militaire de Moria, sur l’île grecque de Lesbos.

Contrairement à 2015, où l’afflux de réfugiés se comptait par milliers chaque jour, les arrivées se comptent actuellement en centaines par jour. 10 000 depuis le début de l’été, soit trois fois plus que l’année dernière. À Moria, ce sont, pour l’essentiel, des femmes et des enfants, de plus en plus jeunes et de plus en plus nombreux. Ils restent plusieurs mois, parfois plus d’une année à survivre dans ces conditions indignes.

Aujourd’hui, officiellement, près de 6 000 enfants sont bloqués dans ce camp. Parmi eux, on compte plus d’un millier de mineurs non accompagnés. La plupart de ces enfants en provenance d’Afghanistan ont moins de 15 ans. Ils ont souvent été séparés de leurs parents à la frontière avec l’Iran et vivent sans aucune protection, dormant dans des tentes collectives avec des adultes qu’ils ne connaissent pas. À même le sol, aussi parfois. Ils sont la proie de tous les trafics, de toutes les maltraitances.

Le froid, la pluie, et les files d’attente interminables

Alice*,  jeune afghane de 12 ans est arrivée il y a deux mois :

« La vie à Moria, c’est faire la queue toute la journée avec nos mères. La queue pour les toilettes pendant au moins 2 heures. Dès 5 heures du matin pour un peu de nourriture, la queue pour des couvertures avant l’arrivée de l’hiver, la queue pour l’administration, pour avoir une tente et surtout pour voir un docteur. Parfois ça dure toute la journée et on doit revenir le lendemain… »

La vie dans cette jungle a de quoi traumatiser un enfant. Des tentes de deux places où s’entasse une famille de six personnes avec parfois avec d’autres adultes encore. Le froid, la nuit, pour ceux qui dorment à même le sol sans couverture. La pluie, qui trempe tout et qui fait sortir des serpents s’infiltrant dans les tentes. Le manque de nourriture. Les sanitaires bouchés et sales où les toilettes sont aussi des douches ; il y en a un seul pour 100 personnes. Et surtout, le manque de sécurité.

« Il y a des bagarres entre les communautés syriennes et afghanes. Les hommes boivent et deviennent violents. L’autre jour, ils ont voulu rentrer dans notre tente mais heureusement mon père les a sortis. Je n’ose même imaginer comment ça se passe pour tous les enfants ici qui n’ont pas leurs parents avec eux et qui traînent », raconte Parwana, une jeune afghane de 15 ans.

Trop de monde, pas assez d’investissements publics. Les associations humanitaires prennent donc le relais pour accueillir les réfugiés. Ainsi, pour éviter l’expulsion de la jungle, une ONG hollandaise Movement on the Ground a loué les champs d’oliviers autour du camp de Moria et tente d’organiser des logements sous des tentes plus solides et plus grandes. L’ONG Oxfam conseille les réfugiés dans leur langue d’origine (63% du camp est occupé par les Afghans, 22% par des Syriens) sur le droit d’asile européen.

Désordres psychiques

Le besoin de médecin est le besoin le plus cruel, à Moria. Médecin sans Frontières a donc installé un dispensaire pédiatrique spécialisé dans la santé mentale des enfants. Car il y a les maladies dues aux mauvaises conditions d’hygiène et de logement mais surtout il y a les traumatismes causés ou ravivés par ce camp. De plus en plus d’enfants arrivent au dispensaire de MSF en pleine régression et avec des désordres psychiques liés à leur condition de vie. Plus longtemps ils restent à Moria, plus sévères sont leurs dysfonctionnements.

Dans la file d’attente du dispensaire, un réfugié afghan témoigne :

Je ne sais plus quoi faire. Ma fille fait des crises d’hystérie. Ses jambes ne fonctionnent plus, elle ne peut plus marcher !

À 8 ans, certains enfants du camp de Moria remettent des couches, ne parlent plus, ne jouent plus et évitent de regarder les autres. Il y a ceux qui refusent d’ouvrir les yeux le matin et restent dans un coin de la tente toute la journée. À Moria, il n’y a pas d’endroit pour jouer, pas d’école. Beaucoup de parents culpabilisent et se désespèrent. Pour les médecins et psychologues de MSF, il y a l’impression permanente de ne jamais pouvoir faire assez.

