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Convoi solidaire pour la Grèce en février : une collecte sur Grenoble

RAPPEL  : COLLECTE JUSQU’AU 12 FÉVRIER 2019 POUR REMPLIR LES 27 FOURGONS

Nicolas conduira le camion de Savoie. Le collectif de Grenoble ne pouvant assurer comme pour les  précédents convois la coordination, la récupération et l’acheminement des fournitures auprès de Nicolas il viendra tenir un point de collecte à Grenoble . Nous publions la liste des besoins et des points de collectes pour ce convoi qui seront actualisés au fur et à mesure des confirmations par les lieux.

Rappel des besoins

Les besoins sont urgents en :

Fournitures bébés : lait infantile en poudre (tous âges) petits pots, mixers , soins bébés, sérum, vitamines, couches ( surtout 3, 4 et 5), lit parapluie, poussettes,

Jouets : tels que figurines, ballons, cordes à sauter, legos, stylo, feutres, ( pas de peluches),

Produits d’hygiène et paramédicaux : gels douches, shampoings, savons, protections périodiques, dentifrice, brosses à dents, lessives, pansements, produits ménagers, pansements, désinfectant, chevillères/genouillères, ( ni attelles, ni médicaments) Biafine, Cicatryl, fournitures dentistes (pour dispensaires autogérés),

Matériel : bouilloires, frigos, fours, machine à laver ( en état de marche), marmites, louches,

Base alimentaire : légumes secs, fruits secs, biscuits, céréales, pâtes,riz, lentilles, thé, café, autres. La date de péremption minimale recommandée est mars 2019.

Matériel spécifique pour la résistance :  ramettes papiers, photocopieuses ( en état de marche) ordinateurs, écrans, disques durs clés USB, carte SD, appareils photos/vidéos, téléphones…

n’oubliez pas des messages de soutien : avec éventuellement dessins, photos, affiches,autocollants, infos sur vos luttes…. Des confiseries fermées et non fragiles peuvent être ajoutées.

Important : la place dans les fourgons n’étant pas extensible, merci de vous en tenir à cette liste. Suite à des collectes sur place plus besoin de couvertures et de vêtements.

Soutien financier : chèque à l’ordre d’ANEPOS à envoyer à ANEPOS « Action Solidarité Grèce » BP10 81540 Sorèze . Cela permet aux collectifs sur place de compléter eux mêmes. Virement et Paypal possibles sur le site www.lamouretlarevolution.net dans la rubrique  » prochain convoi solidaire ».

Si vous voulez partir avec le collectif Anepos, avec votre véhicule, ou aider en créant un point collecte dans votre secteur géographique : solidarite@anepos.net.

Les lieux de collecte confirmés  à ce jour .

En Haute-Savoie (74) 

Attac 74 Chablais à contacter par Facebook, https://www.facebook.com/attac74chablaishttps://www.facebook.com/attac74chablais/?tn-str=k*F  ils répondent dans la journée

La ronde du bio, 307 route de Thones, 74 210 Faverges, https://larondedubio.com/ tous les jours sauf dimanche

En Savoie (73)

Caroline à Lescheraines 73 340 , en fin de journée 06 89 13 40 51

6 février à partir de 18h à ARCHIMALT 95 Rue de Bolliet, 73230 Saint-Alban-Leysse suivie à 20h d’un concert  organisé par des individu-es, des membres du Collectif Sans Frontières

En Isère ( 38)

Nicolas le chauffeur de Savoie tiendra une permanence mercredi 6 février de 14h à 16h dans la rue Berthe de Boissieux à Grenoble. Il y aura un drapeau grec pour le repérer ( tel 06 09 04 17 53 ).

Si un lieu solidaire ou un particulier souhaite être point de collecte pour une ou 2 soirées merci de se faire connaitre à cette adresse greceausterite@hotmail.com et se mettre en contact avec Nicolas pour organiser la récupération.

 

Entretien avec les Pinçon-Charlot

Les Pinçon-Charlot : «C’est Macron le capitaliste en chef qui mène la guerre des classes»

Par Simon Blin

Le storytelling médiatico-politique a voulu en faire un ovni politique, sans passif. Les deux sociologues affirment, au contraire, que la manière d’être et de gouverner du Président est très liée au milieu dans lequel il évolue : celui du pouvoir et de l’argent.

Pas sûr que le dernier livre du couple de sociologues raccommode Emmanuel Macron avec les gilets jaunes. Huit ans après le Président des riches (2010), une enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, ex-directeurs de recherche au CNRS, poursuivent leur travail d’investigation sur les accointances du pouvoir avec le monde de l’argent avec la sortie du Président des ultra-riches (La Découverte). Résultat, le portrait d’un gouvernant toujours plus proche des plus fortunés et encore plus éloigné du reste de la société. (Photo Johanna Bourgault)

Que doit-on attendre du «grand débat national», lancé le 15 janvier par Emmanuel Macron, étant donné que les principales revendications des gilets jaunes en termes de justice fiscale, comme le rétablissement de l’ISF, ne seront pas discutées ?

Peu de choses. La suppression de l’ISF symbolise à elle seule la fin de la solidarité des plus riches avec le reste de la société. Macron a aussi procédé à la création d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax) sur les revenus du capital, mesure moins connue du grand public mais tout aussi importante. Non seulement les riches ne sont plus concernés par la solidarité nationale, mais en plus on les dispense de la progressivité de l’impôt sur les revenus du capital, c’est-à-dire de payer leurs impôts à hauteur de leur fortune. Que vous ayez seulement quelques actions, pour peu que vous en ayez, ou que vous soyez Bernard Arnault, vous paierez le même impôt forfaitaire. Avec Macron, les impostures se font en cascades. Car en répétant à l’envi que cet impôt forfaitaire était de 30 %, le gouvernement a oublié de préciser que ce chiffre comprend aussi le prélèvement social, la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie et le prélèvement de solidarité. Au final, l’impôt forfaitaire en tant que tel n’est que de 12,8 %. Cela signifie que le plus mal payé des contribuables paie plus en impôts sur le revenu que le plus riche des actionnaires sur chaque euro de dividendes perçus.

A vous lire, ce tour de passe-passe fiscal semble faire partie du code génétique du Président…

Plus encore que chez ses prédécesseurs, le profil d’Emmanuel Macron se prête à la sociologie bourdieusienne, son habitus étant en adéquation parfaite avec les conditions de la pratique de sa position sociale. Autrement dit, sa manière d’être et de gouverner est très liée au milieu dans lequel il évolue : celui du pouvoir et de l’argent. Le storytelling médiatico-politique qui a entouré son élection a voulu nous faire croire à un ovni politique, sans passif. Mais notre enquête, qui croise le contenu de sa politique sociale et économique avec sa trajectoire sociobiographique et les réseaux oligarchiques, démontre qu’il est bien un enfant du sérail, adoubé par les puissants et soutenu par de généreux donateurs. A sa sortie de l’ENA, il intègre l’inspection des finances sous la direction de Jean-Pierre Jouyet, une des figures centrales du maillage oligarchique français. Très vite, Macron participe à la fameuse «commission Attali» («pour la libéralisation de croissance») sous Sarkozy, où il rencontre les plus grands patrons. Il occupe ensuite un poste de directeur à la banque Rothschild et devient en même temps le meneur du volet économique de la campagne de François Hollande pour la présidentielle. Entre la création du CICE et le pacte de responsabilité, il imprègne ensuite le mandat socialiste de la politique de l’offre selon laquelle plus on donne aux entreprises, plus elles investissent dans l’appareil productif. Enfin, il se sert de son poste de ministre de l’Economie pour concourir à la mandature suprême.

