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Archives de catégorie Les réfugiés-migrants Les exilés

SOS Méditerranée met fin à l’affrètement de l’aquarius

Chers amis,

Ceci n’est pas un message comme les autres.

Nous tenions à vous informer – le cœur lourd mais plein d’espoir -que nous avons décidé de mettre fin à l’affrètement de l’Aquarius, ce bateau citoyen qui a sauvé près de 30 000 vies en Méditerranée centrale grâce à votre soutien.

Comme vous pouvez l’imaginer, cette décision a été extrêmement difficile à prendre pour les équipes de SOS MEDITERRANEE comme pour notre partenaire médical Médecins Sans Frontières. Après 34 mois d’opérations, ce navire est devenu un symbole pour toutes celles et ceux qui, comme vous, considèrent que porter assistance aux personnes en détresse en mer est un impératif légal et moral qui doit primer sur toute considération.

Pourquoi une telle décision ?

Suite aux multiples manœuvres politiques le privant par deux fois de son pavillon (Gibraltar puis Panama), l’Aquarius est à quai à Marseille dans l’impossibilité de repartir. Nous avons appris en début de semaine que la Suisse n’offrirait pas son pavillon au bateau malgré le soutien de nombreux citoyens que nous remercions chaleureusement.

L’Aquarius doit aujourd’hui répondre à des accusations disproportionnées et infondées. Lundi 19 novembre, les autorités judiciaires italiennes ont demandé la mise sous séquestre du navire. A ce jour – à notre connaissance -, le juge italien n’a pas activé une demande de coopération avec la France pour la mise en exécution de cette demande, mais l’acharnement dont ce bateau est la cible rend très difficile son utilisation dans le cadre de notre mission à court et long terme, et nous contraint à nous en séparer.

Nous continuons notre mission

Cette nouvelle est certes difficile à accepter pour nous tous mais notre mission est de sauver des vies humaines. Nous ne pouvons pas accepter que l’on entrave notre action alors que, depuis le début de l’année, plus de 2 100 personnes sont mortes noyées en Méditerranée.

Nous sommes déterminés à repartir en mer le plus rapidement possible. Notre équipe étudie sérieusement plusieurs propositions pour trouver un nouveau navire afin de poursuivre durablement nos opérations de sauvetage dès le début de l’année prochaine.

C’est un nouveau défi que nous relèverons ensemble !

Rappelez-vous, il y a plus de trois ans, vous étiez déjà des milliers à vous engager dans cette aventure collective à laquelle personne ne croyait : affréter un navire citoyen pour sauver des vies en haute mer. 34 mois plus tard, ce sont près de 30 000 hommes, femmes et enfants qui ont été sauvés de la noyade, dont 6 bébés nés à bord de ce navire, grâce à votre mobilisation ! Cet incroyable engagement est l’une de nos plus grandes forces.

Portés par votre indéfectible soutien, nous sommes plus déterminés que jamais à prendre ce nouveau départ. C’est une promesse, nous repartirons bientôt sauver des vies !

Tant que des êtres humains risqueront leur vie en mer nous continuerons. Tant que vous serez à nos côtés, renoncer ne sera jamais une option.

Merci pour votre engagement,

L’équipe de SOS MEDITERRANEE
#TogetherForRescue

Sauvetage en mer Déclaration syndicale

Le sauvetage en mer constitue une obligation internationale. Les navires n’ont jamais été aussi nombreux sur les mers. Seulement, depuis 2014, les pertes de vies humaines sont chaque année très importante en mer : les chiffres du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) sont très parlants : (2018 : 1408, 2017 : 3139, 2016 : 6038, 2015 : 3538). Pourtant, du fait de la spécificité du milieu maritime, la législation veut que tout capitaine de navire ait le devoir de prêter assistance à toute personne se trouvant en situation de détresse en mer, et ce indépendamment de la nationalité de cette personne, de son statut ou des circonstances dans lesquelles elle a été trouvée.

Nous, syndicats et gens de la mer de plusieurs pays d’Europe, soulignons notre attachement à la tradition et aux idéaux séculaires de notre profession : le sauvetage, sans égard à la personne, ni aux circonstances, est une obligation fondamentale. Nous mettons notre honneur à porter secours à quiconque se trouvant en détresse à proximité de nos navires. Le sauvetage, de par sa nature obligatoire, ne fait pas partie de la politique migratoire, et ne doit pas être façonné par elle.

Nous récusons toute criminalisation des équipages et capitaines des navires agissant ainsi. Au contraire, nous insistons sur le fait qu’ils procèdent en vertu des obligations du droit international. Ce sont les gouvernements qui refusent de porter assistance qui violent le droit international :

La Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer de 1982

(Convention UNCLOS) qui stipule que « tout État doit exiger du capitaine d’un navire battant son pavillon que, pour autant que cela lui est possible sans faire courir de risques graves au navire, à l’équipage ou aux passagers :

  • il prête assistance à quiconque est trouvé en péril en mer;
  • il se porte aussi vite que possible au secours des personnes en détresse s’il est informé qu’elles ont besoin d’assistance, dans la mesure où l’on peut raisonnablement s’attendre qu’il agisse de la sorte ». (Art. 98(1))

 La Convention Internationale pour la Sauvegarde de la Vie en mer de 1974

(Convention SOLAS) prévoit que le « capitaine d’un navire en mer qui est en mesure de prêter assistance et qui reçoit, de quelque source que ce soit, une information (2) indiquant que des personnes se trouvent en détresse en mer, est tenu de se porter à toute vitesse à leur secours, si possible en les en informant ou en informant le service de recherche et de sauvetage… » (Chapitre V, Règle 33(1)).

