Nouveau monde : la rubrique de Panagiotis Grigoriou

Panagiotis  Grigoriou est Ethnologue et historien, chroniqueur, analyste, initiateur d’un concept de tourisme alternatif  et solidaire en Grèce. Le regard de l’historien et de l’anthropologue sur l’actualité et le vécu de la crise grecque .

Nouveau monde

Irrésumable ambiance actuelle. Pluies et orages s’abattent par intermittence sur Athènes toute cette semaine. Et dans la journée du 8 mars, les paysans Crétois, venus depuis la grande île manifester devant le Ministère de l’Agriculture, ils ont été reçus comme… il se doit par les temps qui gouttent, comme par les forces de l’ordre. Le système devenu tyrannique est désormais à cours d’arguments. SYRIZA est cette dernière feuille morte de l’arbre abattu de la démocratie (et accessoirement de celui la gauche). Printemps grec pourtant.

Crétois devant le Ministère de l’Agriculture. Athènes, le 8 mars (presse grecque)

Les Crétois ont alors répliqué à leur manière, en brisant la façade du ministère. “Attitude de videurs agressifs”, d’après les déclarations du Ministre de l’Agriculture et du régime “déconstitutionnalisé” actuel grec (radio 90.1 FM, le 8 mars). Joint en direct par les journalistes de la radio 90.1 FM du Pirée (8 mars), le représentant du cortège des paysans Crétois, a d’abord rappelé que le gouvernement avait trahi leur ‘NON’ au referendum de 2015, et qu’en janvier 2015, les électeurs de l’île avaient très largement plébiscité les élus Syrizistes.

En second lieu, nombreux sont ceux qui ont remarqué (presse comprise), la présence dans cette manifestation, du drapeau de la Crète Indépendante (1896 – 1913). Il faut rappeler, que ce drapeau était une variante du drapeau des insurgés de l’indépendance grecque en 1821-1822. Une croix blanche, divisée en quatre carrés, dont trois bleus (les couleurs de la Grèce), tandis que le premier carré était rouge, frappé une étoile blanche placée en son centre. Ce drapeau redevient à la mode depuis les années de la Troïka (comme par hasard), il est ainsi parfois imprimé sur des t-shirts ou des autocollants qui circulent.

Dans le même ordre d’idées… si bien originales en étrangetés introduites avec la… nouvelle Grèce de la Troïka, deux grandes entreprises, Vodafone et Ryan Air ont également montré ce drapeau à travers leurs messages de publicité, une “erreur” paraît-il. Il faut ici préciser que l’étoile sur fond rouge symbolise l’allégeance à la Sublime Porte (siège du gouvernement du sultan de l’Empire ottoman). Comme le fait remarquer la presse locale actuelle citant les sources d’il y a un siècle, c’est très précisément pour cette raison, que les Crétois d’alors, n’avaient jamais reconnu ce drapeau comme étant le leur, ce dernier avait été uniquement utilisé par l’administration officielle de la Crète sous tutelle étrangère (France, Grande-Bretagne, Italie, Russie), avant le rattachement de la grande île à la Grèce (1913).

Crétois devant le Ministère de l’Agriculture, et… le drapeau de la Crète Indépendante. Athènes, le 8 mars 2017 (presse grecque)
Crétois et policier. Athènes, le 8 mars 2017 (presse grecque)
Crétois… et policiers. Athènes, le 8 mars 2017 (presse grecque)
Crétois accrochant le drapeau grec sur un car de la Police. Athènes, le 8 mars 2017 (presse grecque)

Joint aussi en direct par les journalistes de la radio 90.1 FM du Pirée (8 mars), le vice-ministre de l’Agriculture a répondu (plutôt en guise d’apologie) que “dans le cadre actuel du mémorandum, il n’est pas possible d’aller plus loin dans la politique appliquée” (cité de mémoire). Cynisme et simplicité.

Autant dire que nous ne pratiquons plus ce régime (même supposé) représentatif, et qu’à force d’exécuter tout simplement des ordres imposés depuis l’étranger (entre autres, depuis Berlin et depuis Bruxelles) et d’ailleurs en violation flagrante de la Constitution, l’existence (la fonction) des ministres et des députés ainsi décoratifs devient alors superflue, voire, outrageusement scandaleuse aux yeux des Grecs.

Pratiquement tout le monde en Grèce, réalise enfin, combien et comment cette caste politique ne tient en place que pour assurer un (dernier ?) service au maintien approximatif de la façade. Celle également des faits comme des expressions encore en usage, “démocratie”, “responsabilité”, “acquis européens”. On comprend également, que ces politiciens s’accrochent à leurs postes, aussi pour assurer leur propre (et souvent bien large) survie économique. Le tout, après avoir vidé le pays de ses meubles comme de ses habitants les plus jeunes. L’exil massif économique des Grecs (500.000 départs depuis 2010), c’est finalement l’exil politique des temps métadémocratiques. Triste sort alors, celui réservé à ceux qui restent, comme l’illustre l’iconographie adoptée par la presse et par le web grecs. Modernité, dès lors métanthropique.

