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L’Europe renforce son dispositif de surveillance de la frontière gréco-turque

L’Union européenne va ériger d’ici la fin de l’année un mur d’acier entre la Grèce et la Turquie. Un camion blindé équipé d’un canon sonore tirant des rafales de bruits assourdissants, comparables au volume d’un moteur à réaction, sera également déployé à la frontière gréco-turque pour empêcher les migrants d’atteindre le territoire européen.

L’Europe se mure un petit peu plus. Après avoir équipé et formé les garde-côtes libyens pour intercepter un maximum d’embarcations de migrants, puis signé un nouvel accord avec la Tunisie pour contenir le flux d’exilés traversant la Méditerranée en échange d’aides financières, l’Union européenne (UE) se dote d’un nouvel arsenal de protection.

Cette fois, l’union investit du côté de la frontière gréco-turque, avec la mise en service d’un canon sonore tirant des rafales de bruits assourdissants et pouvant atteindre le volume d’un moteur à réaction, depuis un camion blindé. Un mur d’acier bloquera les points de passages utilisés par les exilés pour rejoindre la Grèce en traversant la frontière Evros.

Les tours d’observation de la zone seront par ailleurs équipées de caméras à longue portée, d’une vision nocturne et de plusieurs capteurs de mouvements. Les données seront ensuite envoyées aux centres de contrôle et traitées par une intelligence artificielle afin de signaler les mouvements suspects.

Un nouveau dispositif lancé d’ici la fin de l’année

Ce réseau de surveillance automatisé en cours de construction à la frontière gréco-turque vise à détecter rapidement les migrants et les dissuader de traverser, avec des patrouilles fluviales et terrestres utilisant des projecteurs et le canon sonore.

Le fleuve Evros est une frontière naturelle entre la Grèce et la Turquie. De nombreux migrants tentent de la traverser pour entrer sur le sol grec. Crédit : InfoMigrants
Le fleuve Evros est une frontière naturelle entre la Grèce et la Turquie. De nombreux migrants tentent de la traverser pour entrer sur le sol grec. Crédit : InfoMigrants

Les principaux éléments de ce nouveau dispositif seront lancés d’ici la fin de l’année, a déclaré à l’agence de presse AP Dimonsthenis Kamargios, chef des garde-frontières grecs de la région. « Notre tâche est d’empêcher les migrants d’entrer illégalement dans le pays. Nous avons besoin d’équipements et d’outils modernes pour y parvenir », a-t-il affirmé.

Cet arsenal a été développé par des chercheurs, travaillant avec des entreprises privées à travers toute l’Europe. Plus d’une douzaine de projets ont été testés à la frontière gréco-turque, mais également en Hongrie et en Lettonie, durant les mois d’accalmie liée à la crise sanitaire.

>> À (re)lire : La Grèce renforce sa frontière terrestre avec la Turquie

Les experts ont ainsi expérimenté d’autres technologies parmi lesquelles des détecteurs de mensonges, des scanners de la paume des mains utilisés comme identifiant biométrique ou encore un meilleur échanges d’informations entre les données satellitaires et les images provenant des drones sur terre, dans les airs, en mer et sous l’eau.

Cependant, l’ensemble des programmes de surveillance testés ne seront pas tous inclus dans le nouveau système de détection.

« Criminaliser, expérimenter et déshumaniser les personnes en mouvement »

Ce nouveau dispositif inquiète les organisations humanitaires et certains députés européens. C’est le cas de Patrick Breyer, membre du Parti des pirates allemands. « Force est de constater que le traitement des ressortissants étrangers est souvent un terrain d’essai pour des technologies utilisées ensuite sur les Européens. C’est pourquoi tout le monde devrait s’en soucier, dans son propre intérêt », a prévenu l’eurodéputé, joint par AP.

>> À (re)lire : Frontières de l’UE : les premiers garde-côtes européens armés déployés

Pour Ella Jakubowska, du groupe de défense des droits numériques EDRi, « il est profondément troublant que, à maintes reprises, les fonds de l’UE soient investis dans des technologies coûteuses qui sont utilisées de manière à criminaliser, expérimenter et déshumaniser les personnes en mouvement ».

L’UE a débloqué trois milliards d’euros dans la recherche sur les technologies de sécurité à la suite de la crise des réfugiés de 2015, lorsque plus d’un million de personnes sont entrées en Europe à la recherche d’une protection.

Source https://www.infomigrants.net/fr/post/32687/l-europe-renforce-son-dispositif-de-surveillance-de-la-frontiere-greco-turque?fbclid=IwAR3wIKembU6pr0PIwp0zcbTpom5jEI166Mi3AL-IjYJqq4a6cvKjOHSLJNI

Le principe de fraternité en procès à Grenoble

Le principe de fraternité en procès à Grenoble

Devenus le symbole de l’aide envers les réfugiés à la frontière franco-italienne, les « sept de Briançon » comparaissaient devant la cour d’appel de Grenoble, jeudi 27 mai, deux ans après leur condamnation. Des peines de trois à huit mois de prison avec sursis ont été requises. Au cœur du procès, le « principe de fraternité ».

Grenoble (Isère), reportage

Accolades chaleureuses et messages de soutien attendaient les sept prévenus à leur arrivée au palais de justice de Grenoble. Autour de leurs familles et de leurs amis, entre 200 et 300 personnes avaient fait le déplacement pour les soutenir. Un rituel désormais, à chaque procès intenté à l’encontre des militants solidaires avec les personnes exilées dans les Hautes-Alpes.