 Les amendements aux Conventions SOLAS règle 33 et SAR chapitre 3.1.9 visent à s’assurer de la continuité et de l’intégrité des services SAR, à veiller à ce que les personnes en situation de détresse en mer soient secourues tout en minimisant les dommages de ces interventions pour les navires concernés. Ils exigent donc que les États contractants :

  • Se concertent et coopèrent afin que les capitaines de navires prêtant leur assistance en prenant à leur bord des personnes en situation de détresse soient relevés de leurs obligations commerciales avec une déviation minimale par rapport au parcours initialement prévu ;
  • Organisent un débarquement dans les délais les plus rapides possibles.

En dépit de la clarté de ces obligations, la criminalisation du sauvetage en mer s’intensifie. De multiples procédures judiciaires, notamment pour trafic illicite de migrants, ont été engagées contre les capitaines de navires, le personnel navigant, les pêcheurs ou les ONG réalisant du sauvetage récurrent. Après des années de procès, ils ont tous été blanchis, ce qui montre le caractère abusif et la visée dissuasive de ces procédures.

 Nous demandons instamment à l’Union européenne et aux Etats membres d’introduire dans leur arsenal législatif une exception humanitaire claire qui rende impossible la criminalisation de la solidarité. Cette introduction est exigée pour une bonne application du Protocole de Palerme contre le trafic illicite de migrants (2000), auquel l’Union européenne et ses États membres sont parties. Comme l’a rappelé en 2015 la Conférence des États parties à ce Protocole, « les États devraient s’assurer que les cadres législatifs en place sont suffisamment explicites pour empêcher que des poursuites puissent être engagées contre ceux qui remplissent leur obligation de secours et de sauvegarde de la vie ».

 Nous demandons par ailleurs aux armateurs des navires de mettre à la disposition des capitaines et équipages qui sauvent des vies assistance, soutien juridique et défense, s’ils se trouvent mis en cause par des autorités à terre.

 Les organisations syndicales présentes exigent des États donnant pavillons et des États coordonnant les sauvetages d’appliquer ces conventions dans la plus stricte légalité et de donner tous les moyens de leur effectivité. Elles s’engagent à coopérer entre elles pour imposer leur application.Devant l’explosion du nombre de personnes à secourir en mer, la marine marchande mondiale, au travers de ses marins, ne peut suppléer aux États et à leurs responsabilités. Ceux-ci doivent donc impérativement prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer leurs responsabilités envers toutes les personnes demandant assistance en mer.

Nous demandons le renforcement et la formation professionnelle spécifique du service public de sauvetage en mer ainsi que la formation obligatoire pour tous aux lois internationales, afin de leur permettre de répondre à leurs obligations, face à la hausse du nombre de personnes à secourir.

Nous demandons aux gouvernements européens de faciliter l’obtention d’un pavillon pour les navires qui s’inscrivent dans une démarche humanitaire pour secourir des migrants en haute mer.

Au-delà, nous considérons être une obligation des États d’organiser des opérations de sauvetage en mer, sur l’exemple de Mare Nostrum, plutôt que de miser uniquement sur des mesures sécuritaires, comme Frontex ou des patrouilles de l’OTAN.

Montreuil, le 15 novembre 2018

 Organisation signataires :

  • La CGT (France), Ver.di (Allemagne), BTB-FGTB (Belgique), FSC-CC.OO. (Espagne), CGIL, UIL, CISL (Italie), CGTP-IN (Portugal), PCS, Nautilus International (Grande-Bretagne), International Federation of Shipmasters’ Associations (IFSMA).

En Grèce la situation des exilés à l’approche de l’hiver

Les migrants affrontent l’hiver dans des conditions misérables après les « coupes » des fonds publics :

Le journal britannique The Guardian vient de sortir un article accablant sur la situation des migrants dans les camps des Iles de la Mer Égée qui affrontent l’hiver dans des conditions misérables, vivant au milieu des ordures, des souris et des rats.

« Le régime d’asile grec est paralysé par les coupes dans le secteur public imposées lors du sauvetage de l’UE dans le pays, a déclaré un émissaire des Nations unies, alors que les militants avaient mis en garde contre une crise hivernale imminente pour les réfugiés et les migrants.

Les députés accusent le système d’asile européen d’être responsable des conditions humanitaires en Grèce, où des milliers de personnes sont bloquées dans des camps sordides mettant en péril leur santé physique et mentale.
Philippe Leclerc, représentant de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés à Athènes, a déclaré que la politique de l’Union européenne à l’égard de la Grèce pendant la crise de la dette était « totalement légitime », mais a souligné les conséquences imprévues sur la migration.

