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Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés
Après le froid glacial le camp de Kara Tepe sous la neige
George Pagoudis
Ce matin et plus tard dans l’après-midi, la tempête de neige est arrivée dans la ville de Mytilène, couvrant tout y compris le camp de Kara Tepe avec les 7 500 personnes qui vivent encore dans des tentes, dont plusieurs sans plancher.
En outre, le camp fonctionne toujours avec une alimentation électrique insuffisante, ce qui met en danger des vies, vue des températures polaires. Concrètement, l’alimentation se fait secteur par secteur et seulement pendant une demi-heure afin d’atteindre progressivement toutes les tentes. En conséquence, les réfugiés passent des heures dramatiques sans lumière ni chauffage et des personnes connaissant bien les conditions de vie, expriment des craintes de voir bientôt un grand nombre de réfugiés tomber malades et d’avoir besoin d’un traitement dans un proche avenir.
Cependant, au lieu de se préparer correctement tout au long de la période précédente, les autorités ont laissé le camp avec une alimentation électrique minimale. Il est caractéristique que certains générateurs qui avaient été donnés par une ONG bien connue et qui étaient toujours en état de fonctionner après la destruction de Moria, ont cessé de fonctionner dans la période précédente, après avoir été détruits par les inondations précédentes. De son côté, le commandant du camp, Nikos Babakos, dans une communication téléphonique avec EF.SYN., a déclaré que «les générateurs qui existent maintenant peuvent couvrir les besoins du camp pendant 16 heures par jour. Cependant, nous sommes obligés de les fermer le matin, tandis que malheureusement l’un d’entre eux a été endommagé.», a-t-il noté. Comme il l’a souligné, le problème vient du fait que le camp n’est pas encore connecté au réseau principal de Deï (EDF grec), malgré le fait qu’il soit très proche de l’usine. « Malheureusement, la bureaucratie ne nous a pas encore permis de nous connecter », a-t-il déclaré, qualifiant la situation de difficile mais gérable.
Neige et verglas couvrent également Samos et Chios et il est fort à parier que les réfugiés là aussi sont exposés au pire, en particulier ceux qui vivent dans la jungle autour du camp officiel de Vathy.
Ce matin, l’Ocean Viking a quitté le port de Marseille et mis cap sur la Méditerranée centrale. Après des mois d’immobilisation, notre ambulance des mers a repris sa mission : répondre aux appels de détresse de celles et ceux qui se noient.
En 2020, c’est grâce à votre confiance sans faille et à votre soutien toujours renouvelé que nous avons pu surmonter les nombreux obstacles qui ont marqué l’année. Aujourd’hui, c’est grâce à vous que nous sommes en mer, toujours aussi déterminés à venir au secours des personnes qui fuient au péril de leur vie.
Nos équipes, à terre comme à bord de l’Ocean Viking, vous souhaitent donc une année 2021 faite d’espoir et de solidarité, placée sous le signe de ce nouveau départ.
Ensemble, nous ne renoncerons jamais aux valeurs d’humanité qui sont les nôtres. Tant qu’il le faudra, nous continuerons à tendre la main aux personnes qui se noient !
– l’actualité brûlante en Grèce, dont les médias occidentaux ne disent presque rien ;
– vos questions sur cette actualité qui appellent des réponses et des précisions ;
– un bilan provisoire de l’appel à soutien du 30 décembre 2020 pour les actions solidaires autogérées qui, étant beaucoup plus faible qu’à l’habitude, nous conduit à vous alerter (réunion d’urgence hier).
L’EXTRÊME-DROITE EST LOIN D’AVOIR DISPARU EN GRÈCE
Depuis plusieurs jours, vous êtes nombreux à nous interroger sur la situation actuelle de l’extrême-droite en Grèce. Vous avez entendu parler d’un remaniement gouvernemental qui fait scandale, quelques semaines seulement après l’emprisonnement des principaux dirigeants du parti Aube Dorée. Et vous n’entendez plus parler de crimes et d’agressions. Tout porte à croire que la situation est devenue calme. Alors que se passe-t-il vraiment ? L’extrême-droite a-t-elle disparu en Grèce ou a-t-elle seulement changé de forme ?
En réalité, nous assistons à une mutation de l’extrême-droite grecque sur le modèle de beaucoup d’autres pays européens. Non seulement un nouveau parti nationaliste un peu moins radical (« La Solution Grecque ») a piqué une grosse partie de l’électorat d’Aube Dorée, mais surtout le premier ministre de droite, Kyriakos Mitsotakis, ne cesse de renforcer la présence de l’extrême-droite dans ses gouvernements successifs. Ce qui conduit à une politique toujours plus violente à l’égard du mouvement social, des précaires et des migrants.
(photo voir sur le site)
À quoi cela ressemble-t-il concrètement, dans notre quotidien en Grèce ? À un État toujours plus brutal, autoritaire et raciste. Voici quelques exemples depuis 18 mois :
— la répression est féroce contre les anarchistes et autres révolutionnaires, premières cibles du nouveau gouvernement comme il l’avait annoncé dès juillet 2019 lors de son arrivée au pouvoir ;
— le quartier libertaire d’Exarcheia est pris en étau et beaucoup des squats en Grèce ont été violemment évacués au fil des mois ;
— l’asile universitaire et d’autres mesures symboliques fortes prises à l’issue de la chute de la dictature des Colonels en 1974 ont été supprimés ;
— les initiatives solidaires autogérées sont harcelées dès lors qu’elles refusent de collaborer avec le pouvoir et les institutions ;
— la situation dans les prisons est catastrophique, au point que le Comité pour la prévention de la torture et traitements inhumains (CPT) du Conseil de l’Europe a publié un rapport alarmant le 9 avril 2020 dans lequel il demande au gouvernement grec de faire cesser les « mauvais traitements persistants des détenus » qui sont « une pratique courante dans toute la Grèce ».
— L’Union Européenne est cependant complice quand il s’agit des camps de réfugiés qu’elle cofinance en Grèce et qui s’avèrent pires que les précédents, en particulier au niveau censure et isolement, comme c’est le cas à Kara Tepe (Lesbos) où les membres des ONG sont désormais dans l’interdiction de révéler ce qu’ils voient, depuis le décret du 30 novembre 2020.
— Le Comité international de secours (IRC) a annoncé le 17 décembre une hausse importante des cas d’automutilation (+66%) et des problèmes de santé mentale (+71%) dans les camps en Grèce, une situation dramatique qui toucherait « les trois-quart » des exilés rencontrés à Lesbos, Samos et Chios.
— Refusant de remédier à ces souffrances, le premier ministre grec a choisi, au contraire, de venir apporter son soutien aux gardiens des camps de migrants et aux gardes-côtes en mer Égée pourtant réputés pour leur irrespect des règles de base dans l’aide aux personnes en détresse (qui vont par exemple jusqu’à provoquer la noyade de migrants désespérés en les refoulant avec des armes à feu et des bâtons ou en endommageant leurs embarcations).
