Soirée Aube Dorée au club : Résistances !

Lundi 10 avril, c’est environ 70 personnes qui se sont déplacées pour assister à la projection du film « Aube dorée : une affaire personnelle » suivie d’un débat en présence de la réalisatrice Angélique Kourounis.

En début de séance, Gérard d’Attac 38 ( animateur-modérateur) rappelait qu’ au delà de la situation en Grèce il conviendrait de s’interroger sur le rôle des institutions et des politiques économiques dans la montée de l’extrême droite en France et en Europe.

Angélique Kourounis, après avoir remercié le cinéma le club pour avoir osé programmer le film, mais aussi le collectif pour son invitation, insistait sur le caractère néo nazi de ce parti plus que d’extrême droite.

Ce qu’on retient du documentaire :

  • une ambiance malsaine et un parti extrêmement violent et xénophobe,

  • une immersion voulue et orchestrée de ce parti dans les institutions mais aussi dans les rangs de la police, et sans volonté gouvernementale d’en finir,

  • un parti nauséabond qui prend à son compte le mal-être des populations : ce parti les nourrit alors qu’ils n’ont plus les moyens nécessaires. (Mais c’était déjà ce que faisaient les talibans après l’intervention des États Unis en Afghanistan),

  • un parti qui surfe sur les raisons de la crise, sur la corruption en Grèce, en prenant comme cible l’immigration (en réponse à la concurrence à laquelle les ouvriers sont soumis par le patronat : ouvriers détachés, travail au noir, uberisation, etc…),

  • une population qui pour partie, tout en ne partageant pas totalement les idées d’Aube Dorée, se tourne vers lui parce que les politiques en place n’ont pas apporté de solution à la crise économique. (distribution de nourriture où les gens se laissent amadouer avec un peu de charité : on s’occupe de nous c’est l’essentiel),

  • la crise économique n’explique pas à elle seule cette attirance pour ce parti, il y a quelque chose de plus profond intégré dans les mentalités voire l’enseignement,

  • un bémol : le documentaire ne donne pas de place aux organisations anti fascistes ou anti austéritaire qui œuvrent sur place. C’est certainement un choix de la réalisatrice qui d’ailleurs transparait dans le titre  » une affaire personnelle ».

    De plus il ne met pas l’accent sur le rôle de l’Europe dans la descente aux enfers de la Grèce ni sur les partis en place qui le dénoncent.Une approche centrée sur les faits plus que sur les causes.

Ce que l’on retient du débat :

  • des interventions riches et intéressantes y compris du public, avec des réponses précises et instructives,

  • une Angélique très tonique et qui fait honneur au métier de journaliste d’investigation. En critiquant en particulier la détestable méthode des « micro-trottoirs » et autres pseudo enquêtes destinées à prouver une thèse pré-établie. Elle rappelle souvent l’actualité récente (ex : 4e mémorandum) sans donner de faux espoirs au public sur une issue positive,

  • Aube Dorée s’apparente au nazisme mais son audience reste modeste par rapport à celle du Front National en France,

  • un public qui met l’accent sur le rôle central de la dette, arme absolue entre les mains des créanciers pour justifier les politiques d’austérité et sur la responsabilité de ceux qui les mettent en place mais s’offusquent des réflexes protecteurs qu’elles engendrent,

  • un public qui ne se laisse pas prendre aux chants des sirènes des partis en France qui savent utiliser tous les moyens de communication et de langage appropriés pour cacher leurs idées xénophobes et nationalistes en profitant de la misère financière et intellectuelle orchestrée par le système néolibéral et des médias à la botte du pouvoir financier,

  • En France aussi ont lieu des «ratonnades» et les «anarchistes» se sentent bien seuls pour s’opposer aux activistes d’extrême droite, éventuellement par l’affrontement physique .

Force est de constater que le sujet éminemment d’actualité en France aurait mérité plus de public de citoyens et notamment celui issu des réseaux anti fascistes, syndicaux et partis politiques.

Globalement le public même s’il sort un peu choqué par certaines images (auxquelles d’ailleurs il s’attendait) est satisfait des échanges qui permettent de répondre à une question qu’on peut se poser : Pourquoi ce type de parti attire-t-il des électeurs ?

Le soin que portent nos élites à défendre les puissances de l’argent en soumettant les populations à toujours davantage d’austérité n’est-il pas une réponse

       

Introduction Angélique Kourounis avant la projection

Accueil du public

Merci au cinéma Le Club de Grenoble

rédaction

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