Derrière Emmanuel Macron, diriez-vous qu’il existe en pratique une solidarité de riches  ?

C’est pire que cela. Macron est pieds et poings liés face aux ultra-riches qui ont financé sa campagne. Il est leur obligé. Prenons une fois de plus l’exemple de la suppression de l’ISF. Cette mesure devait intervenir au 1er janvier 2018. Or sa suppression est une des premières décisions prises par Macron, en octobre 2017. Cette façon de précipiter l’agenda politique néolibéral est symptomatique de la pression exercée par les puissants, les nantis, les action­naires et les créanciers qui utilisent l’argent comme arme d’asservissement et de division des individus.

Pour autant, les gilets jaunes font preuve d’une unité remarquable…

En tant que sociologues, nous ­n’avions jamais imaginé qu’un jour un tel mouvement social surgirait. On s’est beaucoup fait à l’idée que les gens modestes, rivés aux urgences d’une vie quotidienne difficile, trouveraient leur bonheur dans l’achat d’un pavillon individuel installé à proximité d’un centre commercial. Comme si le bonheur était dans le magasin où l’on achète le dernier iPhone. C’était un leurre. Nous nous réjouissons de la colère qu’expriment les gilets jaunes. Elle ne s’arrêtera pas. Le processus est irréversible. Pour la première fois, ils ont permis d’interconnecter toutes les inégalités à partir d’une question à la fois de pouvoir d’achat et d’écologie. Ils ont mis en lumière l’imposture écologique du gouvernement. Nous savons désormais que seulement 19 % des recettes de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) seront directement dédiés à l’écologie.

Les gilets jaunes s’en sont pris aux beaux quartiers sur lesquels vous enquêtez depuis trente ans. Avez-vous été surpris  ?

Pas tant que ça. En refusant d’être parqués sur le Champ-de-Mars le 24 novembre, ils ont attaqué les hauts lieux du pouvoir. Ils ont dénoncé l’agrégation spatiale des élites sociales dans les quartiers huppés. Cela s’est fait grâce au court-circuitage des corps intermédiaires, ne se laissant pas prendre au piège institutionnel. En se rassemblant aux abords des Champs-Elysées, les gilets jaunes ont fait le choix de ne pas s’attaquer à leurs patrons, puisqu’ils ne sont pas en grève, mais de s’adresser directement à Macron en tant que chef d’entreprise de la France. C’est Macron, le capitaliste en chef, qui mène la guerre des classes en France. «Je suis votre chef», avait-il dit le 14 juillet 2017. C’est donc lui que les gilets jaunes interpellent. Logique. Maintenant, il faut espérer une convergence des luttes avec les syndicats, les cheminots et autres militants de gauche. Il faut être attentif à ne pas s’opposer les uns aux autres. Les gilets jaunes nous rendent le service du siècle.

Le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron. La Découverte, «Zones», 176 pp., 14 euros.

Source https://www.liberation.fr/debats/2019/01/24/les-pincon-charlot-c-est-macron-le-capitaliste-en-chef-qui-mene-la-guerre-des-classes_1705100

À qui profite la dette grecque ? Le FMI

21 janvier par CADTM Belgique , ZinTV

Crise grecque. On nous parle d’une dette grecque insoutenable, impayable… mais au fait : à qui cette dette profite ? Qui sont les créanciers de la Grèce ? Pourquoi ont-ils prêté de l’argent à la Grèce et à quelles conditions ? Pourquoi la Grèce n’a pas été « sauvée » ?

Cette courte vidéo animée vous propose quelques éléments de réponses sur le Fonds monétaire international (FMI). Élaborée à partir du travail d’audit de la dette grecque, elle fait partie d’une série d’autres vidéos sur les créanciers de la Grèce.

Aidez-nous à diffuser cette vidéo auprès de vos contacts pour que les mensonges sur la dette grecque cessent (n’hésitez pas à l’inclure dans vos newsletters, la publier sur vos sites internet, sur vos réseaux sociaux, etc.)


Revoir :
Le premier épisode : Les prêts bilatéraux
Le second épisode : Les banques privées
Le troisième épisode : La Banque centrale européenne – Questions pour du pognon

Grandes entreprises française : un impact désastreux pour la société et la planète

Attac France, en partenariat avec l’Observatoire des multinationales, publie ce rapport qui synthétise le véritable bilan des entreprises du CAC 40 en matière de justice sociale, justice écologique et justice fiscale.

A l’occasion du Forum économique mondial de Davos 2019 et de la deuxième édition du « Choose France summit », Attac France fait une série de propositions concrètes lesquelles, si elles étaient mises en œuvre par les pouvoirs publics, contribueraient à répondre aux exigences de justice sociale, fiscale et climatique, aujourd’hui portées par la majorité de la population.

Dans ce rapport il est révélé qu’entre 2010 et 2017 : les impôts versés par les entreprises du CAC 40 ont baissé de 6,4 % en valeur absolue, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté de 9,3 % et les dividendes versés aux actionnaires de 44 % en valeur absolue également sur la même période, tandis que leurs effectifs en France ont baissé de 20 %.

  • Quelle justice sociale alors que les profits des grandes entreprises françaises, les dividendes et les rémunérations des hauts dirigeants s’envolent quand les effectifs mondiaux stagnent et qu’ils diminuent fortement en France ?
  • Quelle justice climatique alors que les émissions de CO2 des sites les plus polluants du pays ont augmenté de 5 % en 2017 et que ces émissions, notamment issues d’entreprises du CAC 40, échappent largement à la fiscalité carbone ?
  • Quelle justice fiscale alors que les entreprises du CAC 40 ont plus de 2 500 filiales dans les paradis fiscaux et payent moins d’impôts aujourd’hui qu’en 2010 ?

Pour afficher le rapport en « plein écran », cliquez sur ce lien

Source https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/nouveau-rapport-d-attac-les-grandes-entreprises-francaises-un-impact-desastreux

Encore 170 disparus en Méditerranée

Migrants: encore 170 disparus en Méditerranée Par Mathilde Mathieu Mediapart

« On doit faire cesser cette tragédie », a réagi un responsable du Haut Commissariat aux réfugiés, après que 170 personnes ont disparu en Méditerranée, dans deux naufrages distincts. Au large de la Libye, trois rescapés ont été hélitreuillés, faute de navires sur zone.

Une fois de plus, ce week-end, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a tapé du poing sur la table, après la disparition de près de 170 personnes en Méditerranée, dans deux naufrages distincts ces derniers jours. Entre l’Espagne et le Maroc, c’est d’abord une patera de 54 passagers qui a chaviré, avec 53 disparus, et un seul rescapé, selon une association.

Puis un bateau pneumatique avec 120 personnes a visiblement sombré corps et âme avant d’atteindre la Sicile, à l’exception de deux Soudanais et un Gambien sauvés par des militaires italiens, à l’issue d’opérations théoriquement placées sous la responsabilité des garde-côtes libyens.