Angela Metaldi est pédopsychologue pour MSF :

« Chaque jour, des parents désespérés nous amènent des enfants de moins de 10 ans qui s’arrachent les cheveux, se frappent, se jettent la tête contre les murs, se scarifient. Ce sont des enfants qui ne veulent plus vivre, qui n’ont plus d’espoir. Il faut les sortir d’ici. Tout de suite. »

Les plus mal lotis sont encore les mineurs non accompagnés. Pour eux, une ONG grecque, Metadrasi, tente de les protéger mais avec trop peu de moyens. Cinq tuteurs et éducateurs spécialisés protègent 40 enfants chacun. Soient 200 enfants pris en charge sur les 1 060 que compte officiellement le camp.

« C’est absurde, nous sommes obligés de choisir les enfants que nous allons protéger. Souvent ce sont les plus vulnérables, les filles ou les enfants déjà victimes de trafic sexuel, les moins de 15 ans et aussi ceux qui ont de la famille en Europe, afin d’obtenir la réunification familiale. Mais on est loin du compte. Beaucoup d’enfants sont abandonnés dans ce camp de l’enfer », explique Sevi Saridaki, tutrice et éducatrice spécialisée au sein de l’ONG Metadrasi.

De nombreux enfants non accompagnés attendent de rejoindre leur famille ailleurs en Europe mais la plupart des États membres font barrage via des procédures de plus en plus complexes. C’est le cas de la France, où les documents ne suffisent plus pour attester d’un lien de famille : il faut également des tests ADN, sur décision d’un tribunal. Résultat, de nombreux enfants sont coincés des mois dans des camps où ils sont en danger en permanence.

Mahathi 15 ans, jeune afghan non accompagné, depuis 9 mois à Moria, ne cache pas son amertume :

« C’est horrible ici, je suis toujours sale, j’ai toujours faim et surtout j’ai peur. Les adultes boivent et deviennent violents. La nuit il y a des bagarres, de la drogue alors beaucoup de jeunes garçons essayent de se cacher dans les coins. On m’avait dit l’Europe c’est la justice et l’humanité mais je ne vois pas ça à Moria. »

Source  https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/a-lesbos-des-milliers-denfants-pris-au-piege-de-la-politique-migratoire-europeenne

Le 24 octobre à Grenoble on soutient les solidaires

Les 2 et 24 octobre prochains, deux solidaires passeront au tribunal de Grenoble (38) en appel pour délit de solidarité… Ils sont accusés d’aides à l’entrée de personnes en situation irrégulière sur le territoire français alors qu’ils portaient assistance à personnes en danger. Ces appels font suite à des peines de prison prononcées à leur encontre par le tribunal de Gap (05) en janvier dernier.

Cette répression s’inscrit dans une politique générale de harcèlement et d’intimidation tant pour les solidaires que pour les exilés d’ici et d’ailleurs. Kevin et Pierre ont besoin de soutien comme les 3+4 de Briançon ou comme encore Blessing, Tamimou… qui en auraient eu besoin avant de mourir à la frontière des Hautes-Alpes (05).

Tout comme pour le 2 octobre nous devons être nombreux à 13h45 devant la Cour d’Appel de Grenoble, située place Firmin Gauthier, dans le nouveau quartier proche de la gare SNCF (côté est), pour soutenir les solidaires et lutter contre les répressions et les politiques migratoires actuelles.

SOS Méditerranée Un témoignage d’un marin sauveteur

TÉMOIGNAGE] « Durant le sauvetage, on entendait un bébé pleurer! »

Charlie raconte 4 sauvetages en septembre 2019

Charlie fait partie des plus anciens marins-sauveteurs chez SOS MEDITERRANEE. Il a occupé à peu près tous les postes de l’équipe en mer. Si l’Aquarius n’avait plus de secrets pour lui, ce gaillard norvégien, marin de profession et militant des droits de l’Homme par conviction, apprécie la robustesse de l’Ocean Viking, avec lequel 656 personnes ont déjà été secourues entre août et septembre 2019.

« Parfois je m’imagine dans quelques années, entouré de mes futurs enfants qui me demanderaient : ‘Mais où étais-tu toi quand des gens étaient victimes d’injustice ? Pourquoi ne t’es-tu pas engagé?’ Je veux pourvoir leur répondre sans honte. »

Charlie aura de quoi leur répondre. Il pourra notamment leur raconter, comme il le fait dans cette vidéo, la seconde rotation de l’Ocean Viking, durant laquelle il a participé à quatre sauvetages les 17, 18 et 19 septembre 2019.