Sous l’Acropole. Peinture murale, Athènes, mars 2017
Athènes… de surface. Mars 2017

Signe des temps, dans une récente enquête d’opinion réalisée en Grèce (mars 2017), la question posée avait été la suivante: “Quelle confiance accordez-vous aux institutions de votre pays figurant ci-dessous ?”. Sans surprise, l’armée arrive en tête largement plébiscitée (60%), en deuxième et troisième place y figurent respectivement, les entreprises privées (46%) et la police (44%). Et en fin de ce parcours de la défiance, paraissent comme attendu, le “Parlement” (9,5%), les syndicats (7%), les médias (6,5%) et… tout naturellement les partis politiques (5,5%).

Après cinq scrutins législatifs, quatre gouvernements et un referendum trahi depuis 2009, le système politique grec n’est plus, et nous sommes passés de l’autre côté du miroir déformant des mensonges, comme de celui des illusions si chèrement payées, SYRIZA surtout et d’abord. Ainsi, le vrai changement si changement il y a, aura nécessairement un caractère profond et non plus de surface. Autrement-dit, en Grèce (en ce moment en tout cas), ce n’est plus par le biais des élections que la solution (de toute manière douloureuse) peut arriver, mais par un changement de régime. Nous en sommes arrivés à ce point.

Et j’ajouterais alors ceci, pour que nos lecteurs depuis les pays (supposés ?) démocratiques et espérons-le, encore souverains, puissent mieux saisir… toute la teneur du régime d’occupation technocoloniale et européiste que connaît cette autre Grèce: Depuis 2015, les exécutants et les représentants des dits “créanciers” (en réalité il s’agit d’une attitude criminelle “d’en haut”, imposant au pays des taux d’intérêts proches de 10% et par la même occasion, la spoliation des biens et des richesses qui sont les siens, actuels comme futurs), reçoivent les “ministres” grecs à l’hôtel Hilton de la capitale, cela en bons administrateurs coloniaux. L’hôtel de luxe, se transforme à chaque arrivée des Troïkans en bunker, les cars des forces spéciales de la Police formant une impressionnante ceinture autour de lui, ceci explique sans doute tout franchement cela.

“Quelle confiance accordez-vous aux institutions de votre pays figurant ci-dessous ?”. Presse grecque, mars 2017
L’hôtel Hilton… et les cars de la Police. Athènes, mars 2017, (presse grecque)
Triste sort réservé à ceux qui restent. Web grec, mars 2017

La société reste calme sauf qu’elle se trouve tout de même en ébullition. Lors d’un déplacement récent du… chef de l’exécutif à Thessalonique, une femme (tenue à une certaine distance par les policiers et gardes du corps) a interpellé Alexis Tsipras et la scène a été filmée et par la suite diffusée à travers la presse et d’abord sur internet : “Peux-tu vivre toi avec 400 euros par mois, tout en ayant la charge de ta famille en plus ? Non, alors crève, tu peux crever… Et d’ailleurs, je m’en tape de la presse, présente ici”.

Sa dernière phrase avait été formulée en réponse à la remarque faite par un collaborateur Syriziste: “Tu fais tout ce cinéma car les journalistes et les télés y sont présents”. Sur la page You Tube affichant la vidéo de la scène, un commentaire éponyme (et très grossier) en rajoute: “Que le traître, ce fils de putain Tsipras crève enfin, et merde sur sa tombe”. On peut supposer que notre administration coloniale ne censure pas ce type de messages et de commentaires si grossiers, histoire d’offrir peut-être, un espace (inoffensif ?), où la colère populaire s’y exprime… comme pour faire évacuer un peu de son aigre vapeur.

À travers la mutation anthropologique qui est celle des Grecs depuis 2010, renforcée depuis le Coup d’État SYRIZA/ANEL, faisant suite à l’outrageante trahison du résultat du Référendum de juillet 2015 (‘NON’ à la politique de la Troïka à 62%), la mort, et autant sa pulsion, tout comme une certaine forme de culture de guerre, font désormais partie de l’imaginaire politique au sein des mentalités. De très nombreux Grecs, souhaitent, non-pas seulement la mort politique des dirigeants (ce qui se comprend déjà) mais alors autant… leur élimination physique. Une… pulsion ayant dépassé son équivalant je dirais, celui ressenti par exemple du temps des Colonels (dictature de 1967 à 1974), sans pour autant atteindre (et heureusement), le seuil paroxysmique pratiqué durant la Guerre civile en Grèce (1944-1949).