— Contrairement à ce que prétend une rumeur fausse, les agressions de réfugiés n’ont pas cessé en Grèce, il y en a souvent malheureusement. Par exemple ce samedi 26 décembre 2020, une dizaines de fascistes armés de couteaux, de bâtons et de barres de fer ont attaqué un centre d’hébergement pour mineurs isolés (de 12 à 15 ans), près de Thessalonique. Ils ont brisé la porte d’entrée, pénétré l’enceinte et frappés les enfants en criant des slogans racistes. Parmi les 4 jeunes réfugiés blessés, l’un d’entre eux a été transporté à l’hôpital avec de graves problèmes respiratoires dus à des coups dans la poitrine. Une information relayée par une partie seulement de la presse grecque et aucun média occidental excepté infomigrants :
— Autour des camps de la mer Égée, les agressions racistes sont également monnaie courante. Le 12 décembre 2020, un policier et trois garde-frontières ont été inculpés pour avoir battu des migrants quelques jours plus tôt, près du camp de Kara Tepe à Lesbos. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a montré les quatre fascistes en uniformes en train de battre deux demandeurs d’asile revenant d’un supermarché, puis de continuer à les frapper longuement après leur avoir passé les menottes. Ils ont été suspendus de leurs fonctions mais laissés en liberté jusqu’à leur procès où ils seront jugés pour « sévices » et « torture ». (photo voir sur le site)
Comme on l’a compris, ce n’est pas parce que les principaux dirigeants d’un parti fasciste ont fini par être mis en prison (au bout de dix ans d’agressions et de crimes plus odieux les uns que les autres, donc extrêmement tard) que le fascisme a pour autant disparu en Grèce. Non seulement, les agressions se poursuivent, mais surtout l’État grec vient de renforcer la présence de l’extrême-droite au sommet de l’exécutif.
Pour le dire autrement : qu’Aube Dorée disparaisse enfin est une bonne chose évidemment. Mais pour les antifascistes en Grèce, combattre un groupuscule fasciste durant toutes ces années et combattre un gouvernement d’extrême-droite n’est pas la même chose. La normalisation de l’extrême-droite, toujours plus présente au sein des nouveaux gouvernements successifs est un problème d’une autre envergure car, de cette façon, elle prend directement le contrôle de la Loi, du pouvoir et des outils de la répression, encore plus que par le passé. (photo voir sur le site)
LA GRÈCE PASSE AU BLEU MARINE
Un nouveau remaniement a eu lieu la semaine dernière qui confirme ce cap particulièrement inquiétant. Le nouveau ministre de l’intérieur, premier flic du pays, est désormais l’une des figures historiques du fascisme en Grèce, après avoir longuement milité pour la libération du Colonel Papadopoulos et le rétablissement de la dictature. Il s’appelle Makis Voridis.
Pour commencer, regardez cette photo de son intervention à une réunion publique du parti EPEN (organisation politique siamoise du Front national, avec un référence explicite à l’inspirateur Jean-Marie Le Pen) dans les années 80 à l’hôtel Caravel. Makis Voridis fait son discours devant le portrait de son mentor, le dictateur Papadopoulos, et déclare déjà ouvertement : « Abattons les choses et les personnes qui tentent de nous arrêter ! » (photo voir sur le site)
Regardez-le en compagnie des chefs du parti pour le retour de la dictature. Une dictature qui, faut-il le rappeler, a emprisonné, torturé et assassiné de nombreux opposants. (photo voir sur le site)
Aux élections de 1984 et 1988, les discours de Voridis appelaient au rétablissement de la dictature. Son slogan était : « La libération du pays viendra de la prison de Korydallos » (où était enfermé le Colonel Papadopoulos). (photo voir sur le site)
Quand il était étudiant, Voridis était surnommé « La hache » car il dirigeait un groupe fasciste qui poursuivait les étudiants gauchistes avec des battes de base-ball et sa fameuse hache, comme le montre cette photo prise en 1985 dans l’université de droit d’Athènes (à droite, l’une de ses victimes). Il a d’ailleurs été exclu de la fac cette année-là pour ses violentes attaques. (photo voir sur le site)
En 1986, le sinistre comité de soutien de Papadopoulos a reçu la visite de Jean-Marie Le Pen venu appeler à la libération de l’ancien dictateur et au retour de la junte. (photo voir sur le site)
Dans les années 1990, Makis Voridis participe à la structure pan-européenne mise en place par Bruno Gollnisch au nom du Front national. Ici, il célèbre le 30ème anniversaire du putsch des Colonels, sur un plateau de télévision le 21 avril 1997, avec son ami de l’époque : le néo-nazi Michaloliakos, futur chef d’Aube Dorée.
23 ans plus tard, suite à des choix stratégiques différents, l’un est au pouvoir et l’autre en prison. (photo voir sur le site)
Devenu très proche de Jean-Marie Le Pen, Makis Voridis vient célébrer le 36ème anniversaire du putsch des Colonels le 21 avril 2003 au congrès du Front National qui se déroule à Nice. (photo voir sur le site)
En 2005, Voridis adhère à un nouveau parti nationaliste grec : le LAOS. Il continue de voyager au sein de l’extrême-droite européenne. Par exemple, il intervient le 8 novembre 2009 au congrès de fondation du Parti de la France, à l’invitation de son ami Carl Lang. (photo voir sur le site)
C’est en 2012, après 30 ans de service au sein de l’extrême-droite grecque et européenne, qu’il rejoint opportunément l’aile droite du parti Nouvelle Démocratie en lorgnant une part de gâteau du pouvoir.
Après avoir été nommé ministre de l’Agriculture du premier gouvernement Mitsotakis, c’est cet homme qui, la semaine dernière, a pris le contrôle du ministère de l’intérieur et qui va donner ses ordres à la police. (photo voir sur le site)
Autre choix particulièrement ironique de Mitsotakis : une députée notoirement antimigrants est promue au poste de ministre adjointe à l’Intégration des réfugiés. Sofia Voultepsi a notamment déclaré que les migrants sont des « envahisseurs non armés ». Une autre fois, elle a osé dire : « il y a des humains qui vivent dans le voisinage des Roms ». (photo voir sur le site)
Mitsotakis n’a pas fait pire en se déclarant satisfait des conditions de vie des migrants dans le camp de Kara Tepe ce 31 décembre 2020 : (photo voir sur le site)
Traduction de l’article de Inotos : « Lesbos : Kyriakos Mitsotakis est heureux de la structure des réfugiés à Kara Tepe. Le Premier ministre a semblé presque excité par ce qu’il a vu à Kara Tepe lors de sa visite à Lesbos, refusant de se rappeler les images récentes du camp de réfugiés inondé et leurs appels désespérés pour des conditions de vie humaines. » (photo voir sur le site)
Pendant ce temps, une autre figure historique de l’extrême droite en Grèce garde sa place au gouvernement : Adonis Georgiadis est un autre transfuge du parti d’extrême droite LAOS. Lui aussi en a fait des vertes et des pas mûres. En 2006 par exemple, il a co-édité en Grèce un pamphlet antisémite intitulé « Juifs, l’entière vérité » qui faisait l’apologie d’Adolf Hitler et appelait à l’extermination des Juifs.