En décembre 2018, les Suisses Théo Buckmaster et Bastien Stauffer, ainsi que les Français Benoît Ducos, Lisa Malapert et l’Italienne Eleonora Laterza avaient été condamnés en première instance à six mois de prison avec sursis. Les deux autres prévenus, Mathieu Burellier et Jean-Luc Jalmain, avaient été sanctionnés d’une peine de douze mois de prison, dont quatre mois ferme. Tous ont été reconnus coupables « d’aide à l’entrée irrégulière » d’étrangers sur le territoire français.

Plus de deux ans après, ils ont de nouveau dû raconter à la barre leur participation à une manifestation organisée le 22 avril 2018 en réaction à la venue du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire, dissous depuis. Selon le parquet, cette marche aurait permis l’entrée sur le territoire français de personnes en situation irrégulière.

Rassemblement et prises de parole en soutien aux « sept de Briançon » devant la cour d’appel de Grenoble, le 27 mai 2021.

Âgés de 25 à 55 ans, les sept, ou plutôt les six — Eleonora Laterza n’ayant pas assisté au procès — se sont remémoré en détail cette journée de 2018, au cours de laquelle près de 150 personnes s’étaient mobilisées pour exprimer leur indignation face à la chasse aux migrants orchestrée par le groupuscule. Un à un, ils sont revenus sur le contexte et le « climat de peur » qui régnait dans le Briançonnais à leur arrivée. « Quand on a appris que les Identitaires organisaient une action, on a immédiatement eu peur qu’ils s’en prennent aux exilés. Nous avons barricadé les portes et les fenêtres des lieux d’accueil », a raconté Mathieu Burellier.

Lisa Malapert, charpentière de 25 ans, a affirmé avoir ressenti de la colère face à l’inaction de l’État. Benoît Ducos, lui, a dit avoir été inquiet en constatant qu’aucune force de police n’avait été déployée pour assurer la sécurité des exilés.

Les « sept de Briançon » sont devenus le symbole de l’aide humanitaire envers les réfugiés.

Les limites françaises du principe de fraternité

Tout au long du procès, la cour et l’avocat général ont surtout cherché à savoir si les prévenus avaient sciemment emmené des exilés pour les aider à traverser la frontière franco-italienne. Depuis la reconnaissance par le Conseil constitutionnel du principe de fraternité en juillet 2018, « l’aide au séjour irrégulier » et « l’aide à la circulation », dans un but exclusivement humanitaire, ne sont plus considérés comme des délits à partir du moment où cette aide s’exerce de façon désintéressée. En revanche, il en est tout autre pour l’aide à l’entrée sur le territoire, toujours passible de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

C’est d’ailleurs sur cette question du passage de la frontière que les avocats de la défense ont demandé de déposer une « question préjudicielle » devant la Cour de justice de l’Union européenne. La défense aimerait saisir l’institution juridique européenne pour clarifier si une entrée sur le territoire européen peut être considérée comme irrégulière pour les demandeurs d’asile à l’intérieur de l’espace Schengen.

« Une frontière intérieure sur laquelle des contrôles auraient été rétablis ne peut pas être considérée comme une frontière extérieure », a affirmé Me Vincent Brengarth, en référence au rétablissement des frontières de certains pays européens, comme la Hongrie ou l’Autriche, lors de la « crise migratoire » de 2015. « Il s’agit pour nous de clarifier si une condamnation pour “l’aide à l’entrée” est réellement valable concernant les frontières internes de l’Union européenne. »

Philippe de Botton, président de Médecins du monde France, avant le début du jugement en appel : « Depuis septembre dernier, 584 personnes ont été mises à l’abri à la frontière, dont dix-sept ont dû être hospitalisées en urgence. »

Des peines revues à la baisse

« Avez-vous eu connaissance de la présence de personnes d’origine étrangère, lors de cette manifestation ? » posera à chaque prévenu la présidente de la cour d’appel, Hélène Pirat. « Oui, de moi-même », a répondu Théo Buckmaster, un brin de malice dans la voix, rappelant qu’en tant que Suisse, il est considéré comme un étranger.

Un malaise a alors flotté dans la salle d’audience : « Parlons, alors, de personnes d’origine africaine, à la peau noire, susceptibles d’être en situation irrégulière », a précisé la présidente, devant un public sidéré, peu nombreux en raison du Covid-19. « Dire que toute personne de couleur noire est susceptible d’être une personne irrégulière, c’est du racisme et c’est puni par le Code pénal », répondra Me Zia Oloumi, avocat de la défense, affirmant que ce n’est pas à des citoyens d’établir si une personne est en situation irrégulière ou non dans le droit français.

« Rien n’arrête la solidarité, pas même les frontières. Pour les paysan·nes, travailleur·euses, la solidarité n’a pas de frontières », a écrit la Confédération paysanne.

Le représentant du parquet a requis des peines moins lourdes qu’en première instance : trois mois d’emprisonnement avec sursis pour six d’entre eux. Mais huit mois d’emprisonnement, intégralement assortie d’un sursis probatoire sur deux ans, pour Mathieu Burellier, lui, considéré comme étant le « plus actif dans cette manifestation ».

