Autem vel eum iriure dolor in hendrerit in vulputate velit esse molestie consequat, vel illum dolore eu feugiat nulla facilisis at vero eros et dolore feugait.
Dans un pays où l’économie s’est redressée depuis la crise financière mais reste plombée par des bas salaires, la possibilité d’un travail quotidien de 13 heures existe déjà mais uniquement si un employé dispose de deux employeurs ou plus. La gauche dénonce « un véritable Moyen Âge du travail ».
Les députés grecs ont adopté ce jeudi 16 octobre un projet de loi qui instaure la possibilité d’une journée de travail de 13 heures dans le secteur privé.
A l’issue de deux jours de débat houleux, une majorité d’élus, surtout ceux de la droite au pouvoir, a voté en faveur de ce texte porté par le gouvernement conservateur, qui prévoit que, moyennant une rémunération supplémentaire, un employé puisse travailler jusqu’à 13 heures par jour pour un seul employeur durant un nombre de jours limité par an.
« Dérégulation du travail »
L’une des principales formations de l’opposition, Syriza (gauche), a refusé de participer au vote, fustigeant une « monstruosité législative, une dérégulation du travail qui s’attaque (…) aux droits fondamentaux » des travailleurs, selon Christos Giannoulis, porte-parole du groupe parlementaire.
A deux reprises, le 1er octobre et mardi, la Grèce s’est retrouvée partiellement paralysée par une grève générale pour protester contre cette réforme.
Dans un pays où l’économie s’est redressée depuis la crise financière mais reste plombée par des bas salaires, la possibilité d’un travail quotidien de 13 heures existe déjà mais uniquement si un employé dispose de deux employeurs ou plus.
Volontariat
« Nous donnons désormais la possibilité (à un employé) d’effectuer ce travail supplémentaire chez le même employeur, sans déplacement, avec une rémunération majorée de 40% », a défendu au Parlement la ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Niki Kerameus.
Elle a assuré que cela se ferait sur la base du volontariat et qu’aucun employé ne pourrait y être contraint.
Elle a insisté sur le fait que selon elle, « il existe des travailleurs qui demandent à travailler davantage d’heures » surtout dans le secteur du tourisme, l’un des principaux moteurs de l’économie où l’été, serveurs, personnels hôteliers et cuisiniers enchaînent les journées à rallonge.
« Démantèlement méthodique »
La durée légale du temps de travail quotidien en Grèce est actuellement de huit heures avec la possibilité d’effectuer jusqu’à trois heures supplémentaires.
Les détracteurs du projet dénoncent la forte dérégulation du marché du travail engagée par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis depuis son arrivée au pouvoir en 2019.
« La journée de 13 heures n’est pas venue de nulle part », a ainsi souligné Nikos Androulakis, le dirigeant du principal parti d’opposition, le Pasok (centre-gauche).
« C’est le nouveau maillon d’une chaîne de démantèlement méthodique des droits des travailleurs », a-t-il ajouté.
Mais le parti de droite de Kyriakos Mitsotakis, Nouvelle-Démocratie (ND), a fait valoir le fort recul du chômage en Grèce depuis son arrivée au pouvoir. Le taux de chômage a chuté de 18% à 8% en 6 ans.
« Le gouvernement instaure un véritable Moyen Âge du travail », a dénoncé le dirigeant de Syriza, Sokratis Famellos.
37 jours par ans
Juste avant le vote des députés, la ministre du Travail a une nouvelle fois souligné que cette disposition ne serait valable que jusqu’à 37 jours par an, soit environ trois jours par mois et sur la base du volontariat.
Auparavant, elle avait dénoncé « une utilisation trompeuse du terme « journée de 13 heures » car cela « laisse entendre que tout le monde travaillerait 13 heures par jour ».
Employés du privé et du public sont descendus à deux reprises dans les rues pour fustiger une « nouvelle aggravation d’une situation déjà profondément problématique », selon la Confédération des travailleurs grecs (GSEE).
Elle affirme que beaucoup d’employés n’auront guère la possibilité de refuser de travailler 13 heures « compte tenu du rapport de force déséquilibré entre employeur et salarié, renforcé par la précarité qui prévaut sur le marché du travail ».
Faibles contrôles
En outre, les contrôles de l’Inspection du travail sont faibles, arguent les opposants au projet.
Les syndicats estiment également que le droit à un repos obligatoire quotidien de 11 heures sera bafoué, notamment en raison du temps de transport pour se rendre sur le lieu de travail.
En Grèce, au deuxième trimestre 2025, 20,9% des salariés de 20 à 64 ans travaillaient plus de 45 heures par semaine, contre 10,8% dans l’ensemble de l’UE, selon Eurostat.
Le gouvernement a déjà instauré la possibilité d’une semaine de travail de six jours, notamment en cas de forte demande dans un secteur comme le tourisme.
Le 16 mars 2018, 16 personnes ont perdu la vie dans un naufrage survenu au large de l’île grecque d’Agathonisi, en mer Égée. Seules trois personnes ont pu atteindre l’île le lendemain, après des heures passées dans l’eau. Les familles de 14 victimes ont saisi la justice européenne pour dénoncer le rôle des gardes-côtes grecs dans ce drame.