Crédits

Images vidéo : Laurence Bondard / SOS MEDITERRANEE  et  Hannah Wallace Bowman / MSF

Montage : Isabelle Vali / SOS MEDITERRANEE

Source http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/Charlie-raconte-2019

Pour soutenir l’association http://www.sosmediterranee.fr/

Un enfant afghan tué par un camion Moria, Lesbos

Grèce : un enfant afghan de 5 ans tué par un camion près du camp de Moria, à Lesbos (infomigrants.net)

En Grèce, un enfant réfugié de 5 ans est mort, mardi 24 septembre, après avoir été renversé par un camion près du camp de migrants de Moria sur l’île de Lesbos. Selon un communiqué de la police grecque, l’enfant, originaire d’Afghanistan, était caché dans un carton près de la route lorsque le véhicule l’a percuté mardi après-midi.

« Nous sommes en deuil suite à la mort d’un enfant de 5 ans à Lesbos. Il jouait sur la route et a été percuté par un camion à l’extérieur de Moria […] Cette tragédie n’aurait jamais dû arriver », a commenté le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (HCR) sur Twitter.

Le conducteur, qui a déclaré à la police ne pas avoir réalisé qu’un enfant se cachait dans le carton, est détenu par la police grecque.

Cet accident tragique est, pour certains, le résultat malheureusement prévisible d’une situation hors de contrôle à Lesbos. « La semaine dernière, le gouvernement de droite nouvellement élu a fermé le seul endroit où pouvaient jouer les enfants de Moria : une aire de jeu avec des châteaux gonflables et un petit terrain de football, où les enfants étaient en sécurité et pouvaient regarder des films », fulmine Iasonas Apostolopoulos de Médecins sans frontières, sur un post Facebook.

« Cet ‘accident’ est la conséquence de toutes ces politiques menées par les différents gouvernements en Grèce, et par le régime raciste de la forteresse européenne, qui traite les immigrés comme des ennemis », poursuit-il…

Source https://www.infomigrants.net/fr/post/19752/grece-un-enfant-afghan-de-5-ans-tue-par-un-camion-pres-du-camp-de-moria-a-lesbos?fbclid=IwAR1qCnUxnUNp9I2X1xAN3qflvsXGxgsktWzUGhnoGq5PJPqaoF81DdMgPgE

 

Le procès en appel des solidaires c’est à Grenoble !

Urgence à la mobilisation : 2 et 24 octobre : le procès en appel des solidaires approche ! 

Les 2 et 24 octobre prochains, deux solidaires passeront en appel au tribunal de Grenoble pour délit de solidarité… Ils sont accusés d’aide à l’entrée de personnes en situation irrégulière sur le territoire français alors qu’ils portaient assistance à des personnes en danger qui avaient déjà franchi la frontière. Ces appels font suite à des peines de prison prononcées à leur encontre par le tribunal de Gap (05) en janvier dernier (respectivement 4 et 3 mois de prison avec sursis), au mépris de tous les droits de la défense (dossier non parvenu à l’avocat, refus de visionnement d’une vidéo contredisant la version des policiers…). Bientôt suivra le procès en appel des 3+4 de Briançon.

 Cette répression s’inscrit dans une politique générale de harcèlement tant pour les solidaires que pour les exilés. L’Organisation « Human Rights Watch » vient de publier un rapport à ce sujet, dénonçant ces pratiques d’intimidation : https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/05/les-militants-pro-migrants-dans-les-hautes-alpes-harceles-par-la-police-selon-hrw_5506616_3224.html

La mobilisation de tous est nécessaire car la justice veut créer une jurisprudence qui pèsera sur tous les solidaires. Il faut absolument que Kévin et Pierre soient acquittés.

Pour soutenir les solidaires et lutter pour un monde fraternel, à l’inverse des politiques migratoires actuelles, RV à 14h devant le tribunal de Grenoble, le 2 et le 24 octobre

Le Comité de Soutien aux 4+3+2

SOS Méditerranée exhorte les États européens

Communiqué

Alors que s’ouvre un sommet européen à La Valette, l’Italie assigne un port à 182 rescapés de l’Ocean Viking

SOS MEDITERRANEE exhorte les Etats européens à mettre en place un mécanisme de débarquement pérenne.