Les quatre avocats de la défense ont plaidé la relaxe en raison de l’absence de preuve que cette manifestation ait bien eu pour but de faire entrer des exilés sur le territoire national. Ils ont insisté sur l’engagement humanitaire des prévenus. « Ils incarnent quelque chose qui doit être une source de fierté dans notre pays, à savoir la solidarité et la fraternité, a insisté William Bourdon, avocat de Théo Buckmaster, Bastien Stauffer, Mathieu Burellier, Lisa Malapert et Benoît Ducos. Ils font face aux forces de la déshumanisation, qui veulent qu’un migrant ou qu’un pauvre soit forcément un délinquant ou une menace. » La cour a annoncé que la décision de justice serait dévoilée le 9 septembre prochain.

Source https://m.reporterre.net/Le-principe-de-fraternite-en-proces-a-Grenoble?__twitter_impression=true&s=09

Grèce: Appel international pour les 6 de Moria

Nous relatons cet appel de Migreup

Merci de soutenir et de partager le plus largement possible cette initiative internationale pour la défense de 6 jeunes Afghans accusés d’avoir incendié le camp de Moria et qui ont été déclarés ‘coupables’ par les autorités bien avant leur procès. 

L’appel en anglais, français, allemand, espagnol, grec, italien,  est l’ligne sur Change.org  Pour signer https://www.change.org/FreeTheMoria6

L’appel en Français :

# FreeTheMoria6 – Après l’incendie au camp de Moria : Appel pour un procès équitable et transparent pour l’accusé Moria 6 sur la base de la présomption d’innocence!

Le 11 juin 2021, le procès de quatre des six adolescents migrants accusés d’avoir incendié le camp de Moria aura lieu sur l’île grecque de Chios. Dès leur arrestation et avant toute procédure légale, ils ont été présentés au public comme étant les coupables. Deux mineurs co-accusés ont déjà été condamnés à des peines de prison en mars, malgré un manque de preuves et un procès riche en irrégularités.

Nous sommes profondément préoccupés par le fait que leur droit à un procès juste et équitable fondé sur la présomption d’innocence ne soit pas garanti, et que les accusés servent davantage de boucs émissaires à la politique migratoire inhumaine de l’UE. Nous sommes solidaires de la Moria 6 et contre le régime frontalier européen meurtrier!

Le 8 septembre 2020, le tristement célèbre camp de réfugiés de Moria sur l’île grecque de Lesbos a brûlé dans un incendie attisé par un vent fort. Les incendies généralisés et durables, bien documentés et presque diffusés en direct via les médias sociaux, ont remis la politique de dissuasion qui se déroule dans des conditions inhumaines dans les camps européens les plus sous tensions, i.e. dans la région égéenne, sous les projecteurs des médias internationaux. 

Plutôt que de considérer l’incendie comme une catastrophe inévitable dans une infrastructure de camp meurtrière, l’État grec a arrêté six jeunes afghans et les a présentés comme coupables et uniques responsbales de l’incendie, tentant d’étouffer la poursuite du débat public sur les conditions de vie à l’intérieur du camp et la responsabilité politique. Les incendies ont eu lieu à un moment où le nombre de personnes vivant dans le camp avait atteint 12 000, des restrictions de mouvement avaient été mises en place depuis près de six mois et une peur croissante du Covid-19 se propageait à l’intérieur du camp. Une semaine avant l’incendie, la première personne avait été testée positive. Au lieu de déplacer les personnes infectées hors du camp et d’améliorer les conditions de vie des personnes cloîtrées à l’intérieur, le gouvernement avait prévu de fermer complètement le camp avec une double clôture de haute sécurité câblée de l’OTAN et réprimé violemment toute manifestation. 

Non seulement les autorités nient toute responsabilité, mais il y a aussi des raisons de supposer que les accusés ne peuvent pas s’attendre à un procès juste et équitable. Ils ont été présentés par les autorités comme coupables dès le moment de leur arrestation. Le ministre grec de la migration et de l’asile a déclaré – une semaine seulement après l’incendie – que « le camp avait été incendié par six réfugiés afghans qui avaient été arrêtés », violant par là leur droit à un procès équitable sous la présomption d’innocence. Cinq des Moria 6 étaient mineurs au moment de leur arrestation, mais seuls deux d’entre eux ont été reconnus comme tels par l’État grec et traités par conséquent conformément au Code pénal des mineurs.

Des inquiétudes se sont déjà manifestées lorsque les deux personnes officiellement reconnues mineures ont été jugées en mars 2021. À ce moment-là, les deux avaient déjà été maintenues en détention provisoire pendant près de six mois, la période maximale légale pour les mineurs, et auraient donc dû été publié bientôt. Lors d’une audience convoquée à la hâte qui a bafoué les normes procédurales fondamentales d’équité, ils ont été reconnus coupables malgré le manque de preuves et condamnés à cinq ans de prison.
Le cas de la Moria 6 n’est pas le premier où des migrants sont arbitrairement arrêtés et inculpés en Grèce (voir Moria 35). Cette pratique fait depuis longtemps partie du régime inhumain des frontières de l’UE. Cependant, dans l’environnement politique actuel, la criminalisation de la migration a atteint un nouveau niveau, tout comme les refoulements illégaux des migrants par les autorités.

Nous appelons à un procès équitable et transparent le 11 juin !