Demeure d’un sans-abri près d’Athènes. Mars 2017
Maison fermée. Athènes, mars 2017
Athènes depuis le mont Hymette. Mars 2017

Lors d’une l’émission (nocturne), d’analyse politique et géopolitique à la radio 90.1 Fm (au Pirée) à laquelle j’ai participé en studio (dans la nuit du mercredi au jeudi 9 mars), Dimítris Kollatos (réalisateur, scénariste de cinéma, dramaturge et écrivain), a publiquement évoqué un épisode jusqu’alors peu connu, remontant au mouvement dit des places et des indignés (mai – juillet 2011). Dimítris Kollatos, avait été également à l’époque l’initiateur d’un mouvement populaire exprimant son mécontentement à l’égard de la classe politique:

J’étais présent au moment des grandes manifestations place de la Constitution devant le Parlement. Le peuple voulait attaquer… prendre d’assaut le Parlement. Un officier de la Police affolé, était venu me voir. ‘Monsieur Kollatos, il faut éviter à livrer l’assaut, nous n’avons pas assez de forces, le bâtiment n’est pas protégé’. J’ai hésité… Ceux qui contrôlaient alors la partie basse de la place, autrement-dit les Syrizistes, sont aussitôt venus me voir également. ‘Il ne faut pas attaquer le Parlement, il ne faut pas’. Ainsi, je suis hélas tombé d’accord j’ai reculé avec les miens. Je n’aurais pas dû m’en laisser convaincre. Ce Parlement devrait être pris…” Esprit résistant, on se souviendra aussi que durant la dictature des colonels, Dimítris Kollatos s’installa à Paris en 1971 où il créa le Théâtre d’Art, sur un flanc du Théâtre du Châtelet om il y monta plusieurs pièces.

Mutation anthropologique pourtant partielle, ou sinon, inachevée, toujours sous contrôle. Irrésumable ambiance actuelle, aux apparences (de façade) sauvées. Aux quartiers chics du sud de la capitale, les nantis (ou encore les nantis de justesse), fréquenteront déjà les plages, ou encore, ils achèteront chez les traiteurs… aux prix astronomiques atteignant parfois 200€ le kilo pour certaines épices exotiques. Les pauvres quant à eux, ils se conteront (et encore) de la viande de vielle chèvre laitière, vendue à près de 3€ le kilo sur le marché populaire Athènes.

Radio 90.1 Fm. Dimítris Kollatos (à droite) et Leonidas Aposkitis (à gauche). Le Pirée, le 9 mars 2017
Chez le traiteur… Athènes, mars 2017
Viande de vielle chèvre laitière. Athènes, mars 2017
Plage déjà fréquentée. Sud d’Athènes, mars 2017

Paupérisation rapide de la population, disparition forcée de la classe moyenne, “ambiance psychiatrique régnante” (radio 90.1 Fm, le 10 mars, zone matinale) et d’abord, régime d’exception, telle est la réalité grecque.

La Grèce à été, rappelons-le, volontairement placée (et cela au moyen d’un Putsch devenu permanent) en dehors du cadre des droits fondamentaux (supposés valables dans l’Union européiste). Cette triste vérité, difficilement dissimulable désormais, est de ce fait remarquée par certains journalistes de la presse internationale (même largement mainstream), à l’instar de “La Tribune”:

Le 1er décembre, deux députés socialistes, la Portugaise Maria Joao Rodrigues, vice-présidente du groupe, et sa consœur allemande Jutta Steinruck, coordinatrice pour les questions d’emploi, écrivent à Jean-Claude Juncker pour déplorer que ‘la Grèce a été forcée par les memoranda de décentraliser la négociation collective, ce qui a entraîné l’effondrement du système de négociation collective’. Des mesures qui expliqueraient des baisses de salaires pouvant atteindre 40 %”.

Les deux élues somment le président de la Commission de faire respecter en Grèce la Charte des droits fondamentaux, dont le président Juncker se dit par ailleurs un ardent supporter, et qui stipule en son article 28 le droit à la négociation collective. ‘Le système actuel n’est pas conforme à la Charte des droits fondamentaux, ni avec les conventions de l’Organisation internationale du travail. Il faut restaurer l’exercice collectif de la négociation collective’, écrivent les élues dans ce courrier vu par La Tribune.

Irrésumable ambiance actuelle, bouquiniste. Athènes, mars 2017
Irrésumable ambiance actuelle, un autre regard… Athènes, mars 2017

La réponse, envoyée une semaine plus tard par le président de la Commission, et dont la teneur a été également vue, a de quoi susciter un certain émoi. S’appuyant sur un arrêt de la Cour européenne de Luxembourg, le président répond que les Memorandum of Understanding (MoU) -en clair, les conditions posées par les créanciers pour accorder leur soutien-, sont des actes du Mécanisme européen de stabilité ‘qui tombent en dehors de l’ordre légal de l’Union européenne’. En mettant en œuvre le MoU, la Grèce ne met pas en œuvre la loi européenne et ‘par conséquent, la Charte des droits fondamentaux ne s’applique pas en tant que telle aux mesures grecques’”.