Marseille, le 23 septembre 2019 – Dimanche soir, l’Ocean Viking, navire humanitaire de sauvetage affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF), a reçu l’instruction des autorités italiennes de se diriger vers Messine (Italie) pour débarquer 182 rescapés.

C’est la deuxième fois en une semaine que les autorités italiennes ouvrent un port à des personnes vulnérables secourues en Méditerranée centrale par un navire humanitaire de sauvetage. SOS MEDITERRANEE est soulagée de cette annonce, et salue la décision des autorités italiennes. Bien que celle-ci survienne après plusieurs jours d’attente, elle met fin à une souffrance inutile et répond aux exigences du droit maritime et international, qui stipule qu’un sauvetage prend fin lorsque les personnes secourues sont débarquées en lieu sûr.

Trois opérations de sauvetage sans coordination des autorités libyennes

Ces personnes fragiles ont été secourues lors de trois opérations de sauvetage distinctes, menées les 17 et 18 septembre. Alors que les équipes de SOS MEDITERRANEE ont constamment informé, comme il se doit, le Centre Conjoint de Coordination du Sauvetage de Tripoli (JRCC, crée à l’été 2018 et reconnu par l’Organisation Internationale Maritime) de toutes ces alertes de détresse -les embarcations se trouvant toutes dans la zone de recherche et sauvetage libyenne-, les opérations ont été menées en l’absence totale de coordination de la part des autorités maritimes libyennes.

Qui plus est, suite à la demande de lieu sûr formulée le 17 septembre par l’Ocean Viking au JRCC Tripoli, ce dernier a, le lendemain, indiqué le port de Al-Khoms, en Libye. « Au regard du droit international, nous ne sommes pas en mesure de nous diriger vers un port libyen, qui ne saurait être considéré comme un lieu sûr», a déclaré Nicola Stalla, coordinateur des opérations de recherche et sauvetage sur l’Ocean Viking. Les rescapés présents sur notre navire tentent par tous les moyens de fuir ce pays, et risquent d’être victimes d’abus, de torture, d’exploitation et de violences sexuelles s’ils y sont renvoyés ». Par conséquent, l’Ocean Viking a dû décliner cette instruction, et demander qu’un lieu sûr lui soit assigné, conformément aux exigences du droit maritime et international.

Jeudi 19 Septembre, les équipes de SOS MEDITERRANEE et MSF ont également procédé à un quatrième sauvetage et secouru 35 personnes d’une embarcation en bois, dans la zone maltaise de recherche et sauvetage et sous la coordination des autorités maritimes maltaises. Le lendemain, suivant les instructions du Centre maltais de coordination des sauvetages, ces 35 rescapés ont été transbordés de l’Ocean Viking à un navire militaire maltais, et débarqués à Malte en toute sécurité, comme le prévoit le droit maritime.

Mécanisme européen et coordonné de débarquement

La pratique récurrente des États européens, qui négocient la relocalisation des personnes secourues en mer au cas par cas et pendant des jours, avant de les autoriser à débarquer, est inacceptable et en totale contradiction avec le droit maritime et international.

En l’absence d’autres navires humanitaires de sauvetage en Méditerranée centrale, et alors que des hommes, femmes et enfants continuent à fuir la Libye, SOS MEDITERRANEE et MSF ne doivent en aucun cas être empêchés de patrouiller en mer et de remplir leur mission : sauver des vies humaines. « Les moyens de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale sont totalement insuffisants », indique Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS MEDITERRANEE France« Nous ne savons pas -et ne saurons probablement jamais- combien de personnes ont réellement disparu en mer, dans l’anonymat total. Il n’est pas acceptable que des rescapés qui ont survécu à cette périlleuse traversée, secourus par des navires humanitaires d’embarcations de fortune surchargées, subissent ces blocages de plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant d’arriver en lieu sûr. Il est urgent qu’un accord européen soit trouvé pour mettre fin à ces blocages répétés ».

SOS MEDITERRANEE suit avec attention la volonté d’une coalition d’États européens élaborant une approche coordonnée pour prendre en charge les personnes secourues en mer. Réunis aujourd’hui à La Valette, les ministres de l’Intérieur ont l’opportunité d’exprimer leur solidarité avec les états côtiers, et de mettre en place un mécanisme partagé, prévisible et pérenne de débarquement, conforme à ce que requiert le droit maritime et international. Il s’agirait là d’un premier pas vers une amélioration de la situation en Méditerranée centrale, où trop de gens continuent de mourir en raison du manque de navires dédiés au sauvetage, et de l’absence de coordination des opérations de recherche et sauvetage.