Nous sommes solidaires de la Moria 6 et contre le régime frontalier européen meurtrier !

Nous appelons l’UE et l’État grec à assumer la responsabilité des camps inhumains qu’ils ont délibérément créés et des souffrances humaines qui en résultent !

– Arrêtez le confinement des personnes en marge de l’UE !
– Mettez fin à l’accord UE-Turquie !
– Plus de Morias !
– Libérez les Moria 6 !

Des collectifs et des organisations  merci d’envoyer les signatures au plus tard jusqu’au 5 juin au freethemoria6@riseup.net

La république Saint Marin et l’accueil de mineurs étrangers

Saint-Marin approuve une loi visant à accueillir des mineurs étrangers non accompagnés provenant de camps de réfugiés
12.05.2021 – Still I Rise

Le projet permettra à des familles et à des personnes seules résidant dans la République de Saint-Marin de prendre en charge des mineurs, y compris ceux provenant des îles grecques. Still I Rise a pris part à ce projet dès le début.

La République de Saint-Marin a approuvé à l’unanimité le projet de loi qui permettra aux personnes seules et aux familles d’accueillir des mineurs étrangers non accompagnés résidant dans des centres pour migrants ou des centres d’accueil. Il s’agit de la base légale pour entamer un processus d’accueil dans des foyers, y compris pour les mineurs venant des îles grecques. La nouvelle a été accueillie avec enthousiasme par Still I Rise, qui, en tant qu’organisation à but non lucratif, a suivi l’histoire de ce projet de loi dès le début. Après l’approbation de l’ordre du jour, présenté par la conseillère Sara Conti le 1er juillet 2020, le projet de loi a été présenté en session plénière le 27 avril dernier.

“Cette loi est née d’un sentiment partagé par plusieurs personnes, sentiment qui s’est développé à partir de la réunion publique que Nicolò Govoni a tenue à Saint-Marin il y a plus de deux ans”, explique Paolo Berardi, porte-parole du comité d’organisation.” L‘ été suivant, Antonella Mularoni, une chère amie, m’a contacté après un voyage à Samos pour me suggérer une idée merveilleuse; et c’est cette idée qui est devenue loi il y a quelques jours. Nous avons immédiatement commencé à travailler à l’ébauche du projet : D’abord, avec Nicolò Govoni et Riccardo Geminiani de Still I Rise, puis avec les associations de Saint-Marin et d’autres associations. Le travail de collaboration des groupes du conseil et la contribution des bureaux publics ont été essentiels pour atteindre ce résultat historique.”

Avec la loi numéro 79 du 30 avril 2021 la République de Saint-Marin réglemente le statut juridique des mineurs étrangers non accompagnés, qui auront la possibilité d’être placés et de grandir dans un contexte familial qui peut leur donner tout le soutien dont ils ont besoin : moral, matériel, et en matière d’éducation et de formation.

Accueillir un mineur est autorisé aux personnes célibataires ou aux couples, citoyens ou résidents de Saint-Marin qui ont au moins 25 ans et sont en mesure d’éduquer les mineurs et de subvenir à leurs besoins. Les conditions requises comprennent la nécessité pour les accueillants de favoriser – dans la mesure du possible – le maintien des contacts entre l’enfant et sa famille d’origine. Les citoyens et résidents peuvent ensuite accueillir d’autres enfants, en donnant la priorité à d’éventuels frères et sœurs.

Un mécanisme de “solidarité interne” a également été prévu; les personnes qui ne sont pas en mesure d’accueillir des enfants dans leur famille, mais qui désirent participer au projet, peuvent décider de soutenir financièrement un ou plusieurs mineurs qui seront confiés à des familles ou à des personnes seules qui peuvent s’occuper des enfants, mais ne sont pas en mesure de les soutenir financièrement.

Afin de faciliter et encourager le placement en familles d’accueil, la République de Saint-Marin prévoit qu’il est possible qu’un fonds de soutien économique aux familles d’accueil soit créé.

Sous la direction du département des affaires juridiques du ministère des Affaires étrangères, le service des mineurs et l’office pour les adoptions et accueils internationaux géreront toutes les étapes du placement en famille d’accueil avec la coopération des organisations et associations accréditées de Saint-Marin.

“Ce projet ajoute à ce que nous faisons un élément fondamental, qui manquait jusqu’à présent”, déclarent Nicolò Govoni et Riccardo Geminiani, président et vice-président de Still I Rise. “Grâce à la nouvelle loi, les mineurs non accompagnés qui se trouvent dans nos écoles dans des contextes d’urgence (comme Mazì à Samos) pourront continuer leur quête d’un avenir meilleur dans un environnement protégé, au sein de familles qui prendront soin d’eux et leur apporteront le soutien nécessaire à leur épanouissement. Nous sommes très heureux et profondément reconnaissants envers la République de Saint-Marin d’entreprendre une démarche aussi importante.“

Traduit de l’anglais par Evelyn Tischer

À propos de l’Auteur

Still I Rise est une organisation à but non lucratif internationale et totalement indépendante fondée en 2018. Grâce à la création de centres éducatifs et d’écoles internationales, l’objectif est de fournir une éducation, une  sécurité et une protection aux enfants réfugiés, défavorisés, orphelins et oubliés dans les points les plus chauds de la migration mondiale.