«C’est un État qui est affecté par les conséquences de la crise financière et par les mesures de contrôle des dépenses publiques […] vous avez donc une situation d’urgence sur les îles et sur le continent, où l’État n’est pas pleinement équipé pour y faire face.»

Il parlait au Guardian quelques jours après que le HCR ait appelé la Grèce à prendre des «mesures urgentes» pour améliorer les conditions de vie de 11 000 personnes dans des camps sales et insalubres sur les îles de Samos et de Lesbos.

Les hauts responsables européens sont choqués par les camps, en particulier à Samos, où 4 000 personnes vivent dans des conditions misérables au centre de réception de Vathy, six fois plus que leur capacité d’accueil.

Les nouveaux arrivants plantent des tentes fragiles sur les pentes abruptes autour des camps et n’ont pas accès à l’électricité, à l’eau courante ni aux toilettes. Dans les camps, les toilettes et les douches brisées font que les gens vivent à côté des eaux usées non traitées. Les habitants du camp doivent également faire face à des serpents et des rats se nourrissant de déchets non collectés. « C’est censé être le continent le plus riche et le plus civilisé du monde », a déclaré l’eurodéputée libérale néerlandaise Sophie in ‘t Veld. « Cela se passe sous notre nez. »

Les responsables de l’UE estiment que les ministères grecs ne sont pas en mesure de coordonner ou de dépenser des fonds de l’UE pour aider les demandeurs d’asile: l’UE a alloué 1,6 milliard d’euros (environ 1,4 milliard de livres sterling) depuis 2015, mais au moins 554 millions d’euros n’ont pas été dépensés par les autorités grecques.

Bruxelles craint que le ministère de la Défense, dirigé par Panos Kammenos du parti de droite nationaliste Grecs indépendants, ne donne pas la priorité aux besoins humanitaires des réfugiés. Le ministère, l’un des principaux départements gouvernementaux chargés de superviser les camps de réfugiés, a été au centre des allégations de fonds mal dépensés de la part de l’UE, affirmant qu’il a été rejeté comme une « fausse nouvelle ». L’agence de lutte antifraude de l’UE, OLAF, a confirmé qu’elle avait «ouvert une enquête sur de prétendues irrégularités concernant les dispositions relatives à l’alimentation pour les réfugiés financée par l’UE», mais a refusé de commenter davantage.

L’UE s’inquiète de plus en plus de l’augmentation du nombre d’arrivées en Grèce, qui exerce des pressions sur un système en retard. La Grèce abrite 67 100 réfugiés et migrants et a vu une augmentation soudaine du nombre de personnes franchissant la frontière terrestre avec la Turquie. Le nombre de détections de passages illégaux à la frontière terrestre nord a triplé, a déclaré Krzysztof Borowski, de l’Agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes (Frontex). « Cela ajoute à la pression sur la Grèce. »

La plupart des Turcs fuyant la persécution politique font la traversée périlleuse du fleuve Evros qui coule rapidement. En octobre, le nombre d’inscriptions de ressortissants turcs était passé de 6 500 l’année dernière à 18 700, selon Frontex. Les Syriens et les Iraquiens se joignent de plus en plus au flot alors que la rumeur dit que la frontière terrestre est plus facile à franchir.

À l’approche de l’hiver, les ONG mettent en garde contre une crise en devenir. « Il y a environ 400 personnes dans le nord qui vivent encore dans des tentes », a déclaré Ruben Cano, qui dirige la section d’Athènes de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. « Le système d’accueil en Grèce est submergé en partie parce que le pays doit supporter un fardeau trop lourd. »

L’afflux de réfugiés pèse de plus en plus lourdement sur un service d’asile soumis à de graves contraintes budgétaires.
«Les gens travaillent dans des conditions défavorables. Il y a clairement un problème de capacité du personnel que nous devons résoudre », a déclaré Markos Karavias, directeur du service d’asile grec.

Les profondes coupes dans le secteur public ont contribué à la lenteur notoire des procédures d’asile en Grèce. La Grèce ne dispose pas de suffisamment de juges pour entendre les appels, ni de médecins et de psychologues pour procéder à des évaluations des demandeurs vulnérables.

Une conséquence est que peu de demandeurs d’asile et de migrants sont renvoyés en Turquie, une possibilité créée par un accord controversé entre l’UE et Ankara en 2016.

Bruxelles pense que les passeurs, conscients des lacunes administratives, redoublent d’efforts pour faire venir les gens en Grèce. «En ne retournant pas [des îles en Turquie], vous créez un puissant modèle marketing [pour les passeurs]», a déclaré une source de l’UE.

Les députés disent qu’il est faux de blâmer la Grèce. L’Eurodéputé néerlandais de ‘t Veld a imputé« le dysfonctionnement du conseil »- dirigeants de l’UE et ministres de l’Intérieur – aux insuffisances du système d’asile.