C’est un manquement des autorités grecques qui a coûté la vie à au moins 16 personnes, décédées lors d’un naufrage survenu le 16 mars 2018 au large de l’île d’Agathonisi. Dans un arrêt rendu le 14 octobre, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a jugé que les autorités grecques n’avaient pas agi promptement de manière à sauver les vies mises en danger lors de ce naufrage, rapporte l’ONG Refugee support Aegean qui représentait les familles de 14 victimes.
« Les autorités grecques n’ont pas pris les mesures nécessaires pour secourir les personnes concernées, alors qu’elles auraient dû être conscientes du danger immédiat dès le moment où elles ont été informées de l’incident par un proche des victimes, tôt dans la matinée du 16 mars », détaille l’ONG dans un communiqué. Et d’ajouter : « La Cour a également condamné la Grèce pour l’inefficacité de l’enquête pénale sur l’incident, qui a conduit le procureur du tribunal maritime du Pirée à classer l’affaire. »
Effectivement, selon le déroulé des événements, les gardes-côtes grecs auraient pu secourir les naufragés s’ils avaient réagi rapidement aux premiers messages de détresse envoyés par le frère de l’une des victimes.
Désaccord sur la date du drame
Partie de la ville turque de Didim, l’embarcation de migrants s’est retrouvée en difficulté entre 1h30 et 2 heures après son départ, alors qu’elle se trouvait au large d’Agathonisi, au sud de l’île de Samos. Une Afghane à bord du bateau prévient alors son frère qui se trouve à Samos que l’embarcation est en train de couler.
Le frère de la jeune femme alerte immédiatement le numéro d’urgence internationale 112 puis échange à de nombreuses reprises avec le centre de coordination des secours des gardes-côtes grecs à qui il indique la localisation du bateau. Mais, malgré tous ces efforts, aucun dispositif de secours n’est envoyé le 16 mars.
Au moins 16 personnes perdent la vie dans le naufrage et ce n’est que le lendemain, après avoir passé des heures dans l’eau, que les trois survivants – deux femmes et un homme – parviennent à accoster sur Agathonisi.
Ce n’est alors que dans la matinée du 17 mars les gardes-côtes grecs lancent une opération de recherche et sauvetage dans la zone du naufrage. Seize corps sont retrouvés mais aucun survivant n’est trouvé en mer. Dans leur récit des faits, les autorités grecques ont avancé que le naufrage avait eu lieu le 17 mars et que leur opération avait donc été lancée à temps.
Enquêtes classées
Par la suite, une enquête pénale préliminaire sur les circonstances du naufrage a été ouverte et, « parallèlement, la Direction des affaires internes des garde-côtes grecs a ouvert une enquête disciplinaire sur la responsabilité éventuelle des garde-côtes », selon RSA. Mais celles-ci ont été classées sans suite.
Ce n’est pas la première fois qu’Athènes est condamnée par la CEDH pour des faits concernant les exilés sur son sol. En mars 2025, la cour a jugé que la Grèce était responsable de la mort d’un mineur irakien. Ce jour-là, Ameer Mokhlas avait été mortellement touché par un coup de feu tiré par un garde-côte alors qu’il se trouvait sur un yacht battant pavillon turc qui transportait illégalement des migrants près de l’île grecque de Symi.
Pour la CEDH, qui siège à Strasbourg, l’enquête des autorités grecques « comportait de nombreuses lacunes qui ont conduit notamment à la perte d’éléments de preuve, et qui ont affecté le caractère effectif de l’enquête, laquelle en particulier n’a pas permis d’établir les circonstances exactes dans lesquelles le décès de Ameer Mokhlas était survenu et d’identifier et – le cas échéant – de sanctionner les responsables ».
Crédit Photo Grèce – campement du gréviste de la faim Panos Routsi – photo NPA
Le 1er octobre, une grève générale était appelée par la GSEE (confédé unique du privé), l’ADEDY (fédé unique du public) et de nombreuses fédérations et syndicats. Très suivie, elle était centrée sur le refus d’un projet de loi monstrueux : permettre une journée de travail de 13 heures pour le même employeur (on sait que de nombreux Grecs sont réduitEs depuis longtemps à avoir deux emplois).
Provocation du gouvernement ultralibéral « offrant » cette mesure, qui vaudrait pour 37 jours annuels, en promettant la liberté de choix pour l’employeur comme pour le salariéE ! Après la mesure de 2024 permettant des semaines de 6 jours de travail, la surexploitation des salariéEs prend des allures orwelliennes, et l’augmentation des accidents du travail, sur fond de bas salaires et de casse des services publics, en est l’illustration. Et c’est la même logique à l’œuvre dans le secteur public, où la moindre critique syndicale aux mesures de « rentabilisation » conduit à des sanctions, voire à des licenciements, notamment dans l’éducation.
Des manifs solidaires et en colère
Même si la manif athénienne manquait un peu de punch (autour de 15 000 personnes dans les différents cortèges), le pays a connu une bonne mobilisation dans la rue, et surtout, on assiste ici aussi à une convergence des colères qui s’accumulent. Colère contre l’étouffement des nombreux scandales — le dernier en date portant sur des subventions agricoles européennes versées par la droite pour clientélisme. Contre les cadeaux aux fascistes (le führer criminel d’Aube dorée vient d’être libéré pour raisons médicales…), avec le 18 septembre une grosse manif antifa pour l’hommage annuel à Pavlos Fyssas, assassiné par les tueurs nazis.
