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Il sont osé : Exarcheia, Rojava, Zad de l’Amassada, les oliviers en Crète

Comprendre notre impuissance politique par Yannis Youlountas 10/10/19

Ces jours-ci, le pouvoir nous attaque partout simultanément : armada policière dans Exarcheia depuis fin août, attaque militaire contre le Rojava depuis trois jours, expulsion de la ZAD de l’Amassada dans l’Aveyron il y a 48 heures et début de l’arrachage des oliviers de Kastelli en Crète hier matin.

COMPRENDRE NOTRE IMPUISSANCE POLITIQUE

Alors qu’à Athènes, le quartier rebelle et solidaire d’Exarcheia reste partiellement occupé par la police et tente de résister aux tentatives d’évacuation des squats et autres lieux autogérés, nous vivons partout ailleurs une semaine désastreuse pour nos luttes sociales et environnementales, en particulier dans nos poches de résistance.

Le Rojava, seule enclave antifasciste et féministe au Proche-Orient, est aujourd’hui sous les bombes. Les blindés du dictateur Erdogan viennent de franchir la frontière avec la bienveillance de Trump pour écraser l’expérience antiautoritaire et écologiste Kurde, au prétexte de créer une zone de sécurité pour un million de réfugiés syriens. Erdogan ose appeler cette opération « Source de paix ». Simultanément, alors qu’il retire ses troupes au nord du Rojava, Trump en rajoute à l’inverse sur les bases américaines en Grèce et offre ses services à Mitsotakis pour renforcer la surveillance des anticapitalistes athéniens avec ses grandes oreilles militaires. Le père de Mitsotakis était, lui aussi, proche de la CIA et avait facilité l’arrivée au pouvoir de la junte des Colonels dans les années 1965-1967.

En France, une ZAD de plus vient de tomber, mardi matin : la commune libre de l’Amassada dans l’Aveyron qui résistait contre un immense projet de transfo sur un site sauvage magnifique en montagne. Malgré les renforts de dernière minute, rien n’a pu empêcher les 200 gendarmes mobiles et leurs blindés de prendre le contrôle de la zone, avec l’appui d’un hélicoptère et de plusieurs drones. Plus à l’ouest, un projet de barrage en forêt de Sivens est à nouveau à l’ordre du jour, cinq ans après la mort de Rémi Fraisse.

En Crète, ce qu’on craignait de longue date vient d’arriver avec les premières pluies : les bulldozers ont surgi hier matin à l’aube à Kastelli, prenant de vitesse tout le monde, et ont commencé à arracher des centaines d’oliviers sur les 200.000 condamnés pour faire place à un projet d’aéroport insensé. Des compagnons de lutte et des photographes sur place ont été menacés, visés et expulsés hors de la zone des travaux, la police allant jusqu’à casser du matériel vidéo et détruire les prises de vue. La zone est quadrillée depuis hier matin. L’effet de surprise a été terrible.

Le problème à la racine

Alors, pourquoi nous échouons partout ? Pourquoi, tôt ou tard, le pouvoir et ses valets parviennent à nous empêcher d’expérimenter autre chose, de nous organiser autrement et de défendre la Terre qui se meurt ?

Tout simplement parce que nous sommes naïfs (et je m’inclus dans le lot). Nous ne retenons pas assez les leçons de l’Histoire et poursuivons nos répétitions passées qui n’ont jamais rien apporté ou si peu. Nous ne prenons pas assez à la racine les problèmes et n’allons pas jusqu’au bout de la démarche nécessaire pour les résoudre définitivement.

Alors que partout dans le monde, le pouvoir nous écrase, nous appauvrit, nous humilie, nous reprend nos conquêtes sociales, nous crève les yeux, nous enferme, nous affame, nous bombarde, nous empêche de filmer, nous menace, nous frappe, nous tue et détruit la Terre, morceau par morceau, nous réagissons comme s’il était encore possible de discuter et de négocier avec notre agresseur récidiviste.

Nous nous comportons comme si nous avions oublié que le pouvoir a toujours agit ainsi et continuera tant qu’il le pourra. Ses variantes dans le temps et l’espace ont commis les pires atrocités sous toutes les formes possibles et avec tous les prétextes imaginables. Toute l’Histoire de l’humanité est là pour en témoigner.

La valse des tyrans

Aujourd’hui, on parle plus de Trump et de Erdogan, un autre jour de Mitsotakis, un autre encore de Macron, puis de Bolsonaro, Assad, Poutine, Merkel, Johnson, Junker, Salvini, Rohani, Netanyahou, Kim Jong il, Al Saoud ou encore Xi Jinping, et ainsi de suite, en oubliant que le problème n’est pas seulement l’une ou l’autre de ces personnes, haïes tour à tour, mais surtout ce qu’elles incarnent, les moyens colossaux dont elles disposent au sommet de l’État et l’attitude engendrée par leur position.

Autrement dit, le problème de fond, encore et encore, et aujourd’hui plus que jamais, c’est le pouvoir.