« On doit faire cesser cette tragédie, a réagi Vincent Cochetel, l’envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée, samedi 19 janvier au soir. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur un si grand nombre de personnes qui meurent aux portes de l’Europe. Aucun effort ne devrait être épargné ni entravé pour sauver des vies humaines en détresse en mer. »

Dans un communiqué, l’agence de l’ONU, qui se dit « atterrée », a semblé pointer des responsabilités européennes : « Le HCR est préoccupé par les mesures prises par les États qui ont un effet dissuasif croissant sur les ONG souhaitant mener des opérations de recherche et de sauvetage. Le HCR demande qu’elles soient immédiatement levées. »

En creux : notamment une critique des stratégies de criminalisation des humanitaires menées par Malte ou l’Italie, avec un procureur de Catane qui a demandé la saisie de l’Aquarius en novembre, au motif que l’équipage aurait dissimulé la nature « contaminée » de certains déchets (dont les vêtements des migrants rescapés)

Il y a quelques jours, l’ONG qui affrète l’Open Arms a aussi affirmé que l’État espagnol l’empêchait de reprendre la mer, après une escale à Barcelone qui avait permis le débarquement de 311 migrants (repêchés au large de Malte et de l’Italie, mais refusés par ces deux pays). « Nous empêcher de sauver des vies est irresponsable et cruel », a tonné le fondateur de l’ONG, Oscar Camps, à l’intention du gouvernement espagnol.

À l’entendre, les autorités portuaires reprocheraient à l’Open Arms de violer les règles internationales en matière de sauvetage en mer.

Alors le HCR tape du point sur la table, mais après ? Combien d’États européens, lundi 21 janvier, seront encore assis à la table commune ? Combien le nez dans leur assiette verront à peine leur fond de soupe frémir ? Quatre ans après le début de la crise des réfugiés, combien de chaises déjà vides ?

Les drames, eux, se répètent. En l’occurrence, un pneumatique chargé de 120 personnes s’est lancé jeudi dernier du port de Garabulli, en Libye, avec notamment une quarantaine d’exilés du Soudan à son bord (un pays dont les ressortissants obtiennent majoritairement l’asile en France quand ils ont la chance de déposer un dossier), mais aussi dix femmes, dont une enceinte, et deux enfants, dont un bébé de deux mois, selon les témoignages des survivants.

Après dix heures en mer, le rafiot aurait commencé à se dégonfler, à prendre l’eau, livrant les passagers aux eaux glacées. Seule une poignée a réussi à se maintenir à flot, des heures durant, jusqu’à être repérée par un avion de patrouille italien. D’après un officier, Fabio Agostini, interviewé sur la chaîne RaiNews24, cet avion a largué deux radeaux de secours, avant de repartir illico faute de carburant.

C’est finalement un hélicoptère, toujours de la marine italienne, qui est venu hélitreuiller les survivants, emmenés ensuite à Lampedusa et soignés, en hypothermie sévère. Ils n’étaient que trois.

Interrogés sur l’île par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM, une agence de l’ONU), les deux Soudanais et le Gambien ont raconté avoir passé trois heures environ dans l’eau.

Samedi, Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, a réagi en se félicitant d’avoir fermé, l’été dernier, tous les ports du pays aux humanitaires, accusés de faire le jeu des trafiquants. « Ce dernier naufrage est la preuve que si vous rouvrez les ports, davantage de personnes mourront », a déclaré le leader de la Ligue, parti d’extrême droite.

En l’occurrence, parce que le naufrage est survenu dans la « zone de recherche et de sauvetage » (SAR) libyenne, sous responsabilité de Tripoli, les Italiens n’étaient pas en charge d’organiser les secours, de repérer et de mobiliser les bateaux les plus proches. La marine italienne a donc expliqué avoir alerté les garde-côtes libyens, qui auraient ordonné à un navire marchand de se rendre sur zone, sans succès.

Mais comme Mediapart l’a raconté, la création de l’énorme « SAR » libyenne ne remonte qu’à juillet dernier – jusque-là, c’est Rome qui s’en chargeait. Et elle doit beaucoup à l’Italie et à l’Union européenne, qui l’ont encouragée : l’UE a même budgété plus de 8 millions d’euros en 2017 pour aider Tripoli à la déclarer officiellement, alors même que les garde-côtes libyens sont régulièrement accusés de violences, et certaines de leurs unités soupçonnées de complicité avec des trafiquants de migrants.

Au large du Maroc, la proportion de survivants n’aura pas été meilleure : 1 pour 53 disparus. D’après le récit confié par l’unique rescapé à l’association d’aide aux migrants Caminando Fronteras, l’embarcation aurait pris la mer le 12 janvier, avant d’errer pendant six jours, avec trois femmes à bord et des exilés mauritaniens. Alertée par téléphone depuis la patera, c’est l’association qui aurait averti les secours, à la fois espagnols et marocains, qui ont patrouillé plusieurs jours sans jamais réussir à repérer le bateau.

Et puis, jeudi 17 janvier, en pleine nuit, « il y a eu un accident », selon ce rescapé. « Quelque chose nous a renversés, qui a fait noyer tout le monde », soit 53 personnes. Lui aurait flotté une journée au moins, avant d’être sorti de l’eau par des pêcheurs, d’être hospitalisé au Maroc, puis de contacter l’association.

Sur les seize premiers jours de 2019, le nombre de migrants et réfugiés qui ont débarqué sur les côtes européennes a presque doublé par rapport à l’an dernier, avec 4 216 arrivées contre 2 365 sur la même période, d’après le recensement de l’OIM. 200 sont déjà morts.

Sans compter les dizaines de personnes interceptées en mer par les garde-côtes libyens et ramenées en arrière, comme ils le font systématiquement, pour être expédiées en détention. Loin du « port sûr » de débarquement imposé à tous les sauveteurs, les vrais, par le droit maritime international.

Dimanche, en début de soirée, au large de la Libye, un nouveau bateau avec 100 personnes à bord environ était signalé en panique, et, et en attente de secours.

Source https://www.mediapart.fr/journal/international/200119/migrants-encore-170-disparus-en-mediterranee

« Tsipras acheté » La rubrique de Panagiotis Grigoriou

Panagiotis Grigoriou est Ethnologue et historien, chroniqueur, analyste, initiateur d’un concept de tourisme alternatif et solidaire en Grèce. Le regard de l’historien et de l’anthropologue sur l’actualité et le vécu de la crise grecque. Il évoque plus particulièrement l’accord macédonien.

« Tsipras acheté »

L’heure du bilan, on y est presque. Bilan provisoire, déjà lourd. Le grand rassemblement populaire du dimanche violemment dispersé, d’après un plan on dirait désuet mais qui se répète cependant sans cesse au gré… des besoins primaires de la caste des mondialisateurs et assimilés qui nous gouvernent. Le grand jeu de chaises musicales au “Parlement” est en cours afin de permettre la ratification de l’accord macédonien de Tsípras, les petits partis sont pulvérisés puisqu’ils n’ont plus suffisamment de députés pour former un groupe parlementaire. Peu importe, c’est leur rôle qui prend fin. Les soi-disant casseurs et les Aubedoriens qui n’ont pas été du reste auront de leur côté “travaillé” sur le terrain ; lorsque les politiciens lobbyistes auront parachevé leur forfait: faire régner la peur, l’amertume, voire l’impuissance. Bûches brulées, pays sur les braises.