SOS MEDITERRANEE 
Ensemble agissons pour sauver des vies en mer

Depuis 2014, près de 20 000 hommes, femmes et enfants sont morts noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. SOS MEDITERRANEE est une association européenne de sauvetage en mer constituée de citoyens mobilisés pour porter secours à celles et ceux qui risquent leur vie en mer. Depuis le début de ses opérations en février 2016, SOS MEDITERRANEE a secouru 30 179 personnes dont près du quart étaient mineures. L’association est basée en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse. Elle a reçu le Prix Unesco Houphouët-Boigny 2017 pour la Recherche de la Paix.

http://www.sosmediterranee.fr/

Crédit photo : Hannah Wallace Bowman / MSF

Source http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/CP-23-09-2019-Messine

Lesbos, Samos des conditions de vie inimaginables

Lesbos, Grèce : Des centaines de mineurs protestent contre les conditions de vie à Moria  –

Le reportage du quotidien grec Efimerida tôn Syntaktôn donne plus des précisions sur les incidents qui ont éclaté hier mercredi au hot-spot de Moria à Lesbos.  Il s’agissait  d’une mini-révolte des mineurs bloqués sur l’île, qui demandaient d’être transférés à Athènes ou du moins d’être logés à l’hôtel. Même après le transfert 1.500 personnes , il y a actuellement à Moria 9.400 personnes dont 750 mineurs pour une capacité d’accueil de 3.000.

Les mineurs qui arrivent depuis quelques jours sont entassés dans une grande tente qui servait jusqu’à maintenant de lieu de Premier Accueil, une sorte de réception-desk pour tous les arrivants, qui s’est transformé en gîte provisoire pour 300 mineurs.  Hier,vers midi, un groupe de mineurs ont cassé la porte de la tente et ont essayé de mettre le feu à des poubelles, tandis qu’un deuxième groupe de mineurs avait bloqué la route vers la porte du camp en criant Athens-Athens et Hotel-Hotel, faisant ainsi comprendre qu’ils réclament leur transfert à Athènes ou à défaut  à des chambres d’hôtel. La police est intervenue en lançant de gaz lacrymogènes, et une fois le calme répandu ; des pourparlers se sont engagés avec les deux groupes. Il n’y a pas eu ni arrestations ni blessés.

En même temps la situation est encore plus désespérante au hot-spot de Samos  où pour une capacité d’accueil de 648 personnes y sont actuellement entassées presque 5.000 dans des conditions de vie inimaginables……

Des scènes qui rappellent l’été 2015 se passent actuellement à Lesbos. 

Le nombre particulièrement élevé d’arrivées récentes à Lesbos (Grèce) – plus que 3.600 pour le seul mois d’août- a obligé le nouveau gouvernement de transférer 1.300 personnes vulnérables vers le continent et notamment vers la commune Nouvelle Kavalla à Kilkis, au nord-ouest du pays. Il s’agit juste d’un tiers de réfugiés reconnus comme vulnérables qui restent bloqués dans l’île, malgré la levée de leur confinement géographique. Jusqu’à ce jour le gouvernement Mitsotakis avait bloqué tout transfert vers le continent, même au moment où la population de Moria avait dépassé les 10.000 dont 4.000 étaient obligés de vivre en dehors du camp, dans des abris de fortune sur les champs d’alentours. Le service médical à Moria y est désormais quasi-inexistant, dans la mesure où des 40  médecins qui y travaillaient, il ne reste actuellement que deux qui ne peuvent s’occuper que des urgences – et encore-, tandis qu’il n’y a plus aucune ambulance disponible sur place. Ceci a comme résultant que les personnes qui arrivent ne passent plus de contrôle médical avec tous les risques sanitaires que cela puisse créer dans un camp si surpeuplé.

Le nouveau président de la Région de l’Egée du Nord, M. Costas Moutzouris, de droite sans affiliation, avait déclaré que toutes les régions de la Grèce doivent partager le ‘fardeau’, car « les îles ne doivent pas subir une déformation, une altération raciale, religieuse, et ethnique ».