Adonis Giorgadis a également propagé des opinions violentes à l’égard des musulmans et d’autres non orthodoxes. Parmi ses sorties célèbres, il a notamment déclaré que la gauche a « remis la Grèce entre les mains des musulmans et autres déchets comme ça ». (photo voir sur le site)
Devenu proche de Mitsotakis, Giorgadis reste ministre de la Croissance et de l’Investissement. Les 120 000 oliviers déjà coupés à Kastelli en Crète, c’est lui. Comme quoi, l’extrême-droite n’est pas plus écolo que la droite.(photo voir sur le site)
UNE DÉRIVE AUTORITAIRE DANS L’AIR DU TEMPS
Comme on l’a vu ces derniers mois, en Grèce comme en France, tous les prétextes sont bons pour dominer, exploiter, culpabiliser et piétiner un peu plus la foule désorientée. Une foule inconsciente de sa capacité à renverser le cours des choses pour prendre sa vie en mains, perdue dans le repli sur soi, le crétinisme et la recherche de boucs-émissaires encore plus pauvres.
Le capitalisme ne nous protège pas du fascisme, et pour cause : le fascisme est la forme ultime du capitalisme. Il est déjà présent en germe dans tous les replis de notre société basée sur la domination et l’exploitation, en dépit de ses déclarations d’intention et de ses belles devises. Le fascisme est partout dès lors que l’autorité se manifeste, menace et brutalise : dans le couple, dans l’éducation, dans notre rapport à la vie et à la Terre sous toutes les formes, dans la guerre économique ou militaire, dans la misère invisibilisée comme dans le luxe pétaradant, dans la hiérarchie de la production et dans celle de l’administration… partout ! Ce n’est qu’une question de degré, d’opportunité, de circonstance. Une différence qui va jusqu’à montrer du doigt avant de tuer, au lieu de le faire silencieusement dans l’hypocrisie et les faux habits de la démocratie. (photo voir sur le site)
Combattre le fascisme sans remettre en question la société autoritaire qui légitime les rapports de domination et le capitalisme qui organise l’exploitation, c’est jeter des pierres dans l’eau : on peut se satisfaire d’un peu de bruit et de quelques vaguelettes un bref instant, mais le fond reste le même. Car le fond du problème, en réalité, c’est tout le système qui l’engendre. La Justice bourgeoise ne suffira pas à nous débarrasser du fascisme, ni en Grèce ni en France. La preuve : il est toujours là, et plus puissant encore, comme un hydre aux multiples têtes qui repoussent sans cesse.
Il n’est pas étonnant qu’en cette période de crise, des libéraux et des membres de l’extrême-droite se rapprochent et s’unissent : le fascisme gagne toujours de l’avancement en temps de crise. Quand le pouvoir se raidit, se durcit, se cramponne à ses privilèges. Car le fascisme est le joker du capitalisme. Il est son vrai visage, dans le trouble et l’agitation, quand le masque démocratique tombe. (photo voir sur le site)
LE VIRUS DE LA MISÈRE
La Grèce commence à vivre une nouvelle crise sociale et humanitaire peut-être encore plus grave que la précédente. Malgré les signes avant-coureurs qui nous entourent et la dette abyssale qui va bientôt atteindre les 200% du PIB (selon l’agence de notation Moody’s), l’État grec s’empresse d’acheter d’innombrables armes parmi lesquelles 18 Rafales au français Dassault pour 2,5 milliards d’euros (dont 1,5 milliards à régler l’an prochain). Kyriakos Mitsotakis a décidé de doubler son budget militaire dès l’année prochaine, alors qu’il est déjà l’un des plus élevés en Europe toutes proportions gardées. Parmi ses emplettes, il a également prévu de nouvelles frégates, des hélicoptères et des drones en veux-tu en voilà. Il va aussi embaucher 15.000 bidasses de plus.
À cause d’Erdogan ? En apparence oui, mais en réalité, vu le recrutement massif également chez les flics, les nouveaux gadgets qui leur sont destinés, ainsi que pour renforcer la surveillance des opposants politiques, on peut supposer que ces armes peuvent servir à tout. L’Histoire l’a montré en maintes occasions. Ce ne sont pas seulement les tensions géopolitiques qui génèrent cette attitude du pouvoir, vu qu’elles durent depuis très longtemps avec les dirigeants turcs successifs, mais aussi les risques de troubles intérieurs en Grèce dans une période de plus en plus sombre. À force de réprimer les activistes, on peut craindre de les radicaliser. À force de laisser la base sociale s’enfoncer dans la misère, on peut craindre qu’elle se rebiffe. Même si on semble aujourd’hui très loin d’un nouveau soulèvement en Grèce, on sait par expérience que ces choses là peuvent arriver très vite. Il suffit parfois d’une étincelle, d’une goutte d’eau ou de sang. (photo voir sur le site)
Une autre rumeur fausse concerne la pseudo bonne santé de l’économie grecque, au prétexte que l’État est en train de rembourser sa dette au FMI de façon anticipée (en l’occurrence 3,6 milliards de prêts qui devaient expirer en 2021 et 2022). Il lui restera encore à payer 1,2 milliards à l’instance internationale par la suite. Mais, en réalité, l’État grec n’a évidemment pas l’argent pour rembourser ce prêt : il ne fait qu’emprunter simultanément sur les marchés financiers auprès de créanciers moins exigeants que le FMI (qui a tendance à dicter la politique des pays où il intervient). C’est tout ! Idem pour les baisses d’impôts qui sont surtout des cadeaux aux patrons et aux actionnaires. L’essentiel des 1,2 milliards offerts se résume aux baisses des impôts sur les bénéfices des entreprises (de 28 à 24%) et de la taxation des dividendes (de 10 à 5%). Autrement dit, c’est une probable hausse de la TVA (l’impôt qui frappe tout le monde, surtout les pauvres puisqu’ils consomment une proportion plus forte de leur faible revenu) qui devra compenser ce nouveau cadeau aux riches. Mitsotakis, c’est Robin des Bois à l’envers. Pas étonnant qu’il soit copain avec Macron. (photo voir sur le site)
Parmi les autres chaises musicales entre les ministères, le très libéral Kostis Hadjidakis laisse le ministère de l’Environnement et de l’Énergie, au sein duquel il a déverrouillé l’exploitation des territoires sauvages et protégés, pour celui du Travail, avec pour mission d’utiliser le prétexte de la crise actuelle pour en finir avec les ruines du droit du Travail en Grèce. En août 2019, un nouveau projet de loi a déjà été adopté qui supprime la condition obligatoire pour justifier le licenciement d’un employé. Idem concernant la rémunération des heures supplémentaires qui n’est plus impérative. Tout ça à cause du virus, bien sûr ! Ben voyons ! (photo voir sur le site)
Même chose pour les étudiants les plus pauvres qui vont voir disparaître 20.000 places dans les universités en 2021, au bénéfice des écoles privées. Les études sont donc réservées à ceux qui ont de l’argent grâce à leur famille. Les autres iront tout simplement au turbin, en bas de l’échelle sociale, comme leurs parents. La lutte des classes, il semble que ça existe encore, contrairement à ce que nous affirment les éditocrates ridicules. Et que dire du budget accordé à la santé qui va baissé de 17% en 2021, en pleine saturation des capacités hospitalières ?