Les États membres de l’UE restent dans l’impasse sur un système permanent de quotas de réfugiés, un différend qui menace de retarder une refonte plus large du système européen d’asile, comprenant sept lois. »

Source The GUARDIAN https://www.theguardian.com/…/immigrants-greece-winter-cris…

Procès des 7 de Briançon

Procès des 7 de Briançon : des peines de prison requises et une mobilisation citoyenne très forte (La cimade)

L’audience du procès des 7 de Briançon poursuivis pour « aide à l’entrée sur le territoire français d’étrangers en situation irrégulière en bande organisée », qui s’est tenue le 8 novembre, a été marquée par la force et l’endurance de la défense et la mobilisation pacifique continue à l’extérieur du tribunal de Gap. Le verdict a été mis en délibéré au 13 décembre 2018.

C’est dans une ambiance tendue que l’audience s’est tenue pendant plus de 17 heures hier au tribunal correctionnel de Gap. Les longs débats, qui ont duré près de 11 heures, n’ont pas permis d’établir le caractère délictueux des faits reprochés, mais a été réaffirmé le caractère fondamental du droit de manifester.

Au terme d’1h30 de réquisitoire et après avoir finalement (et enfin !) abandonné la circonstance aggravante de « bande organisée », le Ministère public n’a même pas pris la peine d’établir la responsabilité individuelle de Bastien, Benoit, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo concernant les infractions qui leur étaient reprochées, principe pourtant indispensable en droit pénal. Il a néanmoins demandé au tribunal de condamner chacun des prévenu·e·s à respectivement 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple pour Bastien, Benoit, Eleonora, Lisa et Théo ; 12 mois dont 8 avec sursis simple pour Juan ; et 12 mois dont 8 avec sursis avec mise à l’épreuve pour Mathieu.

En revanche, les avocat·e·s de la défense (Me Binimelis, Me Brengarth, Me Chaudon, Me Djermoune, Me Faure-Brac et Me Leclerc) ont brillamment démonté, aux termes de 3h10 de plaidoiries, un à un les quelques éléments avancés par le Parquet, et ont démontré qu’il n’y avait pas d’infraction à reprocher à des « marcheurs solidaires ». Le procès a également permis aux avocat·e·s et aux prévenu·e·s de dénoncer, à nouveau, les violations quotidiennes des droits des personnes migrantes commises par les forces de l’ordre à la frontière franco-italienne, les agissements illégaux restés impunis à ce jour du groupuscule Génération Identitaire et les tentatives d’entraves au droit fondamental de manifester à la fois des prévenu·e·s mais aussi des personnes exilées.

En face du tribunal, un rassemblement pacifique de soutien a réuni plus de 2 500 personnes venues de la région de Gap, de Briançon, de Marseille, Toulouse, Grenoble, etc. Collectifs, associations françaises et européennes et militant·e·s étaient rassemblé·e·s pour soutenir les prévenu·e·s et dénoncer les pressions, intimidations et poursuites à l’encontre des militant·e·s, et porter haut et fort leur attachement à la solidarité dans les Alpes et au-delà. C’est dans un esprit pacifique et déterminé que le soutien s’est organisé de 7 heures à 2 heures du matin, malgré une présence policière disproportionnée. La préfecture avait mobilisé plus d’une dizaine de camions de CRS, plus d’une dizaine de camions de gendarmes, de nombreux policiers en civil, et même un canon à eau.

En plus des poursuites intentées par le procureur de Gap contre Bastien, Benoit, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo, d’autres bénévoles solidaires des personnes migrantes de Briançon sont convoqués devant la justice en janvier 2019, comme Pierre de l’association Tous Migrants.

Christophe Deltombe, président de La Cimade, a dénoncé l’acharnement de certains procureurs contre celles et ceux qui défendent les droits humains en venant en aide aux personnes migrantes. Nos partenaires associatifs, notamment l’Anafé, le Comité de soutien et Tous migrants ont également témoigné de la situation très difficile à la frontière franco-italienne et du besoin de plus de solidarité active avec les personnes migrantes.

Soutenues par près de 50 000 personnes qui ont déjà signé la pétition lancée par les organisations signataires, les organisations ont publiquement appelé le tribunal à se prononcer en faveur de la relaxe des 7 de Briançon, et continuent à demander l’abandon de toutes les poursuites pour délit de solidarité contre les personnes, dans les Alpes et ailleurs, qui agissent dans un esprit de fraternité.

Source et photos  https://www.lacimade.org/proces-des-7-de-briancon-des-peines-de-prison-requises-et-une-mobilisation-citoyenne-tres-forte/

L’aquarius à nouveau attaqué

Chers amis,

A l’heure où l’Aquarius est la cible de nouvelles attaques, il nous semble important de vous donner en direct quelques explications sur la situation.

Ce lundi 19 novembre, les autorités judiciaires italiennes ont demandé la mise sous séquestre de l’Aquarius et ont engagé des poursuites contre notre partenaire médical, Médecins Sans Frontières (MSF). Cette mise en examen fait suite à une enquête ouverte par le Bureau du Procureur général de Catane (Italie) – qui avait déjà lancé par le passé des poursuites contre d’autres navires humanitaires – sur des prétendues anomalies observées dans le traitement des déchets à bord – en particulier les restes alimentaires, les vêtements des personnes secourues et les déchets issus des activités médicales.

MSF va faire appel de la décision auprès des instances de recours italiennes et SOS MEDITERRANEE soutient entièrement cette démarche. En effet, nous réfutons catégoriquement toute accusation de participation à des activités illégales. L’Aquarius a toujours suivi des procédures rigoureuses dans ses activités portuaires, qui n’ont jamais été remises en question en trois ans d’opérations.