C’est sans doute l’arrivée de 13 bateaux avec 550 personnes à Sykamia (Lesbos) samedi dernier, qui a obligé le gouvernement de céder et d’organiser un convoi vers le continent. Mais l’endroit choisi pour l’installation de personnes transférées  est un campement déjà surchargé – pour une capacité d’accueil de 700 personnes, 924 y sont installés dans de containers et 450 dans des tentes. Avec l’arrivée de 1.300 de plus ni le réseau d’eau potable, ni les deux générateurs électriques ne sauraient tenir. La situation risque de devenir totalement chaotique, d’autant plus que le centre d’accueil en question est géré sans aucune structure administrative par une ONG, le Conseil danois pour les Réfugiés. En même temps, l’endroit est exposé aux vents et les tentes qui y sont montés pour les nouveaux arrivants risquent de s’envoler à la première rafale.  D’après le quotidien grec Efimerida tôn Syntktôn toutes les structures du Nord de la Grèce ont déjà dépassé la limite de leurs capacités d’accueil.

VS

Sur la réforme du droit d’asile en Grèce

Opposition aux projets d’abolition des comités d’asile et de l’association des juges administratifs

Son opposition à l’abolition de la deuxième instance des procédures d’appel de l’asile par les comités de l’autorité indépendante est exprimée dans l’annonce faite aujourd’hui par l’Association des juges administratifs.

Le projet de presse  Σχολίασε
Plus précisément, comme le dit l’Agence athénienne, à l’occasion de l’annonce par le gouvernement de l’abolition de la deuxième procédure d’appel en matière d’asile par les comités de l’Autorité indépendante afin d’accélérer l’ensemble du processus, l’Union souligne :
«1. Les retards constatés ne sont pas exclusivement grecs, mais ils sont observés dans tous les pays européens. Le fonctionnement des comités de deuxième instance s’est avéré efficace. Après tout, l’objectif du système d’asile devrait être de protéger les droits des demandeurs d’asile.
2. La contraction des droits des réfugiés est contraire aux dispositions du droit international humanitaire et du droit européen, ainsi qu’à la jurisprudence selon laquelle ces affaires doivent être traitées à la fois sur le plan juridique et sur le fond. Et tout transfert prévu de ces affaires directement aux tribunaux administratifs ne fera qu’aggraver la situation car, avec leur effectif actuel de juges et de fonctionnaires, leur charge de travail sera excessivement lourde et rapide.
3. Toute discussion de ce type tiendra compte des faits susmentionnés et ne cherchera pas à masquer les faiblesses de l’application du système actuel en supprimant les droits des réfugiés. Notre Union est prête à formuler des propositions positives pour l’amélioration du système et nous attendons avec impatience l’invitation au dialogue des ministres concernés. «  Il est rappelé que le Conseil grec pour les réfugiés a également exprimé sa profonde préoccupation devant les récentes annonces de la KYSSA sur l’abolition du deuxième niveau de demandes d’asile, qui « appelle le gouvernement grec à s’abstenir de tout acte contraire au droit international et au droit international ». protège les droits fondamentaux des réfugiés « .
Sur la base de ces décisions, le Conseil grec des réfugiés souligne :
  1. L’examen des demandes d’asile en deuxième instance n’est pas une spécificité grecque, mais une obligation qui incombe à tous les États membres de l’Union européenne directement par le droit de l’Union. Il reflète les garanties fondamentales de l’état de droit et des droits fondamentaux énoncées dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et la Convention européenne des droits de l’homme.

  2. Outre l’obligation de réexaminer les demandes d’asile en deuxième instance devant un tribunal indépendant et impartial, le droit de l’Union prévoit explicitement un certain nombre de garanties supplémentaires, qui doivent toujours être respectées dans les demandes d’asile en deuxième instance. Par conséquent, les autorités nationales doivent veiller à ce que la demande ait normalement un effet suspensif automatique, à ce qu’une assistance juridique gratuite et obligatoire soit fournie et à ce que les demandeurs aient accès aux services de réception tout au long de la demande de protection internationale en instance.  Ces garanties devraient être prises en compte dans tout débat sur la réforme du cadre national. Dans le cas de la Grèce et de son système juridique, ces garanties ne peuvent pas être respectées en cas de suppression des recours en deuxième instance.

Il est rappelé que le décret présidentiel n ° 90/2008 avait tenté d’abolir de la même manière le deuxième niveau d’examen des demandes d’asile, ce qui avait conduit le HCR à se retirer de la procédure d’asile et, entre autres, à condamner la Grèce devant sa Cour de justice  des droits de l’homme en raison de l’absence d’un système d’asile juste et efficace.