C’est parce que nous n’allons pas jusqu’au bout, dans notre refus du pouvoir, que continuons de subir la valse des tyrans d’un bout à l’autre du globe, d’années en années, de siècles en siècles. Les visages changent, mais le problème reste le même. Un problème simple : des gens se posent en chefs, encouragés par nos propres erreurs et se permettent de décider à notre place de nos vies.

Mais ce n’est pas tout : ces gens au pouvoir, ces VIP qui s’amusent à se faire la guerre économique et militaire par victimes interposées comme on joue aux échecs ou à la bataille navale, s’entendent parfaitement dès lors qu’il s’agit de nous empêcher de nous libérer. Car leur priorité est, bien sûr, de stopper ce qui les menacent sur leur piédestal, car si l’un d’entre eux tombait pour laisser place à une société véritablement horizontale, libertaire et égalitaire, les autres seraient aussitôt sur la sellette partout ailleurs. C’est ainsi que les différentes figures du pouvoir se sont souvent entendues, implicitement ou explicitement, par exemple contre la Commune de Paris, la révolution de 1936 en Espagne et beaucoup d’autres expériences politiques qui prouvaient à chaque fois que nous pouvions vivre autrement.

Répression et criminalisation du mouvement social

Aujourd’hui, le fait que le pouvoir frappe simultanément le Rojava, Exarcheia et plusieurs ZAD d’un bout à l’autre de l’Europe n’est pas le fruit du hasard. L’offensive du pouvoir contre toute forme de résistance ne cesse de se durcir depuis des années. Tous les mouvements sociaux en France le confirment : la violence de la répression policière a atteint des sommets dans l’hexagone et les moyens technologiques mis en place pour nous surveiller n’ont désormais plus de limites, du Patriot Act à l’État d’urgence. La réalité dépasse la fiction, y compris celle du roman 1984 de George Orwell. Les dispositifs inquisiteurs et oppressants se renforcent partout en Europe, avec la France en tête de file pour la reconnaissance faciale et la Grèce pour la criminalisation du mouvement social avec le classement imminent du groupe anarchiste Rouvikonas en organisation terroriste, alors qu’il n’a jamais tué personne.

Erdogan parle également de terroristes au sujet des femmes kurdes qui luttent pour leur émancipation dans les rang des YPG. De nombreux chefs d’états utilisent aussi ce terme pour parler de celles et ceux qui leur résistent un peu partout, qui défendent la terre, qui défendent la vie.

Car face au pouvoir, nous ne faisons pas autre chose : nous sommes la vie, la foule, les enfants, la nature qui se défendent.

Une société bâtie sur un leurre

Dès lors, posons-nous la question : lutter pour vivre, sauver la vie, survivre aux injustices, vivre dignement, cela ne signifie-t-il pas nécessairement prendre nos vies en main ? La réponse est tout aussi empirique que logique. Car l’Histoire nous prouve que le pouvoir ne nous a jamais libérés et que toute émancipation n’est jamais venue que de nous-mêmes, de notre volonté, de notre clairvoyance, de notre courage, de nos luttes. La logique nous rappelle également qu’une vie digne revient à une vie libre (nul n’est digne que celui qui est responsable et n’est responsable que celui qui est libre). C’est pourquoi il nous revient de prendre nos vies en main pour bâtir un autre futur.

Le pouvoir tente de nous faire croire que le monde est horrible et que l’homme est un loup pour l’homme, ce qui lui permet d’imposer une forme de société (capitaliste et hiérarchique) pour civiliser, ordonner et pacifier le chaos destructeur. En réalité, nous savons bien que c’est tout le contraire (et c’est ce que nous essayons de faire comprendre aux jeunes en souffrance, aux résignés, aux déprimés et aux suicidaires) : ce n’est pas le monde qui est horrible, mais cette société. Ce n’est pas l’homme qui est un loup pour l’homme (pardon pour les loups, la formule est de Plaute, puis reprise par Thomas Hobbes), c’est cette société qui nous conduit à la guerre et à la compétition de tous contre tous.

L’existence même d’un pouvoir conduit à justifier l’idée de compétition et de hiérarchie partout dans la société. Car on ne peut placer quiconque sur un piédestal sans cautionner les rapports de domination et d’exploitation qui en découlent. Outre ce problème de cohérence, nous avons également vérifié à de nombreuses reprises que le pouvoir corrompt, comme nous mettait en garde Louise Michel.

Il n’y a pas de bon pouvoir

Focaliser sur un ou plusieurs dirigeants au lieu de remettre en question la fonction elle-même est donc une erreur. Bien sûr, certains régimes et hommes politiques sont pires que d’autres. Évidemment, il existe des différences. Mais, ces différences n’ont pas été suffisantes depuis plus d’un siècle pour parvenir à tourner la page du capitalisme et encore moins de la hiérarchie. Nous n’avons eu droit, au mieux, qu’à des réformes arrachées par des grèves, bien plus que concédées par les pouvoirs prétendument sympathiques. Par exemple, contrairement à ce que prétend une rumeur, la première semaine de congés payés n’était pas dans le programme du Front Populaire en 1936 et n’a été obtenue qu’à l’issue d’une des plus longues grèves du vingtième siècle en France. De même, ce n’est pas un régime royaliste ou de droite dure qui a massacré la Commune de Paris, mais la jeune Troisième République à ses débuts (avec le maire de Paris en fuite qui n’était autre que Jules Ferry). Cette même Troisième République s’est terminée honteusement en votant les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en 1940, après avoir décidé le sinistre embargo sur les armes vers l’Espagne en août 1936, condamnant dès lors l’utopie qui commençait à voir le jour de l’autre côté des Pyrénées.