Source https://www.pressenza.com/fr/2021/05/saint-marin-approuve-une-loi-visant-a-accueillir-des-mineurs-etrangers-non-accompagnes-provenant-de-camps-de-refugies/

Avril noir en Méditerranée centrale

Le mois d’avril 2021 restera gravé dans les mémoires des équipes et soutiens de SOS MEDITERRANEE. Pour la première fois en cinq ans d’opérations, nos équipes de sauvetage ont été les témoins du pire que l’on puisse redouter en mer : les conséquences funestes d’un terrible naufrage. Puis elles ont procédé au sauvetage de deux embarcations en détresse. 236 personnes secourues, comme un triomphe de la vie, une revanche sur la mort.

22 avril 2021 : « le moment de la honte »    

Dans la nuit du 20 au 21 avril 2021, alors que le navire de SOS MEDITERRANEE patrouille dans les eaux internationales au large des côtes libyennes, il reçoit un premier appel de détresse, relayé par l’ONG Alarm Phone, qui gère une hotline téléphonique pour les personnes en détresse en mer. Puis un deuxième. Puis un troisième. Les trois embarcations sont toutes à au moins dix heures de navigation de la position du navire et la mer est déchaînée, avec des vagues atteignant 6 mètres. L’Ocean Viking est alors le seul navire humanitaire présent sur la zone de recherche et de sauvetage au large des côtes libyennes. Les équipes à bord se lancent dans une course contre la montre, à la recherche des personnes à bord de ces canots de fortune signalés en détresse. Trois navires marchands prendront également part aux recherches. Mais lorsque nos équipes arrivent enfin, le 22 avril, après des heures interminables de recherche et de navigation, au point de localisation d’une de ces trois embarcations signalées en détresse, l’insoutenable se présente à leurs yeux : il ne reste plus qu’une épave et des corps flottant dans les vagues. Une mer de cadavres.

Quelques heures plus tard, Alessandro, marin-sauveteur à bord de l’Ocean Viking, prend la plume, comme un exutoire, et écrit : « Les choses doivent changer, les gens doivent savoir ».  

Petit à petit, la nouvelle tragique fait le tour du monde. Le pape François qualifie ce naufrage de « moment de la honte ». Les agences de l’ONU, le HCR et l’OIM en appellent à la responsabilité de la communauté internationale. Dans plusieurs villes de France et d’Allemagne, des citoyen.e.s organisent des hommages aux disparu.e.s. L’Europe elle, reste mutique.

236 personnes sauvées et la vie reprend à bord de l’Ocean Viking  

Le 27 avril au petit matin, l’Ocean Viking reçoit un nouvel appel de détresse. Cette fois-ci, deux embarcations sont signalées. Nos équipes procèdent au sauvetage et réussissent à mettre en sécurité toutes les personnes qui étaient à bord des deux canots de fortune : 236 femmes, hommes et enfants sont secourus. Parmi elles, beaucoup de mineur.e.s voyageant seul.e.s : 119 au total. Dans les heures et les jours qui suivent le sauvetage, de nombreuses personnes rescapées racontent à nos équipes les violences que les trafiquants d’êtres humains leur ont infligées en Libye. Plusieurs ont été battues et forcées d’embarquer à bord de ces rafiots inaptes à la traversée de la Méditerranée. À bord de l’Ocean Viking, les personnes secourues trouvent un refuge et quelques heures de répit. Le petit Yaya, qui sourit de toutes ses dents, passe de bras en bras et se laisse bercer, tantôt par sa maman, tantôt par les membres de SOS MEDITERRANEE. Le garçon, secouru avec sa mère, est âgé de seulement deux ans et demi.

Au lendemain de ce sauvetage, les garde-côtes libyens interceptent deux embarcations en détresse à proximité de l’Ocean Viking, sous les yeux des personnes rescapées et de l’équipe à bord. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) confirmera ensuite que plus de 100 personnes ont été renvoyées de force en Libye ce jour-là. Sur le mois d’avril 2021 seulement, plus de 600 personnes ont été interceptées et renvoyées illégalement en Libye. Plus de 6000 depuis le début de l’année.

Les rescapé.e.s secouru.e.s par les équipes de l’Ocean Viking ont pu débarquer le 1er mai 2021 à Augusta, en Sicile. Si la nouvelle de l’assignation d’un lieu sûr de débarquement a été accueillie avec soulagement, la colère face à ces événements reste vive. Que fait l’Europe ? Où sont passées ses valeurs de solidarité et d’humanité ? Pourquoi aucun dispositif européen de recherche et de sauvetage n’a été rétabli en Méditerranée centrale depuis la fin de l’opération Mare Nostrum, il y a sept ans déjà ? Le dimanche 9 mai, la journée de l’Europe était célébrée. Un anniversaire au goût amer, quand on pense à toutes celles et ceux que l’Europe a laissé et laisse encore couler en Méditerranée.

Lire le [RECAP] de la plus récente mission de l’Ocean Viking

Pour en savoir plus sur le contexte ces 4 dernières semaines, consultez :
Regards sur la Méditerranée centrale #18
Regards sur la Méditerranée centrale #19

Crédits photo : Flavio Gasperini / SOS MEDITERRANEE

Source https://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/avril-noir

2000 personnes mortes lors de refoulements illégaux

Selon The Guardian, plus de 2000 personnes sont mortes à la suite de refoulements illégaux aux portes de l’UE

Dans un article publié mercredi, le quotidien britannique révèle qu’au moins 40 000 personnes qui cherchaient à demander l’asile au sein de l’Union européenne ont été illégalement refoulées. Ces opérations ont conduit à la mort de plus de 2 000 personnes.