Depuis deux mois, 5000 Grecs sont morts du covid19. Mais combien sont morts de la misère qui frappe de plus en plus fort ? Et combien vont mourir dans les prochains mois, directement ou indirectement, du fait des événements qui se produisent actuellement ? La crise sanitaire est l’arbre qui cache la forêt de la crise sociale qui va suivre et commence déjà. Et tout ça, non pas à cause du virus lui-même et de ses conséquences immédiates, mais du fait des choix politiques qui sont faits au même moment. Le pouvoir aime à profiter de toutes les opportunités, même avec les meilleures prétextes, pour accroître sa domination, nous domestiquer, nous soumettre, nous exploiter, nous presser comme des citrons. (photo voir sur le site)
Ensuite, il nous jette des miettes pour tenter de faire oublier tout ce qu’il nous prend. En Grèce, un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté (3,5 millions d’habitants) et la moitié des sans-abris d’Athènes survivent avec moins de 20 euros par mois. Mais la mairie d’Athènes (dirigée par le neveu du premier ministre) se complait à rendre public que, durant l’année 2019, elle a fait 2606 lavages de vêtements (8 par jour), distribué 5200 médicaments (11 par jour) et transmis 2900 bons d’achats de 50 euros en partenariat avec des supermarchés et le Lions Club de Kifissia. Des chiffres en réalité ridicules pour une immense commune avec un budget important face à une telle misère. Une aide grotesque de la part de dirigeants qui font partie des responsables de ladite misère.
Voilà pourquoi nous refusons de collaborer avec le pouvoir et ses institutions. En Grèce, le mouvement social a majoritairement choisi l’autogestion et l’indépendance la plus totale dans ses actions de solidarité. La plupart des lieux autogérés refusent de signer une quelconque convention et conçoivent l’entraide comme un élément de la lutte. C’est notamment le cas de tous ceux que nous vous avons présentés dans nos films depuis 8 ans (en particulier ceux dont nous sommes membres).
BILAN PROVISOIRE DE L’APPEL À SOUTIEN DU 30/12/2020 : UN ÉCHEC PRÉVISIBLE
L’appel à soutien lancé il y a dix jours pour les actions solidaires autogérées (du fait de nos difficultés cet hiver) a reçu un écho beaucoup plus faible qu’à l’habitude. Nous avons totalisé moins de 2000 euros (entre le 30/12 et le 10/01), sans doute à cause du contexte économique inquiétant. Nous le redoutions un peu. Lors d’une réunion d’urgence qui s’est tenue hier, nous avons décidé de vous alerter. Il est bon que celles et ceux qui peuvent contribuer sachent que d’autres ne le peuvent plus en ce moment et que la plupart de nos projets en cours sont gelés (à commencer par les achats de nourriture et de produits de première nécessité pour une vingtaine de lieux et collectifs). Aujourd’hui, nous vous informons simplement de la situation et vous laissons voir ce que vous pouvez peut-être faire. Si vous êtes en difficulté, surtout ne contribuez pas : ne vous mettez pas en danger, partagez juste l’appel, c’est déjà un soutien appréciable. Comme nous le disions dans le message précédent, il n’est pas certain que nous pourrons lancer une collecte cet hiver suivi d’un convoi solidaire, vu le contexte compliqué.
Nous devons également attendre encore plusieurs mois avant de sortir le nouveau film (qui sera comme toujours en soutien des collectifs et lieux présentés) : Après Ne vivons plus comme des esclaves (2013), Je lutte donc je suis (2015) et L’Amour et la Révolution (2018), Nous n’avons pas peur des ruines sortira probablement en septembre 2021, avec la participation d’un grand nombre de collectifs du mouvement social et beaucoup de belles surprises (musiques, lieux, etc.).
Voilà pourquoi, sans convoi et sans film actuellement, sans même la possibilité d’organiser des concerts de soutien, il ne nous reste plus que cet appel crucial pour parvenir à réaliser les actions les plus nécessaires et urgentes.
Rappel des trois façons de participer (de préférence par virement ou Paypal, car ça va plus vite que par chèque) :
Liste des lieux et collectifs aidés matériellement et/ou financièrement durant l’année écoulée (principalement de février à septembre 2020), malgré un contexte particulièrement difficile :
– Centre social autogéré Alimoura à Ioannina (nous avons financé la réparation du local qui avait été saccagé par une attaque fasciste) ;
– Usine autogérée Bio.Me à Thessalonique (soutien et achat de savons et produits fabriqués par les ouvriers, alors que l’électricité venait de leur être coupée) ;
– Mikropolis à Thessalonique (soutien au plus grand espace social libre de Grèce qui est actuellement en train de déménager) ;
– Initiative antifasciste d’aide aux réfugiés près d’Évros (au moment où ces derniers étaient pris au piège entre les deux états grecs et turcs, et où des identitaires européens étaient venus pour tenter de pratiquer la chasse à l’homme, ainsi qu’à Lesbos) ;
– Réseau Solidaire de Crète (et soutien à la création de nouveaux lieux dans l’île, dont nous vous reparlerons)
– Initiative de Kastelli en Crète contre le nouvel aéroport (nous avons participé au financement de la procédure de Justice contre l’aéroport qui est en train de basculer à l’échelle européenne, alors que 120.000 des 200.000 oliviers ont déjà été coupés et que l’opinion est de plus en plus opposée au projet, nous avons également participé à plusieurs réunions et actions sur place, et soutenu les paysans en lutte contre ce projet)
– Centre Social autogéré Favela au Pirée (soutien financier et achat de tee-shirts pour épauler ce lieu situé dans une zone où les fascistes rôdent souvent et où l’un d’entre nous, a été agressé violemment en juin 2019 par un groupe de néo-nazis qui lui avait tendu un guet-apens avant que les passagers d’une rame de tramway ne parviennent à le sauver) ;
– K*Vox à Athènes (base d’un des groupes les plus actifs en Grèce) ;
– Aide aux frais de Justice de plusieurs compagnons de luttes , notamment pour leur éviter d’aller en prison suite à des actions pourtant exemplaires ;
– squat Notara 26 à Athènes (le plus ancien lieu d’accueil des réfugiés dans le quartier d’Exarcheia) ;
– Plusieurs cuisines sociales (soutien financier et livraison de produits alimentaires) ;
– Structure autogérée de santé d’Exarcheia (soutien financier et livraison de matériel médical) ;
– Réseau École Buissonnière-Pédagogie Freinet (soutien financier et livraison de fournitures en aide aux enfants précaires) ;
– actions solidaires à Lesbos (nombreuses initiatives depuis mars et, surtout, après l’incendie du sinistre camp de Moria et l’errance de nombreuses familles en difficultés).
CONTRE L’AÉROPORT DE KASTELLI (SUITE)
Vous avez été nombreux à réagir aux images montrant les milliers d’oliviers arrachés (120.000 au total pour l’instant) et les inondations de septembre 2020 causées par cette déforestation insensée. Voici encore d’autres images, celles des inondations de novembre 2020 pour les mêmes raisons, toujours autour de Kastelli, ainsi que la visite du principal responsable sur place, début 2020
Tenez bon. Bon courage pour 2021 et à bientôt,
Maud et Yannis Youlountas po/ collectif artistique et solidaire Anepos
En Allemagne, Espagne, Grèce et Italie, de plus en plus de détentions illégales de migrants
Par Anne-Diandra Louarn
Un réseau de chercheurs et militants soutenus par le groupe de la Gauche unitaire européenne au Parlement européen a récemment publié un rapport sur la rétention des migrants. Ils estiment que ces pratiques sont de plus en plus obscures, compliquées et même illégales, notamment en Italie, en Grèce, en Espagne et même en Allemagne.