Le pouvoir, quel qu’il soit, n’est pas un allié et compter sur lui est une folie. Les seules promesses auxquelles nous pouvons croire sont celles que nous faisons à nous-mêmes, c’est-à-dire nos propres engagements réciproques, sur un plan horizontal, pour créer, défendre et bâtir ensemble une société nouvelle sur d’autres bases que la compétition, la domination et l’exploitation.

Le tabou de la violence

Ne plus être naïf, c’est aussi ne plus s’interdire le tabou de la violence face à un pouvoir qui, lui, ne se gêne jamais. Libre à chacun d’en user ou pas et de résister comme bon lui semble. Si quelqu’un veut prier Gaïa ou quelqu’un d’autre dans des manifs, grand bien lui fasse. Mais qu’il impose sa façon de faire et d’agir, c’est une autre affaire. Notamment quand il s’agit d’appeler explicitement au « respect du gouvernement » et de ses valets.

Nous n’avons pas à respecter nos bourreaux. Nous n’avons rien à négocier avec les tyrans. Nous voulons vivre libres. Nous voulons prendre nos vies en mains. Nous voulons congédier à jamais ceux qui veulent nous en empêcher.

Respecter le pouvoir, c’est le cautionner. On ne discute pas avec ceux qui s’affirment d’emblée supérieurs. De même, on ne lutte pas contre un système capitaliste et hiérarchique en reproduisant ses formes lucratives et verticales. Dès lors qu’on a compris la nécessité de détruire le pouvoir, on doit commencer à le faire à l’intérieur même de nos luttes, dans notre façon de nous organiser.

S’organiser autrement pour lutter

Nous ne pouvons pas continuer à lutter contre le pouvoir avec des partis structurés de façon hiérarchique ; des partis qui cautionnent le manège électoral dont les dés sont pipés, puisque c’est le pouvoir économique qui détermine aisément le pouvoir politique grâce à sa possession des moyens de fabriquer l’opinion.

Nous ne pouvons pas continuer à lutter contre le pouvoir avec des syndicats également structurés de façon hiérarchique ; des syndicats dont le sommet est sourd à certaines des atteintes de la base et dont les dirigeants se reconvertissent parfois au sein même du camp d’en face.

Nous ne pouvons pas continuer à lutter contre le pouvoir avec des organisations écologistes structurées elles aussi de façon hiérarchique ; des organisations dont le sommet vaporeux a déjà tout prévu, qui refusent de remettre quoi que ce soit en question et qui imposent une charte de lutte indiscutable à toutes celles et ceux qui s’en rapprochent.

Il est facile de comprendre pourquoi ces structures refusent d’aller jusqu’au bout dans la lutte contre le capitalisme et le hiérarchisme : leurs directions profitent, participent et répètent diversement ce que nous tentons précisément de combattre en leur sein. Elles ne sont ni cohérentes ni déterminées ni libres, contrairement à la société que nous désirons. Elles ne font que reproduire des schémas désuets, modérés et stériles, dans des lourdeurs bureaucratiques, stratégiques et autoritaires.

Multiplier les Rojava, les Exarcheia, les ZAD

Notre impuissance politique est donc à la fois le produit d’une analyse incomplète du problème principal et de la répétition naïve de nos erreurs passées.

Car non, le problème ne se réduit pas à Trump ou Poutine, Erdogan ou Assad, Mitsotakis ou Tsipras, Macron ou Le Pen, et tant d’autres dans la valse des chaises tournantes. C’est le pouvoir lui-même qui est notre éternel ennemi.

Et non, on ne peut lutter contre le pouvoir, sa bureaucratie, sa hiérarchie, sa stratégie de communication, en procédant de la même façon dans nos luttes. C’est d’abord et avant tout parmi celles et ceux qui résistent que nous devons montrer notre capacité à nous organiser autrement pour l’étendre ensuite à toute la société.

Ce n’est qu’à ces deux conditions que nous pourrons enfin sortir de notre impuissance politique. De plus, nous devons absolument nous donner une dimension internationale à nos luttes, par-delà les frontières qui tentent de nous diviser et de nous faire croire que nos intérêts s’opposent. Car il n’en est rien, nous le savons bien : c’est la même lutte partout que nous devons mener, celle de l’émancipation individuelle et sociale pour prendre enfin nos vies en main.

Avec plus de solidarité internationale et plus de résistance locale partout simultanément, les quartiers, ZAD ou régions du monde ne tomberaient pas les uns après les autres, comme des dominos. Nous avons besoin d’autres expériences moins verticales et autoritaires comme le Rojava, d’autres quartiers rebelles et solidaires comme Exarcheia, d’autres ZAD un peu partout et de plus en plus. Ces initiatives sont trop isolées. Nous comptons trop sur elles. Nous les mythifions trop, sur des piédestaux, au lieu de les multiplier, de les réinventer sans cesse et de créer un véritable réseau sans frontières et horizontal dans l’entraide et le soutien mutuel.