Soutien au peuple palestinien
Et, très fort dans la période, le soutien au peuple palestinien, avec de très nombreux drapeaux et slogans dans les cortèges, est indispensable face à la complicité de Mitsotakis avec Netanyahu. Cet été, des rassemblements (réprimés !) ont protesté contre les provocations de touristes mais aussi de soldats israélienNEs en croisière drapeaux au vent, se permettant d’arracher des affiches de soutien au peuple palestinien et d’insulter les habitantEs solidaires. Et bien sûr, le soutien à la flottille pour Gaza (avec une petite trentaine de Grecs) était très fort (les bateaux ont été attaqués mercredi soir), et la mobilisation continue. Par contre, faiblesse dramatique : toujours aucune forme de soutien à la résistance populaire ukrainienne…
Soutien aux victimes de la catastrophe ferroviaire de Tèmbi
Soutien aussi à Panos Routsi, père d’une des victimes de la tragédie (ou plutôt crime) ferroviaire de Tèmbi en 2023, qui réclame des examens sur le corps de son fils, avec le soupçon persistant du transport illégal par un des deux trains d’une substance explosive. En grève de la faim depuis le 15 septembre devant le Parlement, son combat est massivement soutenu, et les cortèges l’ont salué, montrant la très large volonté populaire de rendre justice aux 57 victimes.
Se pose dès maintenant la question de la suite, urgente !
Dernière minute : victoire pour Panos Routsi – et pour toutes les familles des 57 victimes – qui vient d’obtenir, le 7 octobre, satisfaction à ses demandes, soutenues par plus de 80 % de la population !
Des travailleurs portuaires de sept pays, dont la Grèce, se sont réunis à Gênes, en Italie, pour coordonner un effort visant à bloquer les livraisons d’armes à Israël, une initiative qui, selon Politico, pourrait se transformer en un boycott commercial plus large.
Le syndicat italien USB accueille des syndicalistes des ports d’Espagne, de France, de Grèce, de Chypre, du Maroc et d’Allemagne, dans le but de développer une stratégie commune.
« Nous espérons que de cette réunion émergera un plan d’actions sérieuses et concrètes, immédiates et à long terme », a déclaré Francesco Stazzoli, membre du comité exécutif de l’USB chargé de la coordination internationale.
Les discussions portent sur l’exclusion des exportations militaires vers Israël, mais pourraient s’étendre à des mesures visant l’ensemble du transport entre Israël et l’UE. « À l’avenir, cela pourrait se traduire par une action syndicale coordonnée dans les ports européens, non seulement contre les armes, mais contre toutes les marchandises destinées à Israël », a souligné Stazzoli.
L’initiative a débuté comme un effort de coordination des travailleurs portuaires méditerranéens dans le but de faire des ports des « zones sans armes ». Le besoin s’est accru au cours de l’été, lorsque des navires transportant des armes et du matériel militaire à destination d’Israël ont accosté au Pirée, à Marseille et à Gênes.
« Ce qui a commencé comme un plan de front commun à l’automne pour augmenter la pression et perturber le chargement et le déchargement des armes dans les ports européens a été remodelé par les événements récents », a-t-il déclaré.
Le procureur ordonne l’exhumation du fils de Panos Ruci, mais le père poursuit sa grève de la faim
Un procureur de Larissa a ordonné vendredi l’exhumation du fils de Panos Ruci alors que le père de Dennis, 23 ans, entrait dans son 12e jour de grève de la faim.
Le jeune homme faisait partie des 57 personnes tuées lors de la tragédie de l’accident de train à Tempi en février 2023.
Cependant, le procureur n’a accepté que la demande de Ruci pour un test ADN pour l’identification des restes du jeune homme et a rejeté la demande de tests toxicologiques visant à déterminer la cause exacte de sa mort; c’est-à-dire si Dennis est mort des suites de blessures mortelles subies lors de l’accident ou s’il a été brûlé vif à cause de substances que le train de marchandises transportait illégalement.
En entendant la décision du procureur, Panos Ruci a déclaré qu’il rejetait la proposition et qu’il insistait sur les tests toxicologiques.
Le procureur a également annoncé que les demandes d’exhumation soumises par trois autres familles de victimes seraient examinées dans les jours suivants et a demandé à la police d’examiner des demandes similaires.
Il s’agit certainement d’un développement intéressant sur la question, car les responsables gouvernementaux, y compris le ministre de la Justice et les hautes autorités judiciaires, ont affirmé que Panos Ruci n’avait « pas soumis de demande » ou que « les demandes avaient été soumises à des autorités non compétentes » ou que « l’exhumation n’était pas possible » ou qu’une telle demande était inacceptable.
Et toutes ces séries de déclarations controversées et inexistantes, comme vous voulez, en seulement quelques jours cette semaine.
Il est à noter que les médias affiliés au gouvernement se sont également joints au chœur de non-sens argumentatifs.