Alors que d’autres navires d’ONG ont déjà été saisis, nous dénonçons cette nouvelle offensive dans la série d’attaques qui visent à criminaliser l’aide humanitaire en mer et à bloquer l’Aquarius au port.

Pour l’heure, l’Aquarius n’est pas mis sous séquestre. Étant à quai à Marseille, une telle décision relèverait de la juridiction française. Nous attendons donc des autorités françaises qu’elles fassent preuve de discernement dans la mise en œuvre de cette décision éminemment politique.

Bien que des pressions répétées aient réussi à interrompre temporairement nos opérations en mer, nos équipes travaillent jour après jour à des solutions qui nous permettront de poursuivre notre mission vitale et urgente de sauvetage. Nous demandons aux gouvernements européens de mettre fin à ces attaques et de prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de repartir au plus vite en mer. Ne l’oublions pas : au moins 2000 personnes sont mortes noyées cette année en Méditerranée et, en octobre, une personne sur cinq disparaissait ou perdait la vie en tentant la traversée de la Méditerranée centrale, un chiffre jamais atteint selon le HCR.

Portés par votre indéfectible soutien, nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour continuer à porter assistance aux personnes en détresse en mer, un impératif légal et moral qui doit primer sur toute autre considération.

L’Aquarius est un bateau citoyen. Tant que vous serez à nos côtés, renoncer ne sera jamais une option.

Merci pour votre engagement,

L’équipe de SOS MEDITERRANEE
#SaveAquarius
#SaveRescueAtSea

PS : Si vous ne l’avez pas encore fait, nous vous invitons à signer et à partager la pétition disponible en 9 langues que nous avons lancée pour sauver l’Aquarius et le sauvetage en mer. C’est par ici !

Face à l’inacceptable, agissons pour porter secours et sauver des vies http://www.sosmediterranee.fr/

Festival Migrantscene du 17 nov au 7 décembre

Un festival engagé

Un festival dans plus de 100 villes en France métropolitaine et Outre Mer 3 semaines d’événements, d’échanges, de rencontres et de fêtes à partir de la mi-novembre.

AGIR ENSEMBLE…

Né à Toulouse en 2000 et structuré à l’échelle nationale depuis 2006, LE FESTIVAL MIGRANT’SCÈNE DE LA CIMADE réunit et mobilise les milieux de l’éducation populaire, de l’art, de l’éducation, de la culture, de la solidarité ou encore de la recherche, au profit de publics larges et variés.

Plus de 400 partenaires
Des centaines de bénévoles
Avec le soutien de l’Agence française du développement, du ministère de la Culture, des collectivités territoriales…
En lien avec le Festival des Solidarités et bien d’autres festivals et rassemblements locaux…

PENSER ENSEMBLE…

MIGRANT’SCÈNE est un espace où s’ouvrent et se vivent tous les champs des possibles. Le festival s’offre avec simplicité comme un lieu de rencontres et d’échanges. Bienveillance, curiosité, altérité, convivialité, créativité, croisement des regards et des imaginaires… autant d’atouts pour favoriser le dépassement de nos préjugés.

POUR VIVRE ENSEMBLE !

PARCE QUE quitter son pays est un droit inscrit dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme,
PARCE QUE la question des migrations est au cœur de l’histoire et de la structure de nos sociétés,
PARCE QUE nous avons tous des préjugés, issus de toutes nos peurs,
PARCE QU’une représentation politique tenace nous incite à considérer l’étranger comme une menace par nature,
PARCE QU’une politique de repli ne peut être la seule réponse possible aux enjeux actuels et à venir des migrations,

LE FESTIVAL MIGRANT’SCENE choisit de parler des migrations, d’interroger les politiques et mécanismes qui les sous-tendent, et remet à l’honneur l’hospitalité comme fondement de notre société et de notre rapport à l’autre quel qu’il soit !

En 2018, le festival propose de partager inspirations et initiatives autour de la thématique  » D’ici et d’ailleurs : ensemble  » .

Vous trouverez ici https://www.migrantscene.org/un-festival-engage/presentation-du-festival/tout ce qui se passe dans votre région

Le HCR dénonce des conditions abjectes pour les réfugiés en Grèce

Le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (HCR) a dénoncé des conditions abjectes dans les centres de réception et d’identification des deux îles grecques de Samos et Lesbos. Il a également prévenu que le camp de Moria à Lesbos était devenu une poudrière.

Le HCR appelle dans un communiqué le gouvernement grec à prendre des mesures d’urgence pour remédier à la situation de quelque 11’000 réfugiés sur ces deux îles. L’agence de l’ONU demande notamment une accélération du transfert vers le continent de plus de 4000 personnes vulnérables.

Depuis le mois d’août, observe le communiqué, plus de 6500 personnes ont déjà été transférées vers le continent, où le gouvernement a l’intention d’ouvrir 6000 nouvelles places. Mais plus de 11’000 réfugiés sont arrivés durant la même période sur les îles de la mer Egée.