Dispersion du rassemblement, photo de Kostís Ntantámis. Presse du 20 janvier

Des élus qui lâchent leurs petits partis pour se ranger derrière SYRIZA devenu de fait minoritaire si l’on considère que ses propres députés, voilà pour l’actualité des pantins engagées. Thanássis Papachristópoulos, élu du parti des Grecs Indépendants qui se dit certes dégouté et annonce sa démission… seulement après avoir d’abord voté en faveur de l’accord… étranges motivations se disent ainsi certains à Athènes. Et depuis dimanche, ces Images du rassemblement populaire et de son histoire immédiate, comme celles réalisées par le reporteur Kostís Ntantámis, pigiste pour l’agence Sputnik, il a été blessé au cours de la manifestation et transporté à l’hôpital, son équipement lui a été volé. D’après l’Union des photojournalistes de Grèce, l’attaque contre les journalistes photos lors de la manifestation à Athènes a été “préméditée”, ces derniers “étant les cibles des agresseurs”.

Autre agression violente, celle du reporteur et documentariste Thomas Jacobi correspondant de la Croix ; il est entre autres le réalisateur d’un film documentaire sur l’Aube dorée et d’après ses déclarations, il avait été reconnu par des Aubedoriens sur place. “On aurait dû mettre nos casques et masques de protection, se désole la journaliste Angélique Kouroúnis, en poste à Athènes” peut-on lire à travers le reportage.

Les organisateurs du rassemblement ont publié certaines photos des dits casseurs, et ce qu’il faut retenir déjà, c’est que la presse, surtout internationale elle aura encore une fois donné comme image dominante, celle des casseurs et des agresseurs néonazis ou pas, tous réels comme autant fabriqués, sauf que l’essentiel réside ailleurs. Répétons-le, l’accord que Tsípras et sa bande déjà politiquement mafieuse imposent de la sorte par ce Putsch, viole d’emblée la Constitution, autant que l’esprit et la lettre des supposées institutions du très présumé régime démocratique. Andréas Dimitrópoulos, universitaire constitutionnaliste à la faculté d’Athènes joint par les journalistes de la radio 90.1 FM mardi matin 22 janvier, a dressé toute la liste des violations, article par article.

Rassemblement à Sýntagma. Athènes, le 20 janvier 2019
Casseurs et assimilés vus près de Sýntagma. Athènes, le 20 janvier (presse grecque)
La dispersion du rassemblent. Athènes, 20 janvier (presse grecque)

Et quant au procédé utilisé, voilà que la composition du Parlement issu des élections de septembre 2015, pour ce qui est des partis et des équilibres, elle n’est plus, et à la radio… en ce même mardi matin, le journaliste Yórgos Trángas sur 90.1 FM évoque avec amertume: “ces possibles millions de dollars ou d’euros versés du côté d’Athènes par les Puissances et par les lobbys à la Soros, justement pour faire passer cet accord. Ainsi, Tsípras est trop pressé pour parachever le travail et cela se voit trop, peut-être, que les valises sont déjà arrivées. Kamménos se montre furieux mais il est sans doute trop tard pour lui.”

“Un soir j’étais invité chez Kamménos, du temps où il était encore Ministre de la Défense. Je lui pose alors directement la question: ‘Quand bon sang quitteras-tu ce gouvernement dont la politique est si manifestement contraire aux intérêts fondamentaux du pays, rien qu’à travers le dossier macédonien ?’ Réponse de Kamménos: ‘Lorsque les États-Unis et Israël me donneront le signal.’ Je ne peux pas en dire davantage tant que je me trouve sur le sol… mouvant grec, chers auditeurs.”

“Sauf que la trahison finira par même étrangler Tsípras. Certes, le système des Puissances essayera à faire renaître le bipartisme grec, entre SYRIZA/PASOK et la Nouvelle Démocratie, pourtant, ce plan ne fonctionnera pas. SYRIZA retournera pratiquement et à terme à ses pourcentages des années 2000, et alors, un grand parti et mouvement patriotique finira par naître et il accédera même au pouvoir. Il ne faut pas se leurrer, nos seuls alliés sont les alliés de la Deuxième Guerre mondiale, à savoir, les Américains et les Anglais, et nous devons les convaincre davantage, tandis que les Allemands ont été toujours des ennemis de la Grèce”, 90.1 FM, zone matinale du 21 janvier 2019.

Parmi mes amis, il y en a qui trouvent ces analyses publiques fort insupportables, étant donné que dans la mesure où elles peuvent être vraies, elles ne provoquent pas une réaction collective, disons saine et salvatrice. Des auditeurs de l’émission de Trángas lui adressent ainsi leurs messages très nombreux, exprimant en somme toute l’agonie ontologique et nationale alors lente et terrible:

“Nous sommes paralysés, eh bien… que fait-elle la Justice ? Et que fait-elle enfin notre Armée ? Ces crimes des politiciens finiront par faire de nous des assassins”, message d’une femme en colère lu en direct, radio 90.1 FM. Mon ami M. prend parfois ses distances et pour ce faire, il se retire pour quelques jours auprès les moines du Mont Athos. “C’est d’une autre vérité, c’est un monde réel, alors insoupçonnable depuis notre quotidien factice”, me dit-il, après m’avoir envoyé ses photos du Mont Athos que je publie ici avec son autorisation.

Athènes, le 20 janvier 2019
Animaux adespotes au Mont Athos. Janvier 2019

Et du côté de l’autre monde, le nôtre, le journaliste Trángas poursuit dans son élan durant cette matinée du 22 janvier 20919: “Tsípras est un agent de Soros, et il l’a d’ailleurs rencontré plusieurs fois via Varoufákis, Tsípras est autant la marionnette, le Premier ministre Quisling de Merkel, et quant à Soros, il a placé ses agents à la fois chez Tsípras que chez Mitsotákis. Du temps où Kamménos était au Ministère, il avait conçu sa propre agence de renseignements, espionnant Tsípras, SYRIZA et surtout Kotziás le très compatible Soros au Ministère des Affaires Étrangères démissionné depuis peu. Kotziás a fait de même depuis son Ministère à l’encontre de Kamménos, sauf que Kamménos en sait davantage sur les Syrizístes que ces derniers sur lui. Cela promet !” Info ou alors intox, et pourquoi donc de tels propos publiquement tenus n’éveillent pas, si ce n’est que la simple curiosité de la Justice ?

En effet, Kamménos a publiquement déclaré “que l’accord Macédonien n’a pas été imposé par les États-Unis, j’ai posé directement la question à ceux de l’administration Trump car je les connais et je suis un ami des États-Unis, non, pour que cet accord passe, c’est Merkel et l’Europe qui pressent. Et je dirais même que l’accord est même capable de dynamiter les accords de Yalta relatifs aux Balkans, et je vous le dis, cela va mal se terminer, peut-être dans un bain de sang”, médias grecs du 22 janvier 2019.

Les manifestants du dimanche dernier sont temporairement sans doute rentrés chez eux, par cars entiers débordant d’amertume humaine ils ont emprunté l’autoroute du Nord depuis Athènes, ou des navires appareillant à destination des îles. Cirque d’hiver à Athènes, et qui n’est hélas pas le dernier. Trángas, après avoir rappelé “que Tsípras a grandi au sein d’une famille de promoteurs immobiliers réalisant des affaires avec et par les Colonels et de ce fait il est un clone des Colonels sous l’épiderme de la gauche, pour ne pas évoquer en plus le cas des familles grecques enrichies sous l’Occupation et que les Allemands ont toujours aidé et protégé à Athènes, des années durant la bien longue incubation de la nouvelle Allemagne”, il estime “que ce Tsípras des deux à trois dernières années offre en plus l’image de l’expression du corps comme du visage, trahissent un homme mentalement atteint, autrement-dit, souffrant de troubles sévères.”