Jeudi, le ministre de la Justice, Giorgos Floridis, a laissé entendre qu’une exhumation à des fins d’identification était possible et aujourd’hui est tombée la décision du procureur.
Également jeudi, une pétition a été signée par des dizaines de proches de victimes demandant des exhumations supplémentaires et des accusations plus sévères contre les responsables de Hellenic Train.
Les familles soutiennent que l’affaire équivaut à un « homicide avec intention possible » plutôt qu’à une négligence, le premier étant un crime et le second un délit.
Panos Ruci a déclaré qu’il poursuivrait sa grève de la faim. « Je suis déçu par cette décision, ce n’est pas exactement ce que je veux. Je ne veux pas seulement l’identification. Je veux des tests toxicologiques pour examiner et déterminer les causes de la mort de mon fils », a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la journée, il a visité un hôpital public pour faire vérifier son état de santé.
Christos Konstantinidis, père d’une autre victime, aurait déclaré aujourd’hui qu’il rejoindrait Ruci et commencerait une grève de la faim dimanche.
Il a également soumis une demande d’exhumation avec Maria Karystianou et Pavlos Aslanidis, parents de deux autres victimes.
Le nazi et chef de l’organisation criminelle « Aube dorée » Nikos Michaloliakos, qui était détenu à la prison de Domokos après sa condamnation, a été libéré de prison pour des raisons de santé par décision du Conseil judiciaire des tribunaux correctionnels de Lamia et avec une condition restrictive.
La Chambre d’appel de Lamia a, par sa décision, accepté la nouvelle demande présentée par Nikos Michaloliakos, invoquant des raisons de santé.
Le leader d’Aube Dorée, condamné à 13 ans de prison, restera assigné à résidence tandis que des conditions restrictives lui ont également été imposées.
Michaloliakos restera chez lui à Pefki et se présentera au poste de police local tous les mois pendant les trois prochaines années.
Cette décision est prise quelques jours avant le tragique 12e anniversaire du meurtre de l’artiste antifasciste Pavlos Fyssas par Giorgos Roupakias, membre de l’organisation criminelle néonazie Aube dorée, le 18 septembre 2013.
Sa mère, Magda, a commenté avec indignation la décision du tribunal. « Savez-vous combien de choses me viennent à l’esprit sans que je puisse les exprimer ? C’est ça la justice. Celle-là, celle qui est censée se battre pour la justice. Cette chose. Les fascistes dehors, la solidarité à l’intérieur. Que puis-je dire d’autre ? Je ne suis pas… Je ne suis pas… Je suis trop en colère », a-t-elle déclaré avec émotion à SKAI.
Voici un message qui a été rédigé collectivement, après un échange entre Athènes, Thessalonique et la Crète, durant les dernières heures. Bien sûr, beaucoup des visages que vous avez vu dans nos films* ont participé à la rédaction de ce texte, mais aussi quelques autres, membres d’autres groupes et organisations. Il s’agit d’un message de soutien à votre mobilisation du 10 septembre en France et à celles qui vont suivre.
Je vous laisse découvrir ce message de soutien ci-dessous et le diffuser comme bon vous semble.
De façon similaire aux jours de travail supplémentaires qu’on veut vous imposer dans l’hexagone, le gouvernement grec veut, quant à lui, faire adopter par le parlement, fin septembre, une loi qui autoriserait la journée de travail de 13 heures chez un même employeur. Oui, vous avez bien lui : 13 heures de travail légal dans une journée ! Tous les prétextes sont bons pour nous faire travailler plus, tout en réduisant nos droits !
Recevez nos pensées chaleureuses depuis le crépuscule rouge et noir qui tombe ce soir sur la Grèce. Bonne réception. Amitiés, Yannis Youlountas
* Nous vous rappelons que notre quatrième film sur les luttes en Grèce est à votre disposition en ligne : Nous n’avons pas peur des ruines est visible gratuitement sur Internet. Vu la situation actuellement en France, n’hésitez pas à vous servir de ce film comme bon vous semble : diffusez-le, partagez-le, projetez-le… Pas besoin de nous demander notre autorisation.Le film en français est ici, en version intégrale, libre d’usage : http://paspeurdesruines.net/spip.php?rubrique44(une douzaine d’autres langues sont disponibles sur le même site)
Message de soutien à nos camarades français, à nouveau en lutte à partir du 10 septembre 2025
Chers camarades et compagnons de lutte du bout de l’Europe,
Nous suivons à distance votre nouvelle et grande mobilisation contre le pouvoir politique et économique. Comme nous et tant d’autres peuples à travers le continent et la planète, vous subissez le durcissement du capitalisme et la dérive fasciste qui l’accompagne pour le faire accepter, à la fois en désignant des boucs-émissaires, mais aussi en nous surveillant et nous réprimant toujours plus.
Le pouvoir cherche à nous faire peur, comme toujours quand il exige encore plus de la base sociale. Peur avec la dette. Peur avec les étrangers. Peur avec la répression.
Nous penserons à vous ce 10 septembre, durant votre première journée de grève générale, de manifestations et de blocages, et il y aura des actions de soutien en Grèce ce jour-là.