Rats et serpents

A Samos, « la situation empire ». Le camp de Vathi et ses alentours accueillent 4000 personnes, alors que le camp lui-même n’est conçu que pour en recevoir 650. Les nouveaux arrivants doivent acheter leurs propres tentes et les installer sur un terrain pentu hors du camp. Outre l’absence d’électricité et d’eau courante, il y a dans cette zone des serpents et des rats attirés par les ordures non ramassées, poursuit le HCR.

Dans le camp, « de nombreuses toilettes et douches sont cassées et les eaux usées se déversent près des tentes », décrit aussi le HCR. Les réfugiés les plus vulnérables, dont près de 200 mineurs non accompagnés, une soixantaine de femmes enceintes et des personnes handicapées ou victimes de violence sexuelle sont laissés pendant des mois dans ces conditions déplorables, tous les hébergements alternatifs sur l’île étant occupés.

A Lesbos, près de 6500 réfugiés sont accueillis dans le camp de Moria, prévu pour le tiers de ce nombre. Près de 2000 d’entre eux se trouveraient à l’extérieur dans un champ.

« Les tensions et les frustrations s’accentuent alors que les délais administratifs (pour les demandes d’asile) restent importants » explique le HCR, ajoutant que Moria « est devenu une poudrière ». Et de préciser que « ces délais ainsi que la détérioration des conditions menacent sérieusement la sécurité de ceux qui y vivent et y travaillent ».

Meilleure situation à Chios

Le HCR appelle également « la Commission Européenne et les Etats membres à continuer à préparer des mesures de soutien d’urgence et de relocalisations à la demande du gouvernement grec ». D’après les derniers chiffres disponibles, 20’000 réfugiés se trouvent actuellement sur les îles de la mer Egée. La situation est moins dégradée à Chios, Kos et Leros.

Près de 21’737 réfugiés étaient arrivés au total à mi-septembre depuis début janvier, contre 17’563 pour toute l’année 2017, selon le ministère de la Politique migratoire.

Grèce : mourir à Moria

par Théodore Zeis

Théodore Zeis travaille dans l’assistance juridique aux réfugiéEs. Il revient du « hotspot » de Mytilène, un camp aux conditions épouvantables, symbole de l’Europe forteresse.

Le point de départ des nouvelles politiques migratoires en Europe, en tant que politiques de sécurité nationale et humaine, en tant que mise en place de contrôle biopolitique, peut être fixé au Conseil européen de Tampere en 1999. C’est alors qu’a été décidée, entre autres, l’intensification de la coopération policière et douanière en matière pénale. Bien entendu, la convention de Schengen (1985) avait de semblables préoccupations. Mais ce qui a été décisif au niveau mondial s’est joué en 2000 : avec le Protocole de Palerme (Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée), la migration a été immédiatement liée à la criminalité, ce qui a conduit à la mise en place de cadres juridiques axés sur la limitation de l’immigration et le contrôle des entrées « illégales ». Ce protocole a mis en place un nouveau système d’exclusion, associé à une nouvelle représentation de « l’ennemi », qui stigmatisait les ressortissantEs des pays « tiers » comme vecteurs du crime organisé, du fondamentalisme islamique et du terrorisme. Il a légitimé le développement des mécanismes de sécurité de l’État, l’extension des pouvoirs de la police et la création de nouveaux systèmes d’information, mais aussi et surtout une forme de conscience collective contre les non-EuropéenEs.

Construction de la « crise des réfugiéEs » 

Du coup, ce qui s’est passé dans l’Union Européenne en 2015 n’est pas le fruit du hasard : avec l’arrivée d’un million de personnes environ, la plupart à la frontière orientale de l’Europe, dans les îles grecques de la mer Égée près des frontières turques, les pouvoirs nationaux et européens et les medias ont parlé de la « crise des réfugiéEs ». La « panique morale » artificiellement créée a débouché sur la fermeture de la route vers le nord, sur l’accord UE -Turquie visant à un contrôle efficace des flux provenant de Turquie avec un système à 2 vitesses en vigueur dès le 20 mars 2015. Tout cela a transformé les îles de la mer Égée orientale en une zone tampon, piégeant dans les camps de ces îles dans des conditions désespérées les immigrant-e-s arrivés le lendemain du 20 mars 2015.

À cet égard, le camp de Moria, sur l’île de Lesbos, constitue un exemple tragique du développement de ce qu’on appelle aujourd’hui « Europe Forteresse ». C’est est un récit écrit dans les corps d’environ 10 000 personnes qui y vivent aujourd’hui le drame de l’attente vaine d’une inclusion dans le « premier monde » du marché et des droits humains.

10 000 personnes pour 3 000 places

Environ 10 000 demandeurEs d’asile – un tiers de la population totale de Mytilène, capitale de l’île – vivent dans un espace dont l’infrastructure peut accueillir 3 000 personnes. 52 % vivent dans des tentes à l’intérieur et autour du camp. Il y a 30 % de mineurEs et 22 % de femmes. La moitié de la population est composée de familles, 406 mineurEs sont non accompagnés et, au total, 47 % des migrantEs sont considérés comme « vulnérables ». Les autorités régionales de santé, après une récente inspection du site, ont constaté une considérable détérioration des conditions de vie, à la fois dans le camp en raison de la surpopulation dans des conteneurs et des tentes, mais aussi dans les environs (eaux usagées). La santé devient chaque jour plus précaire, en particulier pour les enfants mineurs, et on signale chaque semaine des tentatives de suicide et des actes auto-infligés par des adolescentEs. Récemment, le dernier médecin est parti, laissant des milliers de cas urgents sans surveillance.