Sans chef, il sera beaucoup plus difficile de nous récupérer, de nous corrompre, de nous abattre.

Passer du nom au verbe pouvoir

Pour finir, rappelons-nous que le pouvoir n’est pas seulement un nom, mais aussi un verbe. Et c’est là, précisément, dans la confusion entre ces deux homonymes, que se cache l’un des enjeux de notre époque : sortir enfin de la préhistoire politique de l’humanité. Le pouvoir est un nom : celui de l’autorité qui dirige, qui gouverne, qui exerce tout ou partie des droits d’une autre personne ou de toute une communauté et qui agit pour son compte. Mais pouvoir est aussi et surtout un verbe : il signifie tout simplement être en capacité de faire. Passer du nom au verbe, tel est l’enjeu. Détruire le pouvoir en tant que rapport de domination pour libérer notre capacité à penser et à choisir nos vies.

Ce qui vaut pour la société vaut également pour nos luttes. Donnons à voir partout la société que nous désirons. Cessons d’accepter de nous organiser dans des structures verticales et de courir après des hommes providentiels. Passons à l’étape suivante.

Pour prendre nos vies mains, commençons par prendre nos luttes en main.

Yannis Youlountas

Source http://blogyy.net/2019/10/10/comprendre-notre-impuissance-politique/

 

Projection de travail en cours du film  » Leoforio » (λεωφορείο) au club le 22 octobre

Le collectif citoyen de Grenoble 

soutenu par Attac Isère et le Cadtm Grenoble

vous invite à une projection de travail en cours du film-documentaire

Leoforio  ( en grec λεωφορείο )

                                                                     Réalisatrices Catherine Catella et Shu Aiello

débat en présence de Shu Aiello

                                                            Mardi 22 octobre 2019 à 20h15  Cinéma le Club Grenoble

Synopsis : Ils s’appellent John Papas, Fanis Vasilis, Yorgo Meimaris. Ils sont chauffeurs de bus à la KTEL. La KTEL est une coopé-rative qui défie la crise. Elle pratique l’égalité des salaires, les assemblées démocratiques et garde une bonne santé finan-cière.
Elle est le cordon ombilical qui relie les villages enclavés. Par la grâce d’une compagnie de bus pas comme les autres, nous voyageons dans la Grèce d’aujourd’hui.

Leoforio est un voyage, un trajet quotidien en bus de cent kilomètres. De la capitale chaotique et surpeuplée d’Athènes à la petite ville d’Eritres, le bus – leoforio en grec – serpente entre la côte, les routes montagneuses et les villages déserts.

Un bref aperçu de la vie quotidienne pour comprendre la capacité de résistance d’un peuple en temps de crise.

Cliquer sur la photo

Cette soirée sera l’occasion de faire un point d’actualité sur les VioMe, la coopérative ouvrière de Thessalonique soutenue par le collectif qui organise la commande groupée 2019 de leurs produits https://www.grece-austerite.ovh/soutien-aux-viome-lancement-de-la-commande-groupee-de-grenoble/

 

VioMe La commande groupée 2019 du collectif de Grenoble est lancée

Solidarité concrète avec les travailleurs
de l’usine VIOME occupée et autogérée
à Thessalonique en Grèce

Après que leur usine ait été mise en faillite et abandonnée par les employeurs, les salariés depuis maintenant 6 ans l’ont reprise en coopérative ouvrière.

Ils fabriquent des produits d’entretien ménager écologiques qu’ils distribuent de manière militante. Ils sont menacés d’expulsion par la justice grecque. Ils en appellent à la solidarité internationale.

(Voir l’appel des Viome) https://www.grece-austerite.ovh/appel-des-viome/ et notre tract pour d’information Viome

Depuis 2016 afin de les soutenir, le collectif de Grenoble organise chaque année une commande groupée de leurs produits. Pour celle de 2019 vous trouverez :

– le catalogue et les prix (TTC)  : Catalogue et tarif VIOME 2019

– le bon de commande avec tous les renseignements utiles : Bon-de-commande-Viome-2019

Attention : la date limite de réception des commandes est fixée

au samedi 2 novembre 2019.

Contribuons par nos achats à soutenir cette lutte exemplaire !

A noter que le 22 octobre 2019 à 20h15 au cinéma le Club à l’initiative du collectif projection du film « Leoforio » des réalisatrices Catherine Catella & Shue Aiello.

C’est l’histoire d’une coopérative de bus en Grèce .

Cette soirée sera l’occasion de faire un point d’actualité sur les VioMe et passer les dernières commandes

Entretien avec Thomas Piketty

Thomas Piketty, économiste, auteur du « Capital au XXIe siècle» et «Capital et Idéologie» était invité à la Fête de l’Humanité le samedi 14 septembre .