De notre côté, la grande journée de mobilisation en Grèce a eu lieu ce 6 septembre, un peu avant vous, car il fallait que ce soit un samedi. Notre mobilisation a été à nouveau très importante, de Thessalonique à Athènes, ou encore à Héraklion. Quelles que soient les raisons précises qui nous poussent ici et là à descendre dans la rue, le fond du problème est le même : la justice et le droit de vivre dignement et librement. Il n’est pas normal qu’en 2025, la société soit encore dominée par des professionnels de la politique et des patrons qui nous empêchent de nous organiser librement dans tous les domaines de la vie. Il est temps d’en finir avec ce fonctionnement archaïque et autoritaire venu d’un autre âge.
L’histoire des luttes, en France et en Grèce, et la mémoire de celles et ceux qui nous ont précédés, doivent nous encourager à persévérer. Dans toute la société, de plus en plus de gens ne supportent plus cette situation insupportable. Nous devons les aider à comprendre qu’il existe d’autres façons de vivre ensemble. Et surtout, ne plus avoir peur : ni de la dette, ni des étrangers, ni de la répression.
En Grèce, durant cet été 2025, nous avons combattu les incendies, dans l’autogestion et l’entraide, avec nos propres véhicules de pompiers. Nous avons redoublé d’efforts pour créer de nouvelles cuisines gratuites et des centres sociaux autogérés jusque dans des petites villes. Nous avons apporté notre soutien, autant que possible, aux migrants arrivés de Libye dans le sud de la Crète par une nouvelle route migratoire, comme auparavant en mer Égée. Nous avons mené des actions contre la tyrannie des patrons, par exemple ceux qui veulent licencier les femmes enceintes. Nous avons participé à des initiatives contre toutes les formes de barbarie et d’horreur, à commencer par ce qui se passe actuellement en Palestine. Dans beaucoup de régions du monde, le fascisme est le fléau de l’époque et son remède est dans l’horizontalité et l’entraide. Puisque le pouvoir se durcit, nous n’avons pas d’autre but que de nous libérer de lui et de nous organiser autrement.
Pour cela, il faut se mobiliser. Partout. Autant que possible. Voilà pourquoi nous suivons à distance ce que vous allez faire à partir du 10 septembre et nous vous apportons tout notre soutien, forts de nos liens construits au fil des années, des rencontres internationales et des convois solidaires.Avec vous,Des camarades et compagnons de lutte en Grèce (Athènes, Thessalonique et Crète)
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Thessalonique :le long cortège arrive sur le bord de mer.
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Thessalonique. La pancarte dit : »NON À LA VIOLENCE DE LA HAUSSE DES PRIX, NOUS AVONS FAIM AVEC NOS BAS SALAIRES »
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Thessalonique. L’une des banderoles dit : »NON AUX SALAIRES DE MISÈRE »(littéralement, « non aux salaires de la faim ») « NON AUX RETRAITES MISÉRABLES… »
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Héraklion, en Crète.Toujours plus de monde !
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Héraklion, en Crète. »PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX »
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Athènes. »LEURS PROFITS, NOS VIES »
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Athènes.Banderole principale du groupe Rouvikonas dans l’immense cortège : »NOUS LUTTONS POUR LE DROIT DE VIVRE LIBREMENT ET DIGNEMENT »
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Athènes.Le pouvoir envoie les MAT (CRS) pour essayer de perturber la manifestation. La foule se rapproche et crie : « laissez-le ! »
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Athènes.La répression continue, mais la foule conspue le harcèlement policier et ne se laisse pas intimider.
Manifestation du samedi 6 septembre 2025 à Athènes. »Si le peuple va jusqu’au bout, le pouvoir ne peut rien contre lui ! »Mais osera-t-il aller jusqu’au bout, en Grèce comme en France ?
Des centaines d’écoles ferment à travers la Grèce en raison d’un déclin démographique spectaculaire et d’une baisse correspondante des inscriptions d’élèves. Les données du ministère grec de l’Éducation montrent que pour l’année scolaire 2025-2026, 721 des 13 478 écoles seront suspendues pour ne pas avoir atteint le nombre minimum d’élèves requis, un chiffre qui augmente depuis des années.
Le déclin est plus prononcé dans l’enseignement primaire, qui représente la plupart des fermetures. Par exemple, le nombre d’écoles primaires et de jardins d’enfants suspendus devrait atteindre respectivement 324 et 358 pour l’année scolaire 2025-2026, en nette augmentation par rapport à 247 et 312 en 2018-2019.
Cette tendance affecte les écoles dans les villages ruraux, sur les îles, et même dans les zones urbaines comme Athènes. La population étudiante devrait être d’environ 1,21 million pour l’année scolaire 2025-2026, soit une baisse de plus de 150 000 élèves depuis 2018-2019.
Une école est suspendue si elle compte moins de quinze élèves. Après trois ans sans respecter cette exigence, l’école est définitivement fermée. Selon les responsables du ministère qui ont qualifié la situation d’« Armageddon », les fermetures reflètent un problème démographique « terrifiant » et qui s’aggrave.
Les fermetures obligent les élèves, en particulier ceux des zones reculées, à parcourir de longues distances, parfois jusqu’à 80 km par jour, pour fréquenter une nouvelle école. Les fermetures d’écoles sont une conséquence directe de la crise démographique de longue date en Grèce, caractérisée par un taux de natalité en baisse et une population vieillissante.