Aux antipodes du psychisme de Tsípras, nos manifestants du dimanche, ont très chaudement applaudi la chanteuse Aphroditi Manou, pour sa prise de position lors du rassemblement: “Aléxis Tsípras, te souviens-tu de ce juillet 2015 lorsque j’avais chanté pour toi et pour le ‘NON’ au référendum et voilà que tu me jettes tant de lacrymogènes maintenant. Te souviens-tu qu’après ton discours, tu t’es rendue dans ma loge pour boire un verre de ma bouteille d’eau? Je ne peux plus respirer Aléxis, arrêtez-les. Elytis, Gátsos, le grand Séféris, nos poètes et tant d’autres, Rítsos, Tsaroúchis, Fassianos, Míkis Theodorákis, Mános Hadjidákis, Mélina Merkoúri, Stávros Xarhakos et Yánnis Markopoulos, Nikos Gavriil Pentzikis, voilà les ‘vrais fautifs’. Car ils ont semé en nous cette graine, ils ont marqué notre vie de leur souffle et des valeurs qui sont alors les nôtres. Et voilà que l’on dit de nous… que nous sommes des ‘imbéciles et des nationalistes’, c’est à eux donc qu’il faut alors le dire. Nos racines sont profondes. Nous allons tenir. Si les politiciens pensaient faire confiance à nous au lieu de procéder à ces choix criminels, nous les aiderions alors pour trouver une autre solution, et de toute notre âme.” Voilà ce qui n’a pas été relevé par exemple par les médias internationaux, à part bien entendu que l’atmosphère est devenue étouffante à cause des gaz lacrymogènes et des casseurs et autres agresseurs… déjà des évidences.

Mont Athos. Janvier 2019
Par bateau. Port en Attique, janvier 2019

On jugerait en d’autres circonstances certains propos de Trángas de complotistes comme d’extrémistes. Mais c’était avant, bien avant, désormais, le puzzle se complète tout seul… et surtout il n’aura pas besoin de nous, sinon pour le défaire. Trángas ne dira certes pas toute la vérité, et il se déclare alors proche des Anglo-Saxons à chaque occasion, sauf qu’il n’est pas démenti, ni attaqué en Justice, et que son récit corrobore avec les numéros du cirque d’hiver politique qui est disons le nôtre, et qui ne nous divertira alors plus jamais.

De son côté, l’universitaire philosophe et théologien Chrístos Yannarás n’écrit pas autre chose à travers ses chroniques, celles que Kathimeriní publie, pourtant presse très autorisée, le style est différent mais et pourtant:

“Ils portent le titre de la ‘Gauche radicale’, pourtant, ils n’hésitent pas un seul instant à ‘lécher là exactement où ils ont craché durant des années’: Ils n’ont pas hésité à vendre les idéologies, les dogmes et les étendards révolutionnaires, à changer d’identité politique du jour au lendemain. Ils n’ont pas hésité à ignorer un référendum populaire qu’ils ont eux-mêmes provoqué comme à se transformer sans la moindre vergogne en valets des marchés financiers et de l’OTAN, comme autant, de se transformer en petits compères de Merkel. Et tout cette ridiculisation, uniquement pour le plaisir du pouvoir.”

“Dans le contexte actuel de la culture mondialisée et des impressions d’une réalité alors préfabriquée, l’Histoire n’est plus écrite par les épigones de Thucydide mais par ces ‘intellectuels organiques’, ces mandarins embauchés au service des marchés financiers et de l’OTAN. En Grèce, les mandarins locaux, manifestement et de manière alors flagrante, ils se passionnent pour la réélection de Tsípras lequel a été acheté de manière même ostentatoire, ou de celle de Kyriákos Mitsotákis manifestement insuffisant. De Fófi Genimatá du PASOK, de Stávros Theodorákis du parti de la Rivière, des Aubedoriens, voire autant, des staliniens incurables du PC, voilà ce qui complète ainsi la procession funéraire. Et dire que nous avons été gouvernés par de concitoyens au psychisme alors malade, c’était souvent vraisemblable. Aujourd’hui c’est alors flagrant”, quotidien “Kathimeriní” du 20 janvier 2019.

Un premier bilan du rassemblement au café. Athènes, le 20 janvier 2019

Dimítris Konstantakópoulos, il faut dire durant un autre temps conseiller à la Défense et aux Affaires étrangères pour SYRIZA, avant son accession au pouvoir, journaliste alors expérimenté et fin analyste des réalités grecques et géopolitiques de notre temps bien lourd, il adresse depuis son blog un appel désespéré à l’encontre de Tsípras:

“Je me suis rendu à la manifestation du dimanche, comme ce fut le cas l’année dernière. Je veux, à chaque fois que je le peux, voir de mes propres yeux et ainsi entendre ce que les gens ont à dire, leur parler et me faire ma propre opinion. Malgré les déclarations trompeuses et ridicules de la Police, le rassemblement était très massif et révélait ainsi toute l’inquiétude que suscite cette affaire pour une partie alors la plus importante du peuple grec. La présence massive de la jeunesse était même très impressionnante.”

“Je ne souhaite pas commenter les descriptions hideuses de la presse progouvernementale, rappelant les pires périodes du stalinisme grec et mondial. Les manifestants ayant participé au rassemblement, ils étaient pour la plupart les Grecs ordinaires. Rien de plus, rien de moins.”

“J’espère que le Premier ministre ainsi que les députés, comprendront enfin que la question de cet accord Macédonien n’appartient pas à la thématique ordinaire, courante, ceci parce qu’il touche à l’identité la plus profonde du peuple grec. Dès le début, lorsque cette question a été soulevée en janvier 2018, j’ai souligné qu’il ne peut être résolu que par un référendum. Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur cet Accord, il doit être soumis à référendum avant son éventuelle ratification, le soumettre alors au jugement du peuple grec, comme cela a également été réclamé par grand nombre de personnalités, parmi eux d’éminents représentants de notre culture, tels que Míkis Theodorákis, personnalités venant autant de la gauche que de la droite.”

“C’est la seule solution qui préservera la démocratie comme son fonctionnement à travers notre système politique, autant d’ailleurs que l’unité nationale du peuple grec et empêchera pour tout dire l’apparition de facteurs qui favorisent le Schisme, la division. Aucun Grec, démocrate et patriote ne veut voir dans notre pays une telle situation aux conséquences à chaque fois dévastatrices pour les Grecs, voire de Guerre civile, à chaque fois qu’elles sont apparues dans notre histoire”, Dimítris Konstantakópoulos sur son blog, le 21 janvier 2019.

La fin du rassemblement. Athènes, le 20 janvier 2019 (presse grecque)

Peine visiblement perdue et pourtant émouvante. Au soir du 22 janvier lorsque ceux des partis (supposés) de l’Opposition ont réclamé le texte final des amendements que ceux de Skopje auraient apporté à leur Constitution, histoire de dégager les articles ouvertement irrédentistes aux dépens des pays voisins, notamment la Grèce et la Bulgarie, sans quoi, l’Accord macédonien ne devait même pas être discuté au Parlement d’Athènes, Katroúgalos, ministrion délégué aux Affaires Étrangères et surtout étranges, a présenté la version en anglais, imprimée et téléchargée depuis le site Internet du Parlement de Skopje, en précisant que les changement n’y figurent pas parce qu’au pays voisin, on y ajoute seulement des Annexes à la fin du texte fondamental. Il a même promis sa traduction en grec en sollicitant toute la bonne science… des services de son ministère, presse grecque du 21 janvier 2019. Ahurissant.