Qu’il s’agisse des pays en première ligne des arrivées comme l’Italie, la Grèce et l’Espagne ou ceux de destination comme l’Allemagne, la rétention administrative des migrants survient de plus en plus en dehors des cadres juridiques existants. C’est en tout cas l’amer constat dressé par Migreurop, un réseau d’associations et de chercheurs, qui a enquêté sur les pratiques de privation de libertés des exilés en 2019.
Dans un rapport d’une trentaine de pages publié en décembre 2020 intitulé « Exilé·e·s enfermé·e·s et exclu·e·s – Détention informelle et illégale en Espagne, en Grèce, en Italie et en Allemagne », les chercheurs démontrent que des formes de rétention informelles voire illégales « ont gagné en importance et sont devenues partie intégrante du fonctionnement du régime frontalier de l’Union européenne ». Ils craignent que ces pratiques ne deviennent la règle au sein du Vieux continent, à l’heure où un éventuel « Pacte européen sur la migration » est en discussion à Bruxelles.
En première ligne, ces pays qui filtrent les migrants à la frontière
Il y a d’abord les pays de première arrivée comme l’Italie, la Grèce ou encore l’Espagne dont le rôle, selon Migreurop, est de « filtrer les exilés et de mettre un terme à leur mobilité, considérée indésirable et illégitime, afin qu’ils et elles n’atteignent pas les autres États membres », peut-on lire dans le rapport. Dans cette optique, les chercheurs relèvent que la rétention ayant lieu aux frontières extérieures est généralement de très courte durée (à l’exception des îles grecques) et souvent non réglementée afin de pouvoir expulser rapidement les exilés vers un autre pays ou de les refouler de l’autre côté de la frontière. « Elle se déroule loin des centres de rétention ‘traditionnels’ et plutôt dans des lieux informels, y compris les zones frontalières et les postes de police, avec un accès très limité aux droits, tels que l’information ou celui d’être représenté·e par un avocat », notent encore les chercheurs.
En outre ces dernières années, de plus en plus de centres de rétention ont pris de nouvelles formes : c’est le cas des hotspots en Italie qui, en 2019, comptaient 7 757 détenus pour 890 places et en Grèce où l’on dénombre 38 423 occupants pour 6 178 places, ou encore des CATE en Espagne avec 15 288 détenus pour 1 020 places. « Le but est d’accélérer les expulsions aux frontières, dans une perspective strictement sécuritaire. En réalité, cela se traduit par une sur-occupation de ces sas de privation de liberté, où des milliers de personnes bloquées dans leur parcours migratoire sont plongées dans l’attente et l’incertitude », explique Migreurop.
Une situation qu’il est d’autant plus difficile d’appréhender que les chiffres des rétentions et refoulements se basent sur des méthodes de calcul propres à chaque pays, pouvant être interprétés de façon variable. Ainsi, d’après Migreurop, en 2019, l’Espagne a par exemple refusé l’accès à son territoire à 493 455 personnes, « la plupart d’entre elles ayant été privées de liberté dans des installations frontalières avant d’être renvoyées. » Pourtant, les données officielles sur les migrants retenus dans les centres de pré-expulsion et autres structures reconnues en Espagne ne représentent que 28 781 détenus cette même année.
Nouveaux motifs de rétention et augmentation des accords de réadmission Outre les pays de première arrivée, les pays de destination de l’Ouest et du Nord de l’Europe ne sont pas en reste, selon Migreurop qui a étudié tout particulièrement le cas de l’Allemagne. Les chercheurs décrivent « des mécanismes de détention sophistiqués visant à renvoyer (les exilés) vers les États de première arrivée dans l’UE (en vertu du règlement de Dublin) ou dans un pays d’origine ou de transit dit tiers (par le biais d’accords de réadmission ou, de plus en plus, d‘accords informels tels que la Déclaration UE/Turquie, le « Joint Way Forward » sur l’Afghanistan, ou les Procédures Opérationnelles Standard) ».
S’ajoutent de nouveaux motifs de rétention introduits outre-Rhin ces dernières années : « Un recours plus important à la détention et la multiplication des motifs et fondements juridiques sur lesquels s’appuie l’Allemagne permet de procéder à un nombre conséquent d’expulsions (22 097 en 2019) », affirme Migreurop, notant également que la capacité des lieux de détention avant renvoi a fortement augmenté passant de 438 places en 2015 à au moins 745 places en 2019.
« Une politique migratoire de dissuasion » à l’origine « d’énormes souffrances » Dans ce contexte, Migreurop dénonce « une politique migratoire de dissuasion » à l’origine « d’énormes souffrances » comme celles constamment pointées du doigt sur l’île grecque de Lesbos. Les chercheurs craignent que le « Pacte européen sur l’asile et les migrations » actuellement sur la table des négociations au Conseil et au Parlement européen ne vienne normaliser ces pratiques de rétention illégales. « Loin de proposer des innovations centrées sur les droits humains, ce Pacte est un outil qui permet aux États membres de systématiser une politique répressive née il y a 30 ans, ainsi que des pratiques brutales de détention de plus en plus informelles et précaires. »
Le texte prévoit notamment la mise en place d’une procédure de contrôle des candidats à l’exil ayant été secourus en mer ou étant entrés sur le territoire européen sans papiers d’identité. Avec cette mesure, les pays membres pourraient exiger des migrants qu’ils se maintiennent à la frontière extérieure ou dans une zone de transit, « sans doute dans des conditions coercitives », le temps d’examiner la recevabilité de leur demande. Nombreux seraient alors ceux qui se verraient orientés vers une procédure accélérée d’asile, ou de renvoi à la frontière, impliquant là encore très probablement un placement en rétention. « Désormais, l’option envisagée par les États membres est de transformer en loi cette politique de banalisation de la violence et les mauvaises pratiques existantes, réduisant à peau de chagrin la défense des droits humains », regrette Migreurop.
L’ensemble des propositions du Pacte présentées par la Commission européenne en septembre dernier doivent désormais être discutées et approuvées par le Conseil et le Parlement européen. La Commission européenne espère une entrée en vigueur en 2022.
Les chercheurs de Migreurop, quant à eux, comptent poursuivre leurs investigations sur les rétentions illégales et les mauvais traitements des migrants en Europe. Ils assurent que si leur rapport s’en tient à l’analyse de quatre États, « cette réalité est néanmoins bien visible et tangible dans d’autres zones géographiques ». Leur prochain objectif : enquêter sur les Balkans en 2021.
Des morsures de rats, de serpents… Le camp de Samos face à un désastre sanitaire Par Charlotte Boitiaux
Le camp de Samos en Grèce. Crédit : Reuters
Depuis plusieurs mois, l’ONG Médecins sans frontières alerte sur la situation sanitaire sur l’île grecque de Samos où vivent des milliers de migrants entassés dans des campements insalubres. Une campagne de vaccination anti-tétanos a été lancée pour protéger les hommes, les femmes et les enfants exposés, entre autres, aux morsures de rats et de serpents.