Principaux facteurs contribuant à la crise démographique
Faible taux de fécondité : La Grèce a l’un des taux de fécondité les plus bas de l’Union européenne, à environ 1,3 naissance par femme, bien en dessous du niveau de remplacement de 2,1. Cela a entraîné une diminution naturelle de la population, avec plus de décès que de naissances chaque année.
Émigration : La grave crise économique du pays, qui a débuté en 2008, a provoqué un exode massif de jeunes Grecs éduqués à la recherche de meilleures opportunités à l’étranger. Cette « fuite des cerveaux » a encore diminué le nombre de personnes en âge de procréer et de travailler.
Vieillissement de la population : Avec moins de naissances et une espérance de vie accrue, la population grecque vieillit rapidement. La proportion de personnes de plus de 65 ans augmente, ce qui met à rude épreuve les systèmes de sécurité sociale et de santé. L’effet combiné de ces facteurs a créé un cycle de déclin démographique que les fermetures d’écoles illustrent désormais de manière frappante. Sans un changement significatif de ces tendances, les experts avertissent que la crise démographique continuera d’avoir un impact sur la société et l’économie grecques pendant des décennies.
Les données de l’Autorité statistique de l’UE EUROSTAT pour 2024 montrent que la Grèce a enregistré le taux le plus élevé de l’Union européenne en matière de besoins médicaux non satisfaits en 2024. 21,9 % des Grecs âgés de 16 ans et plus ont déclaré avoir besoin d’un examen ou d’un traitement médical mais n’ont pas pu l’obtenir en raison de contraintes financières, de longues listes d’attente ou de l’éloignement des services de santé. En comparaison, la moyenne de l’UE était de 3,6 %. La Finlande (12,4 %) et l’Estonie (11,2 %). Chypre (0,1 %), Malte (0,5 %) et la République tchèque (0,6 %) ont enregistré les pourcentages les plus bas. La disparité la plus prononcée entre les personnes à risque de pauvreté et celles qui ne l’étaient pas se trouvait en Grèce : 32,3 % contre 19,6 %, soit un écart de 12,7 points de pourcentage.
Evolution de 2021 à 2024 En comparaison, en Grèce, de 2021 à 2024, le nombre de personnes qui n’ont pas pu satisfaire leurs besoins médicaux en raison de contraintes financières, de longues listes d’attente ou de l’éloignement a augmenté de 69 % via @jodigraphics15
« Nous ne pouvons pas laisser la Grèce devenir un terrain de jeu pour les soldats de Tsahal » : des touristes israéliens se rendant dans les îles grecques ont été accueillis par des manifestations pro-palestiniennes
Alors que l’attaque génocidaire d’Israël contre Gaza se poursuit, les touristes israéliens en Grèce cet été font face à un rejet de plus en plus vif.
Un paquebot israélien effectuant des croisières régulières à Athènes et dans les îles grecques a été accueilli par des manifestations presque à chaque fois qu’il a accosté cet été, alors que les manifestants solidaires de la Palestine en Grèce renforcent leurs actions et leurs tactiques dans un contexte de colère croissante face au génocide perpétré par Israël à Gaza.
Le Crown Iris, un paquebot de 10 ponts équipé d’un casino, d’un théâtre, d’un toboggan aquatique et d’un terrain de basket pouvant accueillir jusqu’à 2000 passagers, part tous les deux ou trois jours de Haïfa pour des croisières de quatre à sept jours dans les îles grecques voisines.
Lors de sa dernière escale jeudi dans le port du Pirée, près d’Athènes, la police anti-émeute grecque a bouclé une zone autour du navire pour empêcher plusieurs centaines de manifestants de s’approcher. Les manifestants brandissaient des fusées éclairantes et agitaient des drapeaux palestiniens derrière un cordon formé par des bus de la police anti-émeute, tandis que les touristes israéliens débarquaient.
Le Crown Iris a pris la mer pour se heurter à des manifestations tout au long de son itinéraire depuis fin juillet, lorsqu’une manifestation de masse a failli empêcher le navire d’accoster sur l’île de Syros, un incident qui a fait la une des journaux internationaux.
Les manifestations contre le paquebot israélien s’inscrivent dans un mouvement plus large de protestations antisionistes qui a secoué la Grèce ces dernières semaines et qui a culminé, selon les organisateurs, avec l’une des plus grandes mobilisations pro-palestiniennes de l’histoire du pays, le 10 août, lorsque des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues dans plus de 120 villes, principalement dans des zones touristiques populaires.
L’appel initial à une journée de protestation massive a été lancé par March to Gaza, Greece, qui l’a qualifiée de «Journée d’action sur les îles et les destinations touristiques… Contre le génocide du peuple palestinien et de ses partisans».
L’initiative disait en entre autres choses : «Alors que des millions de touristes envahissent le pays, rendons notre présence visible et bruyante. Transformons les îles, les plages, les ruelles, les sommets des montagnes et les refuges en lieux de solidarité, et non en lieux de détente pour les soldats meurtriers de l’armée israélienne. La volonté délibérée de faire de la Grèce un «refuge» pour ceux qui participent ou soutiennent le massacre en Palestine ne s’imposera pas !»