L’état de tension avec la communauté locale conduit à de graves incidents racistes. Les autorités régionales, considérant la menace pour la santé publique, ont fixé un délai d’un mois pour améliorer les conditions de vie du camp, menaçant autrement de le fermer. Le ministère de l’Immigration envisage de transférer 2 000 personnes, considérées comme « vulnérables », du camp de Moria vers d’autres structures en cours de préparation dans diverses régions du pays. Par ailleurs, les procédures d’examen des demandes d’asile et de regroupement familial auprès de parents en Europe ne fonctionnent pas, car les services compétents ne sont pas en mesure de réagir dans des délais raisonnables, tandis que le cadre juridique tend à limiter le droit d’être entendu, en particulier au deuxième niveau d’examen et pour la soumission de nouvelles demandes à la suite d’une décision de rejet. Le nouveau ministre de l’Immigration est lui-même embarrassé : « Nous dépendons des flux… »

Reconstruire les réseaux de solidarité ! 

Au niveau européen, on ne voit apparaitre dans aucun pays la moindre perspective de changement de ce modèle de politique concernant l’asile, ni d’amélioration de la législation en vigueur. Dans le même temps on observe une stratégie de l’extrême droite pour détruire ce qui reste de solidarité sociale, c’est-à-dire de ce qui n’a pas été ravagé par l’austérité incessante et la crise économique.

Au contraire, on observe qu’au plan législatif, même ce qui a été voté par l’UE et a force de loi dans les procédures n’est pas respecté, en usant de « deals » bilatéraux semi-offciels, comme on le voit entre la Grèce et l’Allemagne : pour les cas en suspens de regroupements familiaux, on procède sous forme de « règlement bilatéral administratif semi-officiel » ! Ce choix signifie concrètement que sont préférés des traités internationaux « bâclés » (« fast track ») qui sont conclus par les deux parties par le biais d’échange de lettres, sans que cela exige la ratification par la voie parlementaire.

Face à toutes les politiques de retrait au niveau européen, nous avons besoin de toute urgence d’intensifier la reconstruction des réseaux de solidarité indépendants, d’abord dans l’Europe du Sud (Grèce, Italie, États espagnol), mais aussi dans tous les pays européens, comme est urgente l’élaboration de nouvelles propositions d’action politique contre le racisme et l’extrême droite !

Théodore Zeis

Appel pour que cessent les violations des droits des personnes exilées

Action collective Frontière franco-Italienne
À Briançon, les violations systématiques des droits des personnes exilées doivent cesser

Les 12 et 13 octobre 2018, nos organisations se sont mobilisées à la frontière franco-italienne, vers Briançon, afin de témoigner des pratiques illégales et des violences commises contre les personnes exilées. Ce que les observateurs ont constaté confirme les alertes émises par les associations locales depuis plusieurs mois :

  • refoulements de personnes exilées dont des mineurs ;
  • contrôles discriminatoires ;
  • courses-poursuites dans la montagne ;
  • propos menaçants et insultants ;
  • entraves à l’enregistrement des demandes d’asile ;
  • absence d’interprètes, etc.

« La liste des pratiques illégales est longue, et nous joignons nos voix à celles des ONG locales afin que le gouvernement français ne fasse plus la sourde oreille et que cessent ces pratiques illégales et dégradantes », a déclaré Agnès Lerolle [1], chargée de coordination des acteurs à la frontière franco-italienne. 

Lors de l’observation continue à la frontière qui s’est déroulée les 12 et 13 octobre 2018, 60 personnes se sont mobilisées dont six avocats du barreau de Gap et trois avocats italiens. De multiples violations des droits ont été constatées :

  • refoulements de 26 personnes depuis le poste de la police aux frontières de Montgenèvre vers Clavière, premier village italien, sans examen individuel de leur situation ni possibilité de demander l’asile ;
  • non-prise en compte de la minorité de 8 personnes, qui se sont pourtant déclarées mineures auprès des forces de l’ordre.

Les avocats français et les avocats italiens qui se sont relayés sur le terrain pendant les deux jours afin de permettre aux personnes refoulées de faire valoir leurs droits, ont pu déposer 11 « référés-libertés » devant le tribunal administratif de Marseille, dont huit pour des mineurs isolés refoulés. 

Aucune protection n’est possible à la frontière, malgré le passage périlleux tenté par les personnes migrantes dans le froid, sans nourriture et sans eau.

Moussa*, originaire de Côte d’Ivoire, refoulé vendredi 12 octobre vers l’Italie, a raconté son interpellation : poursuivi dans un sentier par les gendarmes qui lui ont dit « arrête-toi, on va tirer », il a alors paniqué et glissé, son genou a claqué. Au poste de police, il a demandé à voir un médecin, ce qui lui a été refusé. Il a ensuite été refoulé vers l’Italie et ce n’est qu’à ce moment-là qu’il a pu rencontrer un médecin bénévole qui a pu le soigner.