Depuis des mois, Médecins sans frontières (MSF) alerte sur le fait que le camp de migrants de Vathy sur l’île de Samos, en Grèce, « n’est pas un endroit sûr ». Environ 3 500 migrants – syriens, afghans, congolais ou encore irakiens – y vivent « dans des conditions absolument misérables » à flanc de colline, dans des cabanes en bois ou des abris faits de bâches et de couvertures, rappelle Dora Vangi, chargée de la communication pour MSF en Grèce. L’accès à l’eau et à la nourriture y est limité. Et les incendies de ces derniers mois n’ont rien arrangé.
Face à la dégradation de la situation, une campagne de vaccination contre le tétanos a été lancée par MSF. Le but : protéger la population de ces campements « qui n’ont d’autre choix que de vivre dans la saleté et les ordures » contre cette maladie qui peut se contracter à des travers des plaies infectées ou encore des morsures d’animaux.
Les déchets dans le camp de Samos, en décembre 2019. Crédit : InfoMigrants
« Les morsures, ce n’est pas nouveau »
Et à Samos, les blessures par morsures ne sont pas rares. « Selon nos équipes médicales, des rats, des scorpions et des serpents mordent des enfants et des adultes », explique Dora Vangi de MSF. « Ce n’est pas nouveau, nous alertons sur ce problème depuis longtemps ».
Pour l’heure, l’ONG a annoncé avoir déjà vacciné environ 2 200 hommes, femmes et enfants de plus de six ans depuis le début du mois de décembre.
Les autorités grecques prévoient le déplacement de tous les demandeurs d’asile des îles grecques vers le continent et dans un nouveau camp fermé sur Samos, d’une capacité de 1 200 personnes, d’ici le début d’année 2021.
Lettre ouverte des milliers de réfugiés de Lesbos aux Européens PAR MORTAZA BEHBOUDI
Nous avons déménagé il y a trois mois après l’incendie de l’ancien camp de Moria dans un nouveau camp et nous vivons ici plus de 7000 réfugiés près de la mer. En septembre, on nous a promis de bien meilleures conditions de vie dans ce nouveau camp (…) Nous résidions toujours dans un endroit sans eau courante, sans douches chaudes suffisantes et sans système d’évacuation des eaux usées fonctionnel.
Objet : revendications – amélioration des infrastructures du nouveau camp
Chers Européens,
Chère Madame van der Leyen,
Nous vous souhaitons un joyeux Noël depuis le nouveau camp de réfugiés de Lesbos. Nous espérons que vous pourrez le fêter malgré les difficultés auxquelles nous sommes tous confrontés en raison de la crise du Coronavirus.
Nous avons déménagé il y a trois mois après l’incendie de l’ancien camp de Moria dans un nouveau camp et nous vivons ici avec plus 7000 réfugiés près de la mer. En septembre, on nous a promis de bien meilleures conditions de vie dans ce nouveau camp et nous étions heureux d’écouter ces promesses et d’attendre qu’elles soient tenues (…)
On nous avait également promis que nos procédures d’asiles s’accéléreraient enfin, mais beaucoup d’entre nous attendent toujours, certains depuis plus d’un an, pour passer leur entretien. Au lieu de cela, nous restons dans l’incertitude et n’avons rien d’autre à faire que d’attendre. A bien des égards, la situation est même pire qu’avant le grand incendie à Moria. (…)
Nous sommes d’accord avec le ministre allemand, M. Mueller Wjo, qui a déclaré la semaine dernière que la situation dans ce camp est pire que dans n’importe quel pays en crise ou conflit. Nous voulons le remercier pour ses paroles claires, mais nous nous posons des questions :
Comment se fait-il qu’après trois mois et tant de millions donnés par les gouvernements et collectés par les ONG, nous résidions toujours dans un endroit sans eau courante, sans douches chaudes suffisantes et sans système d’évacuation des eaux usées fonctionnel ?
Pourquoi nos enfants ne peuvent toujours pas aller en classe et pourquoi nous sommes dépendants de la bonne volonté de certaines organisations qui nous distribuent des vêtements et des chaussures d’occasion ?
N’avons-nous pas des droits basiques en tant qu’êtres humains et réfugiés en Europe qui couvrent nos besoins élémentaires ?
Souvent, nous lisons et entendons dire que nous vivons comme des animaux dans ce camp, mais nous pensons que ce n’est pas vrai. Nous avons étudié les lois visant à protéger les animaux en Europe et nous avons découvert que même eux ont plus de droits que nous. Chaque animal devrait avoir ces droits :
« Être à l’abri de la faim et de la soif
L’absence d’inconfort en fournissant un environnement approprié, y compris un abri et une aire de repos confortable,
L’absence de douleur, de blessure ou de maladie grâce à la prévention, à un diagnostic et un traitement rapide,
Liberté d’exprimer un comportement « le plus normal » en offrant un espace suffisant, des installations et accompagnements appropriés,
Se libérer de la peur et de la détresse en assurant des conditions et des traitements qui évitent la souffrance mentale ».
Ces droits nous sont-ils accordés? Non.
Peut-être que nous ne mourons pas de faim mais nous ne vivons pas dans un « environnement approprié », nous ne sommes pas à l’abri de la douleur et de la détresse. Aucun d’entre nous n’est capable d’exprimer un « comportement normal », car toute la journée, nous devons lutter pour avoir de l’eau potable, de la nourriture, un endroit chaud et nous vivons tous dans la peur et la détresse. Selon une nouvelle étude, les réfugiés des îles grecques sont tellement déprimés qu’un tiers d’entre eux pensent au suicide. (…)
Nous ne demandons pas davantage de dons ou d’argent pour réparer l’infrastructure, nous avons lu dans les journaux combien de millions ont déjà été dépensés et nous sommes nombreux à être ingénieurs, électriciens, médecins et nous savons qu’il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’argent pour améliorer un tel camp. (…)
Nous vous demandons de prendre des mesures très simples et faciles :
Augmenter et Réparer l’approvisionnement en eau et les douches
Réparer les installations sanitaires
Mettre en place un drainage adéquat pour que notre camp ne soit pas inondé après la pluie
Fournir l’électricité et le chauffage nécessaire ainsi que des tentes adéquates pour l’hiver
Avoir des espaces dédiés aux enfants
Fournir suffisamment de tentes pour les écoles, les classes et les ateliers
Éclairer les rues principales du camp
Améliorer les services médicaux et psychologiques
Disposer de lieux de rencontre et de loisirs
Si vous voulez nous aider à rendre cela possible, n’hésitez pas à nous contacter. Au printemps, il a beaucoup été question d’évacuation, mais pour Noël, nous demandons simplement de pouvoir procéder aux réparations nécessaires de ce camp temporaire et de ne pas nous laisser souffrir le reste de l’hiver dans cet endroit.