Peine donc visiblement perdue. Comme pour les textes du mémorandum de la Troïka, les députés Syrizístes, et à l’époque aussi ceux de la nouvelle Démocratie et des autres partis aujourd’hui pulvérisés, ils ne l’auront même pas lu. Ainsi Tsípras et les siens, ils auraient été achetés comme le suggèrent des analystes si différents, à l’instar de Trángas ou de Yannáras, et on dirait que ces Syrizístes l’ont bien cherché et voulu. Cela se nomme un crime, et plus précisément celui de la haute trahison. Telle est en tout cas l’idée que les Grecs se partagent de plus en plus.

Dans les cafés, à travers les médias, dans la rue, des Grecs évoquent alors de plus en plus souvent les termes de l’article 120 de notre Constitution: “Le respect de la Constitution et des lois qui y sont conformes, ainsi que le dévouement à la Patrie et à la République constituent un devoir fondamental de tous les Hellènes. L’usurpation, de quelque manière que ce soit, de la souveraineté populaire et des pouvoirs qui en découlent est poursuivie dès le rétablissement du pouvoir légitime, à partir duquel commence à courir la prescription de ce crime. L’observation de la Constitution est confiée au patriotisme des Hellènes, qui ont le droit et le devoir de résister par tous les moyens à quiconque entreprendrait son abolition par la violence.” Histoire de se consoler ?

L’heure du bilan, on y est presque. Bilan provisoire, déjà lourd. Votre… blog observe alors médusé, et il participe comme il peut à la tragédie actuelle, c’est-à-dire, devant ce crime organisé d’en haut. Je remercie les lectrices/lecteurs et ami(e)s du blog pour leur soutien essentiel en ces terribles moments.

Merci. En Attique, janvier 2019

Ne l’oublions pas, la Grèce n’est qu’un exemple, hélas, il y en a bien d’autres. Ailleurs aussi, actualité oblige, la presse systémique évoque un “nouveau texte de coopération et d’intégration”. Les peuples intéressés en jugeront.
Bilan provisoire, déjà lourd, pauvres peuples. Bûches brulées, pays sur les braises

Votre… blog observe alors médusé. Mimi et Hermès de Greek Crisis, janvier 2019
* Photo de couverture: Au Mont Athos, janvier 2019

Convoi solidaire pour la Grèce février 2019

RAPPEL  : COLLECTE JUSQU’AU 12 FÉVRIER 2019 POUR REMPLIR LES 27 FOURGONS

Nicolas conduira le camion de Savoie. Le collectif de Grenoble ne pourra assurer comme pour les  précédents convois la coordination, la récupération et l’acheminement des fournitures auprès de Nicolas. En revanche nous publions la liste des besoins et des points de collectes provisoires pour ce convoi qui sera actualisé au fur et à mesure des confirmations par les lieux.

Rappel des besoins

Les besoins sont urgents en :

Fournitures bébés : lait infantile en poudre (tous âges) petits pots, mixers , soins bébés, sérum, vitamines, couches ( surtout 3, 4 et 5), lit parapluie, poussettes,

Jouets : tels que figurines, ballons, cordes à sauter, legos, stylo, feutres, ( pas de peluches),

Produits d’hygiène et paramédicaux : gels douches, shampoings, savons, protections périodiques, dentifrice, brosses à dents, lessives, pansements, produits ménagers, pansements, désinfectant, chevillères/genouillères, ( ni attelles, ni médicaments) Biafine, Cicatryl, fournitures dentistes (pour dispensaires autogérés),

Matériel : bouilloires, frigos, fours, machine à laver ( en état de marche), marmites, louches,

Base alimentaire : légumes secs, fruits secs, biscuits, céréales, pâtes,riz, lentilles, thé, café, autres. La date de péremption minimale recommandée est mars 2019.

Matériel spécifique pour la résistance :  ramettes papiers, photocopieuses ( en état de marche) ordinateurs, écrans, disques durs clés USB, carte SD, appareils photos/vidéos, téléphones…

n’oubliez pas des messages de soutien : avec éventuellement dessins, photos, affiches,autocollants, infos sur vos luttes…. Des confiseries fermées et non fragiles peuvent être ajoutées.

Important : la place dans les fourgons n’étant pas extensible, merci de vous en tenir à cette liste. Suite à des collectes sur place plus besoin de couvertures et de vêtements.

Soutien financier : chèque à l’ordre d’ANEPOS à envoyer à ANEPOS « Action Solidarité Grèce » BP10 81540 Sorèze . Cela permet aux collectifs sur place de compléter eux mêmes. Virement et Paypal possibles sur le site www.lamouretlarevolution.net dans la rubrique  » prochain convoi solidaire ».

Si vous voulez partir avec le collectif Anepos, avec votre véhicule, ou aider en créant un point collecte dans votre secteur géographique : solidarite@anepos.net.

Les lieux de collecte confirmés  à ce jour ( liste en cours)

En Haute-Savoie (74) 

Attac 74 Chablais à contacter par Facebook, https://www.facebook.com/attac74chablaishttps://www.facebook.com/attac74chablais/?tn-str=k*F  ils répondent dans la journée

La ronde du bio, 307 route de Thones, 74 210 Faverges, https://larondedubio.com/ tous les jours sauf dimanche

En Savoie (73)

Caroline à Lescheraines 73 340 , en fin de journée 06 89 13 40 51

6 février à partir de 18h à ARCHIMALT 95 Rue de Bolliet, 73230 Saint-Alban-Leysse suivie à 20h d’un concert  organisé par des individu-es, des membres du Collectif Sans Frontières

En Isère ( 38) A ce jour pas de lieu. Si un lieu solidaire ou un particulier souhaite être point de collecte pour une ou 2 soirées merci de se faire connaitre à cette adresse greceausterite@hotmail.com et il sera mis en contact avec Nicolas pour organiser la récupération.

 

Les Grecs, otages fiscaux de la Troïka et des banquiers

7 janvier par Louv Coukoutsi CADTM Grèce

En Grèce, une Autorité Autonome des Ressources Publiques (Anexartiti Archi Dimosion Esodon, AADE), où siègent deux représentants de la Commission européenne, a remplacé le Trésor Public et récupéré toutes les attributions du Ministère des Finances [1]. Résultat : de plus en plus de contribuables modestes se retrouvent dans l’incapacité de payer leurs impôts. Pour recouvrer les arriérés de paiement et dettes envers l’État, l’Agence Autonome opère des saisies directement sur les comptes bancaires des particuliers, sans crier gare. Pourtant les objectifs fiscaux fixés par l’AADE sont largement atteints pour la troisième année consécutive.

En septembre 2018, date de la deuxième échéance du paiement de l’impôt sur le revenu, ce sont 500 000 contribuables grecs supplémentaires, personnes physiques ou morales, (sur un total de 6 348 353) qui se sont retrouvées à leur tour endettées auprès de l’AADE, portant à 4,2 millions le nombre de contribuables en cessation de paiement de leurs impôts [2].En conséquence, plus de 1,15 million de contribuables, personnes physiques ou morales, se sont vus imposer des mesures de « prélèvements directs » sur le versement de leur salaire, de leur pension de retraite ou sur leur compte bancaire (autrement dit, des saisies sur les revenus des ménages).
L’AADE annonce encore plus de 700 000 mesures de saisie dans les mois à venir.