La Grèce est depuis longtemps une destination prisée des touristes israéliens qui affluent chaque été pour passer leurs vacances sur les îles du pays. Selon les données de l’Institut de la Confédération grecque du tourisme (INSETE), quelque 621 000 Israéliens ont visité la Grèce en 2024, générant 419 millions d’euros de recettes, soit une augmentation de 55% par rapport à 2023.
Pourtant, alors que l’assaut génocidaire d’Israël contre Gaza se poursuit, les touristes israéliens en Grèce sont confrontés cette année à une réaction de plus en plus vive.
La prolifération des groupes locaux pro-palestiniens a culminé avec la mobilisation du 10 août et a pris un élan considérable en très peu de temps. «Cela a dépassé les attentes les plus optimistes ; cela a également dépassé la portée de tout le réseau préexistant», a déclaré Paris Laftsis, un ingénieur logiciel de 33 ans et membre de l’équipe de coordination de March to Gaza, Grèce, le groupe qui a lancé l’appel à la manifestation du 10 août.
«De nouvelles initiatives ont continué à surgir, et le jour même. Mais c’était aussi la première fois que les groupes pro-palestiniens agissaient de manière aussi coordonnée. Dans certains endroits, il s’agissait de la plus grande manifestation jamais organisée, dans d’autres, de la première depuis des décennies».
L’appel à manifester le 10 août a rapidement été cosigné par BDS Grèce et la Communauté palestinienne en Grèce, et des dizaines de groupes locaux à travers le pays se sont engagés à y participer.
Les médias israéliens ont qualifié cette journée de «journée de colère» et les responsables du gouvernement israélien ont mis en garde les citoyens qui se rendaient en Grèce.
Le ministère israélien des Affaires de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, a publié un rapport le 9 août sur les manifestations prévues, dans lequel il déclare : «Bien qu’aucun appel explicite à la violence n’ait été identifié, le sentiment anti-israélien croissant en Grèce, combiné aux récents exemples d’activités de protestation radicale à travers le pays, augmente la probabilité que de multiples manifestations dégénèrent en affrontements ou en actes de violence».
La participation a été sans précédent, avec des appels lancés par divers groupes de gauche et anarchistes, ainsi que par des personnes de tous horizons, qui sont descendues dans les rues, sur les plages et dans les montagnes à travers le pays. Aucun incident violent n’a été signalé.
La campagne de famine organisée par Israël à Gaza, qui a déjà tué de nombreux Palestiniens, ainsi que les plans de Benjamin Netanyahou d’envahir et de nettoyer ethniquement la ville de Gaza, n’ont fait qu’attiser les récentes manifestations en Grèce.
Les militants et les organisateurs qui se sont entretenus avec Drop Site News ont également souligné la frustration croissante face à ce qu’ils qualifient de provocations récurrentes de la part de touristes israéliens, impliquant parfois des soldats de l’armée israélienne en congé.
Selon les organisateurs, certains touristes israéliens se sont livrés à des actes provocateurs, tels que déchirer des affiches pro-palestiniennes dans les rues et les magasins ou harceler verbalement et physiquement des personnes portant des keffiehs ou des t-shirts pro-palestiniens.
«Ce ne sont pas seulement les touristes, ce sont aussi les propriétaires immobiliers Airbnb et d’autres investisseurs israéliens qui continuent à se livrer à des comportements provocateurs», a déclaré à Drop Site Spyros Dapergolas, membre éminent du groupe anarchiste Rouvikonas et graphiste de 55 ans. «Ce ne sont pas tous les Israéliens qui agissent ainsi, mais cela suffit pour créer un phénomène… Nous voulions mettre en lumière le problème et riposter».
Les étapes d’une mobilisation croissante
Le 11 juillet, Rouvikonas, en collaboration avec le groupe marxiste-léniniste T-34, a organisé la première de ce qu’ils ont appelé les «marches palestiniennes» : un groupe d’une cinquantaine de personnes vêtues de t-shirts noirs identiques arborant le drapeau palestinien ont effectué une longue marche le long de certains des sites les plus touristiques du centre d’Athènes.
Les organisateurs ont déclaré vouloir affirmer leur droit de déambuler dans leur propre ville sans être agressés ni harcelés. «Notre protocole était simple. Nous marchons, nous ne dérangeons personne. Si quelqu’un, quelle que soit sa nationalité, est dérangé par notre présence et le fait savoir, nous réagissons de manière proportionnée», a déclaré Dapergolas.
L’action du 11 juillet a été critiquée comme antisémite par divers commentateurs et responsables gouvernementaux, dont le vice-président du parti conservateur au pouvoir, Nouvelle Démocratie, Adonis Georgiadis.
«Non seulement nous rejetons cette accusation, mais nous la renvoyons», a déclaré Dapergolas. «Il n’y a absolument aucun antisémitisme parmi nous. Nous considérons comme nos frères et sœurs la minorité de la société israélienne et la grande partie de la diaspora juive qui désapprouve le génocide».