Photo-reportage dans le camp de Lesbos : « une prison à ciel ouvert entourée de barbelés » par Lucas Dallant
En octobre 2020, Lucas a visité l’île de Lesbos et le nouveau camp qui s’y trouve après l’incendie qui a frappé l’ancien. Il revient dans un photo-reportage sur la situation sur l’île grecque et livre les portraits de ceux qui vivent dans les conditions indignes d’une prison à ciel ouvert. Lucas Dallant
Mi-octobre 2020, le ferry accoste à Lesbos. À dix kilomètres de la Turquie, l’île grecque vit une grave crise humanitaire depuis 2015. Le plus grand camp de réfugié·es en Europe a brûlé début septembre. Le nouveau camp construit par l’armée accueillait 7 709 personnes à mon départ. Venant d’Asie centrale, du Moyen-Orient et d’Afrique, elles·ils pensaient fuir la guerre et la misère. Les voici prisonnier·es aux portes de l’Europe.
Voici quelques observations et témoignages. Depuis mon passage, l’île a subi un tremblement de terre, la Grèce a pris de nouvelles mesures contre l’épidémie de coronavirus et l’hiver est arrivé. Pour prendre connaissance de l’actualité récente, consultez les publications de réfugié·es, associations ou journalistes directement sur place. Le photographe allemand Michael Trammer, auteur avec Raphael Knipping d’un interface multimédia sur la situation dans l’ancien camp tient aussi une liste Twitter d’acteurs importants à Lesbos.
Avec l’aide de Méta, couturière de 38 ans, originaire de République Démocratique du Congo et réfugiée à Lesbos depuis un an, je suis entré dans le nouveau camp. J’ai recueilli les témoignages de femmes seules principalement congolaises donc francophones, d’hommes également, et de familles.
L’appareil photo étant repérable par les patrouilles, c’est avec mon téléphone que j’ai filmé, pris quelques photos à l’intérieur et enregistré des témoignages. Aux abords du camp, j’ai proposé aux réfugié·es de s’exprimer sur des masques.
On ne prend pas suffisamment la mesure du mot camp. Pourtant sa réalité saute aux yeux. Elle est dure et peu glorieuse pour l’Europe. Le nouveau camp de Lesbos était un champ de tir de l’armée grecque sur lequel ont été alignées des tentes aux couleurs des Nations unies.
C’est une prison à ciel ouvert entourée de barbelés, gardée par l’armée, interdite aux journalistes. Sorties et entrées sont limitées, sauf le dimanche où le camp est fermé. Les réfugié·es appellent ça une prison. Il ne faut pas imaginer l’endroit comme un camp humanitaire surveillé par la police. Il s’agit d’un camp militaire, construit et encadré par eux, où quelques actions des associations sont tolérées. La plupart des ONG ne peuvent pas entrer et organisent leurs distributions dehors. Manquant de moyens, elles ne satisfont que partiellement les besoins alimentaires, sanitaires, éducatifs entre autres. Sans surprise, la présence des Nations unies et de l’Union européenne tend à la communication politique plus qu’à l’action humanitaire.
Il ne faut pas non plus s’arrêter aux images aériennes ou prises de loin qui donnent à voir un endroit ordonné, blanc, propre. Dès qu’il pleut les gens pataugent dans la gadoue et leurs tentes prennent l’eau, ils·elles sont exposé·es au froid humide du front de mer, à la puanteur et la saleté. Le camp et ses alentours ont des airs de décharge, des déchets parsèment le sol. Les quelques toilettes de chantier débordent et ne sont pas nettoyées assez régulièrement. Alors on construit entre les tentes des toilettes de fortune qu’on vide à la mer.
Il n’y a pas d’eau courante, pas d’électricité stable, pas de douches du tout. Les habitant·es du camp doivent s’arranger avec des bassines et des bouteilles d’eau ou vont directement dans la Méditerranée pour se laver et nettoyer leurs affaires. La situation oblige les femmes seules à se lever à 4 heures du matin, quand les hommes dorment encore, pour se laver dans l’eau froide. Le sort des femmes est alarmant. Des viols sont commis plusieurs fois par semaine. On m’a rapporté l’humiliation des plaignantes par la police. J’ai aussi rencontré des adolescentes enceintes et seules. Enfin, l’hygiène désastreuse du camp et l’abandon médical affecte avant tout les femmes, par exemple pendant les règles ou les grossesses. Les enfants ne sont pas scolarisés et font face au même traitement cynique et inhumain que leurs aîné·es.
Cette prison est une véritable bombe sanitaire. Seul du paracétamol est distribué. Il ne traite sûrement pas les nombreuses maladies dues aux conditions d’hygiène du camp. « Ici le paracétamol soigne tout » dit Dianna, dans une tente avec quatre autres femmes seules. L’une d’entre elles est alitée depuis quinze jours. Quand elle cherche à se faire soigner on lui dit de revenir le lendemain. Comme d’autres, elle cache sa fièvre par peur d’être placée en quarantaine. Fin octobre, 42 personnes avaient été testées positives au coronavirus. Le virus circule mais peu de tests sont faits. Les personnes placées à l’isolement ne sont pas forcément positives. Ce qui donne aux autres le sentiment que le coronavirus est un prétexte pour les enfermer encore plus. Là aussi, il y a un grand manque d’accompagnement et l’incompréhension augmente les risques de circulation du coronavirus.
Les réfugié·es mangent mal et pas assez. La nourriture est infecte et parfois avariée. On leur distribue un vague mélange d’aliments assez indistincts, gluant et très malodorant. Les barquettes fièrement estampillées du drapeau européen gisent un peu partout aux abords du camp. Les réfugié·es bricolent quand elles·ils ont le choix. Des hommes pêchent sur les rives du camp, un Lidl est à quelques minutes à pied et la ville à un quart d’heure en bus. Les femmes cotisent avec les 75 euros mensuels leur ayant été douloureusement cédés par les institutions. Elles cuisinent par terre, dans la rouille de marmites souillées qui passent de mains en mains et chauffent sur des feux incertains.
Des personnes sont enfermé·es là, abandonné·es à leur sort. Ils·elles sont bloqué·es pour une durée indéterminée. Obtenir une carte d’identité prend souvent des années et coûte une fortune. En attendant, c’est un jour sans fin. Annie : « on se lève, on mange, on dort, on se lève on mange on dort. C’est quelle vie ça ? »
L’Ocean Viking est enfin libre de poursuivre sa mission de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale après cinq mois de détention en Italie.
Le 21 décembre, après une nouvelle inspection des garde-côtes italiens, les autorités italiennes ont jugé que l’Ocean Viking était conforme à leur interprétation des règles de sécurité maritime. La détention du navire a donc été levée. Après des mois de discussions avec les parties concernées et des aménagements longs et coûteux, nous sommes soulagés de pouvoir reprendre nos opérations de sauvetage dès le début de l’année prochaine.
Cette bonne nouvelle est le résultat du travail acharné de nos équipes, et le fruit d’un soutien constant de milliers de citoyens européens qui, comme vous, ont décidé d’agir et de ne pas renoncer au principe d’humanité en mer comme à terre !
C’est la fin d’une longue, coûteuse et difficile bataille mais aussi un espoir pour les autres navires humanitaires toujours bloqués, à qui nous apportons notre soutien entier. Nous espérons qu’ils pourront rapidement nous rejoindre en mer afin de combler le vide mortel laissé par les Etats européens en Méditerranée centrale.