En attendant de lire son livre une intervention de 31 mn

où il aborde :

– les systèmes de justification des inégalités entre les classes, les retournements du passé, les idéologies,

– le socialisme participatif- propriété privé temporaire et plafonné – limitation des représentations et plafonnement du droit de vote dans les entreprises par un changement du système légal,

– la BCE, les dettes publiques, quel traité pour reconstruire après les crises financières, les partis politiques peuvent se rassembler sur les points d’un programme qui les rassemblent et non qui les différencient,

– l’argument technique pour la légitimer la redistribution fiscale : la propriété est toujours sociale dans ses origines. Les personnes qui se sont enrichies ont utilisé le système éducatif, les connaissances produites par d’autres et construites à partir de centaines d’années (  tentative de s’approprier les connaissance , le capital au sens social et d’y mettre une valeur marchande)

Source https://www.humanite.fr/videos/entretien-avec-thomas-piketty-677022

Soutien aux VioMe- Lancement de la commande groupée de Grenoble

Solidarité concrète avec les travailleurs
de l’usine VIOME occupée et autogérée
à Thessalonique en Grèce

Après que leur usine ait été mise en faillite et abandonnée par les employeurs, les salariés depuis maintenant 6 ans l’ont reprise en coopérative ouvrière.

Ils fabriquent des produits d’entretien ménager écologiques qu’ils distribuent de manière militante. Ils sont menacés d’expulsion par la justice grecque. Ils en appellent à la solidarité internationale.

(Voir l’appel des Viome) https://www.grece-austerite.ovh/appel-des-viome/ et notre tract pour d’information Viome

Depuis 2016 afin de les soutenir, le collectif de Grenoble organise chaque année une commande groupée de leurs produits. Pour celle de 2019 vous trouverez :

– le catalogue et les prix (TTC)  : Catalogue et tarif VIOME 2019

– le bon de commande avec tous les renseignements utiles : Bon-de-commande-Viome-2019

Attention : la date limite de réception des commandes est fixée

au samedi 2 novembre 2019.

Contribuons par nos achats à soutenir cette lutte exemplaire !

A noter que le 22 octobre 2019 à 20h15 au cinéma le Club à l’initiative du collectif projection du film « Leoforio » des réalisatrices Catherine Catella & Shue Aiello.

C’est l’histoire d’une coopérative de bus en Grèce .

Cette soirée sera l’occasion de faire un point d’actualité sur les VioMe et passer les dernières commandes

 

Pour marque-pages : Permaliens. Modifier

CR Réunion du collectif du 2 octobre 2019

Réunion du collectif « Citoyens de Grenoble contre l’austérité en Grèce et en Europe »
du 02/10/2019

Présents : Béatrice, Georges, Max
Excusés : Christine, Liliane

Commande groupée des produits VIOME

Le nouveau catalogue est arrivé, Christine va le traduire.
Calendrier :
– 8/10/2019 : démarrage de l’information
– 2/11 : date limite de réception des bons de commandes
– comme l’an dernier Béatrice enregistre les commandes
– 11/11 envoi de la commande groupée aux VIOME
– réception des produits 3ème ou 4ème semaine de novembre

Film Leoforio : le 22 octobre au cinéma Le club à Grenoble
En voici le synopsis :
 » Un film-documentaire de Catherine Catella & Shue Aiello.

Ils s’appellent John Papas, Fanis Vasilis, Yorgo Meimaris. Ils sont chauffeurs de bus à la KTEL. La KTEL est une coopérative qui défie la crise. Elle pratique l’égalité des salaires, les assemblées démocratiques et garde une bonne santé financière. Elle est le cordon ombilical qui relie les villages enclavés. Par la grâce d’une compagnie de bus pas comme les autres, nous voyageons dans la Grèce d’aujourd’hui.

Leoforio est un voyage, un trajet quotidien en bus de cent kilomètres. De la capitale chaotique et surpeuplée d’Athènes à la petite ville d’Eritres, le bus – leoforio en grec – serpente entre la côte, les routes montagneuses et les villages déserts. Un bref aperçu de la vie quotidienne pour comprendre la capacité de résistance d’un peuple en temps de crise. »

Nous aimerions faire intervenir une des 2 réalisatrices.

Cette soirée sera l’occasion de populariser la commande groupée des produits VIOME (présentation + distribution du catalogue et du bon de commande)

Fête des vingt ans de la création des comité locaux d’Attac

Elle a eu lieu le 28 septembre à Montmélian (73). Le collectif y a animé un atelier (Comment asservir un peuple et coloniser un pays. La Grèce : laboratoire de l’Europe) et a tenu un stand (panneaux du CADTM sur la Grèce, information sur nos actions, produits VIOME, vente de confitures confectionnées par le CADTM, tee-shirts contre la construction d’un nouvel aéroport en Crète).

Rappel

Soirée SOS Méditerranée du 21 novembre 2019 à 20h à la MDA de Grenoble dans le cadre du festival des solidarités.

Prochaine réunion du collectif

Mercredi 13 novembre 2019 à 17h, salle 300 de la Maison des associations de Grenoble

La Grèce et les projets impérialistes EU-OTAN en Crète

Grèce – Modernisation et extension des installations militaires américaines en Crète et sur le continent

L’ implication de la Grèce dans les projets impérialistes des États-Unis et de l’ OTAN augmente à la suite de l’accord entre les gouvernements américain et grec qui modernise et étend les installations militaires américaines dans le pays.