Enfin, il convient de noter que toute nouvelle réduction des garanties de la procédure d’asile s’avérerait, entre autres, inefficace, car les litiges juridiques qu’elle engendrerait entraîneraient de nouveaux retards dans la procédure d’asile.

Compte tenu de ce qui précède, le Conseil grec pour les réfugiés invite le gouvernement grec à s’abstenir de toute action contraire au droit international et au droit de l’Union et à protéger les droits fondamentaux des réfugiés.Source presse grecque

Grèce : modification du droit d’asile

 » La Grèce décide de décongestionner les hotspots et de modifier les procédures d’asile »

L’arrivée massive de migrants et de réfugiés à Lesbos il y a deux jours a conduit le gouvernement grec à organiser une réunion urgente du Conseil du gouvernement pour les affaires étrangères et la défense (KYSEA) samedi matin avec le Premier ministre Kyrakos Mitsotakis.

Il y a une augmentation de 25% du nombre d’arrivées pendant les mois d’été, ce qui représente 5 000 personnes de plus, a déclaré le radiodiffuseur d’État ERT.

L’une des principales priorités est de décongestionner les hotspots des îles de l’est de la mer Égée, en commençant par celui de Moria à Lesbos.
Parmi les autres priorités figurent le transfert des mineurs non accompagnés vers un environnement plus sûr ou le regroupement familial et un mécanisme de surveillance accru. Dans le même temps, le gouvernement grec envisage de modifier les procédures d’asile afin que les personnes dont les demandes ont été rejetées soient renvoyées dans leur pays dans les meilleurs délais.

Les mesures à prendre sont les suivantes:

– Décongestion des hotspots par le transfert des migrants / réfugiés vers les structures existantes sur le continent.

– Transfert immédiat des îles de 116 enfants non accompagnés à leur famille dans d’autres pays de l’Union européenne avec lesquels un accord a déjà été trouvé. Au cours des prochaines semaines, 250 autres enfants non accompagnés seront déplacés vers des structures sécurisées à l’intérieur des terres.

– Renforcer la surveillance aux frontières, en coopération avec FRONTEX et les autorités européennes, ainsi qu’avec l’OTAN. Dans ce contexte, l’adoption du Système national de surveillance maritime intégré (ESTHET) est prévue. Il s’agit d’un système doté d’un budget de 50 millions d’euros qui relie les systèmes des garde-côtes avec l’utilisation de nouvelles technologies (caméras «simples» et thermiques, drones, etc.).

– Changer le cadre institutionnel de la procédure d’asile. Le changement supprimera le deuxième niveau d’appel quand une demande d’asile sera rejetée. Le changement prévoit le retour immédiat / l’expulsion du demandeur dans le pays d’origine. Toujours respectueux de l’acquis communautaire et de la mise en œuvre intégrale de la déclaration commune Union européenne-Turquie. Dans ce contexte, la Turquie devrait également être responsable.

– Renforcement des contrôles de police sur les îles et le continent pour identifier les demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée par les tribunaux. Il est noté qu’il existe plusieurs milliers de cas de ce type et que la police a déjà identifié environ 1 000 personnes dont le processus de retour est en cours.

– Fourniture immédiate de 10 nouveaux petits bateaux flexibles pour une réponse rapide en cas de mouvements de migrants / réfugiés par des trafiquants partant de la côte turque vers les îles grecques.

– Soutenir les communautés locales où  sont les hotspots  en renforçant l’infrastructure et le personnel nécessaires (par exemple, soutien au personnel médical et infirmier de Lesvos).

– Hotspot de Moria: 1 002 réfugiés appartenant à des groupes très vulnérables seront transférés du hotspot de  Moria à Lesbos au centre de Nea Kavala, dans la région de Kilkis, dans le nord de la Grèce. Le transfert est prévu le 3 septembre. Deux péniches de débarquement de la marine grecque seront utilisées à cette fin.

Les  migrants et les réfugiés du hotspot de  Moria ont atteint un total de 10 241. Ce nombre est bien supérieur à ce qu’il peut supporter et en fait  le plus grand centre de réception et d’identification d’Europe.

« La Grèce coopère étroitement avec nos partenaires de l’Union européenne sur cette question », a déclaré samedi le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas, à l’issue de la réunion du KYSEA.

Source https://www.keeptalkinggreece.com/2019/08/31/greece-migrants-refugees-measures-kysea/

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