Lors d’un incident moins médiatisé le lendemain, l’Assemblée ouverte antisioniste a organisé une manifestation dans le centre d’Athènes, au cours de laquelle un restaurant casher appartenant à un Israélien a été tagué de slogans tels que «À bas le sionisme, le fascisme, le colonialisme» et «Forces de la mort israéliennes – violeurs, tortionnaires, meurtriers».
Le restaurant a ensuite publié une vidéo du slogan «Aucun sioniste n’est en sécurité ici», avec le mot «aucun» recouvert.
Les actions se sont poursuivies le 14 juillet, lorsque des milliers de personnes se sont rassemblées dans le port du Pirée, le plus grand port de Grèce, à l’appel du syndicat des dockers pour bloquer un navire transportant du matériel militaire à destination d’Israël. «Nous salissons nos mains avec de la graisse, pas avec le sang d’innocents», a déclaré le dirigeant syndical Markos Bekris. Le blocus a été couronné de succès et la cargaison a dû être transférée sur un autre navire, qui a ensuite été également bloqué par des dockers à Gênes, en Italie.
Mais l’événement qui a fait la une des journaux du monde entier s’est produit le 22 juillet, lorsque plus de 300 personnes se sont rassemblées dans le port de l’île de Syros pour une manifestation de solidarité avec la Palestine contre l’accostage du Crown Iris en provenance d’Israël avec quelque 1600 passagers à bord.
Lorsque le navire s’est approché et que les manifestants sont apparus, il y a eu une réaction immédiate sur le pont. Les passagers ont brandi des drapeaux israéliens, scandé des slogans sionistes et fait des gestes obscènes à l’intention des manifestants. Contrairement à ce qui a été largement rapporté, le Crown Iris n’a pas été empêché d’accoster et les passagers n’ont pas été physiquement empêchés de débarquer par les manifestants.
Si la plupart des passagers sont restés à bord pour des raisons de sécurité, quelques-uns ont débarqué et sont sortis avant de revenir peu après, lorsque le navire a quitté le port quelques heures plus tard, en avance sur l’horaire prévu.
«Un couple a débarqué à un moment donné», a déclaré Maria, une manifestante qui travaille comme ouvreuse dans un cinéma, à Drop Site. «Ils ont traversé la foule des manifestants et sont entrés dans la ville ; ils n’ont provoqué personne, donc personne ne les a dérangés».
Elle a ajouté : «Mais trois autres personnes se sont approchées de nous par derrière, derrière la police, et ont commencé à nous provoquer. L’un d’eux, le plus agressif, a dit «J’espère que la Turquie vous baisera» en s’éloignant».
Les manifestants sont nombreux à penser que la plupart des touristes israéliens à bord du Crown Iris sont des soldats en permission. «Quel touriste simple et innocent garde un drapeau national à portée de main pendant son voyage ?», a demandé Petros, un ouvrier du bâtiment de 30 ans qui a participé à la manifestation.
«Nous ne pouvons pas laisser la Grèce devenir un terrain de jeu pour les soldats de l’armée israélienne… C’est aussi une question de dignité. Oui, nous vivons du tourisme, mais il y a des limites».
Au lendemain de la manifestation du 22 juillet à Syros, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré avoir contacté son homologue grec, Giorgos Gerapetritis, au sujet de l’incident et discuté des mesures préventives à prendre à l’avenir.
Deux jours plus tard, le ministre grec de la Protection des citoyens (qui supervise les forces de police) a déclaré dans une interview télévisée que la police serait plus proactive et que «partout où ce phénomène se reproduirait, il y aurait des arrestations».
Lorsque le Crown Iris a approché l’île de Rhodes le 28 juillet, le port était fortement sécurisé, la police anti-émeute repoussant violemment une petite foule d’une centaine de manifestants et procédant à au moins huit arrestations.
Le lendemain, cependant, une foule beaucoup plus importante s’est rassemblée à la prochaine destination du paquebot, à Agios Nikolaos, en Crète.
Les manifestants ont réussi à franchir les barricades policières et à pénétrer dans le port où ils ont déployé un immense drapeau palestinien. Les passagers ont débarqué dans des bus qui ont été contraints de se frayer un chemin à travers la foule qui criait des slogans, sous la protection de la police. Des projectiles ont été lancés, ce qui a conduit la police anti-émeute à utiliser des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants.
Au milieu des actions visant le Crown Iris et des actions décentralisées répétées sur le continent, l’ambassadeur d’Israël en Grèce, Noam Katz, a publiquement critiqué le maire d’Athènes, Haris Doukas, qui avait vivement critiqué la guerre d’Israël contre Gaza.
Les citoyens israéliens se sentaient «mal à l’aise», a déclaré Katz dans des déclarations publiées le 3 août, qui fustigeaient le maire Doukas pour «ne pas avoir protégé la ville contre des minorités organisées» qui avaient tagué des graffitis antisionistes.
Le maire d’Athènes a répondu quelques heures plus tard en déclarant : «Nous ne recevons pas de leçons de démocratie de la part de ceux qui tuent des civils et des enfants dans les files d’attente pour recevoir de l’aide alimentaire, de ceux qui tuent chaque jour des dizaines de personnes à Gaza, par les bombes, la famine et la soif».