Plus de 2 000 demandeurs d’asile morts aux portes de l’Union européenne (UE) à la suite de refoulements illégaux effectués par des états membres et l’agence Frontex. C’est le bilan que dresse The Guardian dans un article publié mercredi 5 mai.

Le quotidien britannique a pu établir ce nombre grâce aux « rapports publiés par les agences de l’ONU, combinés à une base de données d’incidents collectés par des organisations non gouvernementales ».

En 2020, alors que quelque 100 000 personnes sont arrivées en Europe par la mer, les cas de refoulements illégaux aux frontières maritimes et terrestres de l’UE se sont multipliés.

« Depuis janvier 2020, […] l’Italie, Malte, la Grèce, la Croatie et l’Espagne ont durci leur politique migratoire. Depuis l’introduction de fermetures partielles ou complètes des frontières pour enrayer l’épidémie de coronavirus, ces pays ont payé des États non membres de l’UE et enrôlé des navires privés pour intercepter les bateaux en détresse en mer et envoyer les passagers dans des centres de détention », souligne The Guardian.

Parmi les points de passage où ont lieu le plus d’abus, on trouve la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie. Un nouveau rapport du collectif Border violence monitoring network (BVMN) publié mardi révélait que 90 % des cas de refoulements illégaux, d’abus ou d’usage disproportionné de la force enregistrés dans les Balkans, avaient eu lieu en Croatie. Les données collectées par le collectif illustrent par ailleurs une hausse de 19 % de ces abus par rapport à 2019.

Les refoulements illégaux sont également nombreux en Grèce, rapporte The Guardian. « Depuis janvier 2020, la Grèce a refoulé quelque 6 230 demandeurs d’asile de ses côtes », avance le média britannique, se basant sur les données de BVMN.

Retour en Libye

Les refoulements ont également lieu en Méditerranée. Selon les données de l’agence des nations unies pour les réfugiés, citée par The Guardian, environ 15 500 demandeurs d’asile ont été interceptés en mer et ramenés à Tripoli par des garde-côtes libyens qui opèrent avec le soutien de l’UE.

>> À écouter : Mer Méditerranée : sur la route migratoire la plus meurtrière du monde

L’Italie et la Libye sont accusées de fermer les yeux sur les drames qui se passent en Méditerranée et de manquer à leur devoir de porter secours aux embarcations qui se trouveraient en difficulté dans leur zone de recherche et sauvetage. En avril, un rapport de la plateforme Alarm Phone a notamment démontré que les deux pays avaient ignoré les appels à l’aide d’une embarcation en détresse. 130 personnes sont finalement mortes dans le drame.

>> À lire : Qu’advient-il des migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens ?

L’île de Malte est également concernée par les abus et les refoulements en Méditerranée. En septembre 2020, un rapport d’Amnesty international dénonçait les « tactiques illégales » de La Valette pour empêcher les embarcations de migrants de débarquer sur l’île méditerranéenne

Source https://www.infomigrants.net/fr/post/31997/selon-the-guardian-plus-de-2000-personnes-sont-mortes-a-la-suite-de-refoulements-illegaux-aux-portes-de-l-ue

Fermeture de Kara Tepe 1

Lesbos : la Grèce ferme « Kara Tepe 1 », son camp « modèle » pour migrants vulnérables

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Le camp pour migrants vulnérables de Lesbos, Kara Tepe 1, a été en grande partie évacué ces derniers jours en vue de sa fermeture imminente. Le lieu, ouvert depuis 2015, était considéré comme l’un des rares endroits à offrir un hébergement digne pour les demandeurs d’asile en Grèce. Les résidents vont désormais être transférés dans le hotspot de Kara Tepe 2, aux conditions déplorables.

Le camp de migrants de Kara Tepe 1, sur l’île de Lesbos, en Grèce, est en train de fermer ses portes. Samedi 24 avril, au petit matin, l’évacuation des 600 personnes qui y étaient hébergées a débuté : « Cinquante réfugiés vulnérables ont été déplacés par la police grecque », a tweeté l’ONG Médecins sans frontières (MSF) présente sur place. Depuis, environ 450 migrants au total ont dû quitter les lieux, et prendre la direction du « hotspot » de Lesbos, qualifié d’insalubre. Restent quelque 200 personnes dans Kara Tepe 1, dans l’attente de leur transfert. 

La fermeture de Kara Tepe 1, lieu dédié aux personnes dites vulnérables, avait été annoncée fin 2019. Ouvert depuis 2015, ce camp faisait office de modèle en Grèce, et même à l’échelle européenne. Des familles, des personnes avec des problèmes de mobilité ou avec des soucis de santé particulier, notamment au niveau mental, y étaient hébergées.