Les observateurs ont pu collecter de nombreux témoignages d’incompréhension, de violation des droits et d’absence de prise en charge des personnes vulnérables, ainsi que des menaces proférées par les policiers.

Mineur isolé originaire également de Côte d’Ivoire, Ibrahim* a été interpellé par des gendarmes le samedi 13 octobre, dans les sentiers de montagne. Après son refoulement, il a raconté aux militants les propos des gendarmes : « Vous n’êtes pas Français, vous ne pouvez pas vivre en France sans être Français et vous n’êtes pas près de devenir Français ». Emmené au poste de police, il a déclaré sa minorité mais les policiers lui ont alors répondu « La plupart des personnes mentent sur leur date de naissance, pourquoi je te croirais ? ». Ibrahim a ensuite été reconduit en Italie, sans accès à la protection à laquelle il a droit.

Ces témoignages confortent ceux recueillis depuis plusieurs mois par les acteurs locaux qui soutiennent au quotidien les personnes refoulées à la frontière.

Simon* a ainsi témoigné aux militants, fin avril 2018 : « J’ai dit que j’étais mineur, ils ont éclaté de rire (…). J’ai présenté mes papiers guinéens et un homme [un policier] (…) a dit que ces papiers étaient des faux, il les a déchirés. »

Bakary* a également témoigné des propos des policiers lors de son arrestation, toujours en juin 2018 : « La prochaine fois que vous essayez de traverser, on vous renvoie direct en Libye. »

Ces pratiques illégales et ces comportements sont inacceptables dans un État de droit. L’inhumanité et l’hypocrisie de ces atteintes sont intolérables. Comme lors de nos dernières observations en juin 2018 du côté de Menton, nous réitérons notre demande au gouvernement français de cesser ces violations de toute urgence et de protéger ces personnes tel que l’exige le droit.

Mardi 16 octobre 2018

* Les prénoms ont été changés afin de respecter l’anonymat des témoins. 

Associations signataires :

  • Amnesty International France
  • Anafé
  • Chemins pluriels
  • Emmaüs France
  • Gisti
  • Icare 05
  • La Cimade
  • Médecins du Monde
  • Médecins sans frontières
  • Refuges Solidaires
  • Secours Catholique Caritas France
  • Tous Migrants

 

[1] Agnès Lerolle coordonne un an les actions des associations nationales (CAFFIM) et locales engagées auprès des personnes migrantes à la frontière franco-italienne.

Italie : village des migrants démantelé

Riace: le village des migrants démantelé. Le maire de Naples: « Une déportation » Par

Moins de deux semaines après l’arrestation du maire Domenico Lucano, la décision du ministère de l’Intérieur pour « irrégularités manifestes » dans la gestion des fonds publics

Le gouvernement italien a décidé de transférer tous les migrants inclus dans le système d’accueil de la ville calabraise de Riace, la cité considéré comme un exemple positif d’intégration entre migrants et citoyens italiens, mais qui a récemment fait la une de l’actualité nationale pour l’arrestation du maire, Domenico Lucano.La disposition est contenue dans une circulaire du 9 Octobre diffusé par le Département des libertés civiles et de l’immigration du ministère de l’Intérieur (PDF). Cette disposition établit le transfert des demandeurs de protection internationale de Riace à d’autres installations dans les 60 jours et le retour de tous les fonds en raison de « irrégularités évidentes » dans la gestion des fonds publics affectés à la réception. La décision, qui n’a été rendue publique qu’hier soir, a déjà fait l’objet de nombreuses critiques, d’autant plus que le modèle d’accueil de Riace a souvent été décrit comme efficace et positif. Toutefois, les fonds réservés à Riace avaient déjà été suspendus il y a plusieurs mois, précisément en raison de certaines irrégularités constatées par les inspecteurs du ministère de l’intérieur.

L’ordre de transfert des migrants est arrivé une semaine après l’arrestation du maire de Riace, Domenico Lucano, le « maire insoumis » qui avait inventé ce modèle d’accueil des migrants. Lucano a été accusé d’aide et de complicité à l’immigration clandestine et d’illicite dans l’attribution directe du service de collecte des déchets. Lucano a été également accusé d’organiser des « mariages de complaisance » entre citoyens italiens et femmes étrangères afin de permettre à celles-ci de rester sur le sol italien.

Le maire de Naples, Luigi de Magistris, qui a toujours soutenu l’action du marie calabrais et a fait de Naples une « ville d’accueil pour les migrants » en invitant tous les maires du Sud de l’Italie à désobéir à la fermeture des ports décidée par le ministre de l’intérieur Salvini a dit à la presse: « La déportation des migrants de Riace est un acte violent et inhumain. Au lieu de chasser les mafieux ou de déporter les victimes des trafiquants de la mort. C’est une honte! ». Oui, c’est une honte pour l’Italie et pour toute l’Europe.

@marco_cesario

Quant a Mimmo Lucano, le maire, il n’est plus en assignation a domicile mais interdit de residence a Riace. Il a accepte la proposition d’accueil a Naples officiellement faite par le maire de Magistris

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