Selon un rapport exclusif publié dans « Rizospastis » lundi dans le cadre de l’ accord de coopération entre la Grèce et les États-Unis dans le domaine de la défense mutuelle (MDCA) , les gouvernements des États-Unis et de la Grèce ont convenu d’étendre la base navale américaine à Souda, Crète , ainsi que de procéder à la création de nouvelles installations militaires. L’accord devrait avoir lieu en 2020.

Comme l’écrit «Rizospastis», il y a quelques jours, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a présenté au Congrès américain une liste de 127 plans comprenant l’extension, la modernisation et la construction d’installations militaires américaines dans le pays et à l’étranger. Deux de ces plans font référence à la tristement célèbre base navale de Souda, utilisée par les forces américaines et de l’OTAN dans le cadre de multiples interventions impérialistes, notamment la guerre du Golfe et les attaques impérialistes en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie.

Ensemble, les deux projets d’amélioration et d’extension de la base navale de Souda coûtent environ 48 millions de dollars, équipement non compris.

Le «dialogue stratégique» en cours entre la Grèce et les États-Unis a pour objectif d’adapter «l’accord de coopération entre la Grèce et les États-Unis en matière de défense mutuelle» aux plans impérialistes en cours dans la région de la Méditerranée orientale et des Balkans. Dans ce cadre, les États-Unis s’intéressent à la modernisation des bases militaires existantes ainsi qu’à la construction de nouvelles installations militaires, notamment aux bases de Larissa, Stefanovikio, Araxos (Air Bases) et du port d’Alexandroupolis, dans le nord de la Grèce.

Il convient de noter que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo devrait se rendre à Athènes début octobre afin de participer au deuxième cycle des discussions sur la « coopération militaire » entre les deux gouvernements.

Ces discussions – qui ouvrent la voie à une plus grande implication de la Grèce dans les plans dangereux US-OTAN-UE dans la région – ont commencé sous le précédent gouvernement social-démocrate SYRIZA et se poursuivent sous l’administration actuelle du parti conservateur New Democracy .

Dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York cette semaine, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et le ministre des Affaires étrangères Nikos Dendias devaient rencontrer des représentants du gouvernement américain.

À cette occasion, le comité grec anti-impérialiste contre «l’accord de coopération entre la Grèce et les États-Unis en matière de défense» a lancé un vaste appel à participer à une manifestation anti-impérialiste le 2 octobre au parc Eleftherias à Athènes. De nombreuses autres activités contraires à l’accord auront lieu dans tout le pays par des comités de paix.

Publié sur http://www.idcommunism.com/2019/09/greece-us-military-installations-in-crete-and-the-mainland-to-be-upgraded-and-extended.html

SOS Méditerranée Un témoignage d’un marin sauveteur

TÉMOIGNAGE] « Durant le sauvetage, on entendait un bébé pleurer! »

Charlie raconte 4 sauvetages en septembre 2019

Charlie fait partie des plus anciens marins-sauveteurs chez SOS MEDITERRANEE. Il a occupé à peu près tous les postes de l’équipe en mer. Si l’Aquarius n’avait plus de secrets pour lui, ce gaillard norvégien, marin de profession et militant des droits de l’Homme par conviction, apprécie la robustesse de l’Ocean Viking, avec lequel 656 personnes ont déjà été secourues entre août et septembre 2019.

« Parfois je m’imagine dans quelques années, entouré de mes futurs enfants qui me demanderaient : ‘Mais où étais-tu toi quand des gens étaient victimes d’injustice ? Pourquoi ne t’es-tu pas engagé?’ Je veux pourvoir leur répondre sans honte. »

Charlie aura de quoi leur répondre. Il pourra notamment leur raconter, comme il le fait dans cette vidéo, la seconde rotation de l’Ocean Viking, durant laquelle il a participé à quatre sauvetages les 17, 18 et 19 septembre 2019.

Crédits

Images vidéo : Laurence Bondard / SOS MEDITERRANEE  et  Hannah Wallace Bowman / MSF

Montage : Isabelle Vali / SOS MEDITERRANEE

Source http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/Charlie-raconte-2019

Pour soutenir l’association http://www.sosmediterranee.fr/

Prédateurs immobiliers en Grèce

Par Dimítris Konstantakópoulos sur son blog, septembre 2019 traduit par Panagiotis Grigoriou

“La confiscation de notre pays par des prédateurs étrangers n’a pas de fin. L’agence fiduciaire étrangère qui liquide les biens de la Grèce, ainsi que les ‘créanciers’, mettront bientôt la main sur près de 300 000 biens immobiliers et terrains privés dont la déclaration auprès du cadastre reste incertaine. Faisant ainsi suite à la subordination à cette agence et à la confiscation substantielle de tous les biens publics comme de la moitié des biens de l’Église par la Treuhand à la grecque, les forces d’occupation préparent un nouveau plan de confiscation s’agissant de nombreux biens privés.”