L’Ocean Viking va se rendre à Marseille pour se réapprovisionner et embarquer nos équipes. Ces dernières seront soumises à une quarantaine de 10 jours et à plusieurs tests COVID-19 avant le départ.
En ce début d’hiver, notre présence en mer est essentielle et vos dons indispensables pour continuer notre mission. Ensemble, nous avons le pouvoir de sauver des vies !
Deutsche Welle publie un article sur les dénonciations de la situation inhumaine au camp de Kara Tepe à Lesbos et sur l’appel dit ‘Appel de Noël’ de 240 parlementaires du Bundestag de tout bord qui demandent d’accueillir plus de réfugiés venant des îles grecques
La situation à Kara Tepe vivement critiquée en Allemagne
La situation est pire que dans les camps en Afrique, dit le ministre Gerd Müller. Fin décembre, tous les mineurs isolés ou malades seront transférés des îles grecques. Appel de 240 parlementaires allemands.
Le ministre allemand du Développement économique, Gerd Müller, a vivement critiqué la situation dans le camp de réfugiés de Kara Tepe. S’exprimant sur RTL / ntv ce matin, il a souligné que « c’est en effet un grand scandale pour l’UE que jusqu’à présent nous n’ayons pas pu, malgré l’incendie de Moria il y a quelques mois, créer une situation qui serait vraiment humaine ». M. Müller, le ministre chargé de la coopération avec les pays en développement, a déclaré que la situation à Lesbos était pire que dans les camps de réfugiés en Afrique.
Gerd Müller: L’UE est coresponsable de la situation à Kara Tepe
Le politicien de l’Union chrétienne-sociale (CSU) a évoqué à plusieurs reprises la situation dans les camps des îles grecques et a exhorté le gouvernement allemand à accepter des réfugiés de Grèce. Plusieurs fois il s’est opposé au ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, qui appartient également à la CSU. Contrairement à Gerd Müller, Seehofer rejette les initiatives uniquement allemandes sur la question migratoire et insiste sur une ligne européenne unique. Mais un porte-parole du ministère allemand de l’Intérieur a déclaré ces dernières semaines que les efforts de la présidence allemande de l’UE au cours des six derniers mois pour réformer la politique d’asile européenne avaient échoué.
L’Allemagne continue d’accepter des réfugiés de Grèce
S’exprimant hier après-midi au parlement allemand sur la question de l’accueil des réfugiés de Grèce, le vice-ministre de l’Intérieur Volkmar Vogel a annoncé que le 3 décembre, les derniers mineurs isolés que l’Allemagne avait promis d’accepter sont arrivés des îles grecques. Quant aux 243 autres enfants réfugiés malades, ainsi que leurs familles, que le gouvernement allemand s’est également engagé à accueillir, M. Vogel a exprimé l’espoir que d’ici la fin du mois, ils seraient tous arrivés. Cependant, en raison de la pandémie de coronavirus, les procédures d’accueil des 1553 réfugiés des îles grecques, que l’Allemagne avait annoncé vouloir accueillir après l’incendie de Moria, elles vont s’étaler sur plusieurs mois.
Vogel a clairement indiqué qu’à l’heure actuelle, l’Allemagne n’avait pas l’intention d’accepter d’autres réfugiés de Grèce et que la question concernait l’UE dans son ensemble. Le principal objectif du gouvernement allemand est d’améliorer la situation des réfugiés en Grèce. Evoquant les camps de réfugiés sur les îles grecques et en particulier à Lesbos, Volkmar Vogel a déclaré que le gouvernement allemand « regrette la situation » là-bas et qu’il tente « dans la mesure de ses capacités » d’aider sur le terrain.
Appel de plus de 240 députés
Les législateurs allemands demandent au gouvernement allemand d’accepter plus de réfugiés de Grèce
Selon l’agence de presse epd [Evangelischer Pressedienst, epd], plus de 240 députés allemands signent un « appel de Noël », demandant au gouvernement allemand d’ accepter davantage de réfugiés de Grèce et de redoubler d’efforts pour trouver une solution au niveau de l’UE. L’appel est signé par les députés de tous des partis autres que l’AfD, Alternative nationaliste et xénophobe pour l’Allemagne. Parmi eux se trouvent les présidents des sociaux-démocrates, Saskia Esken et des Verts, Annalena Baerbock, la vice-présidente de la Chambre, le libéral, Wolfgang Kubicki, l’ancien président des chrétiens-démocrates, Volker Kauder et la parlementaire Ulla Jelpke du Die Linke.
Témoignages sur les parcours de mineurs secourus par l’Aquarius et l’Ocean Viking
Mineurs naufragés : un devoir de protection
Près du quart des rescapés secourus par l’Aquarius et l’Ocean Viking, les navires de SOS MEDITERRANEE, sont mineurs, dont la grande majorité voyagent seuls. Ce dossier a pour but de raconter leur histoire, sur la base de leurs propres témoignages.
« Au début je n’avais pas peur car je ne pouvais rien voir. Mais quand le soleil s’est levé, j’ai été terrifiée de me retrouver au milieu de la mer. J’ai vu les autres pleurer, vomir, prier. Je n’ai pas bougé, je voulais pleurer mais j’avais trop peur de tomber à l’eau. J’étais paralysée par la peur.”
Esther, 17 ans, originaire du Ghana
Ils s’appellent James, Esther, Sélim, Souleyman, Yasmine, Magdi, Youssouf, Abdo, Hamid et Yussif. Avant d’être des « migrants », ce sont avant tout des adolescents avec des histoires singulières éprouvantes. Leur âge, leur isolement et les dangers qui jalonnent la route migratoire maritime la plus mortelle au monde en Méditerranée centrale les rendent tout particulièrement vulnérables.
Les droits humains fondamentaux et les besoins essentiels de ces jeunes – exposés à de multiples exactions durant leur trajet, leur séjour en Libye et la traversée de la Méditerranée – doivent être garantis en toute circonstance : le premier de ces droits est celui de vivre.
Le devoir d’assistance à personne en danger de mort devrait s’imposer sans ambages à terre comme en mer : c’est pourquoi SOS MEDITERRANEE réclame depuis sa création en 2015 que des flottes navales européennes soient mobilisées sans plus attendre pour secourir toutes ces embarcations de fortune perdues en haute mer.
A défaut, des ONG comme SOS MEDITERRANEE continuent de porter assistance aux femmes, aux hommes et aux enfants qui fuient l’enfer libyen au péril de leur vie. La protection de tous les rescapés à bord des navires de SOS MEDITERRANEE demeure une priorité jusqu’au débarquement dans un port sûr, comme le prévoit le droit maritime international. Une attention particulière est portée à ces rescapés mineurs doublement vulnérables.
Outre sa mission de sauvetage et de protection des rescapés, l’association porte également une mission de témoignage tout aussi vitale. Ce dossier rassemble des extraits de dix témoignages de jeunes recueillis entre 2016 et 2020, mettant en lumière le drame qui se déroule en mer aux portes de l’Europe dans l’indifférence quasi générale, afin de donner un visage et une voix à cette jeunesse naufragée.