Plus de 1,15 million de contribuables ont subi des « prélèvements directs » sur leur salaire, leur retraite ou sur leur compte bancaire

En trois ans, le chiffre des dettes des contribuables grecs envers les impôts est passé de 74 milliards d’euros [3] – en février 2015 dus par environ 3,9 millions de contribuables (dont 400 000 entreprises) – à 103,36 milliards d’euros en décembre 2018. (Ce chiffre ne prend pas en compte les majorations qui dépassent les 80 milliards d’€.)« Les institutions créancières considèrent que l’économie grecque doit être saignée à blanc et que les contribuables sont des machines à payer, tels les condamnés d’une colonie de la dette », selon Nadia Valavani, ministre des Finances pendant le premier gouvernement Syriza entre janvier et août 2015. D’après ses archives, une grosse part de la dette fiscale a été créée après 2010, début des mesures d’austérité qui conditionnent les « plans d’aide » – à l’époque, 47 milliards sur les 74 milliards de dette fiscale de l’époque. Les 29,36 milliards de nouvelles dettes ajoutées entre 2015 et 2018 portent donc ce chiffre à 76,36 milliards. Pour résumer, les mesures d’austérité sont la cause de 74% du total de la dette des contribuables grecs.

Les mesures d’austérité sont la cause de 74% du total de la dette des contribuables grecs
Or pour l’essentiel, ces dettes d’impôt sont comprises entre 50 euros et 1000 euros. L’Autorité AADE a d’ailleurs remis en service les 100 versements pour faciliter les rentrées d’impôts, dans un contexte où le nombre des foyers qui se heurtent à une impossibilité de paiement augmente de trimestre en trimestre.En effet les Grecs ont été soumis à des baisses des salaires et retraites allant jusqu’à 40% de leurs revenus, le chômage a explosé, les allocations et aides diverses se sont évaporées dans le même temps où les impôts directs et indirects étaient multipliés de manière exponentielle. Finalement, en 2018, un Grec sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté ramené à 382 euros par mois, d’après le site d’information [4] citant une étude de mars 2018 du Ministère du Travail grec.Si en 2000, la dette des contribuables grecs envers les impôts s’élevait seulement à 3,5 % du PIB, elle s’élevait déjà à 40% du PIB en 2014, pour atteindre 55,5% du PIB en 2018. (Le PIB étant passé de 242 milliards d’Euros en 2009 à 186,4 milliards d’euros en 2018 [5].)Pourtant l’État grec a encore dégagé un excédent primaire estimé à 7,626 milliards d’€ dans les 11 premiers mois de 2018, dépassant significativement l’objectif initial de 4,071 milliards d’€ inscrit pour la même période dans le budget prévisionnel.  [6].

Les excédents primaires records sont aussi le résultat de la terreur fiscale qui règne en Grèce
C’est bien la preuve que les contribuables grecs, ponctionnés à la source pour 80% d’entre eux (tous les salariés et pensionnés du public et du privé) sont les otages d’un système fiscal inique, qui ne tient pas compte de la réalité économique des citoyens.Rappelons que pour dégager un excédent primaire le gouvernement prolonge la politique antisociale brutale voulue par la Troïka. Les excédents primaires records sont aussi le résultat de la terreur fiscale qui règne en Grèce.À la lumière de la crise sociale qui secoue la France devant l’injustice fiscale imposée par les pactes européens et la politique de la monnaie unique, il est temps d’en finir définitivement avec la propagande médiatique qui a décrit les Grecs comme de mauvais payeurs et mauvais contribuables, accusés injustement d’être ainsi responsables de leur dette publique par leur indigence.
Notes
[1« L’Autorité jouit d’une autonomie de fonctionnement, elle est autonome administrativement et économiquement, et elle n’est soumise au contrôle ou à la tutelle d’aucun organe du gouvernement ni d’institution d’État ni d’autres autorités administratives ». De même dans la loi qui fonde cette institution, on note que « le président, les membres du Conseil d’administration, le Conseiller (nommé sur proposition de la Commission européenne) et l’Administrateur, exercent leurs fonctions selon la loi et leur seule conscience ; ils ne sont soumis à aucun contrôle hiérarchique ni aucune tutelle administrative, à aucun organe du gouvernement ni à d’autres autorités administratives ni autre organisme public ou privé. » in Dikaiologitika.gr

Les inégalités entre riches et pauvres sont un choix politique

Pour Winnie Byanyima, directrice d’Oxfam International qui publie son rapport annuel sur les inégalités, le néolibéralisme économique est à la racine des titanesques disparités de ressources entre milliardaires et milliards de pauvres. La solution : taxer davantage les ultrariches pour financer les services publics.

Figure de proue de la défense des droits des femmes et de la gouvernance démocratique et de la consolidation de la paix, l’Ougandaise Winnie Byanyima est la ­directrice générale d’Oxfam International, qui publie ce lundi son rapport annuel sur les inégalités, et auquel Libération a eu accès.

Retrouvez ici l’intégralité du rapport d’Oxfam«Services publics ou fortunes privées»

Que nous apprend le rapport d’Oxfam ?

Que les inégalités sont un choix politique. Les gouvernements ont aidé à créer la crise des inégalités. Ils peuvent y mettre fin.

Les nouvelles pistes de réflexions qui y ­figurent ?

Primo : les inégalités sont hors de contrôle. Les fortunes de milliardaires ont augmenté de 2,5 milliards de dollars par jour en 2018 alors que des dizaines de milliers de personnes meurent chaque jour faute d’accès aux soins. Deuzio : les gouvernements sous-taxent les plus fortunés quand, dans le même temps, les services publics cruciaux, comme la santé ou l’éducation, s’effondrent faute de financement, affectant en premier lieu les femmes et les filles. Tertio : les gouvernements doivent faire en sorte que les plus nantis participent plus activement à la justice fiscale afin de mieux s’attaquer à la réduction de la pauvreté.

Comment expliquez-vous que les 1 % les plus riches ont accaparé 45,6 % des richesses produites l’an passé ?

L’allocation des richesses n’a jamais été aussi concentrée au plus haut sommet. Le nombre de milliardaires a presque doublé depuis la crise financière de 2008. En France, il a plus que doublé, passant de 14 à 40… Nos économies ne fonctionnent plus pour la majorité mais ­seulement pour quelques privilégiés. D’un côté, les plus nantis et les multinationales, qui ont vu leur taux d’imposition fondre, profitent du système pour optimiser leur évitement fiscal, et les actionnaires s’octroient des dividendes de plus en plus démesurés. De l’autre, beaucoup de travailleurs ont vu leurs ­salaires stagner ou baisser et les secteurs de la santé ou de ­l’éducation manquent cruel­lement de financement…

Plus de dix ans après la crise financière, les politiques de dérégulation ont le vent en poupe, alimentant la montée des inégalités et le dégagisme…

Le modèle néolibéral aurait dû être discrédité depuis 2007-2008, mais il tient toujours lieu de référence pour l’élite politique et écono­mique. Même le FMI admet désormais qu’il amplifie les inégalités et que le fameux «effet de ruissellement» ne fonctionne pas. Il attise la colère politique en France et dans de plus en plus d’endroits du monde. Pour Oxfam, cela illustre un manque d’imagination criant des leaders politiques actuels, une incapacité à concevoir un autre modèle économique ­alternatif au néolibéralisme pourtant ­défaillant. Au cœur de notre rapport figure l’idée qu’une autre voie est possible pour bâtir une économie plus humaine, où les plus ­riches contribuent davantage à la justice ­fiscale, où les salariés ordinaires gagnent ­vraiment de quoi vivre et où le fossé entre ­riches et pauvres est radicalement réduit pour qu’un monde plus équitable se dessine.