“Des centaines de milliers de propriétés, maisons, appartements, magasins, entrepôts, parcelles, etc., et qui ne sont pas déclarées par leurs propriétaires au cours du processus d’enregistrement foncier, ou qui ont été déclarées de manière erronée, sont susceptibles d’entrer comme on dit dans le domaine public d’ici deux ans. Si les omissions ne sont pas corrigées, et étant donné que tous les biens publics appartiennent de fait à l’agence fiduciaire pilotée depuis l’étranger, il est évident que les pillards étrangers auront également accès à cette partie de la propriété privée du pays, au nombre alors estimé à 300.000 biens”,

Augmentation des dépenses publiques -plus-value pour une nation

La charité et le volontariat comme thérapie de choc pour un grand remplacement des services publics. Acte 3 par Carlos Perez

De plus en plus souvent, les missions de l’État providence sont perçues comme un fardeau qui entraîne des « dépenses publiques ». Ces dernières doivent être réduites drastiquement. Carlos Perez nous explique au contraire que ces dépenses sont un investissement qui augmente la plus-value d’une nation. Poursuivant sa réflexion sur la charité et le volontariat, il souligne l’importance d’un secteur non marchand qui échappe en grande partie à l’appétit des capitalistes. Et c’est bien là qu’est tout le problème… (IGA)

Le volontariat en guise de salariat ou comment tirer nos acquis vers le bas en nous faisant croire le contraire. Attention aux réformes des philanthrocapitalistes, l’enfer chez ces gens-là est pavé de bonnes intentions. Ce n’est pas un hasard si la proportion de bénévoles aux États-Unis est la plus forte au monde. La « décence ordinaire » chère à Orwell et le don de soi seraient-ils plus prononcés dans ce pays que dans le reste du monde? Bien sûr que non.

Dans les pays anglo-saxons, le don de soi et la philanthropie ont une action bien plus pragmatique et surdéterminée politiquement. Leur mission est de servir de cache-sexe à la misère sociale. Pas besoin de citer Tocqueville et Hayek, adeptes de l’ordre spontané à l’inverse de Rousseau et son contrat social, pour comprendre à quel point la charité et le mécénat sont enracinés dans l’idéologie de l’élite de ces pays. La charité et le don de soi nourrissent les sentiments que se plaisent à éprouver les riches à l’égard des pauvres. Ils pallieraient efficacement, selon ces bourgeois, les actions de l’État.

Bien qu’il a largement montré ses limites, ce mode de pensée est inscrit dans leurs Constitutions et s’est trouvé stimulé par tous les présidents des États-Unis, démocrates ou républicains. Chacun avec leurs spécificités, ils ont incité le mécénat et le volontariat contre l’État providence qui est une véritable menace pour les capitalistes et leurs représentants au pouvoir. Et ils ne se gênent pas pour le faire savoir.

« Le service citoyen n’appartient à aucun parti, aucune idéologie. C’est une idée américaine à laquelle tout Américain peut souscrire », affirma le président Clinton lors de son discours d’investiture. Se retournant vers l’ancien président Bush, il ajouta alors déplorer le peu de précédents de ce genre dans l’histoire de l’Amérique. C’est pourtant vrai, ce qui nous réunit en tant que citoyens est plus important qu’une personne, un parti, une élection, une idéologie.

Les différents présidents des États-Unis ont toujours eu en commun de détester l’État providence. Que ce soit les républicains avec leur bénévolat privé ou les démocrates avec leur bénévolat public, ils ont intégré les associations de bénévoles dans leurs programmes de politiques sociales, de santé, de logement ou d’éducation. Il faut passer par des associations caritatives bénévoles ou volontaires pour finalement ne pas financer de véritables services publics ni rétribuer correctement des salariés pour assurer les missions. En somme, chez les capitalistes et plus particulièrement chez les Anglo-saxons, la charité et les colis alimentaires doivent remplacer une vraie politique d’équité et de droits sociaux.

Réduire les dépenses publiques est un leitmotiv des capitalistes, quitte à répéter inlassablement les mêmes mensonges. Comme si la dépense dans les services sociaux, la santé, le logement ou l’éducation n’était pas un investissement dans le patrimoine utile et nécessaire qui augmente la plus-value d’une nation. Le but de la manœuvre de ces escrocs est de privatiser le bien commun, l’air, l’eau, les sols et les semences, le patrimoine public et immobilier, les routes, la santé, l’éducation… Bref, tout ce qui peut être commercialisé doit devenir la propriété de quelques multinationales. L’État doit rester subsidiaire, en dernier recours. Son rôle doit être ramené à quelques strictes fonctions régaliennes comme la police, l’armée ou la justice. Les services sociaux, eux, doivent être sous-traités à des bénévoles et des associations, tout en encourageant le mécénat privé.