« Dans ce camp, les gens vivaient dans des conditions humaines, acceptables et dignes », commente Stephan Oberreit, chef de mission pour MSF Balkans basé à Athènes, contacté par InfoMigrants. « Ils vivaient dans des containers plutôt que sous des tentes, il y avait des activités périscolaires pour les enfants, et en termes de sanitaires, les choses étaient tout à fait décentes. C’était comme un petit village. »

Transférés à « Kara Tepe 2 » ou « Moria 2.0 »

Pour les autorités, cette fermeture se justifie par une volonté de regrouper tous les demandeurs d’asile dans une seule et même structure. En l’occurrence, dans le nouveau hotspot temporaire de l’île de Lesbos, Mavrovouni. Situé sur un ancien terrain militaire en bord de mer, près de la capitale Mytilène, il est également surnommé « Kara Tepe 2 » ou « Moria 2.0 » et a été érigé à la hâte après l’incendie, en septembre 2020, de l’immense camp de Moria. Des milliers de personnes y sont actuellement logées dans des conditions désastreuses, sans accès à l’eau courante ni à l’électricité.

« Les autorités veulent surtout que les migrants soient dans un camp fermé loin de toutes activités urbaines », insiste Stephan Oberreit, pour expliquer la décision du gouvernement.

À l’automne dernier, un autre camp, Lesvos Solidarity-Pikpa, dit « Pikpa », qui était lui auto-géré par des bénévoles, avait déjà été fermé. L’endroit était pourtant, lui aussi, considéré comme un modèle, et même comme un havre de paix et de stabilité, en termes d’hébergement des migrants : une structure restreinte, où vivaient des personnes vulnérables, en majorité des femmes et des enfants. Pour justifier leur action, les autorités avaient alors dénoncé l’occupation illégale des lieux.

« Pikpa et Kara Tepe 1 étaient sur la sellette depuis un certain temps », continue Stephan Oberreit. « Pour nous c’est absurde : on est dans un paradoxe complet et on fait l’inverse de ce qu’il faudrait faire. On préfère mettre des gens qui étaient dans des conditions acceptables dans des conditions encore pires – plutôt que l’inverse », s’offusque-t-il, parlant d’un revirement de situation survenu depuis les élections de 2019, qui ont marqué la défaite du Premier ministre de gauche Alexis Tsipras et la victoire de la droite.

L’évacuation a d’ailleurs causé la détresse et l’angoisse de certains migrants, dont au moins l’un d’entre eux a depuis été sujet à des malaises, rapporte MSF.

« On n’est pas traités comme des êtres humains »

À Mavrovouni – ou Kara Tepe 2 -, les conditions de vie ne sont en effet pas du tout les mêmes : surpopulation, mauvaises conditions sanitaires, hébergements sous des « bâches »… « Il n’y a pas de toilette, pour aller puiser de l’eau, il faut beaucoup marcher… La situation est très compliquée. On n’est pas traités comme des êtres humains », lance Théthé Kongé, une demandeuse d’asile résidente des lieux contactée par InfoMigrants. 

Cette migrante congolaise de 39 ans évoque un quotidien d’autant plus « bouleversé » depuis l’évacuation du camp de Kara Tepe 1. « On nous a transférés sous des bâches pour faire de la place aux nouveaux arrivants [jusqu’à présent, Théthé Kongé et son groupe vivaient dans des sortes de préfabriqués, ndlr]. Il fait chaud, c’est difficile de respirer là-dessous. »

Un énième nouveau camp, fermé et sécurisé à l’aide notamment de portiques, doit à terme remplacer le camp de Kara Tepe 2, à une date encore indéterminée, ont annoncé les autorités grecques. Plus reculé, il devrait être « perdu dans les terres pour distancer les réfugiés de la population locale », selon Stephan Oberreit.

Si Lesbos est loin d’être décongestionnée, comme le souhaiteraient les autorités, force est de constater que le nombre de migrants sur l’île a drastiquement baissé ces derniers mois. En septembre, environ 12 000 demandeurs d’asile y étaient présents. Désormais, la population de migrants de Lesbos tourne davantage autour de 5 500, selon des données officielles. 

Une baisse qui s’explique par les transferts de réfugiés vers, notamment, la Grèce continentale et l’Allemagne. Et aussi par les « pushbacks » d’embarcations de migrants en mer Egée, régulièrement dénoncés par les ONG et les migrants eux-mêmes, dont la conséquence est une baisse des arrivées.

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Source https://www.infomigrants.net/fr/post/31876/lesbos-la-grece-ferme-kara-tepe-1-son-camp-modele-pour-migrants-vulnerables

Soutenir les solidaires de Briançon

Vous trouverez ci-dessous l’appel à mobilisation pour soutenir les solidaires de Briançon poursuivis pour délit de solidarité.

Les procès auront lieu :

– le 22 avril au Tribunal de Gap en première instance  pour deux maraudeurs interpellés  le 19 novembre alors qu’ils étaient en train de porter secours à une famille afghane sur le territoire français .

– le 27 mai à la Cour d’Appel de Grenoble pour les 3+4 de Briançon suite à la manifestation antifasciste du 22 avril 2018 (en réponse à l’occupation du col de l’Echelle par le groupement « Génération Identitaire »)

Vous pouvez les soutenir :

– en signant la pétition pour exiger leur relaxe http://chng.it/TbYL4kjZ

– en les soutenant financièrement  https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/appel-a-soutien-3-4-2-de-briancon

– en transférant cet appel à vos réseaux amis et militants

– et enfin par votre présence devant les tribunaux lors des procès

Vidéo d’appel à mobilisation : https://www.youtube.com/watch?v=75yELKZGlXI

NOS MONTAGNES NE DEVIENDRONT PAS UN CIMETIÈRE !