Les mêmes constats ont déjà été dressés contre une mondialisation qui exacerbe les inégalités, mène à un écocide et conduit ­la planète dans le mur…

Le néolibéralisme nous accompagne depuis près de quarante ans. Mais ce modèle économique injuste vit ses derniers jours, comme le montre l’éruption de colères ­populaires en France et dans le monde. Il est temps de le consigner dans les livres d’histoire et de trouver une façon plus juste de conduire une économie qui profite à une majorité, pas à une petite minorité.

Pourquoi participez-vous chaque année au Forum économique de Davos, qui accueille l’élite de l’élite politico-économique ?

Davos est une formidable plateforme pour qu’Oxfam diffuse son message sur la planète. Quand j’y participe, je saisis toutes les opportunités pour m’assurer que les personnes les plus puissantes et les plus influentes ­reçoivent le message et que non, contrairement à ce qu’ils pensent, le monde ne va pas pour le mieux…

Vous dites que l’orthodoxie néolibérale nous enseigne que l’inclusion et la justice sont un luxe…

Nous voulons tous la même chose : nous voulons que nos enfants bénéficient d’une bonne éducation et d’un avenir sécurisé, nous voulons un travail décent qui paie un salaire ­décent, nous voulons pouvoir bénéficier d’un médecin si nous tombons malades. Or, les économies actuelles dénient à des milliards de personnes ces principes de base. Si les ­gouvernements œuvrent pour l’intérêt de la majorité, s’ils investissent dans la santé et l’éducation, s’ils s’assurent que les entreprises paient des salaires décents, s’ils protègent l’environnement, alors la colère et le ressentiment qui nourrissent les populismes n’existeraient pas. Le danger est que, plutôt que de faire face à ces changements indispensables, trop d’hommes politiques cherchent des boucs émissaires : réfugiés, Union européenne, Chine. Il est crucial de surmonter ces écrans de fumées et de s’attaquer au véritable problème : nos économies défaillantes.

Alors que 26 milliardaires possèdent autant de richesses que 3,8 milliards­d’habitants, que peut-il se passer si rien ne change ?

Cela fait cinq ans qu’Oxfam tire la sonnette d’alarme sur ces dramatiques inégalités. La plupart des leaders politiques n’ont rien fait pour s’attaquer à cette urgence démocratique. Certains, comme Donald Trump ou Em­manuel Macron, ont même diminué les impôts pour les plus riches, l’inverse de ce qu’il faut faire. Ce qui a changé, c’est la colère et la frustration de la population. Si ces inégalités extrêmes persistent, et les gouvernements continuent le «business as usual», le sentiment de révolte grandira contre des politiques toxiques et clivantes. Des gouvernements partagent notre constat, la Corée du Sud, la Sierra Leone, ou encore la Thaïlande, ont déjà augmenté leurs taxes contre les ­grandes fortunes pour investir dans les services publics… Malheureusement, ces pays ­restent très minoritaires. La plupart des ­leaders politiques parlent de réduire les ­inégalités mais ne font pas grand-chose pour y parvenir. Pire, ils abaissent la taxation des richesses et du capital et taillent dans les investissements dans les besoins primaires.

Diriez-vous, comme Gro Brundtland, ex-Première ministre norvégienne et auteure en 1987 du rapport «Notre avenir à tous» («Our Common Future») sur un développement vraiment durable, que la solution passe par des services publics universels et gratuits ?

Oui, il est crucial d’investir dans des services de base pour réduire le fossé entre les plus ­riches et les plus pauvres, entre les hommes et les femmes. Prenez l’éducation : pour les femmes, cela signifie des mariages moins ­précoces, moins d’enfants, moins de violences conjugales. Les investissements sont ­importants et des pays pauvres comme l’Ethiopie, qui ont pourtant dû scolariser 15 millions d’enfants supplémentaires ces 15 dernières années, montrent que cela est possible. On peut trouver ces financements facilement si l’évasion fiscale est jugulée, la lutte contre la corruption améliorée et que l’aide au développement augmente significativement. Une augmentation relèvement de 0,5 % de l’impôt sur la fortune des 1 % les plus riches permettrait de collecter plus que ce que coûterait sur un an l’éducation des ­262 millions d’enfants non scolarisés et les soins de santé susceptibles d’éviter le décès de 3,3 millions de personnes.

En même temps, le recul conséquent du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (avec 1,90 dollar par personne et par jour, selon la Banque mondiale) constitue l’une des plus grandes avancées de ces dernières décennies.

Oui, mais cette tendance ralentit. De nouvelles données de la Banque mondiale montrent que le taux de réduction de la pauvreté a été divisé par deux depuis 2013. L’extrême ­pauvreté s’intensifie en Afrique subsaharienne. Ces nouvelles données démontrent également que la pauvreté touche la plus grande partie de l’humanité, avec un peu moins de la moitié de la population mondiale (soit 3,4 milliards de personnes) vivant avec moins de 5,50 dollars par jour.

Cette situation résulte directement de l’aggravation des inégalités et de l’accaparement des richesses par une minorité ?

Oui, le rapport sur les inégalités mondiales 2018 a révélé qu’entre 1980 et 2016, les 1 % des personnes les plus riches du monde ont capté 27 % de la croissance du revenu, contre 12 % pour les 50 % les plus pauvres de la ­planète. Or, encore une fois, même le FMI ­reconnaît aujourd’hui que cette tendance n’est pas tenable et qu’on peut taxer les plus fortunés sans freiner le développement économique. La libéralisation de la finance a eu un impact terrible sur la vie des gens ; elle a provoqué la crise de 2008, elle a créé un ­réseau de paradis fiscaux favorisant l’évasion fiscale et l’évitement de l’impôt pour les multinationales et les plus riches. Oxfam n’appelle pas à la démondialisation. Mais à une réelle régulation pour éviter qu’une petite élite ne déstabilise nos sociétés et nos économies.

Pouvez-vous nous donner des raisons d’être optimistes pour l’avenir ?

Les gens sont sources d’espoir. On le voit aux mobilisations contre le changement climatique qui affecte les plus pauvres dans le monde. De nouvelles alliances citoyennes voient le jour, à l’instar de la Fight Inequality Alliance, mouvement social qui regroupe des activistes du monde entier. Juste en bas de la route sur laquelle je me trouve. A Nairobi où je vis, au Kenya, des activistes locaux de Dandora, un bidonville construit sur la plus grosse décharge d’Afrique de l’Est, organise un festival pour l’équité qui tente de trouver des solutions contre les inégalités et milite pour une réaction politique. Ils ne sont pas seuls : de l’Inde au Mexique, du Royaume-Uni aux Philippines, les gens se mobilisent pour ­combattre l’injustice et les inégalités. Ils vont changer le monde parce que c’est la seule ­manière d’y parvenir.

Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, est l’homme le plus riche au monde, avec une fortune qui s’élève à 112 milliards de dollars selon le classement Forbes de 2018. Selon vous, 1 % seulement de sa fortune totale avoisine le budget total de la santé de l’Ethiopie, un pays de 105 millions d’habitants…

Il a récemment fait part de son intention d’investir sa fortune dans un voyage spatial, car il ne sait plus vraiment où dépenser son argent. Cela n’a aucun sens : le monde a besoin de plus d’écoles, pas de méga yachts ou de fusées privées.

Christian Losson

 

 

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