Voilà ce que nous disait déjà le mouvement du solidarisme initié en France par Jean-Jacques Rousseau dans son contrat social. L’escroquerie était déjà très claire pour les militants des droits sociaux et les pauvres au 18e siècle. « Pour l’essentiel, Bouglé et Fouillée opposent à la charité une éthique des droits : « L’absolue liberté de la charité  est », dit Fouillée, « un préjugé religieux et moral qui vient  d’une insuffisante analyse des droits ». C’est à ce titre qu’ils s’élèvent avec vigueur contre la charité chrétienne, son injustice, ses aspects culpabilisateurs, son moralisme. Bouglé insiste sur le fait que ce sont les « déshérités » eux-mêmes qui condamnent la charité  « Les déshérités qui crient « À bas Ia charité » montrent une colère farouche contre cette pourriture chrétienne qui entretient l’injustice. »

La bourgeoisie, cette classe de parasites et de prédateurs, veut nous faire croire que soutenir nos services sociaux est une gabegie qui va coûter beaucoup d’argent aux contribuables. C’est faux. C’est même tout le contraire qui se produit, les fonctionnaires sont responsables de la production de la valeur d’usage non lucrative éminemment utile à la collectivité. Le fonctionnaire ne produit pas de plus-value pour le capital marchand et pour les prédateurs, mais pour la société. La part des services non marchands augmente, ce qui est une très bonne chose, car tout n’est pas forcément à vendre. Et si la part des services marchands diminue, c’est tant mieux. Notre terre et nos vies ne sont pas à vendre.

Dans l’économie aujourd’hui, le tiers du PIB est produit en dehors de la pratique capitaliste. La fonction publique et ses services sociaux, c’est une autre façon de produire de la valeur. Pour le dire autrement, les fonctionnaires sont les producteurs de la monnaie qu’on leur paie, ils produisent l’impôt qui les finance. Les fonctionnaires socialisent déjà 45% du salaire, mais plus de 800 milliards d’euros, soit 40% du PIB relève d’une production non capitaliste[1]. En gros, les 40% du PIB relèvent d’une production de valeur d’usage non lucrative produite par les fonctionnaires dans le cadre des services publics et de la sécurité sociale. Ces travailleurs ne sont pas productifs pour le capital, mais ils sont productifs pour le public, le paiement est collectif et validé socialement.

« Face à cette offensive qui vise à détricoter par tous les bouts le manteau collectif qui protège la société, tous les intellectuels dignes de ce nom devraient joindre leurs forces pour expliquer que les travailleurs dans les services non marchands sont productifs », relève l’économiste Jean-Marie Harribey[2].  » Eux, qui fournissent éducation publique, santé publique, services municipaux, services dans les associations à but non lucratif, etc. produisent des choses utiles que l’on peut qualifier de valeurs d’usage. Mais ils produisent aussi de la valeur économique, qui est monétaire, bien que non marchande, et qui n’est pas un prélèvement sur la production marchande. On peut le démontrer logiquement. La part du non marchand par rapport au marchand dans la production totale augmente tendanciellement grosso modo depuis la Seconde Guerre mondiale. L’idée même qu’une part déclinante puisse financer une part croissante est un non-sens. Que faut-il en déduire ? Lesdits prélèvements obligatoires sont effectués sur un PIB déjà augmenté du fruit de l’activité non marchande, et non pas sur le seul produit marchand. »

« Les impôts et cotisations sociales sont le prix collectif, socialisé, des services non marchands. Ils jouent le même rôle que les prix des marchandises achetées et payées individuellement. La différence est que, dans un cas, la validation de l’existence et du paiement collectif de services non marchands passe par une décision politique collective démocratique (pour des besoins sociaux à satisfaire), et que, dans l’autre cas, la validation sociale passe par le marché (pour des besoins solvables, bien que tous ne le soient pas). »

La contribution des fonctionnaires à l’économie n’est absolument plus à mettre en doute, sauf pour les réformateurs qui s’aperçoivent du danger qui pourrait se généraliser à tous les secteurs. La peur de perdre des parts de profits lucratifs est la hantise des classes capitalistes et la généralisation d’un système non lucratif comme celui de la fonction publique est à tout prix ce qu’il faut éviter pour ces réformateurs.

Les fonctionnaires et leur caisse de cotisation sociale, cette grande invention révolutionnaire de la classe ouvrière, ne ponctionne pas par le profit ni par la rémunération capitaliste de la force de travail, ces deux institutions rapaces du capitalisme. Ils les remplacent pour financer une croissance non capitaliste. La collectivité investit dans ces fonctionnaires pour générer de la valeur d’usage utile socialement. Voilà la bonne façon, juste, honnête et véritablement révolutionnaire, d’appréhender cette question. Les fonctionnaires créent une valeur d’usage non lucrative socialement utile et autrement productive. C’est indispensable à l’émancipation des classes populaires en diminuant très fortement la croissance des inégalités sociales d’un pays.

Vouloir à tout prix remplacer les services sociaux par de la charité, c’est-à-dire un droit collectif par une aumône individuelle et des colis alimentaires; limiter et contraindre l’État aux seuls services régaliens en limitant le financement des services sociaux au strict minimum… C’est le propos que se sont assigné les capitalistes qui souhaitent d’une certaine manière le retour d’un État féodal et font de Germinal leur programme social.

[1] https://www.cairn.info/revue-mouvements-2013-1-page-60.htm

[2] https://www.liberation.fr/futurs/2013/10/28/les-fonctionnaires-createurs-de-richesse_942937

Source: Investig’Action

Voir les parties précédentes :

La charité et le volontariat comme thérapie de choc pour un grand remplacement des services publics

La charité et le volontariat comme thérapie de choc pour un grand remplacement des services publics. Acte 2

 

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