En d’autres termes : la Charte laborieusement entrée en vigueur en 2009 ne s’applique plus dans la Grèce de 2017… De quoi, pour le moins, susciter l’émoi des citoyens ordinaires qui se croyaient protégés par la Charte et dont ils pensaient qu’elle serait une sorte de parapluie de droits universels.” (Blog de Florence Autret, le 2 mars 2017).

La conséquence logique et cependant irrationnelle des “Memorandum of Understanding” (MoU) passablement illégaux, conduit très précisément au… cannibalisme prononcé des rapports économiques, sociaux et symboliques entre les êtres supposés finalement humains. Déjà en Grèce, de bien nombreux employés du secteur privé, sont payés en coupons alimentaires au lieu et place de salaire, une pratique illégale. Ensuite, une loi relativement récente, oblige les employeurs à verser chaque mois sur le compte bancaire de leurs employés, la somme alors… très exacte, correspondant au montant précis de leur salaire en conformité avec les contrats et conventions signés.

Irrésumable ambiance actuelle, mont Hymette… Athènes, mars 2017
Athènes depuis le mont Hymette, mars 2017

Et ce n’est pas un truisme que de l’exprimer ainsi. Pour ne pas trop surprendre les amis et lecteurs du blog, disons plutôt… heureux habitants des pays encore moins marqués par le dernier capitalisme réellement existant, je dois préciser ceci: de nombreux employeurs ne versaient souvent et jusqu’alors, qu’une partie du salaire légal, après avoir conclu avec leurs salariés, un “accord” implicite et oral, introduisant une baisse ainsi illégale des rémunérations, sous la menace verbale et parfois même physique exercées sur les employés.

Depuis cette nouvelle loi, la… pratique a évolué, franchissant un cran essentiel quant à la prolifération des pratiques alors ouvertement mafieuses. On apprend ainsi en ce mars 2017, que… sitôt les salaires versés dans certaines entreprises, des gros bras “accompagnent” les employés devant les guichets automatiques à proximité de leurs lieux de travail, les obligeant à retirer de leurs comptes cette part des salaires… “devant revenir” aux patrons. Sous la menace d’être tabassés, et/ou licenciés.

Quotidien athénien. Mars 2017
Touristes fréquentant les toits-terrasses des hôtels athéniens. Mars 2017

Ces pratiques mafieuses, ont été facilitées comme on sait par la législation troïkanne, ayant imposé et entraîné l’effondrement du système de négociation collective. Et dans la mesure où, le chômage réel atteint plus de 40% des travailleurs potentiels, les syndicats ne peuvent définitivement plus rien faire en termes de réaction, par la voie supposée encore conforme à la législation et pour tout dire… pacifique, (pratiques mafieuses au sein des entreprises, révélées par la presse grecque en ce début mars, par exemple, le “Quotidien des Rédacteurs”, le 9 mars 2017).

L’Agora romaine. Athènes, mars 2017

Comme l’écrit très justement Bertrand Renouvin dans son blog, en présentant l’ouvrage de Marcel Gauchet, “Le nouveau monde”, “Bien entendu, le nouveau monde est riche d’événements historiques mais il est vrai que nous sommes entrés dans un nouveau rapport à la temporalité. Les capacités de changement hic et nunc de la modernité sont tellement considérables qu’elle n’a plus besoin de s’appuyer sur le passé”.

Irrésumable ambiance actuelle et alors autant insoutenable. Printemps grec 2017. Pluie mais aussi grand soleil. Fréquentant les toits-terrasses des hôtels athéniens en face de l’Acropole, les touristes n’auront vu que les employés souriants et énergiques… Et pourtant.

Temps aussi des tortues. Athènes, Agora romaine, mars 2017

Temps qui ne sont toujours pas de notre côté, cependant, en guise de signe de vie, dans l’enceinte de l’Agora romaine d’Athènes, à l’exact emplacement ancien de l’illustre bibliothèque d’Hadrien (empereur romain de la dynastie des Antonins), nos tortues, déjà réveillées s’agitent dans l’indifférence générale.

Le tout, sous le mystérieux regard il faut dire de nos animaux, alors plus adespotes (sans maître) que jamais. Pluies et orages s’abattent par intermittence sur Athènes. Manière de vivre.

Manière de vivre. Nos animaux adespotes. Athènes, mars 2017

* Photo de couverture: Crétois devant le Ministère de l’Agriculture. Athènes, le 8 mars (presse grecque)

rédaction

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