L’équipe du Comité de soutien aux 3+4+2

Contact : relaxe3.4.2briancon@gmail.com 

Voir l’appel Appel à soutien Brianconnais

 

Criminalisation : sauver des vies contre vents et marées

Dans un contexte de politisation et de médiatisation extrêmes autour du sauvetage en Méditerranée, les ONG de sauvetage en mer sont l’objet d’attaques incessantes visant à dénigrer leur action. SOS MEDITERRANEE publie le document « Stop aux fake news sur le sauvetage en mer » et revient sur cinq ans de criminalisation de son action. 


Illustration ci-dessus de Rodho, tirée du dépliant « Stop aux fake news sur le sauvetage en mer » 

Harcèlement administratif et judiciaire : des navires humanitaires bloqués

Le 11 janvier 2021, l’Ocean Viking repartait en Méditerranée après cinq mois d’immobilisation du navire en Italie. Si les équipes de SOS MEDITERRANEE ont pu satisfaire les nouvelles exigences administratives des garde-côtes italiens, cela n’a pas été le cas de tous les bateaux. Sur les sept navires d’ONG placés en détention en 2020 par les autorités italiennes, seuls deux sont opérationnels aujourd’hui pour mener leur mission de sauvetage : l’Ocean Viking et l’Open Arms. Le Sea Watch 3 qui avait pu effectuer un sauvetage en février est de nouveau immobilisé en Sardaigne, et d’autres restent bloqués par diverses mesures administratives.

À cela s’ajoute une recrudescence de procédures judiciaires menées en Italie à l’encontre des ONG de sauvetage en mer : Médecins Sans Frontières, Save The Children et Jugend Rettet sont actuellement mis en cause pour des faits datant de 2016 ou 2017. Collusion avec les passeurs, mauvaise gestion des déchets à bord des navires… autant d’accusations catégoriquement réfutées par les ONG, alors qu’aucune preuve n’a jamais été établie.

Boucs émissaires pour le manque de solidarité européenne

Ces attaques ne sont pas nouvelles : depuis 2017, l’action des ONG de sauvetage en mer fait l’objet d’accusations incessantes. Alors que les États européens abdiquaient ostensiblement leurs responsabilités de sauvetage en Méditerranée et refusaient toute solidarité avec les pays côtiers en première ligne (l’Italie, Malte, l’Espagne, la Grèce…), de véritables campagnes de dénigrement des ONG ont vu le jour en Italie. Colportées d’abord par la fachosphère italienne, nombre de « fake news » faisaient la promotion de la théorie de « l’appel d’air » ou d’une prétendue collusion des ONG de sauvetage avec les passeurs.

Ces campagnes des mouvements d’extrême-droite ont fait leur chemin de manière insidieuse et amené le gouvernement italien, isolé dans la gestion des flux migratoires en Méditerranée centrale, à jeter l’opprobre sur les ONG de sauvetage en mer. Menacée par la montée des mouvements populistes, Rome tentait de reconquérir l’opinion publique en jetant le doute sur la légalité de l’action des ONG dès le printemps 2017.

Attaques sur l’Aquarius et les équipes de SOS MEDITERRANEE

Cette criminalisation ne fait que s’amplifier en 2018. Avec la fermeture des ports italiens à l’Aquarius – premier navire de SOS MEDITERRANEE – en juin 2018, le nouveau ministre de l’intérieur Matteo Salvini inaugure une nouvelle ligne politique dans un bras de fer avec les États européens, au détriment des naufragé.e.s de Méditerranée. Cet événement s’accompagne d’intenses pressions diplomatiques pour obliger l’État du pavillon qui immatricule l’Aquarius (Gibraltar) à exercer un dépavillonnement du navire. Initiative couronnée de succès et répétée avec le nouvel État du pavillon, Panama. Une procédure judiciaire à l’encontre de l’Aquarius est enfin ouverte par un procureur de Sicile en novembre 2018, qui demande la mise sous séquestre du navire. SOS MEDITERRANEE est alors contrainte de mettre fin au contrat d’affrètement de l’Aquarius.

Ces attaques s’exportent en-dehors de l’Italie. En France, des actions répétées des groupes d’extrême-droite visent les équipes de SOS MEDITERRANEE : diffamation envers des membres de l’association, attaque des locaux du siège à Marseille, harcèlement judiciaire à l’encontre des subventions accordées par des collectivités territoriales, perturbation d’événements organisées par les bénévoles… autant de tentatives de déstabilisation et de dénigrement qui nuisent à la mission humanitaire vitale portée par l’association.

Face à ces attaques, inlassablement, SOS MEDITERRANEE réaffirme haut et fort ses valeurs, son positionnement apolitique et non partisan, son strict respect du cadre légal et la transparence de son action. Car quelles que soient les difficultés, renoncer n’est pas une option : il n’est pas et ne sera jamais acceptable de laisser mourir des personnes en mer, aux portes de l’Europe.

Téléchargez le dépliant « Stop aux fake news sur le sauvetage en mer ».

 

Autres ressources sur la criminalisation :

Soyez humains, respectez le droit, sauvez des vies en mer 
Dossier de Presse de SOS MEDITERRANEE

Source https://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/journal-de-bord-fake-news

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